Tordeuse des bourgeons de l’épinette

Tordeuse des bourgeons de l’épinette. © Josée Quimper

Nom français
Tordeuse des bourgeons de l’épinette

Nom anglais
Spruce budworm

Nom scientifique
Choristoneura fumiferana (Clemens)

Grand groupe
Invertébrés

Sous-groupe
Insectes

Espèces d'intérêt
Ravageurs forestiers

Description

La tordeuse des bourgeons de l’épinette est l’insecte le plus destructeur des peuplements de conifères de l’Amérique du Nord. Elle joue toutefois un rôle écologique important en rajeunissant les forêts.

Identification

Taille

À maturité, la chenille de la tordeuse des bourgeons de l’épinette mesure de 20 à 30 mm de longueur. À son stade papillon, ses ailes ont une envergure d’environ 22 mm.

Coloration

La chenille de la tordeuse des bourgeons de l’épinette possède le dos brun foncé, tacheté de jaune et parfois de blanc. La tête et le dessus du premier segment thoracique sont brun foncé ou noirs.

Le papillon est de couleur terne, variant du brun au gris. Ses ailes sont parsemées de taches foncées, souvent grisâtres.

Répartition

Originaire du Canada, cet insecte peut être observé dans toutes les provinces, de la Colombie-Britannique à Terre-Neuve.

Présence au Québec

Origine

Indigène

Statut de résidence des populations

Cette espèce vit au Québec toute l’année.

État de la situation

Une épidémie est en cours au Québec. Ce ravageur forestier est présent dans les régions suivantes :

  • Abitibi-Témiscamingue;
  • Bas-Saint-Laurent;
  • Capitale-Nationale;
  • Chaudière-Appalaches;
  • Côte-Nord;
  • Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine;
  • Lanaudière;
  • Laurentides;
  • Mauricie;
  • Nord-du-Québec;
  • Outaouais;
  • Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Apprenez-en plus sur la lutte menée par le gouvernement contre l’épidémie et les mesures régionales.

Suivi

Le Québec s’est doté d’un système de détection et de suivi des populations de la tordeuse des bourgeons de l’épinette. Ce système repose sur un réseau de stations d’observation permanentes qui est complété, au besoin, par des stations ponctuelles. Consultez cette carte pour localiser leur emplacement (JPG 193 Ko).

Des techniques d’échantillonnage sont également utilisées pour mesurer les fluctuations aux divers stades de développement de l’insecte, même lorsque les populations sont très faibles.

Les données recueillies permettent de mesurer l’abondance des populations, mais aussi de prédire leur tendance à court et à moyen termes. Ces résultats sont publiés chaque année dans le rapport « Insectes, maladies et feux dans les forêts québécoises ». Vous pouvez également lire le rapport sur les aires infestées par la tordeuse des bourgeons de l’épinette au Québec (PDF 6,50 Mo) pour obtenir le plus récent portrait de l’étendue et de la gravité des dommages causés par cet insecte.

Observation

Vous pouvez identifier un ravageur forestier en nous envoyant un échantillon. Lisez la procédure pour identifier un insecte.

Habitat

La tordeuse des bourgeons de l’épinette est présente dans les peuplements forestiers où il y a des essences vulnérables.

Alimentation

La tordeuse des bourgeons de l’épinette consomme principalement les aiguilles du sapin baumier, de l’épinette blanche ainsi que, à un degré moindre, celles de l’épinette rouge, de l’épinette noire et de l’épinette de Norvège. Durant une épidémie, elle peut se trouver sur d’autres essences résineuses, dont le mélèze.

Reproduction

En juillet et en août, la femelle pond jusqu’à 200 œufs qu’elle dépose en groupes de 10 à 50 sur la face inférieure des aiguilles de ses hôtes, plus précisément dans la partie supérieure des cimes. Les œufs sont imbriqués et ils forment des masses de couleur vert pomme.

Après l’incubation qui dure de 10 à 14 jours, les jeunes chenilles émergent des œufs. Plutôt que de se nourrir, elles s’empressent de se tisser un abri de soie dans lequel elles passeront les mois d’hiver après avoir subi une première mue.

Cycle de vie

Le cycle de vie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette se déroule en une seule année. Il compte :

  • un stade œuf;
  • six stades larvaires;
  • un stade chrysalide;
  • un stade adulte, soit celui du papillon.

À son deuxième stade larvaire, la tordeuse des bourgeons de l’épinette passe l’hiver dans un petit cocon de soie, appelé hibernaculum. Ce dernier est tissé dans les crevasses de l’écorce, les écailles des bourgeons, les lichens corticoles ou les cupules des fleurs de ses hôtes.

