Organismes nuisibles réglementés
Maladies végétales réglementées
Plusieurs maladies végétales peuvent affecter les cultures commerciales. Ces maladies ne causent cependant aucun risque pour la santé des humains.
Selon la Loi sur la protection sanitaire des cultures, toute personne doit prendre les mesures phytosanitaires nécessaires pour éviter que les végétaux, les substrats et les autres biens dont elle est propriétaire ou a la garde ne propagent un organisme nuisible réglementé dans une culture commerciale.
Si votre entreprise agricole subit un préjudice économique causé par la présence de maladies végétales réglementées dans une de vos cultures commerciales, vous pouvez porter plainte.
Voici la liste des maladies végétales réglementées ainsi que des renseignements sur chacune d’elles :
Nom scientifique : Erwinia amylovora (Burr.)
Nom commun anglais : Fire blight
Incidence économique
Maladie très importante dans les vergers particulièrement de pommiers et de poiriers. Elle peut détruire un arbre en une saison sous des conditions optimales et en l'absence de traitements préventifs. Quelques variétés résistantes sont disponibles mais elles ne sont pas encore utilisées commercialement.
Incidence environnementale
L'agent pathogène peut s'attaquer à plusieurs plantes ornementales et fruitières (près de 40 genres et 130 espèces). Plusieurs des espèces touchées sont très populaires en aménagement paysager, dans les parcs publics et en production fruitière (spirées, potentilles, sorbiers, cotonéaster, framboisiers, pommiers, pruniers, poiriers et rosiers).
Sites de productions visés : pépinières, productions agricoles et terrains privés en milieu agricole.
Lien utile : Pomme - Brûlure bactérienne – IRIIS Phytoprotection
Pour vous aider à reconnaître les symptômes et à enrayer la maladie, consultez le dépliant Brûlure bactérienne des pommiers (PDF 346 Ko) et la page Obligations concernant les pommiers sur votre terrain.
Consultez aussi la page Lutte intégrée contre le feu bactérien de la pomme et de la poire au Canada d'Agriculture et Agroalimentaire Canada.
Nom scientifique : Nectria galligena (Bres.)
Nom commun anglais : European canker
Incidence économique
Il s'agit d'un champignon qui peut s'attaquer aux pommiers et poiriers, mais également à d'autres espèces ligneuses et qui peut faire mourir de jeunes arbres ou des branches complètes chez les arbres plus âgés.
Des épidémies de cette maladie ont déjà fait disparaître des vergers complets. La vente d'arbres de pépinières infectés peut contribuer à disséminer la maladie en milieu agricole. Sa capacité d'infecter un grand nombre d'espèces d'arbres augmente son impact en milieu naturel et en pépinières.
Incidence environnementale
Ce champignon peut s'attaquer aux peupliers à grandes dents et aux faux-tremble, au tilleul d'Amérique, au hêtre, au bouleau à papier et jaune, aux érables rouge et à sucre, aux peupliers hybrides, au saule et aux pommiers sauvages et contribuer de la sorte à la réduction de la biodiversité.
Sites de productions visés : pépinières
Nom scientifique : Clavibacter michiganensis subsp. sepedonicus (Spieck. & Kott.)
Nom commun anglais : Bacterial ring rot
Incidence économique
Présente pratiquement partout où se cultive la pomme de terre, cette bactérie peut causer des pertes importantes de rendements et de qualité des tubercules. La maladie cause un flétrissement des parties aériennes et une pourriture annulaire dans les tubercules.
Au Québec, en 1981, une vingtaine de productions ont été infectées suite à la plantation de pommes de terre de semence certifiée, mais contaminée. Ceci a entraîné des pertes de 1,5 M $.
Cette maladie fait l'objet de normes très sévères pour la production de pommes de terre de semence. Les lots infectés sont détruits.
Afin d'éliminer complètement les risques de contamination, une désinfection de toute la machinerie utilisée pour la récolte, le classement ou le tranchage, les entrepôts (mûrs, planchers) et les contenants. Une rotation de 2 à 3 ans est recommandée pour les sites où la maladie a sévi. Tout ceci peut entraîner des contraintes importantes et des dépenses supplémentaires.
