Principaux insectes s'attaquant aux arbres

Bien qu’ils jouent un rôle important dans, les insectes nuisent parfois à nos arbres et à nos forêts. Trouvez des renseignements sur les principaux groupes de ravageurs forestiers vivant au Québec ainsi que de l'information sur leurs hôtes, les dégâts qu’ils causent, leur détection et les interventions à mener pour chacun d’entre eux. 

Les acariens

Les acariens, qui appartiennent au grand groupe des arthropodes, ne sont pas des insectes. Ils n’ont ni antennes ni mandibules. Leur corps, qui de forme ronde ou ovale, est non segmenté.

Deux groupes importants d’acariens s’en prennent aux arbres et aux arbustes : les tétranyques et les phytoptes.

Hôtes

Les acariens tétranyques s’attaquent surtout aux résineux.

Contrairement aux tétranyques, les acariens phytoptes s’attaquent surtout aux feuillus. Leurs hôtes préférés sont l’érable, le bouleau, le frêne, le tilleul, l’orme et l’aulne. Ils s’en prennent parfois au genévrier.

Dégâts causés

Les dommages causés par les phytoptes sont généralement insignifiants sur les arbres déjà bien établis. Seule l’apparence de leurs hôtes est modifiée.

Détection

La présence d’acariens tétranyques peut être soupçonnée lorsque de petites toiles tissées sont visibles sur un feuillage devenu jaunâtre ou brunâtre et qui semble sale et terne. Pour le confirmer, il suffit de secouer un rameau suspect au-dessus d’une feuille de papier blanc. Si de petits points rouges tombent sur la feuille, l’arbre est infesté.

Quant aux acariens phytoptes, leur présence est révélée par les déformations ou les renflements qu’ils font naître sur les feuilles, les rameaux, les bourgeons ou les fleurs de leurs hôtes. Ils sont détectables également par les galles ou cécidies qu’ils causent sur le limbe des feuilles. En fait, ils attirent souvent l’attention en provoquant l’apparition d’une multitude de petites galles microscopiques, très colorées, qui forment une sorte de tapis velouté.

Traitements

Comme les acariens phytoptes ne causent pas de dégâts graves, il est recommandé de ne pas traiter les arbres, sauf dans des cas exceptionnels. Par exemple, il peut être nécessaire d’appliquer une huile de dormance très tôt le printemps, avant l'écolosion des bourgeons.

Dans les petites plantations et sur les arbres ornementaux, il est possible de lutter contre les acariens tétranyques en arrosant copieusement le feuillage des plantes attaquées avec un fort jet d’eau. Ainsi, les toiles sont détruites et une partie de la population est délogée. Ce traitement augmente aussi le taux d’humidité, ce qui freine le développement des acariens. Dans les cas graves, il faut utiliser un acaricide.

Les arpenteuses printanières de l’érablière

Les trois espèces d’arpenteuses les plus répandues au Québec sont l’arpenteuse du tilleul, l’arpenteuse de Bruce, et l’arpenteuse d’automne.

Hôtes

Au cours des 60 dernières années, les arpenteuses du tilleul, de Bruce et d’automne ont provoqué de graves pertes de feuilles, soit de la défoliation, dans les érablières du Québec. L’arpenteuse du tilleul s’attaque aussi au tilleul, à l’orme, au chêne, au bouleau à papier, au noyer et au pommier.

L’arpenteuse de Bruce s'attaque également au peuplier faux-tremble et au hêtre à grandes feuilles.

Quant à l’arpenteuse d’automne, elle se trouve souvent sur l’orme, le tilleul, l’érable rouge, l’érable argenté, le chêne rouge et le pommier.

Dégâts causés

Les arpenteuses peuvent faire subir des défoliations graves et souvent répétées aux érables à sucre. Lorsqu’un arbre perd plus de la moitié de son feuillage deux années de suite, sa vigueur et sa croissance peuvent en être réduites. Les conséquences sont particulièrement sérieuses quand les arbres sont affaiblis par l’âge ou par leur position précaire dans un milieu donné. Ils sont alors forcés de se refaire une feuillaison en puisant à même leurs précieuses réserves nutritives. La mort de rameaux dans le tiers supérieur de la cime indique généralement une perte de vitalité.

