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Espérance de vie
En 2022, l’espérance de vie était de 82,3 ans et l’écart entre les sexes tend à diminuer. L’état de santé de la population québécoise s’est amélioré dans les dernières décennies. Jusqu’en 2019, l’espérance de vie à la naissance a augmenté et l’écart entre les hommes et les femmes a nettement diminué. Le Québec affiche un excès de mortalité plus faible que celui observé dans de nombreux pays. On remarque une diminution du nombre de naissances prématurées et le Québec présente l’un des plus faibles taux de mortalité infantile au Canada.
L’espérance de vie à la naissance au Québec augmente et l’écart entre les sexes diminue

L’écart entre l’espérance de vie des femmes et des hommes diminue, passant de 7,9 années en plus pour les femmes en 1981 à 3,6 années en plus en 2022.
Inégalités sociales
Au Québec comme ailleurs, les personnes défavorisées sont plus susceptibles de mourir prématurément que celles plus favorisées : la distribution inégale des ressources au sein de la société (ex. : revenu, scolarité, logement) se traduit par des inégalités sociales de santé. En matière d’inégalité en santé, en 2022, au Québec, c’est environ 15 % de la population qui vivent dans un ménage en situation d’insécurité alimentaire, dont un enfant de moins de 18 ans sur cinq. Cette situation touche davantage les ménages à faible revenu, ceux composés de personnes peu scolarisées, de plusieurs enfants, de personnes vivant seules, de personnes immigrantes ou de locataires. En 2021, environ 6,0 % des ménages québécois éprouvaient des besoins impérieux de logements. Cette situation touche particulièrement certains types de ménages, par exemple les locataires, les familles monoparentales dirigées par une femme ou les personnes vivant seules.
Eu égard aux enfants et aux jeunes, la proportion de naissances prématurées a cessé d’augmenter et le Québec affiche l’un des plus faibles taux de mortalité infantile au Canada. Seulement le tiers des nouvelles mamans québécoises ont donné exclusivement du lait maternel à leur bébé jusqu’à l’âge de 6 mois. La plupart des enfants de 15 mois ont reçu tous les vaccins recommandés pour leur âge, mais en 2021, environ un enfant sur 13 de cet âge n’est pas vacciné contre la rougeole.
Enfance – Développement
En 2022, 36 % des garçons et 22 % des filles à la maternelle sont considérés comme vulnérables dans au moins un domaine de développement, une proportion en hausse depuis 2012. Par ailleurs, les troubles du développement sont plus fréquents depuis le début des années 2000, entre autres grâce à une meilleure détection. Considérant que les milieux de gardes et les écoles ont été fermés lors de la pandémie de la COVID-19, il est possible que ceci entraîne des répercussions sur le développement des enfants, entre autres pour ceux rencontrant des difficultés d’apprentissage ou provenant de milieux défavorisés.
Enfance – Violence
Entre 2012 et 2018, la proportion d’enfants ayant subi de la violence physique a diminué, alors que la situation est restée stable pour les agressions psychologiques répétées. Au Québec, la protection de la jeunesse intervient auprès des enfants victimes de maltraitance ou de négligence.
Adolescence – Habitudes de vie
En 2022-2023, seulement 31 % des élèves du secondaire au Québec font suffisamment d’activité physique. De plus, près de la moitié (48 %) des élèves ne dorment pas suffisamment. À cet égard, un élève du secondaire sur deux travaille durant l’année scolaire. D’ailleurs, une utilisation élevée des écrans est associée à certains risques pour la santé comme l’activité physique, le sommeil et la vision. C’est 25 % des élèves du secondaire qui passent plus de quatre heures par jour devant un écran en semaine et ce taux augmente à 50 % la fin de semaine.
Adolescence – Dépendance
Au secondaire, de moins en moins d’élèves fument la cigarette conventionnelle, mais 16 % utilisent la cigarette électronique en 2022-2023. Environ 29 % des jeunes âgés de 15 à 24 ans ont consommé du cannabis en 2023, une baisse par rapport à 2022. Cependant, la part des consommateurs qui le font par vapotage ou vaporisation connaît une hausse fulgurante chez les jeunes. La consommation d’alcool est en baisse chez les jeunes du secondaire.