Vers la fin d’avril ou le début de mai, les jeunes chenilles, qui mesurent environ 1,5 mm, sortent de leur hibernation. Attirées par la lumière, elles se dirigent vers les extrémités des branches, où elles se nourrissent du pollen des fleurs en attendant l’ouverture des bourgeons. S’il n’y a pas de fleurs, elles s’attaquent aux vieilles aiguilles et aux bourgeons encore fermés.

Dès que les nouvelles pousses se déploient, les chenilles y tissent une sorte d’abri formé de leurs déjections et de débris d’aiguilles entremêlés de fils de soie. Elles s’y nourrissent jusqu’à leur sixième et dernier stade larvaire, soit jusqu’à la fin de juin.

C’est à ce moment que leurs dégâts sur les arbres sont les plus apparents. Parfois, lorsque le feuillage de l’année est entièrement détruit, les chenilles des deux derniers âges larvaires dévorent les aiguilles des années antérieures. En fait, les chenilles des cinquième et sixième âges larvaires sont responsables de plus de 85 % de la défoliation.

Au début de juillet, à sa maturité, la chenille se transforme en chrysalide. Ce stade s’effectue dans la cime, à travers les aiguilles mortes et les déchets. La chrysalide y est retenue en place par des fils de soie où elle est attachée à un support par l’extrémité de son abdomen.

Après de 10 à 14 jours, le papillon émerge de la chrysalide. À ce stade, d’une durée d’environ 10 jours, le papillon ne s’alimente pas, mais cherche activement une femelle pour s’accoupler.

Le vent transporte parfois les papillons sur de très grandes distances, ce qui favorise la dispersion de l’insecte.

Consultez cet document qui illustre le cycle de vie de la tordeuse des bourgeons de l'épinette (PDF 142 Ko).

Gestion, prévention et intervention

La tordeuse des bourgeons de l’épinette joue un rôle écologique dans le rajeunissement des forêts et la création d’habitats. Plusieurs espèces fauniques et floristiques en bénéficient.

Les épidémies de tordeuse des bourgeons de l’épinette sont cycliques, c’est-à-dire qu’elles reviennent tous les 30 ans environ. Elles peuvent durer de 10 à 15 ans dans un même secteur, voire plus. Puisqu’elles sont cycliques et dommageables pour les forêts, le gouvernement suit de près leur évolution. Découvrez son rôle dans la lutte contre l’épidémie actuelle.

Plusieurs facteurs peuvent amener une épidémie à décliner. D’abord, les arbres sont morts, et donc l’insecte ne peut plus se nourrir. Ensuite, il existe des facteurs de contrôle naturels. Par exemple, il y a la présence de parasites, de prédateurs ou de maladies qui vont entraîner la diminution de la population d’un ravageur forestier. Autrement, les conditions météorologiques peuvent contribuer à son déclin.

Méthodes de prévention

Différentes mesures peuvent être prises pour réduire les dommages causés par la tordeuse des bourgeons de l’épinette.

Détecter sa présence

La présence de la tordeuse des bourgeons de l’épinette dans une forêt se remarque par la défoliation des arbres, c’est-à-dire que leur feuillage est détruit par l’insecte.

Après une première année de défoliation modérée ou grave, il est possible d’observer une teinte rougeâtre sur les arbres touchés.

En période d’épidémie, il est possible de voir des chenilles suspendues au bout de fils de soie.

Identifier sa présence

Les dommages causés par la tordeuse des bourgeons de l’épinette peuvent ressembler à celles d’autres ravageurs forestiers, comme l’arpenteuse de la pruche. Ils peuvent également être confondus avec ceux des champignons, comme le Delphinella sp. qui cause la brûlure de pousses ou encore les dégâts provoqués par des phénomènes météorologiques comme la sécheresse.

Avant de contrôler sa présence, vous devez d’abord vous assurer qu’il s’agit bien de la tordeuse des bourgeons de l’épinette qui infeste vos arbres. En cas de doute, vous pouvez nous envoyer un échantillon pour identifier un insecte.

Réduire les sources de lumière

La présence de papillons de la tordeuse des bourgeons de l’épinette peut vous importuner. Toutefois, leur période de vol dure seulement quelques semaines. Vous pouvez diminuer leur nombre près de votre résidence en réduisant les sources de lumière. Il est possible que cet insecte entre dans une habitation, mais il n’est pas dangereux pour les humains ni pour les animaux.

