Organismes nuisibles réglementés
Insectes ravageurs réglementés
Alors que certains insectes, comme la coccinelle et l'abeille, sont des alliés fort appréciés en production agricole, d'autres peuvent être de redoutables organismes nuisibles.
Que ce soit comme perceurs du bois ou défoliateurs, les insectes nuisibles peuvent réduire la productivité des plantes ou la qualité des produits et même causer la mort des végétaux.
Selon la Loi sur la protection sanitaire des cultures, toute personne doit prendre les mesures phytosanitaires nécessaires pour éviter que les végétaux, les substrats et les autres biens dont elle est propriétaire ou a la garde ne propagent un organisme nuisible réglementé dans une culture commerciale.
Si votre entreprise agricole subit un préjudice économique causé par la présence d’insectes ravageurs réglementés dans une de vos cultures commerciales, vous pouvez porter plainte.
Voici la liste des insectes ravageurs réglementés ainsi que des renseignements sur chacun d’eux.
Ordre : Coleoptera
Famille : Buprestidae
Nom scientifique : Agrilus anxius (Gory)
Nom commun anglais : Bronze birch borer
Impact économique
L’agrile du bouleau s’attaque à toutes les espèces de bouleaux (Betula) présentes au Québec. Il s'agit d'un insecte perceur. Les dommages sont causés par les larves, qui creusent des galeries sous l’écorce, ce qui perturbe la circulation de la sève. Il en résulte une décoloration du feuillage et une chute prématurée des feuilles, suivie d’un dépérissement progressif des branches.
Cet insecte cible généralement les arbres âgés ou affaiblis, mais il a aussi été observé sur des sujets en bonne santé. Selon l'état de l'arbre et la densité des populations de l’insecte, la mort peut survenir dès la première année de l'infestation ou après quelques années d'attaques répétées.
Impact environnemental
L'agrile du bouleau est considéré comme l’un des ravageurs les plus importants du bouleau en Amérique du Nord. Il est en partie responsable du déclin massif des populations de bouleaux observé dans le nord-est de l'Amérique du Nord entre 1930 et 1950.
Bien que toutes les espèces de bouleaux soient susceptibles d’être attaquées par cet insecte, le bouleau européen (Betula pendula) et ses cultivars y sont particulièrement vulnérables.
Sites de production visés : pépinières
Ordre : Coleoptera
Famille : Curculionidae
Nom scientifique : Conotrachelus nenuphar (Herbst)
Nom commun anglais : Plum curculio
Impact économique
Le charançon de la prune s'attaque à la majorité des arbres fruitiers de la famille des rosacées, comme les pommiers, les poiriers et les cerisiers, ainsi qu'aux bleuets en corymbe.
Les dommages sont principalement observés en production pomicole, où cet insecte est considéré comme un ravageur majeur. En l’absence de mesures de contrôle, il peut altérer jusqu'à 80 % des fruits. En raison de sa faible capacité de déplacement, les infestations tendent à se concentrer dans certains secteurs ou sur quelques arbres seulement. Les fruits touchés peuvent alors être gravement endommagés.
Impact environnemental
La plupart des plantes hôtes se trouvent en milieu agricole, où des mesures de contrôle peuvent être mises en place. En milieu naturel, seuls les plants de bleuets sont susceptibles d’être affectés.
Sites de production visés : productions agricoles et terrains privés en milieu agricole
Lien utile : Charançon de la prune – IRIIS phytoprotection
Ordre : Coleoptera
Famille : Curculionidae
Nom scientifique : Pissodes strobi (Peck)
Nom commun anglais : White pine weevil
Impact économique
Les dommages causés par les charançons du pin blanc au stade adulte sont généralement négligeables. En revanche, ceux occasionnés par les larves sont beaucoup plus graves.
Au stade larvaire, cet insecte est considéré comme un perceur, provoquant des dommages importants comme la destruction complète de la pousse terminale de l'arbre. Il arrive aussi que la croissance terminale des trois ou quatre dernières années soit compromise.
Cette atteinte réduit significativement la valeur esthétique de l'arbre infesté, ce qui entraîne une diminution de sa valeur commerciale, en particulier s'il se trouve en pépinière.
En milieu forestier, les dommages peuvent causer des réductions de la croissance en hauteur, des déformations au tronc ainsi que des pertes pouvant atteindre 60 % du volume marchand de la tige. De tels dommages peuvent donner lieu à un déclassement du bois, le rendant inapte à un usage comme bois d’œuvre.