Détection

Il est possible de détecter des chenilles très tôt au printemps, lorsqu’elles se creusent de petits trous d’alimentation dans la partie principale des feuilles. Elles s’en prennent surtout aux feuilles qui sont situées dans le sommet des arbres. Au cours des infestations importantes, la cime des arbres peut être gravement défoliée. Le couvert forestier laisse alors pénétrer beaucoup de lumière. Quand les chenilles abondent pendant les mois de mai et juin, leurs excréments tombent sur le sol ou sur les plantes du sous-bois avec un bruit qui rappelle celui de la pluie : c’est un autre indice de la présence d’arpenteuses. Enfin, les gens qui circulent en forêt vers la fin de l’automne peuvent observer des nuées de papillons mâles qui engendreront les prochaines populations d’arpenteuses.

Traitements

Les infestations d’arpenteuses durent environ deux ans. Par la suite, une maladie causée par un virus (une virose) se développe habituellement dans les populations et contribue à enrayer l’infestation pendant quelques années. Aucun traitement n’est donc recommandé dans les forêts. Toutefois, si la survie d’une érablière est compromise, il est possible d’utiliser du Bacillus thuringiensis (B.t.).

Le Bacillus thuringiensis s’avère aussi utile pour traiter les arbres d’ornementation. Néanmoins, il est préférable de les protéger en enduisant le tronc d’une substance adhésive (Tangle foot) sur une bande de 20 cm de largeur, à l’automne. Ce produit est vendu dans les jardinieries ou les quincailleries. Les femelles sans ailes (aptères) viendront s’y coller, avant d’avoir pondu leurs œufs, tout comme les mâles. Des jets d’eau répétés sur le feuillage envahi de chenilles peuvent aussi donner de bons résultats.

L’arpenteuse de la pruche

L’arpenteuse de la pruche est un insecte indigène de l’Amérique du Nord. Consultez sa fiche

Les chenilles à tente

Parmi les espèces de chenilles de lépidoptères vivant au Québec, en plus de la livrée d’Amérique, de la chenille à tente estivale et de la tordeuse du cerisier sont les plus répandues. Les tentes, qui abondent parfois le long des grandes voies de circulation, deviennent des objets de curiosité, sinon d’inquiétude.

Hôtes

Les cerisiers sont l’essence préférée de la livrée d’Amérique et de la tordeuse du cerisier. Elles s’en prennent surtout aux arbres de petite taille. Moins exclusive, la chenille à tente estivale a été détectée sur plus de 100 essences feuillues au Québec. Elle se nourrit principalement de cerisiers, d'ormes, d'aulnes, de frênes, de saules, de bouleaux de grande taille.

Dégâts causés

La défoliation est le dégât le plus sérieux attribué aux chenilles à tente.

Détection

Très visibles en été, les tentes tissées par les chenilles à tente attirent l’attention sur les arbres infestés.

Traitements

La façon la plus efficace de les éliminer sur les arbres ornementaux ou sur de petites superficies demeure l'enlèvement et la destruction des toiles, en été, et des œufs, à l’automne. Un bon sécateur suffit. Le brûlage des tentes à l’aide d’une torche est fortement déconseillé à cause des risques qu’il comporte.

Les cochenilles

Les cochenilles sont de petits insectes suceurs de sève qui appartiennent à l’ordre des homoptères, comme les pucerons.

Hôtes

Feuillus et résineux.

Dégâts causés

Un feuillage prématurément jauni, un rassemblement de fourmis et de guêpes, des amas de cire blanche ou des renflements d’une substance collante et sucrée révèlent généralement la présence de cochenilles. Les aiguilles infestées prennent rapidement une coloration marbrée, puis deviennent jaunâtres et brunâtres. Si l’infestation est grave, elles peuvent tomber prématurément.

Détection

La décoloration des aiguilles, la présence de cire et de miellat sont des signes de l’activité des cochenilles.

Traitements

Les homoptères sont parasités par plusieurs hyménoptères, mais leurs pires ennemis demeurent les coccinelles qui appartiennent à l’ordre des coléoptères. Les fourmis et les guêpes se contentent de leur soutirer leur miellat. Il faut parfois couper des branches pour réduire les populations de cochenilles.

