Protection des forêts contre les insectes et les maladies
Prévenir, détecter et lutter contre les insectes et les maladies des arbres
En tant que gestionnaire du territoire public, le gouvernement établit des stratégies pour s’assurer du bon état de santé des arbres et des forêts afin de réduire les pertes éventuelles de bois en raison des insectes et des maladies.
La protection des forêts contre les insectes et les maladies s’articule autour de trois axes, soit la prévention, la détection et la lutte.
Dans cette page :
Prévenir les épidémies d’insectes et les maladies
La prévention a pour but d’augmenter la résistance des arbres à l’égard des maladies et des épidémies d’insectes. Elle vise aussi à réduire progressivement l’ampleur des perturbations et de leurs effets sur les forêts.
Le rôle écologique des insectes
Les insectes jouent un rôle écologique dans nos forêts. Plusieurs d’entre eux aident à la pollinisation des plantes. Certains permettent de contrôler les populations d’autres insectes, décomposent des matières organiques ou servent de nourriture. Cependant, certains insectes, appelés ravageurs forestiers, causent la perte de feuilles (défoliation) des arbres en les mangeant. Une faible défoliation ne nuira pas à la survie d’une forêt. Toutefois, une défoliation grave provoquée par une épidémie peut entraîner la mort d’arbres.
Analyse de données
Afin d’avoir un état de situation complet de la santé des forêts au Québec, les spécialistes du gouvernement recueillent, chaque année, différentes informations provenant de leurs équipes techniques, mais aussi des signalements du public.
Grâce à ces informations, ils peuvent ensuite récolter en priorité les arbres qui courent le plus de risques, comme les sapinières parvenues à maturité. De plus, ils peuvent effectuer les travaux sylvicoles requis pour augmenter la résistance des autres peuplements forestiers à une éventuelle épidémie.
Programme particulier pour la tordeuse des bourgeons de l’épinette
La tordeuse des bourgeons de l’épinette fait l’objet d’un programme particulier de détection et de lutte. Consultez notre fiche d’information pour trouver les réponses aux questions fréquentes (PDF 325 Ko).
Détecter la présence d’insectes et de maladies
La détection est une étape cruciale. Plus elle est hâtive, plus le nombre de méthodes d’intervention adéquates est grand, et plus les dommages peuvent être réduits.
Cette étape permet de déceler l’apparition de problèmes et d’évaluer leurs répercussions sur les forêts, puis de déterminer et de mettre en place rapidement les moyens d’intervention nécessaire pour limiter les dommages et les pertes économiques éventuelles.
La détection et le suivi des insectes et des maladies exigent de nombreux travaux d’échantillonnage.
Stations d’observation
Ces travaux d’échantillonnage se font à partir d’un vaste réseau de stations d’observation réparties dans toute la province :
- Les stations permanentes permettent un suivi à très long terme des insectes et des maladies. Elles sont établies à partir du type de peuplement et de l’historique des épidémies d’insectes, dans chacune des régions du Québec.
- Les stations temporaires sont implantées lors de la détection d’une infestation afin de mieux localiser ses limites. Elles sont actives durant toute la durée de l’infestation.
- Les stations ponctuelles sont mises en place chaque année pour compléter le réseau devant un problème particulier et de courte durée. Ce réseau permet de surveiller en priorité les forêts les plus vulnérables dans les endroits où les maladies et les épidémies d’insectes sont les plus récurrentes.
Stations météorologiques
Grâce aux données fournies par certaines stations météorologiques, des modèles mathématiques sont construits pour évaluer, à une journée près, le stade de développement atteint par certains insectes ciblés. Cette information est particulièrement importante lorsqu’un programme de lutte doit être mis en branle.
Inventaires aériens
Des survols aériens dans l’ensemble des aires reboisées du Québec sont effectués tous les ans pour détecter rapidement les ravageurs forestiers. Les méthodes d’échantillonnage visent à estimer leur abondance, à localiser l’épidémie ainsi qu’à évaluer ou à prédire les dégâts.
Lutter contre les insectes et les maladies
Le Québec privilégie une récolte préventive pour réduire les pertes liées aux insectes et aux maladies.
La lutte directe, soit l’arrosage d’un peuplement forestier avec un insecticide, est un outil complémentaire qui est parfois indispensable.
Le recours aux arrosages aériens d’insecticide biologique est généralement dicté par des motifs économiques, comme la nécessité de préserver les sources d’approvisionnement des industries forestières.
Cette lutte directe est effectuée avec un produit éprouvé qui a peu d’effets sur l’environnement. C’est la Société de protection des forêts contre les insectes et maladies (SOPFIM) qui planifie et exécute les programmes de pulvérisations aériennes d’insecticide biologique à la demande du gouvernement.
Avant d’entamer la lutte, la récolte préventive doit être considérée. La décision d’intervenir est basée à la fois sur un seuil économique, c’est-à-dire la limite au-delà duquel les pertes prévues sont jugées inacceptables, et sur un seuil d’intervention, qui correspond aux concentrations d’insectes jugées suffisantes pour causer les pertes appréhendées.
À consulter aussi
Dernière mise à jour : 25 juillet 2025