Arpenteuse de la pruche

Une arpenteuse de la pruche en déplacement sur les aiguilles d’un résineux.
Une arpenteuse de la pruche. © Roxanne Bertrand.

Nom français
Arpenteuse de la pruche

Nom anglais
Hemlock looper

Nom scientifique
Lambdina fiscellaria fiscellaria

Grand groupe
Invertébrés

Sous-groupe
Insectes

Espèces d'intérêt
Ravageurs forestiers

Description

L’arpenteuse de la pruche est un ravageur forestier qui s’attaque principalement aux essences résineuses.  

Identification

Taille

Au terme de son développement, la chenille mesure de 30 à 32 mm.

Coloration

La chenille est jaune paille ou brun-noirâtre, et chacun de ses segments dorsaux, tête comprise, est orné de deux paires de points noirs. Le papillon de l’arpenteuse de la pruche adulte est crème.

Traits caractéristiques

Ses ailes à l’avant sont striées de deux lignes brunes, étroites et discontinues qui les traversent. Ses ailes situées à l’arrière possèdent seulement une ligne.

Répartition

L’arpenteuse de la pruche peuple le Canada depuis l’Alberta jusqu’à Terre-Neuve-et-Labrador. Aux États-Unis, son aire de distribution s’étend depuis le Maine, au nord, jusqu’à la Géorgie, au sud, et au Wisconsin, à l’ouest.

Au Québec, les dernières épidémies ont surtout touché les forêts de sapins de la péninsule gaspésienne (rivières Marsoui, à Claude, au Renard, Darmouth, York, Saint-Jean et de Mont-Louis, île Bonaventure et parc national Forillon), celles de la Haute et de la Moyenne-Côte-Nord, de Baie-Comeau à Natashquan, et l’île d’Anticosti.

Présence au Québec

Origine

Indigène

Statut de résidence des populations

Cette espèce vit au Québec toute l’année.

État de la situation

Aucune épidémie ne sévit actuellement. Aucune défoliation importante causée par l’arpenteuse de la pruche n'a été observée au Québec récemment.

Pour en savoir plus, lisez le rapport Insectes, maladies et feux dans les forêts québécoises publié chaque année.

Suivi

À l’automne 2023, des œufs d’arpenteuse de la pruche ont été dénombrés sur les branches de 101 stations d’échantillonnage. Les résultats indiquent que la densité des œufs est  « nulle » ou « légère » dans la majorité des stations analysées, à l’exception d’une station où la densité est « élevée » située dans la région de la GaspésieÎles–delaMadeleine. Le nombre d’œufs observés par station au cours des quatre dernières années présente une tendance à la hausse.

Habitat

L’arpenteuse de la pruche vit dans des forêts de résineux. 

Alimentation

Le sapin baumier au Québec et la pruche du Canada dans l’ouest du pays sont ses essences de prédilection. S’il y a pénurie de ses deux essences préférées, ou lorsque les populations sont importantes, elle peut s’accommoder de nombreuses autres essences résineuses et même de feuillus. Au Québec, elle a été récoltée sur tous les résineux indigènes et, parmi les feuillus, sur le bouleau, l’érable et le peuplier. 

Reproduction

La femelle de l’arpenteuse de la pruche pond ses œufs de la fin d’août jusqu’en octobre. Elle les dépose, séparément ou en groupes de deux ou trois, dans des endroits très variés, mais surtout sur les mousses et les lichens qui croissent sur les branches et les troncs.

Verdâtres au moment de la ponte, les œufs deviennent brun cuivré après quelques jours. Ils éclosent le printemps suivant, après l’ouverture des bourgeons du sapin.

En réaction à la lumière (phototropisme), les jeunes chenilles migrent alors vers le nouveau feuillage qui orne l’extrémité des branches et qui leur fournit la nourriture essentielle à leur survie.

Cycle de vie

Le cycle de vie de l’arpenteuse de la pruche se déroule en une seule saison.

Les chenilles se meuvent constamment d’une aiguille à l’autre et elles les grignotent toutes au passage, sans les dévorer entièrement. Pendant leur premier état larvaire, elles ne rognent que les côtés des nouvelles aiguilles, dont les extrémités rougissent.