Les diprionidés

Cette famille d’hyménoptères regroupe plus de 120 espèces, dont plus de la moitié appartiennent aux genres Neodiprion et Diprion. En Amérique du Nord, près de 30 espèces de diprionidés sont dénombrés. Ils sont parmi les ravageurs forestiers les plus redoutés des forêts naturelles et des plantations de résineux.

Hôtes

Les diprionidés sont tous des défoliateurs des résineux étroitement associés à leurs hôtes pour la ponte et l’alimentation. Toutefois, ils ne s’en prennent habituellement qu’à une seule essence. Ainsi, les espèces du genre Neodiprion semblent dépendre des pins; elles attaquent rarement les autres résineux.

Le pin rouge est l’hôte de prédilection du diprion de LeConte. Mais durant une épidémie, il peut s’en prendre aussi aux pins gris et sylvestres. Le diprion de LeConte est le principal défoliateur des jeunes pins rouges cultivés dans les plantations.

Le pin gris est l’hôte presque exclusif du diprion de Swaine.

Dégâts causés

Le diprion de Swaine mange habituellement les vieilles aiguilles du pin gris. Dans la plupart des cas, il ne détruit qu’une partie du feuillage. Les nouvelles aiguilles sont attaquées lorsque les vieilles sont toutes mangées. Puisqu’une épidémie dure trois ou quatre ans, les arbres les plus forts survivent sans trop de mal. Toutefois, les défoliations répétées compromettent sérieusement les sujets chétifs qui meurent souvent trois ou quatre ans après la fin de l’invasion. De plus, durant les épidémies importantes, certains pins sont complètement défoliés et meurent dans l’année qui suit.

Des études indiquent que les plantations les plus vulnérables au diprion de LeConte sont celles établies sur des sols appauvris où le drainage est inadéquat et la végétation concurrente abondante. S’ils sont entièrement défoliés par le diprion de LeConte, les pins qui croissent dans de telles conditions succombent et meurent dans l’année qui suit. Cependant, les sujets qui croissent sur de bons sites et qui subissent une défoliation moins importante se rétablissent assez rapidement. Ils s’en tirent avec un ralentissement de croissance passager et, parfois, avec la perte de quelques branches.

Détection

L’observation de larves sur les aiguilles est le moyen le plus simple pour détecter cet insecte.

Traitements

Les populations de diprions de Swaine sont maintenues à un niveau économiquement acceptable, année après année, grâce à l’action combinée de plusieurs facteurs naturels de répression. Par exemple, le froid régularise les populations. Des parasites s’attaquent à l’œuf de la larve et du cocon du diprion de Swaine. Parmi ses prédateurs, il y a plusieurs coléoptères, les fourmis et certains petits mammifères. Les populations de larves peuvent parfois être infectées par une maladie virale.

Les micro-organismes pathogènes jouent un rôle primordial dans la lutte contre le diprion de LeConte. Des préparations commerciales sont préparées à partir d’un virus à polyèdres nucléaires (Lecontvirusâ) qui permettent de réduire les populations très rapidement. Le climat permet aussi d'affaiblir les populations. Par exemple, les froids hâtifs et les chutes de neige à l’automne détruisent les larves. Les chaleurs excessives accompagnées de sécheresse contribuent aussi à mettre fin aux infestations.

Les enrouleuses, les plieuses et les lieuses

Les enrouleuses, les plieuses et les lieuses appartiennent à l’ordre des lépidoptères et, plus précisément, aux familles des tortricidés, des pyralidés et des géléchiidés.

Hôtes

Ces ravageurs forestiers s’en prennent surtout aux feuillus comme les érables, les bouleaux, les chênes et les peupliers. À part l’épinette blanche et le pin blanc, les essences résineuses sont rarement attaquées.

Dégâts causés

Il est très rare que ces insectes endommagent sérieusement leurs hôtes, et ce, même lorsque les populations sont nombreuses. En général, ils altèrent l’apparence des arbres et ils en ralentissent la croissance.

Détection

Leur présence est révélée par des structures anormales dans le feuillage. Les larves ou les chenilles sont munies de glandes qui secrètent une soie (glandes séricigènes) avec laquelle elles attachent les feuilles de diverses façons : elles les plient, les enroulent, les lient ou les chiffonnent. Ainsi, elles se forment un abri qui les protège contre les parasites, leurs prédateurs ou les intempéries.