Adolescence – Violence
Environ 34 % des filles et 22 % des garçons du secondaire ont subi des gestes de violence psychologique dans un tel contexte en 2022-2023 et davantage de filles que de garçons mentionnent avoir subi de la violence sexuelle. Par ailleurs, quatre élèves du secondaire sur dix ont subi de la violence à l’école ou sur le chemin de l’école alors qu’environ 14 % rapportent avoir subi de la cyberintimidation en 2022-2023.
Adolescence – Santé mentale
En 2022-2023, 57 % des filles et 25 % des garçons du secondaire vivent un niveau élevé de détresse psychologique. Par ailleurs, la proportion de jeunes filles ayant rapporté des idées suicidaires a augmenté entre 2014-2015 et 2020-2021.
Adolescence – Santé sexuelle
Certaines infections transmissibles sexuellement (ITS) affectent davantage les jeunes. Comme l’infection à Chlamydia qui est nettement plus fréquente chez les 15 à 24 ans que chez leurs aînés. Une hausse s’observe aussi pour la gonorrhée. Parallèlement, l’utilisation du condom stagne chez les élèves du secondaire et elle diminue chez les 18 à 24 ans. En 2022-2023, environ une élève du secondaire sur cinq âgée de 14 ans et plus a eu recours à la contraception orale d’urgence. Cela dit, le taux de grossesse et d’interruption volontaire de grossesse (IVG) chez les adolescentes et les jeunes femmes diminue depuis la fin des années 1990.
Adolescence – Décès
Par ailleurs, chez les jeunes, la principale cause de décès est les traumatismes dont la majorité a lieu sur les routes.
Maladies chroniques et santé physique
Les maladies chroniques les plus fréquentes au Québec sont l’hypertension artérielle, les problèmes ostéoarticulaires, le diabète, les maladies cardiaques et les maladies pulmonaires. Ces maladies chroniques peuvent occasionner des incapacités. En 2019-2021, plus de 50 % des décès chez les personnes âgées de 65 ans et plus étaient liés aux maladies chroniques. En 2029, c’est près de 1,2 million de personnes de 65 ans et plus qui seront probablement atteintes d’une multimorbidité (deux maladies chroniques ou plus).
Parmi les facteurs de risques associés aux maladies chroniques au Québec, plus de la moitié des adultes ont un surplus de poids. L’obésité est de plus en plus fréquente et accroît le risque de diagnostic de diabète, de maladies cardiaques et de problèmes articulaires. Une hausse de la proportion de personnes atteintes d’obésité est observée entre 2008 et 2020-2021.
Hausse de la proportion de personnes atteintes d’obésité au Québec

La proportion de personnes atteintes d’obésité a augmenté pour tous les groupes d’âge, entre 2008 et 2020-2021 : elle est passée de 7,8 % à 13,5 % pour les 18-24 ans, de 14,7 % à 22,9 % pour 25-44 ans et de 19,6 % à 27,4 % pour les 45-64 ans.
D’autres facteurs de risque de maladies chroniques touchent aussi un bon nombre d’adultes. Par exemple, le quart des 50 à 64 ans font de l’hypertension en 2021-2022 et l’obésité affecte un nombre croissant de personnes. Plus inquiétant, seulement 45 % des adultes québécois font suffisamment d’activité physique en 2020-2021, une légère baisse par rapport à 2014-2015 (48 %). En 2022, seulement 56 % des enfants de maternelle et 31 % des élèves du secondaire sont suffisamment actifs. Aussi relativement à la santé physique, un travailleur sur trois souffre d’un trouble musculosquelettique en 2020-2021, ce qui représente environ 1,4 million de personnes.