Impact environnemental
Tous les pins et les épinettes présents dans les régions nordiques de l’Amérique du Nord, qu’ils soient indigènes ou exotiques, sont vulnérables aux attaques du charançon du pin blanc. Les essences les plus susceptibles d'être touchées sont le pin blanc, l'épinette de Norvège et l'épinette blanche.
Sites de production visés : pépinières ornementales et non forestières
Lien utile : Charançon du pin blanc – IRIIS phytoprotection
Ordre : Hemiptera
Famille : Coccidae
Nom scientifique : Quadraspidiotus perniciosus (Comstock)
Synonyme : Pou de San José
Nom commun anglais : San Jose scale
Impact économique
La cochenille de San José est un ravageur majeur des arbres fruitiers en Colombie-Britannique, en Nouvelle-Écosse, dans le sud de l'Ontario et au Québec. Ce ravageur est aussi reconnu pour son importance économique aux États-Unis et en Europe.
Cette cochenille cause des dommages au tronc, aux branches et aux fruits de l'arbre, qui sont alors déclassés. En cas d’infestations sévères et répétées, l’arbre s’affaiblit considérablement, ce qui peut éventuellement entraîner sa mort. Ces pertes compromettent la rentabilité des vergers et peuvent engendrer des coûts élevés en matière de gestion et de lutte.
Impact environnemental
La cochenille de San José se nourrit de près de 200 espèces végétales, particulièrement des plantes appartenant à la famille des rosacées. Elle peut également s’attaquer à diverses essences forestières.
Sites de production visés : pépinières
Ordre : Hemiptera
Famille : Diaspididae
Nom scientifique : Lepidosaphes ulmi (L.)
Nom commun anglais : Oystershell scale
Impact économique
Très polyphage, la cochenille virgule du pommier est capable de se développer sur plus de 150 espèces végétales appartenant à plus de 10 familles différentes. Elle représente cependant une menace significative pour un nombre restreint de cultures comme les arbres fruitiers. En tant qu’insecte piqueur-suceur, elle prélève la sève des plantes, ce qui les affaiblit progressivement et les rend vulnérables aux stress environnementaux et aux maladies. Des infestations importantes peuvent entraîner la mort de branches, voire de la plante entière.
Difficile à contrôler une fois établi, cet insecte est protégé par une carapace résistante qui limite l’efficacité des traitements. Il se trouve fréquemment dans les pépinières ornementales et les pépinières d'arbres fruitiers.
Impact environnemental
La cochenille virgule du pommier s'attaque à de nombreuses espèces d'arbres et d'arbustes :
- le pommier
- le pommetier
- l'érable
- le bouleau
- l'aubépine
- le cornouiller
- le cotonéaster
- le frêne
- le lilas
- le sorbier
- d'autres essences feuillues
Sites de production visés : pépinières
Lien utile : Cochenille virgule du pommier – IRIIS phytoprotection
Ordre : Hymenoptera
Famille : Tenthredinidae
Nom scientifique : Hoplocampa testudinea (Klug)
Nom commun anglais : European apple sawfly
Impact économique
Les dommages causés par l’hoplocampe aux fruits du pommier sont attribuables à l’activité des larves. Le dommage « primaire » se produit lorsque la jeune larve creuse un sillon superficiel sous l'épiderme du fruit, entraînant son déclassement commercial. Le dommage « secondaire » a lieu lorsque la larve pénètre en profondeur dans le fruit, creusant un trou d’environ 3 mm de diamètre. Les dommages peuvent atteindre 14 % des fruits dans les pires conditions.
Impact environnemental
L'hoplocampe s'attaque aux pommiers sans mettre en péril leur survie.
Sites de production visés : productions agricoles et terrains privés en milieu agricole
Lien utile : Hoplocampe des pommes – IRIIS phytoprotection
Ordre : Hemiptera
Famille : Coccidae
Nom scientifique : Parthenolecanium fletcheri (Cockerell)
Nom commun anglais : Fletcher scale
Impact économique
La lécanie de Fletcher est un insecte piqueur-suceur qui s’attaque principalement aux plantes ornementales des genres Taxus (if), Thuja (cèdre) et Juniperus (genévrier).
Les plantes infestées présentent divers symptômes : affaiblissement général, ralentissement de la croissance, décoloration et jaunissement du feuillage, chute des aiguilles ou des feuilles lors de fortes infestations. Dans les cas les plus sévères, un dépérissement pouvant conduire à la mort de la plante peut s’observer.
Impact environnemental
Bien que les principaux hôtes de la lécanie de Fletcher se trouvent en milieu naturel, les risques de dispersion de cet insecte sont faibles en raison de sa mobilité réduite.