Incidence environnementale
Cette bactérie s'attaque spécifiquement à la pomme de terre. En l'absence de tubercules ou de débris de plants de pomme de terre, la bactérie ne peut survivre.
Sites de productions visés : les productions de pommes de terre et les jardins et potagers privés en zones de culture protégées.
Nom scientifique : Phytophthora infestans (Mont.) de Bary
Nom commun anglais : Late blight
Incidence économique
Le mildiou de la pomme de terre est la maladie la plus importante dans la production de pommes de terre. Cette maladie peut également s’attaquer aux tomates, aux poivrons et aux aubergines. Sa dissémination est assurée par des spores pouvant voyager sur plusieurs kilomètres.
La maladie s’attaque aux parties aériennes et aux tubercules de pomme de terre. Le mildiou de la pomme de terre peut détruire une plantation complète de tomates ou de pommes de terre en quelques semaines lorsque les conditions climatiques lui sont favorables et qu’aucune intervention phytosanitaire n’est réalisée. Afin d’empêcher l’apparition de cette maladie, des traitements fongiques doivent être réalisés continuellement. Une fois implantée, le seul moyen d’éradiquer la maladie est la destruction des plants infectés. Les pertes de rendement peuvent varier entre 20 % et 40 % selon les années.
Incidence environnementale
Cette maladie peut affecter quelques mauvaises herbes et plantes ornementales de la famille des Solanacées dont les pétunias.
Sites de productions visés : exploitations agricoles commerciales et jardins et potagers en milieu agricole.
Pour des informations supplémentaires à propos du mildiou, consultez les documents Le mildiou, une maladie à surveiller (PDF 1,51 Mo) et Prévenir et reconnaitre le mildiou dans la tomate et la pomme de terre (PDF 1,60 Mo).
Noms scientifiques : Globodera pallida, Globodera rostochiensis
Noms communs français : nématode blanc de la pomme de terre, nématode doré de la pomme de terre
Noms communs anglais : Pale cyst nematode, Golden nematode
Incidence économique
Les nématodes à kyste de la pomme de terre sont des vers microscopiques. Les kystes, qui constituent leur forme de conservation, survivent dans le sol pendant de nombreuses années. Il s’agit d’un mode efficace de dissémination. Présents dans de nombreuses zones de production de pommes de terre dans le monde, les nématodes (blancs et dorés) sont considérés comme des ravageurs redoutables de la culture de la pomme de terre.
Les kystes s’introduisent dans les champs par leur présence dans la terre qui adhère au matériel agricole ou aux tubercules plantés. Les populations de Globodera vont par la suite se multiplier lors de la culture de la pomme de terre. La présence de repousses au champ entretient les populations de nématodes. Leur développement est aussi favorisé par les rotations courtes de cultures sensibles et le transport de terre contaminée par de la machinerie agricole ou de plants hôtes en provenance de zones contaminées.
La pomme de terre (Solanum spp.) est l’hôte principal, suivie de la tomate (Lycopersicum esculentum) et de l’aubergine (S. melongena). Au total, quelque 90 espèces du genre Solanum sont reconnues comme étant des hôtes de ces ravageurs.
Incidence environnementale
Les nématodes à kyste de la pomme de terre ont une incidence environnementale négative : ils causent de graves pertes de rendement en détruisant les racines et en affaiblissant les plantes. Des mesures de contrôle strictes sont nécessaires, comme l’interdiction de culture pendant plusieurs années, des rotations de culture longues et l’utilisation de variétés résistantes.
Lien utile : Nématodes à kyste de la pomme de terre - politiques et réglementation - Agence canadienne d’inspection des aliments
Nom scientifique : Apiosporina morbosa (Schwein.)
Nom commun anglais : Black knot
Incidence économique
Cette maladie fongique s'attaque aux pruniers, cerisiers (fruitiers et ornementaux) et pêchers.