Maladie d’Alzheimer et autres troubles neurocognitifs
La maladie d’Alzheimer et les autres troubles neurocognitifs sont des maladies dégénératives du cerveau entraînant une détérioration progressive et irréversible des fonctions cognitives, ainsi qu’une perte d’autonomie. Elles sont complexes, variées dans leur étiologie, dans leur présentation et dans leur évolution. L’espérance de vie moyenne après le diagnostic est très variable ; par exemple, pour la maladie d’Alzheimer, elle peut aller jusqu’à 20 ans, mais en moyenne, elle est de 6 ans. Selon une étude canadienne, la prévalence de ces maladies est d’environ 8 % chez les personnes de 65 ans et plus et s’élève à environ 33 % chez les personnes de 80 ans et plus.
En 2021, près de 150 000 Québécois vivaient avec la maladie d’Alzheimer ou un autre trouble neurocognitif. Ce nombre devrait augmenter de façon importante : en 2040, il pourrait s’élever à 207 000, en fonction d’un calcul basé sur l’incidence rapportée par l’Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement et les projections démographiques de l’Institut de la statistique du Québec.
Cancer
Dans les vingt dernières années, le taux de mortalité par le cancer a diminué d’un peu plus de 20 %, en raison de la baisse du tabagisme. La proportion de personnes qui fument diminue au Québec depuis plusieurs années pour atteindre 12,56 % en 2013, mais demeure élevée dans certains groupes de la population. Les cancers du poumon, de la prostate, du colon et du rectum sont les plus fréquents.
Adultes – Dépendances
En 2020-2021, c’est plus de 20 000 personnes qui ont reçu un diagnostic d’abus ou de dépendance à l’alcool et 19 000 personnes ayant reçu un diagnostic de dépendance aux drogues. Le nombre de décès reliés à une intoxication aux drogues (opioïdes, stimulants et autres drogues) demeure élevé. De janvier à décembre 2024, il y a eu 645 décès reliés à une intoxication suspectée aux opioïdes ou autres drogues (incluant les stimulants).
Adultes – Violence conjugale
Les données policières révèlent une hausse de la violence conjugale ainsi que des agressions et infractions à caractère sexuel. En 2021-2022, environ 6,3 % des femmes et 4,2 % des hommes adultes ont subi de la violence entre partenaires intimes au cours de l’année précédente.
Adultes – Santé mentale
Sur le plan de la santé mentale, annuellement en 2021-2022, environ un adulte sur dix reçoit un diagnostic de trouble mental et les plus fréquents sont le trouble anxieux et dépressif. En 2015, 75 % des Québécois se percevaient en très bonne ou en excellente santé mentale, alors qu’en 2021 c’est 66 % d’entre eux.
On observe également que les hospitalisations et les visites à l’urgence liées au suicide augmentent. Cependant, ceci peut en partie refléter une plus grande ouverture à demander de l’aide. Le nombre de personnes décédées par suicide est stable depuis quelques années au Québec. Entre 2017 et 2022, c’est en moyenne 1 078 décès par suicide annuellement.
Adultes – Itinérance
Au Québec, ce sont environ 10 000 personnes qui vivent en situation d’itinérance visible au 11 octobre 2022 et ce sont plus de 300 000 personnes qui rapportent avoir vécu au moins un épisode d’itinérance au cours de leur vie en 2020-2021.
Adultes – Santé sexuelle
Les ITS affectent la santé des adultes : le nombre de cas de gonorrhée et de syphilis augmente chez les 25 ans et plus. Par exemple, entre 2016 et 2022, le nombre de cas de syphilis infectieuse a presque quadruplé chez les femmes.
Violence
La violence touche tous les groupes d’âge. L’intimidation ou la cyberintimidation est présente à l’école, au travail ou dans la communauté et touche environ 21 % des personnes de 18 à 24 ans, en 2022.
Vieillissement
Le vieillissement de la population transforme profondément le Québec. D’ici 2031, environ une personne sur quatre sera âgée de 65 ans et plus et ce, jusqu’en 2071. Cette évolution démographique, conjuguée à l’allongement de l’espérance de vie, entraîne une diversification des besoins des personnes aînées : préserver leur autonomie, maintenir leur santé, recevoir des soins et des services adaptés et vivre dans des environnements bientraitants. Les personnes désirent demeurer à domicile le plus longtemps possible.