Au printemps, lorsque les bourgeons gonflent, il est possible d’apercevoir des fils de soie. Ce n’est toutefois que lorsqu’ils s’ouvrent et que la feuille se déploie que les larves peuvent être observées. Lorsque les populations se multiplient, ce sont surtout les déformations des feuilles qui attirent l’attention.

Traitements

Aucune méthode de lutte n’est recommandée pour les feuillus. Les dommages sont généralement négligeables. De plus, l’insecte est bien protégé à l’intérieur de son abri.

Les gallicoles ou galligènes

Les organismes « gallicoles » ou « galligènes » sont des insectes ou des acariens (pucerons, cécidomyies, guêpes, longicornes, phytoptes). Ils provoquent la formation de galles ou d’une excroissance (cécidie) sur les fleurs, les feuilles, les bourgeons, les rameaux, les branches, les tiges ou les racines des arbres.

Hôtes

Le chêne est l’hôte préféré de plusieurs espèces de galligènes et, surtout, des cynipes. Les homoptères, les diptères et les acariens préfèrent les peupliers, les saules, les bouleaux, les érables, les frênes, les ormes et les tilleuls chez les feuillus et les épinettes chez les conifères.

Dégâts causés

Les dommages causés par les galligènes sont généralement insignifiants. Seule l’apparence de l’arbre souffre temporairement.

Détection

Les excroissances anormales sont d’excellents indices pour détecter les insectes et les acariens galligènes qui infestent les arbres. Chaque espèce de galligène provoque l’apparition de galles spécifiques, c’est-à-dire qui ont une allure et, parfois, une couleur propre et qui se forment en des points déterminés de l’hôte. Il est donc facile de les identifier.

Traitements

Plusieurs prédateurs naturels régularisent des populations d’insectes et d’acariens galligènes. Il est rarement nécessaire de lutter contre eux. Leur nombre fluctue très peu d’une année à l’autre et les galles se raréfient avec le temps.

Comme les galligènes ne causent pas de dommages sérieux, l’utilisation d’insecticide est inutile. L’émondage des feuilles, des rameaux ou des branches suffit souvent à débarrasser les arbres de ces insectes. Si un puceron à galle conique de l’épinette est détecté, il faut détruire les galles au milieu de l’été, avant qu’elles n’ouvrent pour libérer de nouveaux adultes. Si l’infestation persiste ou semble s’aggraver, il est possible d’appliquer une huile de dormance tôt au printemps, avant le débourrement. Les nymphes qui ont hiverné à la base des bourgeons seront ainsi éliminées.

La livrée des forêts

La livrée des forêts est un insecte indigène de l’Amérique du Nord qui est largement répandu sur tout le continent. Consultez sa fiche pour en savoir davantage.

Les mineuses

Les mineuses les plus abondantes appartiennent à quatre familles de lépidoptères. Toutefois, celles de la famille des gracillariidés sont les plus répandues et causent les dégâts les plus spectaculaires. Les espèces les plus courantes appartiennent aux genres Cameraria, Phyllonorycter et Phyllocnistis.

Hôtes

Les bouleaux et les peupliers sont les hôtes de prédilection des mineuses, particulièrement des mineuses des feuilles. Ces insectes s'attaquent aussi aux ormes, aux érables, aux chênes et aux saules.

Dégâts causés

Les mineuses provoquent chez leurs hôtes un stress physiologique proportionnel à l’importance de leurs attaques. Quand plusieurs mineuses se nourrissent de la même feuille, elles la vident rapidement de son contenu pour la réduire à ses deux épidermes. La feuille sèche, brunit et tombe prématurément. Une partie importante de l’arbre peut être ainsi dénudée. Or, cette perte de feuillage ou la destruction du parenchyme des feuilles réduit considérablement le pouvoir photosynthétique des arbres. Leur croissance et leur vitalité en sont réduites. Si les attaques se répètent, l’arbre affaibli peut être envahi par d’autres insectes ou par des champignons pathogènes.