À la première année d'infection, aucun symptôme n'est visible. Ce n'est qu'à la deuxième année que les renflements caractéristiques se développent. Des plantes infectées peuvent donc être vendues sans démontrer de symptômes.
Lorsque les renflements entourent une branche, la partie supérieure meurt. Les gros nodules défigurent et affaiblissent l'arbre et favorisent l'infestation par des insectes nuisibles.
Incidence environnementale
La maladie pourrait à long terme amener la disparition des cerises sauvages, un élément important de la biodiversité.
Sites de productions visés : pépinières, productions agricoles et terrains privés en milieu agricole.
Liens utiles :
Nodule noir du cerisier
Cerise - Nodule noir – IRIIS Phytoprotecion
Nom scientifique : Phytophthora spp.
Nom commun anglais : Phytophthora root rot
Incidence économique
Le framboisier est la principale plante hôte du pourridié. D'autres plantes peuvent également être infectées par ces champignons (arbres fruitiers, plantes ornementales). Les spores peuvent survivre dans le sol 15 ans. Les dégâts vont de la baisse de rendement à la destruction complète de la framboisière en quelques années.
Incidence environnementale
Pour certaines régions, l'avenir de la culture même de la framboise pourrait être remis en question. Des entreprises agricoles devraient alors arrêter toute activité ou réorienter leur production.
Sites de productions visés : pépinières
Lien utile : Framboise - Pourriture des racines – IRIIS Phytoprotection
Nom scientifique : Cronartium ribicola (J.C. Fisch)
Nom commun anglais : White pine blister rust
Incidence économique
Ce champignon s'attaque au pin blanc par l'intermédiaire d'une plante hôte du genre Ribes (gadelier, groseiller et cassis). Il peut faire mourir des pins blancs de tous les âges. Les arbres affectés peuvent mourir en 3 ans ou survivre plus de 20 ans. C'est surtout chez les spécimens de moins de 25 ans que la maladie s'avère fatale.
Aujourd'hui devenu plus rare, le pin blanc est le plus précieux de nos conifères. Cette essence est recherchée pour la construction de meubles, portes, fenêtres, placages et boiseries.
Incidence environnementale
Des plantations naturelles peuvent être détruites par cette maladie.
Sites de productions visés
- pépinières ornementales et non forestières
- productions agricoles (gadeliers, cassis et groseillers)
- terrains privés (gadeliers, cassis et groseillers) en milieu agricole
Liens utiles :
Rouille vésiculeuse du pin blanc
Cassis - Rouille vésiculeuse du pin blanc – IRIIS Phytoprotection
Nom scientifique : Phytophthora fragariae (C.J. Hickman)
Nom commun anglais : Red stele
Incidence économique
Il s'agit d'un pathogène très virulent lorsque les conditions climatiques lui sont favorables (printemps et automne humides et froids sur une longue période). Une fraisière complète peut être détruite en une saison. Les diminutions de rendements peuvent être importantes.
Incidence environnementale
Les sites infectés le demeurent pour au moins 15 ans. Aucune autre plante hôte n'est identifiée.
Sites de productions visés : pépinières
Lien utile : Fraises - Stèle rouge – IRIIS Phytoprotection
Nom scientifique : Xanthomonas fragariae (K. & K.)
Nom commun anglais : Angular leaf spot
Incidence économique
Il est difficile d'évaluer l'importance des pertes économiques engendrées par cette maladie car son développement dépend des conditions climatiques et des cultivars, qui varient dans leur sensibilité. Cependant, la majorité des cultivars de fraisier utilisés au Québec sont sensibles à différents niveaux à cette maladie.
Il a été observé aux États-Unis que des infestations entre 10 et 25 % des plants avaient entraîné des pertes de rendement de 10 %. Des restrictions de quarantaine sont établies par certains pays importateurs de plants de fraisiers en rapport avec cette maladie.
Incidence environnementale
Le fraisier est l'hôte principal de cette bactérie, bien que deux espèces de potentilles soient déjà inoculées artificiellement.