Bien qu’une proportion importante des personnes aînées conserve une bonne qualité de vie, la perception de la santé varie avec l’âge. En 2020-2021, environ 43 % des personnes de 65 ans et plus au Québec se percevaient en très bonne ou en excellente santé. Cette proportion chute à 27 % chez les 85 ans et plus.
Les troubles cognitifs majeurs, comme la maladie d’Alzheimer, affectaient 121 790 personnes aînées en 2021-2022. Cette proportion pourrait augmenter à 161 000 en 2029-2030. Entre 2015 et 2020, le taux de mortalité pour chutes a augmenté. Celui-ci a presque doublé pour les personnes de 85 ans et plus.
Ce contexte met en lumière la place essentielle des personnes proches aidantes. En 2019, environ 17 % des personnes de 65 ans et plus avaient reçu au cours des douze derniers mois, de l’aide à domicile à court ou à long terme de la part de proches en raison d’un problème de santé ou de limitations qui affectaient leurs activités quotidiennes. Cette proportion est de 26 % pour les personnes de 75 ans et plus. Ces dernières sont majoritairement des femmes et des personnes âgées de 45 à 64 ans. Environ une personne de 65 ans et plus sur 5 (21 %) était proche aidante au Québec en 2018. Cette proportion est supérieure à celle observée chez les 15-44 ans (15 %), mais inférieure à celle observée chez les 45-64 ans (31 %). Plus de la moitié des personnes proches aidantes sont sur le marché du travail.
Personnes aînées – Maladies chroniques
Certaines personnes aînées sont de plus en plus actives et vieillissent en santé, alors que d’autres voient leur santé affectée dès la soixantaine. Chez les personnes âgées de 65 ans et plus en 2019-2021, les maladies chroniques sont à l’origine de plus de la moitié des décès. La multimorbidité, soit le fait d’être atteint d’au moins deux maladies chroniques, touche le quart des personnes de 50 à 64 ans et la moitié de celles âgées de 65 ans et plus en 2021-2022. Pour la même période, sept personnes aînées sur dix consomment cinq médicaments et plus.
Personnes aînées – Violence
Il y a maltraitance quand une attitude, une parole, un geste ou un défaut d’action appropriée, singulier ou répétitif, se produit dans une relation avec une personne, une collectivité ou une organisation où il devrait y avoir de la confiance, et que cela cause, intentionnellement ou non, du tort ou de la détresse chez une personne adulte. La Loi visant à lutter contre la maltraitance envers les aînés et toute autre personne majeure en situation de vulnérabilité a été bonifiée en avril 2022, afin de mieux protéger les personnes concernées et d’améliorer les interventions permettant de mettre fin aux situations de maltraitance.
Premières Nations et Inuit
La population québécoise est aussi composée de personnes des Premières Nations et des Inuits. Les déterminants historiques, socio-économiques, politiques et culturels dont ceux-ci doivent faire face encore aujourd’hui a comme conséquence d’amener des inégalités sociales sur leur santé individuelle et leurs communautés.
Changements climatiques
Les changements climatiques affectent le Québec, entre autres, par l’apparition de nouvelles maladies infectieuses (par exemple, la hausse des cas de maladie de Lyme), par l’augmentation de la fréquence, de l’intensité et de la durée des événements météorologiques extrêmes (chaleur, froid, inondations) et entraîneront des conséquences sur l’approvisionnement en eau potable, la qualité de l’air extérieur et aggraveront les symptômes associés aux maladies cardiaques et respiratoires.
Changements climatiques
Les changements climatiques affectent le Québec, entre autres, par l’apparition de nouvelles maladies infectieuses (par exemple, la hausse des cas de maladie de Lyme), par l’augmentation de la fréquence, de l’intensité et de la durée des événements météorologiques extrêmes (chaleur, froid, inondations) et entraîneront des conséquences sur l’approvisionnement en eau potable, la qualité de l’air extérieur et aggraveront les symptômes associés aux maladies cardiaques et respiratoires.
Rapport du directeur national de santé publique 2024
Pour en savoir davantage sur le portrait de santé de la population québécoise, consultez le rapport du directeur national de santé publique 2024.
Dernière mise à jour : 16 janvier 2026