Sites de production visés : pépinières
Ordre : Diptera
Famille : Tephritidae
Nom scientifique : Rhagoletis pomonella (Walsh)
Nom commun anglais : Apple maggot
Impact économique
La mouche de la pomme est présente dans toutes les régions pomicoles du Québec et peut s'attaquer aux fruits des pommiers, des pommetiers décoratifs et des aubépines.
Les dommages sont causés par les larves qui infestent les fruits, les rendant impropres à la consommation et à la commercialisation. En l’absence de mesures de contrôle, les pertes peuvent atteindre 60 % de la récolte.
En raison de son statut de ravageur réglementé, cet insecte fait l'objet d'une restriction de quarantaine dans plusieurs pays importateurs de pommes en Europe, en Amérique du Sud et en Asie. Pour accéder à ces marchés, les pommes canadiennes doivent être certifiées exemptes de la mouche de la pomme par l'Agence canadienne d'inspection des aliments.
Impact environnemental
Bien que cet insecte puisse infester les fruits des pommiers sauvages, des pommetiers décoratifs et des aubépines, sa présence ne menace pas la survie de ces arbres.
Sites de production visés : productions agricoles et terrains privés en milieu agricole
Lien utile : Mouche de la pomme – IRIIS phytoprotection
Ordre : Diptera
Famille : Tephritidae
Nom scientifique : Rhagoletis mendax (Curran)
Nom commun anglais : Blueberry Maggot
Impact économique
La mouche du bleuet est considérée par l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) comme un organisme de quarantaine en raison de sa capacité à infester les bleuets sauvages et cultivés. Son infestation rend les fruits non commercialisables et peut entraîner des pertes économiques importantes. L'ACIA réglemente la circulation des plants et des fruits de bleuets pour empêcher sa propagation et limiter les risques. L'introduction de la mouche du bleuet dans une production engendre des impacts économiques importants en raison de l’obligation d'adhérer à un programme fédéral comprenant :
- des activités de dépistage;
- l'échantillonnage de fruits;
- l'application d'insecticides.
L'obligation d'appliquer des insecticides compromet également l’accès à la certification biologique des bleuets produits, réduisant les options de mise en marché pour les producteurs concernés.
Au Québec, les zones de production naturelle comme celles du Saguenay–Lac-Saint-Jean, de la Côte-Nord, de l’Abitibi, de la Haute-Mauricie et de Charlevoix représentent plus 17 000 hectares de bleuetières exploités.
L’expérience du Saguenay–Lac-Saint-Jean, où la mouche est désormais établie, montre les défis importants et les enjeux économiques majeurs liés à sa gestion en milieu naturel. L’impossibilité d’intervenir en milieu forestier pourrait aussi compromettre la production de bleuets dans ces environnements.
Impact environnemental
L'introduction de la mouche du bleuet dans des sites naturels au Saguenay–Lac-Saint-Jean oblige désormais les producteurs à appliquer des insecticides, ce qui engendre des effets négatifs sur l’environnement. La présence de la mouche du bleuet n’a pas d’incidence sur la survie des plantes hôtes.
Sites de production visés : pépinières, productions agricoles et terrains privés en milieu agricole.
Liens utiles
Mouche du bleuet – IRIIS phytoprotection
Mouche du bleuet – Agence canadienne d’inspection des aliments
Identification de la mouche du bleuet (vidéo YouTube) – Laboratoire d'expertise et de diagnostic en phytoprotection (MAPAQ)
Ordre : Lepidoptera
Famille : Sesiidae
Nom scientifique : Synanthedon exitiosa (Say)
Nom commun anglais : Peachtree borer
Impact économique
Le perceur du pêcher se développe sur les plantes de la famille des rosacées, particulièrement du genre Prunus comme le cerisier et le prunier.
Les larves creusent des galeries dans l'écorce et l'aubier, ce qui nuit à la circulation de la sève et provoque le jaunissement puis le flétrissement des feuilles. Les dommages causés par cet insecte sont de plus en plus importants, particulièrement dans les pépinières produisant des plantes du genre Prunus.
Impact environnemental
Présent en Amérique du Nord depuis la période de colonisation, le perceur du pêcher a un impact environnemental significatif, particulièrement dans les vergers et les pépinières d’arbres fruitiers à noyaux.
Sites de production visés : pépinières
Ordre : Hemiptera
Famille : Aphididae
Nom scientifique : Eriosoma lanigerum (Hausmann)
Nom commun anglais : Woolly apple aphid
Impact économique
Le puceron lanigère du pommier est un insecte piqueur-suceur qui se développe principalement sur les pommiers et les poiriers. En se nourrissant de la sève de sa plante hôte, il affaiblit sa vigueur et peut également entraîner la transmission de maladies virales.