Dans les forêts naturelles, quelques espèces de mineuses se reproduisent rapidement et en grand nombre, et ce, parfois notablement. Elles envahissent de vastes secteurs de forêt à dominance de peupliers.

Détection

Des taches pâles ou foncées sur la face supérieure ou inférieure des feuilles révèlent souvent leur présence. Pendant la phase où les insectes sont très actifs, la cime des arbres passe soudainement de rouille à brun très foncé. Par ailleurs, les galeries creusées dans les feuilles peuvent être étroites, sinueuses, ovoïdes ou de formes diverses selon les groupes et même les espèces de mineuses. Il suffit donc souvent pour identifier les insectes.

Traitements

La lutte contre les mineuses est extrêmement difficile. Leurs larves étant cachées entre les deux épidermes des feuilles, elles sont ainsi relativement bien protégées contre les insecticides chimiques. Toutefois, une fertilisation adéquate à l’automne permet aux arbres, même gravement atteints, de se rétablir rapidement, pour ensuite se développer pleinement.

Les pucerons

Les pucerons sont de minuscules insectes suceurs au corps mou.

Hôtes

Feuillus et résineux.

Dégâts causés

Les arbres et les arbustes infestés par d’importantes colonies de pucerons se couvrent parfois d’un liquide transparent et très collant appelé miellat. Cette substance, évacuée par les pucerons, provient de la sève sucrée dont ils se nourrissent. Cet enduit visqueux et luisant provoque la déshydratation, le dessèchement et la chute prématurée des feuilles. Lorsqu’il est abondant, le miellat se couvre souvent d’une moisissure noire appelée « fumagine » qui réduit la valeur esthétique des arbres atteints. Toutefois, ces dégâts sont généralement sans conséquences pour l’arbre.

Détection

Les espèces de pucerons qui vivent à découvert sur le feuillage sont facilement repérables, car elles forment des attroupements ou « familles ». Certaines espèces attirent l’attention parce qu’elles secrètent une matière blanche, cireuse ou floconneuse, dont elles s’enduisent le corps. D’autres se distinguent par les dégâts qu’elles occasionnent : assèchement, décoloration ou déformation du feuillage, courbure ou renflement des tissus, galles sur les feuilles, les pousses, les aiguilles ou les pétioles.

Traitements

Plusieurs insectes prédateurs, dont les neuroptères (chrysopes), les diptères (syrphes) et, surtout, les coléoptères (coccinelles) participent à la lutte biologique contre les pucerons. Certains hyménoptères parasites s’attaquent aussi à eux. Toutefois, la survie de ces insectes utiles peut être compromise si vous avez recours à des insecticides chimiques pour combattre les pucerons. Il faut donc être très prudent dans le choix des moyens de lutte. Si l’infestation est telle qu’une intervention s’impose, il est recommandé de pulvériser de forts jets d’un savon insecticide ou domestique mélangé à de l’eau. Il s’agit du moyen de lutte le plus approprié.

Les squeletteuses

Les squeletteuses ont une façon particulière de se nourrir : elles ne consomment que le tissu cellulaire spongieux et mou des feuilles (parenchyme) et laissent toutes leurs nervures intactes. La plupart d’entre elles s’attaquent d’abord à l’épiderme inférieur des feuilles.

Hôtes

Les bouleaux, les peupliers et les saules sont les essences les plus touchées par les squeletteuses. Certaines espèces s’attaquent également aux chênes, aux pommiers et aux aulnes.

Dégâts causés

Dans les forêts naturelles, les dégâts causés par ces ravageurs forestiers sont rarement importants, sauf si c’est la squeletteuse du bouleau qui est en cause. Cette squeletteuse, qui prolifère périodiquement surtout dans les parties nord du Québec, entre toutefois en action seulement qu’à la fin de l’été, soit lorsque les arbres ont terminé leur croissance annuelle et constitué leurs réserves nutritives.

En revanche, les haies ornementales sont plus vulnérables. En cas d’épidémie, elles peuvent provoquer la chute des feuilles (défoliation). C’est aussi le cas des haies de saules qui sont souvent infestées par la chrysomèle versicolore du saule. Ces dégâts peuvent inquiéter, car cette squeletteuse peut se reproduire au rythme de trois générations par année et demeurer au même endroit pendant trois ou quatre saisons consécutives.

