Fiches sur les maladies des arbres
Rouille vésiculeuse du pin blanc
La rouille vésiculeuse du pin blanc est causée par un champignon originaire d’Asie, Cronartium ribicola J. C. Fischer ex Rabenh. Cet agent pathogène a été introduit par des plants contaminés arrivés d’Europe. Aujourd’hui, cette maladie est répandue dans toute l’aire de distribution du pin blanc.
Dans cette page :
Arbres et plantes à risque
En Amérique du Nord, la rouille vésiculeuse infecte tous les pins dont les aiguilles sont regroupées en faisceaux. Au Québec, elle menace surtout le pin blanc. La maladie se relaie sur d’autres hôtes alternants Lire le contenu de la note numéro 1 appartenant au genre Ribes : les gadeliers, les groseilliers et les cassis.
La rouille vésiculeuse tue des pins blancs de tous âges, mais les arbres de moins de 25 ans sont particulièrement touchés. Les jeunes semis peuvent mourir en grand nombre.
Certains arbres meurent quatre ans après l’infection, tandis que d’autres survivent plus de 20 ans.
Même si la maladie ne tue pas les grands pins blancs, elle affaiblit leur tronc et ralentit leur croissance.
Signes et symptômes de la maladie
Les aiguilles infectées à l’automne affichent des points jaunes le printemps suivant. Un an ou deux plus tard, le champignon atteint les branches ou le tronc. Les symptômes deviennent alors faciles à détecter, car l’écorce déformée par des renflements prend une coloration orangée. L’année suivante, l’écorce se couvre de formations appelées « écidies », que les rongeurs adorent manger.
La maladie, qui progresse, peut entourer la branche ou le tronc. Elle est accompagnée d’un écoulement de résine de l’arbre. Lorsque l’anneau est presque complet, le feuillage au-dessus devient d’abord jaune, puis brun-rouge.

La rouille vésiculeuse du pin blanc est causée par Cronartium ribicola. © Ministère des Ressources naturelles et des Forêts
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Transmission et cycle de vie
Le cycle de vie de la rouille vésiculeuse du pin blanc est complexe et dure au moins quatre ans. Le champignon produira différents types de cellules reproductrices (spores) durant son cycle de vie.
Première année
Dès juillet, les basidiospores Lire le contenu de la note numéro 2 produites sur des croûtes brunâtres, appelées « télies », apparaissent sous les feuilles de Ribes. Elles sont dispersées par le vent et germent sur les aiguilles du pin blanc. Le champignon hiverne dans les tissus endommagés de l’aiguille.
Deuxième année
Le printemps suivant, le champignon se propage dans les tissus vivants des branches et du tronc, provoquant une nécrose. Une période de latence, d’une à plusieurs années, peut débuter à ce moment.
Puis, au courant de l’été, un renflement et un début de chancre Lire le contenu de la note numéro 3 apparaissent sur les tissus nécrosés. De minuscules pustules, appelées « spermagonies », entourent ce chancre et libèrent un liquide qui renferme des spermaties.
Troisième année
Le printemps suivant, deux ans après l’infection, des structures blanches, nommées « écidies », se forment sur le chancre. De mai à juin, ces structures se rompent et libèrent des écidiospores orangées, tandis que l’écorce sous les écidies meurt.
Le champignon progresse dans les tissus vivants, et de nouvelles écidies apparaissent chaque année autour du chancre. Le vent disperse ces écidiospores sur de longues distances pour infecter les plantes du genre Ribes. Des pustules jaune orangé, appelées « urédies », libèrent des urédiospores. Si les conditions climatiques sont favorables, la maladie s’intensifie avec plusieurs générations d’urédiospores.
À la fin de l’été ou au début de l’automne, des télies se succèdent sous les feuilles de plantes du genre Ribes. Lorsque les conditions climatiques sont fraîches et humides, elles génèrent des basidiospores qui infectent le pin blanc. Ces spores se dispersent sur de courtes distances, généralement inférieures à 300 m. Elles ne survivent pas à l’hiver.
Consultez le cycle de vie de la rouille vésiculeuse du pin blanc (PDF 600 Ko).
Protection et prévention
En raison de la diminution du nombre de pins blancs, il est envisagé de reboiser les terrains ou d’utiliser des méthodes de régénération naturelle. En effet, la plupart des pinèdes naturelles ont presque atteint leur maturité, et il manque de jeunes arbres. Il est important de conserver des semenciers de pin blanc sans maladie ou résistants pour assurer une bonne régénération pour l’avenir.
Au Québec, l’ampleur des dégâts dépend du lieu du peuplement et des conditions locales. Le choix du site est donc déterminant. Il est conseillé de rester dans la zone de distribution du pin blanc et dans les secteurs dont l’altitude ne dépasse pas 300 m, car les risques de rouille vésiculeuse y sont plus faibles.
Pour établir une plantation de pins blancs ou une pépinière de cette essence, il est essentiel de s’assurer qu’aucune plante du genre Ribes ne se trouve dans un rayon de 300 m. Dans la mesure du possible, les secteurs où l’humidité relative de l’air est faible seront privilégiés. On choisira les terrains plats, bien aérés ou les sommets de pentes, tandis que les sites où la formation de rosée est persistante ou abondant en plantes du genre Ribes seront évités.
Les recherches récentes indiquent que les stations plus sèches, idéales pour le pin blanc, comportent moins de plantes du genre Ribes, comparativement aux stations humides ou moyennement humides.
Pour éviter la mort dans les jeunes plantations de pins blancs, il faut couper la moitié inférieure des branches vers 8 ans. Il est aussi important de vérifier régulièrement les plantations selon leur zone de vulnérabilité. Ces inspections, à faire idéalement en mai et en juin, permettent de détecter la maladie et d’éliminer les parties infectées, au besoin. Dans les régions où la maladie est rare, il est possible d’abattre les pins dont le tronc est touché.
Les relevés montrent que les plantations établies sous couvert sont substantiellement exemptes d’infections causées par la rouille vésiculeuse au Québec.
La production de lignées de pins blancs plus résistantes pourrait permettre la restauration du pin blanc dans les territoires occupés par le passé.
À consulter aussi
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Note de bas de page numéro 1Certains champignons ont besoin d’un second hôte pour achever leur cycle de vie et ainsi se reproduire et se propager. Retour à la référence de la note numéro 1
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Note de bas de page numéro 2Les basidiospores sont des spores produites par les champignons. Elles se forment sur des structures spéciales appelées « basides » qui se trouvent souvent sur les parties visibles du champignon, comme le chapeau. Retour à la référence de la note numéro 2
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Note de bas de page numéro 3Un chancre est une plaie sur l’écorce d’un arbre, causée par un champignon ou une bactérie, qui tue les tissus et qui peut s’agrandir avec le temps. Il peut apparaître comme une zone enfoncée, craquelée ou décolorée sur le tronc ou les branches, et affaiblir l’arbre. Retour à la référence de la note numéro 3
Dernière mise à jour : 29 octobre 2025