Les dommages causés au bois des pousses âgées d’un ou de deux ans facilitent l'entrée de certains pathogènes, altérant la santé des arbres. Des infestations atteignant des seuils économiquement préoccupants sont observées dans certains vergers.
Impact environnemental
À l'extérieur des vergers commerciaux, le puceron lanigère peut également se développer sur des pommiers abandonnés ou sauvages ainsi que sur d'autres espèces de rosacées comme l’aubépine, le poirier, le cotonéaster et le sorbier. La reproduction sexuée de ce puceron s’effectue sur l’orme.
Sites de production visés : pépinières
Lien utile : Puceron lanigère du pommier – IRIIS phytoprotection
Ordre : Coleoptera
Famille : Cerambycidae
Nom scientifique : Saperda candida Fabricius
Nom commun anglais : Roundheaded appletree borer
Impact économique
La saperde du pommier s'attaque principalement aux pommiers, bien qu’elle puisse aussi se développer sur d’autres espèces de rosacées. Ce sont les larves qui causent les dommages. Elles grugent d’abord l'écorce pour ensuite pénétrer le bois en creusant une galerie où elles séjournent pendant environ deux ans. Les galeries affaiblissent considérablement les jeunes arbres, causant leur dépérissement et parfois leur mort.
Les galeries représentent aussi une porte d’entrée pour divers pathogènes. Les jeunes pommiers de pépinières ou de plantations sont particulièrement vulnérables à la saperde du pommier, ce qui peut engendrer des pertes économiques importantes.
Impact environnemental
Outre le pommier, cet insecte peut infester d’autres espèces de rosacées comme le pommetier, l’aubépine, le poirier, le cotonéaster, le sorbier, le cerisier et le prunier. Cette diversité d’hôtes contribue à la dispersion de l’insecte dans l’environnement.
Sites de production visés : pépinières
Lien utile : Sarperde du pommier IRIIS – phytoprotection
Ordre : Lepidoptera
Famille : Sesiidae
Nom scientifique : Synanthedon scitula (Harr.)
Nom commun anglais : Dogwood borer
Impact économique
Faisant partie de la famille des Sesiidae, la sésie du cornouiller est liée au plus large éventail de plantes hôtes. Elle s’attaque à de nombreuses espèces ligneuses dont le pommier, le chêne, le bouleau, le cornouiller, le caryer, le sorbier, le cerisier, le saule et le bleuetier.
Les principaux dommages sont causés par les larves, qui creusent des galeries dans l’écorce et au niveau des bourrelets de greffes. Les infestations entraînent, chez les arbres, une perte de vigueur et une diminution du rendement pouvant atteindre 20 %, ce qui peut occasionnellement conduire à leur mort.
Impact environnemental
Bien que cet insecte se développe sur une grande diversité de plantes hôtes, il cible principalement les arbres affaiblis ou blessés ou encore ceux présentant des bourrelets de greffe. Cette sélectivité augmente les risques dans certains vergers, particulièrement dans des conditions de culture peu favorables.
Sites de production visés : pépinières
Lien utile : Sésie du cornouiller – IRIIS phytoprotection
Ordre : Lepidoptera
Famille : Tortricidae
Nom scientifique : Choristoneura rosaceana (Harris)
Nom commun anglais : Obliquebanded leafroller
Impact économique
Autrefois considérée comme un ravageur secondaire, la tordeuse à bandes obliques est devenue un enjeu important dans certaines régions pomicoles du Québec en raison du développement d’une résistance aux insecticides de la famille des organophosphates.
Les larves causent les principaux dommages en se nourrissant des feuilles et des fleurs ainsi qu’en creusant des galeries dans les fruits. Le pommier, le poirier et le prunier sont les hôtes de prédilection de cet insecte. Les dommages de ce ravageur peuvent compromettre la pollinisation et entraîner la chute prématurée des fruits. Dans certains vergers de pommiers, jusqu’à 25 % des fruits peuvent être affectés.
Impact environnemental
Cet insecte polyphage s’attaque à une grande diversité de plantes hôtes, notamment au pommier, au poirier, au cerisier, au prunier, au rosier, au framboisier et au bleuetier.
Sites de production visés : productions agricoles et terrains privés en milieu agricole
Lien utile : Tordeuse à bandes obliques – IRIIS phytoprotection
À consulter aussi
Dernière mise à jour : 18 février 2026