Détection

Les dommages causés par ces ravageurs forestiers sont souvent visibles bien avant qu’il soit possible de les observer. La défoliation commence généralement sous la feuille, dont la face supérieure semble intacte pendant un certain temps. Comme les larves ne possèdent pas de couleurs très vives, elles échappent facilement aux observateurs non avertis. Le rougissement ou le brunissement des feuilles attaquées sont des signes d’infestation. Dans le cas des chrysomèles, la détection est plus simple, car les adultes circulent sur le feuillage.

Traitements

Les squeletteuses peuvent être facilement éliminées grâce à un arrosage abondant d’eau additionnée d’une faible quantité de savon à vaisselle (1 c. à thé par litre d’eau).

Les tenthrèdes

Les tenthrèdes, communément appelées « mouches à scie », constituent la plus importante des familles d’hyménoptères. En Amérique du Nord, plus de huit sous-familles, 95 genres et près de 800 espèces ont été dénombrées. Au Québec, plusieurs régions sont sujettes aux attaques de la tenthrède du mélèze et la tenthrède à la tête jaune de l’épinette.

Hôtes

La tenthrède du mélèze s’attaque à toutes les espèces de mélèzes, tant indigènes qu’exotiques. En Amérique du Nord, c’est le mélèze laricin qui est son hôte favori. Au Québec, la tenthrède à tête jaune de l’épinette s’en prend surtout aux épinettes noires, mais aussi aux épinettes blanches, rouges et de Norvège.

Dégâts causés

Lorsque des populations importantes de tenthrède du mélèze persistent pendant quelques années, les arbres infestés perdent peu à peu de leur vigueur. Ainsi, leur feuillage devient clairsemé, leur croissance ralentit et leurs branches meurent les unes après les autres. Les sujets les plus résistants ne meurent qu’après une suite de six à huit défoliations, modérées ou graves. Cependant, les arbres rabougris, qui végètent sur des terrains pauvres ou secs, peuvent succomber après trois ou quatre années d’attaques consécutives. La ponte des œufs endommage aussi considérablement les nouvelles pousses qui sèchent, se courbent et meurent graduellement, ce qui freine l’élongation du rameau, réduit la formation de bourgeons et déforme la cime.

Les dégâts causés par la tenthrède à tête jaune de l’épinette sont souvent spectaculaires. Les arbres infestés peuvent être complètement défoliés en l’espace de quelques semaines. Si les jeunes épinettes, qui subissent un tel traitement, réussissent à survivre, leur croissance est fortement ralentie et elles perdent certaines de leurs branches. Les arbres ornementaux, ceux utilisés dans les haies brise-vent et ceux cultivés dans les pépinières, peuvent aussi subir des dégâts importants. Soulignons toutefois que la tenthrède ravage rarement une plantation tout entière. Habituellement, seuls quelques îlots d’arbres sont gravement défoliés. Les sujets en cause sont souvent peu vigoureux et croissent sur des sites pauvres ou perturbés ou, encore, sur des pentes exposées au sud.

Détection

L’observation de larves sur les aiguilles est le moyen le plus simple de détecter cet insecte.

Traitements

Les petits mammifères, comme les musaraignes et les campagnols, sont les principaux prédateurs des cocons de la tenthrède du mélèze. Les oiseaux détruisent aussi les populations de larves et d’adultes.

Comme les œufs de la tenthrède du mélèze sont dissimulés dans les aiguilles et difficiles à atteindre, les traitements insecticides s’avèrent peu efficaces.  

La tenthrède à tête jaune de l’épinette possède de nombreux ennemis naturels qui réussissent à réguler les populations. Le recours à des insecticides peut être nécessaire pour les jeunes plantations gravement infestées et où les dégâts sont sérieux. Autrement, il est facile de déloger les larves à la main lorsque l’insecte s’attaque à des arbres isolés ou à des arbustes ornementaux.

La tordeuse des bourgeons de l’épinette

La tordeuse des bourgeons de l’épinette est l’insecte le plus destructeur des peuplements de conifères de l’Amérique du Nord. Consultez sa fiche pour plus d’information.

Dernière mise à jour : 25 juillet 2025

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