Sites de productions visés : pépinières
Lien utile : Fraise - Tache angulaire – IRIIS phytoprotection
Nom scientifique : Venturia inaequalis (Cooke)
Nom commun anglais : Apple scab
Incidence économique
Il s'agit de la maladie la plus importante chez le pommier. Des pertes de rendement et de qualité des récoltes peuvent atteindre jusqu'à 70 % de la valeur si aucun traitement n'est appliqué.
Incidence environnementale
Les arbres atteints se retrouvent aussi bien en milieu agricole que résidentiel. L'aspect esthétique des arbres est réduit par la chute des feuilles et leur aspect brunâtre.
Sites de productions visés : productions agricoles et terrains privés en milieu agricole
Lien utile : Pomme - Tavelure – IRIIS Phytoprotection
Consultez aussi la fiche d'information La tavelure du pommier : mieux comprendre pour mieux intervenir d'Agriculture et Agroalimentaire Canada.
Nom scientifique : Agrobacterium tumefaciens (S. & T.)
Nom commun anglais : Crown gall
Incidence économique
Cette bactérie peut infecter 90 familles et 600 espèces végétales aussi bien fruitières qu'ornementales mais plus particulièrement les Rosacées (pommiers, poiriers, rosiers, framboisiers, pruniers, etc.).
Au Canada, jusqu'à 10 % des pertes en pépinières lui seraient attribuées. Aucun moyen de lutte curatif n'est disponible. Les tumeurs réduisent l'absorption de l'eau et des éléments nutritifs, ce qui affaiblit le plant, réduit sa croissance et augmente sa susceptibilité au stress.
Le dépérissement peut se produire très rapidement et conduire, dans certains cas, à la mort de la plante. La bactérie peut survivre 3 ans dans le sol sans plante hôte, ce qui oblige d'effectuer des rotations et des jachères.
Incidence environnementale
L'introduction de plantes infectées peut contaminer le sol et rendre ces sites impropres à la culture des plantes hôtes pour quelques années.
Sites de productions visés : pépinières
Lien utile : Carotte - Tumeur du collet – IRIIS phytoprotection
Nom scientifique : Polerovirus PLRV
Nom commun anglais : Potato leafroll virus (PLRV)
Incidence économique
Le virus de l’enroulement de la pomme de terre (VEP) peut provoquer une baisse de rendement allant de 50 % à 80 % chez les cultivars sensibles. Dans certains cas, le virus peut aussi détériorer la qualité des tubercules et causer des nécroses internes dans leur chair.
Incidence environnementale
La propagation du virus est assurée par des pucerons. Des traitements insecticides peuvent être utilisés pour contrôler les populations de pucerons et ainsi limiter la propagation du virus. Ces produits chimiques entraînent toutefois des conséquences environnementales.
Lien utile : Pomme de terre - Virus de l’enroulement de la pomme de terre – IRIIS phytoprotection
Nom scientifique : Potyvirus yituberosi
Nom commun anglais : Potato virus Y
Incidence économique
Le virus Y de la pomme de terre (PVY) est l’un des virus de plantes les plus répandus parmi ceux d’importance économique. Il est considéré comme le virus de la pomme de terre le plus préjudiciable dans le monde, que ce soit en production de plant ou dans les autres types de production de pomme de terre.
Incidence environnementale
Le virus Y est transmis par au moins 65 espèces de pucerons selon un mode non persistant. Des traitements insecticides peuvent être utilisés pour contrôler les populations de pucerons et ainsi limiter la propagation du virus. Ces produits chimiques entraînent toutefois des conséquences environnementales.
Liens utiles :
Pomme de terre - Virus Y de la pomme de terre – IRIIS phytoprotection
Virus PVY : souches et état de la situation – Agri-Réseau
Virus PVY : souches et état de la situation – CRAAQ
Trousse de biosécurité pomme de terre – Agri-Réseau
Dernière mise à jour : 18 février 2026











