Description

Le plomb est un métal reconnu pour avoir des effets néfastes à long terme sur la santé. Bien qu’aujourd’hui, l’exposition au plomb soit considérée comme très faible, toute concentration de plomb dans le sang comporte un danger. C’est pourquoi les autorités de santé publique à l’échelle internationale recommandent la plus faible exposition au plomb raisonnablement possible, en tenant compte du contexte. Pour en savoir plus, consultez la page Réduire son exposition au plomb.

L’exposition au plomb

Lors de l’exposition, le plomb absorbé dans l’organisme est diffusé par le sang vers les os et certains organes, tels que le cerveau et les reins. Bien qu’une partie du plomb soit évacuée dans l’urine et les selles, une partie importante s’accumule au fil du temps dans les os et les dents. Cette concentration de plomb peut varier grandement d’un individu à l’autre selon plusieurs facteurs, par exemple le tabagisme. Avec le vieillissement et la réduction de la masse osseuse, le plomb accumulé est réintroduit dans le sang. Le temps requis pour que l’organisme excrète la moitié du plomb accumulé est d’environ 25 ans.

De nos jours, les effets nocifs d'une exposition de courte durée (aiguë) au plomb sont très rares. En effet, des mesures sévères ont été mises en place dans les milieux de travail, entre autres, où ces types d'exposition pourraient survenir.

Les symptômes observés lors d’une exposition chronique par le plomb sont très variés et non spécifiques. Les expositions au plomb sont détectées non pas par la présence de symptômes, mais lors d’un programme de dépistage préventif en santé au travail.

Complications

Les fœtus, les nourrissons et les enfants sont particulièrement vulnérables et sensibles aux effets neurologiques au plomb, mais le risque à la santé demeure faible. Les effets neurologiques d’une exposition à long terme au plomb chez les enfants sont :

  • une faible réduction de la capacité intellectuelle;
  • des problèmes de l’attention tels que l’hyperactivité et le trouble déficitaire de l’attention (TDA);
  • des problèmes d’apprentissage tels qu’une difficulté à la lecture (dyslexie);
  • des changements comportementaux tels qu’une réduction de la faculté de concentration, de l’irritabilité et un état d’apathie, c’est-à-dire une indifférence à l’émotion, la motivation ou la passion.

Quand consulter

Si vous croyez avoir été exposé à une source importante de plomb lors d’une activité ou de votre travail, faites part de vos préoccupations à votre médecin.

Selon le contexte, il pourra vérifier par une prise de sang (plombémie) si vous avez été exposé à une source de plomb de façon excessive et si certaines mesures doivent être prises pour réduire rapidement la concentration de plomb dans votre sang.

Traitements

Si votre concentration de plomb dans le sang est élevée, un traitement pour accélérer l’élimination du plomb peut être recommandé. Le type de traitement offert varie selon la concentration de plomb dans votre sang et selon votre état de santé. Dans tous les cas, il est essentiel de déterminer les sources potentielles de plomb présentes dans l’environnement et de les retirer pour réduire votre exposition au plomb.

Maladie à déclaration obligatoire

Au Québec, l’exposition au plomb est une maladie à déclaration obligatoire (MADO) d’origine chimique. Si votre concentration de plomb dans le sang dépasse les seuils reconnus en santé publique, votre médecin devra signaler la situation à la direction de la santé publique de votre région pour l’aider à préciser la ou les sources d’exposition et pour s’assurer que d’autres personnes de votre entourage ne sont pas exposées.

Transmission

Il n’y a pas de transmission de personne à personne. Seule une source d’exposition présente dans l’environnement, dans les aliments ou dans l’eau peut, sur une longue période de temps, entraîner une augmentation de la concentration de plomb dans votre sang.

Protection et prévention

On retrouve le plomb à l’état de trace partout dans notre environnement. Même si les principales sources de contamination ont été éliminées, telles que le plomb dans l’essence, les peintures et les soudures de boîtes de conserve, il est tout de même recommandé de réduire au minimum l’exposition au plomb. Pour en savoir plus sur les sources d’exposition et les précautions à prendre, consultez la page Réduire son exposition au plomb.

Personnes à risque

Le plomb est nocif pour la santé de l’ensemble des individus, peu importe l’âge. Cependant, certains sous-groupes de la population sont particulièrement sensibles aux effets de l’exposition, même à de faibles concentrations de plomb dans l’environnement ou sont plus à risque d’être exposés au plomb :

Fœtus, nourrissons et enfants

Les fœtus, les nourrissons et les enfants ont un niveau d’absorption du plomb plus élevé que les adultes. Ils sont particulièrement vulnérables et sensibles aux effets du plomb sur leur système nerveux.

Durant la grossesse, il existe un risque d’exposition des fœtus. En effet, le plomb présent dans l’organisme de la mère peut facilement traverser la barrière placentaire.

Les nourrissons sont faiblement exposés au plomb dans le lait maternel. Sauf dans des situations exceptionnelles, les bénéfices de l’allaitement maternel chez le nourrisson restent supérieurs au faible risque d’effets à la santé. Toutefois, il est important que l’autonomie de la mère face au mode d’allaitement de son enfant soit respectée.

Les jeunes enfants en âge préscolaire, quant à eux, sont vulnérables parce qu’ils évoluent près du sol ou rampent au sol. Leurs principales voies d’exposition sont la terre et l’ingestion de poussières à la maison puisqu’ils ont le réflexe de porter à leur bouche tout ce qui leur tombe sous la main.

Femmes enceintes

Lors de la grossesse, le plomb présent dans la masse osseuse des femmes enceintes est libéré, et ce, particulièrement lors du troisième trimestre. Ainsi, la concentration sanguine en plomb des femmes peut augmenter durant une grossesse et affecter le fœtus. L’exposition accrue au plomb chez la femme enceinte peut provoquer un faible poids à la naissance et causer des dommages au cerveau, aux reins et au système nerveux du bébé.