Information pour les professionnels de la santé et des services sociaux
Transition du test Pap au test VPH comme test principal pour le dépistage du col de l’utérus – Information pour les professionnels de la santé et des services sociaux
Dans cette page :
Transition du test Pap au test VPH en première intention
Des travaux de transition du dépistage du cancer du col de l’utérus par le test Pap vers le test VPH comme test de première intention sont en cours au ministère de la Santé et des Services sociaux pour rendre disponible le test VPH dans toutes les régions. Quand il est question de test de dépistage en première intention, il s’agit d’un test utilisé comme test principal de dépistage (test Pap ou test VPH).
Les principaux changements entre les deux approches de dépistage sont les suivants :
- l’âge du début des dépistages a été fixé à 25 ans;
- le test VPH sera effectué tous les cinq ans.
L’âge de fin du dépistage demeure 65 ans. Le changement de pratique se fera de façon progressive au Québec. Pour en savoir plus, consultez la section Déploiement du test VPH selon les régions.
Les
Dans le cadre de ce déploiement, deux types de prélèvements sont considérés : un prélèvement cervical exercé par une professionnelle ou un professionnel de la santé et un autoprélèvement.
Déploiement du test VPH selon les régions
Le passage d’un dépistage du cancer du col de l’utérus par test Pap à un dépistage par test VPH se fera progressivement dans les différentes grappes de laboratoires du Québec.
Un test Pap pourrait encore être offert selon les protocoles et les corridors de service en vigueur dans votre lieu de pratique. Pour le test VPH, les
L’état de déploiement de l’offre de test dans les régions est mis à jour régulièrement dans la page Information sur le dépistage du cancer du col de l’utérus, section Disponibilité des tests selon les régions.
Pour Montréal – CHUM, le déploiement du test VPH comme test de dépistage primaire dépend de la grappe de laboratoires à laquelle votre établissement est rattaché. Pour plus de détails, consultez la page
Prélèvement cervical
Le prélèvement cervical est exercé par une professionnelle ou un professionnel de la santé puis déposé dans un milieu liquide. Il est utilisé à la fois pour le test VPH et, si ce test est positif, dans environ 10 % des cas, il est également utilisé pour examiner les cellules cervicales. Il permet donc de déterminer, avec un seul prélèvement, si un examen d’investigation (comme une colposcopie) est nécessaire pour diagnostiquer le cancer du col de l’utérus. Plus de détails sont disponibles dans l’
Autoprélèvement
L’autoprélèvement permet à la personne d’effectuer par elle-même un prélèvement vaginal qui sera utilisé pour le test VPH.
Pour le moment, seule la trousse d’autoprélèvement sous supervision, de la compagnie Roche Diagnostics, est homologuée au Canada. Cela implique qu’une professionnelle ou un professionnel de la santé donne les consignes sur la façon de faire l’autoprélèvement avant que la personne puisse faire elle-même le prélèvement vaginal en milieu clinique.
Lorsque ce test d’autoprélèvement donne un résultat positif, dans environ 10 % des cas, un second prélèvement au niveau cervical sera nécessaire et fait par une professionnelle ou un professionnel de la santé habilité. Cela permettra de déterminer si une investigation supplémentaire est nécessaire (colposcopie).
Des travaux sont en cours pour la validation clinique de trousses d’autoprélèvement à domicile avec des médecins chercheuses et chercheurs du réseau de la santé et des services sociaux.
Début du dépistage à l’âge de 25 ans
Le changement de test de dépistage primaire (du test Pap au test VPH) s’accompagne d’un changement de l’âge minimal d’admissibilité pour commencer ce dépistage, ce qui n’engendre pas de diminution de la qualité du dépistage.
Le début du dépistage du cancer du col utérin par le test VPH à 25 ans a été recommandé par l’INESSS. Cette décision est soutenue par le fait que, chez les femmes de moins de 25 ans, les infections transitoires (autorésolutives) aux VPH sont fréquentes, et les cancers du col de l’utérus sont rares. Le dépistage des personnes de moins de 25 ans par un test VPH est donc susceptible de leur causer plus de torts que de bénéfices, sous la forme :
- de résultats faux positifs;
- de visites médicales additionnelles;
- de colposcopies inutiles;
- de surdiagnostic;
- de surtraitement;
- de complications potentielles;
- de stress ou d’anxiété additionnels.
Il est à noter que l’Australie et le Royaume-Uni ont déjà adopté le test VPH comme test de dépistage en première intention, débutant à l’âge de 25 ans.
Intervalle de cinq ans entre les tests de dépistage
Le changement de test de dépistage primaire (du test Pap au test VPH) s’accompagne aussi d’un changement de fréquence du test. L’intervalle de cinq ans entre les dépistages a été recommandé par l’INESSS. L’Australie, les Pays-Bas, l’Italie et la Finlande ont aussi adopté cet intervalle.
Ce changement de pratique n’engendre pas de diminution de la qualité du dépistage. Effectivement, selon l’INESSS, le risque de détection de lésions précancéreuses ou de cancer pendant les cinq ans suivant un résultat de test VPH négatif est inférieur au risque de détecter des lésions précancéreuses ou un cancer pendant les trois ans suivant un résultat de test Pap négatif. Cela s’explique par la très longue période de latence pour l’apparition de lésions précancéreuses à la suite d’une infection par le VPH. Cette période peut effectivement atteindre 15 à 20 ans (voir le schéma ci-dessous).
Plus précisément, un dépistage par test VPH tous les cinq ans est sécuritaire, car la valeur prédictive négative du test est très élevée. En effet, dans l’
Lorsque le test de dépistage par détection des VPH est prescrit de façon plus rapprochée que tous les cinq ans, le nombre de faux positifs augmente sans amélioration significative du taux de détection des lésions précancéreuses ou des cancers. L’augmentation de la fréquence des dépistages par test VPH est donc susceptible de causer plus de tort que d’apporter des bénéfices aux personnes dépistées, sous la forme :
- de visites médicales additionnelles;
- de colposcopies inutiles;
- de surdiagnostic;
- de surtraitement;
- de complications potentielles;
- de stress ou d’anxiété additionnels.
L’augmentation du nombre d’orientations vers une colposcopie résultant de prescriptions pour un test VPH à des intervalles plus courts pourrait aussi occasionner des difficultés d’accès à la colposcopie dans les délais recommandés.
Histoire naturelle de l’infection par les VPH
Dans 90 % des cas, le système immunitaire élimine naturellement les infections du col de l’utérus par les VPH. Dans 10 % des cas, l’infection par les VPH persiste et peut entraîner des lésions précancéreuses pouvant évoluer en cancer au bout de 15 à 20 ans. Le test VPH peut détecter les VPH, même dans des infections transitoires qui seront éliminées par le système immunitaire. Le test Pap, quant à lui, détecte les anomalies des cellules du col de l’utérus associées aux infections aux VPH persistantes.

Dernière mise à jour : 10 juin 2026