Au cours des trois ou quatre états larvaires suivants, les chenilles se dispersent un peu partout dans la cime et elles se nourrissent du feuillage des années antérieures. Pendant cette période, qui se prolonge de juin à août, elles subissent quatre ou cinq mues.

Au terme de son développement, la chenille se transforme en chrysalide. Pour ce faire, elle se cache dans un endroit ombragé, sous l’écorce d’un arbre mort, dans une des crevasses qui strient l’écorce des résineux et des feuillus ainsi que dans les lichens arboricoles, les mousses et les débris végétaux qui jonchent le sol forestier.

Comportement

L’arpenteuse de la pruche se déplace très peu, car elle vole seulement sur de courtes distances. Le jour, elle reste inactive dans les trois mètres inférieurs des troncs. Le soir, le mâle se met à la recherche des femelles, qu’il trouve souvent dans les endroits humides.

Gestion, prévention et intervention

Étant donné son mode d’alimentation, l'arpenteuse de la pruche peut défolier les cimes de façon aussi rapide que spectaculaire.

À la mi-juillet, les aiguilles des arbres infestés rougissent, pour brunir vers la mi-août et tomber prématurément en septembre, sous l’action des vents ou de la pluie.

Les épidémies d’arpenteuses de la pruche débutent dans de petits foyers d’infestation très dispersés. Si les peuplements sont mûrs et continus, ces foyers se rejoignent progressivement. L’insecte, qui sest alors propagésur de vastes superficies, peut causer des pertes considérables, à un rythme foudroyant.

Les sapins gravement défoliés meurent souvent au cours de l’année qui suit. Même si la défoliation n’est que partielle, les arbres touchés croissent moins rapidement et sont plus vulnérables aux autres insectes et maladies. Soulignons toutefois que, même dans les peuplements de sapins baumiers gravement infestés, les jeunes semis survivent généralement, ce qui permet aux sapinières de se régénérer adéquatement. Comme certains autres insectes ravageurs importants, l’arpenteuse de la pruche est un agent naturel de régénération des forêts.

Méthodes de répression naturelles

Une invasion d’arpenteuses de la pruche dure peu de temps dans un secteur donné. Les populations sont rapidement réduites par un certain nombre d’agents naturels de régulation, dont :

  • la famine;
  • les prédateurs, comme les oiseaux;
  • les parasites des œufs, des chenilles et des chrysalides;
  • deux maladies, causées par un champignon et  un virus.

Intervention et solutions

Dans certains cas, un programme d’épandage aérienne d’insecticides peut être instauré afin de protéger les arbres, mais aussi les habitats fauniques et les activités récréotouristiques, à court terme. Cependant, les efforts doivent porter surtout sur la prévention afin de réduire l’envergure et la gravité des épidémies ainsi que les dommages causés par l’insecte.

En période endémique, il est nécessaire de détecter l’insecte et les foyers d’infestation le plus tôt possible. Pour prévenir les grandes épidémies, il importe de récolter les peuplements vulnérables en priorité. C’est là une mesure clé.

Il est aussi recommandé d’effectuer des éclaircies pré-commerciales et commerciales pour favoriser la croissance et la vigueur des arbres, abaisser l’âge de la récolte et réduire la proportion de sapins baumiers dans les peuplements.

En période épidémique, il est nécessaire de s’efforcer de circonscrire les foyers d’infestation le plus rapidement possible et de dresser l’inventaire pronostique requis pour instaurer des programmes qui permettront de limiter, à très court terme, les dommages causés par l’insecte. Si des pertes importantes sont appréhendées,il est recommandé de récolter les peuplements infestés et ceux qui leur sont adjacents dans les mois qui suivent la ponte des œufs. La quantité de nourriture disponible pour les jeunes chenilles qui émergeront le printemps suivant est ainsi réduite.

MARTINEAU, René (1985). Les insectes nuisibles de forêts de l’est du Canada et HÉBERT, Christian (2017). Insectes des arbres du Québec.

MINISTÈRE DES RESSOURCES NATURELLES ET DES FORÊTS (2024). Insectes, maladies et feux dans les forêts du Québec en 2023, Québec, p. 15‑16.

Dernière mise à jour : 20 février 2026

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