Diversifier les essences

Pour éviter d’avoir à gérer ce ravageur forestier, vous pouvez diversifier vos essences et réduire la présence de conifères sur votre terrain. Il faut s’assurer que les essences utilisées pour le reboisement sont bien adaptées aux sites et qu’elles sont résistantes à la tordeuse des bourgeons de l’épinette.

L’essence la plus vulnérable à la tordeuse des bourgeons de l’épinette est le sapin baumier. Viennent ensuite l’épinette blanche, l’épinette de Norvège, l’épinette rouge et l’épinette noire. Les chenilles de la tordeuse des bourgeons de l’épinette peuvent aussi se trouver sur d’autres essences comme le mélèze. Le pin et les arbres feuillus ne sont pas touchés par l’insecte.

Intervention et solutions

Si vos arbres sont infestés, différentes solutions peuvent être employées pour réduire les conséquences de la tordeuse des bourgeons de l’épinette.

Récolter les arbres vulnérables ou morts

Tous les arbres ne meurent pas à cause de ce ravageur forestier. Les arbres les plus vulnérables meurent en premier, généralement après quatre années de défoliation grave. La mortalité progresse ensuite à un rythme variable et culmine environ 10 ans après le début de l’épidémie.

Si vous êtes propriétaire d’une forêt privée, vous pouvez récolter en priorité les peuplements les plus vulnérables à la tordeuse des bourgeons de l’épinette pour prévenir les pertes d'arbres. Cette action doit être réalisée avant le début d’une épidémie. Si l’arbre est vivant, le bois peut être récupéré.

En forêt publique, la récolte des arbres défoliés ou morts depuis peu permet de réduire les pertes de bois. Dans les peuplements, la récupération du bois peut s’effectuer jusqu’à 10 ans après la première défoliation grave. Ce délai varie selon la nature et la valeur des produits, les procédés de transformation et les exigences du marché.

Généralement, il faut agir plus rapidement lorsque le bois est destiné au sciage, car dès la deuxième année après la mort, les longicornes et autres facteurs de dégradation du bois (champignons, fendillement) causent des dommages qui entraînent une forte dépréciation du bois.

Outils d’aide à la décision

Le gouvernement a conçu des outils d'aide à la décision pour les personnes qui souhaitent planifier leurs interventions en forêt privée dans le contexte d’une épidémie.

Le gouvernement a également mis en place un programme destiné aux producteurs forestiers. Apprenez-en plus sur ce dernier.

Utiliser un insecticide biologique

Si vos arbres sont attaqués par la tordeuse des bourgeons de l’épinette, vous pouvez utiliser un insecticide biologique comme le Bacillus thuringiensis variété kurstaki (Btk) qui est offert sur le marché. Ce produit vous permettra de prolonger la vie de vos arbres. Il ne peut pas toutefois arrêter la propagation de cet insecte dans les alentours. Les papillons de la tordeuse des bourgeons de l’épinette se dispersent en grand nombre et sur de grandes distances.

Dans les forêts publiques, le gouvernement peut demander à la Société de protection des forêts contre les insectes et maladies (SOPFIM) de planifier et d’exécuter les programmes de pulvérisations aériennes d’insecticide biologique.

Le gouvernement ne fait pas d’arrosage d’insecticide sur les propriétés privées. Les propriétaires de forêt privée peuvent être admissibles à un programme d’arrosage.

Contrairement à la croyance populaire, l’objectif de ces programmes d’arrosage est de réduire les populations de manière à protéger le feuillage des arbres en bonne santé, et non d’éliminer la tordeuse des bourgeons de l’épinette.

Conséquences de sa présence

Les chenilles de la tordeuse des bourgeons de l’épinette se nourrissent des aiguilles de sapins baumiers et d’épinettes de tout âge, qu’ils soient situés dans des forêts feuillues, mélangées ou résineuses. Le sapin résiste moins bien aux épidémies que les épinettes. Il est plus vulnérable. Cette vulnérabilité augmente avec l’âge et la densité des peuplements dans lesquels le sapin baumier se trouve. Consultez ces graphiques qui présentent les facteurs qui influencent la vulnérabilité des peuplements (PDF 63 Ko) face à la tordeuse des bourgeons de l’épinette.

Étapes de la progression de la défoliation

Lors d’une première année de défoliation importante, les arbres prennent, dès la fin du mois de juin, une teinte rougeâtre causée par la présence d’aiguilles mortes aux extrémités des branches. Au fil des ans, les arbres défoliés prennent une teinte grisâtre qui reflète la disparition progressive des aiguilles.

Lorsque l’épidémie se poursuit pendant plusieurs années, les aiguilles de l’arbre deviennent parfois insuffisantes pour assurer la survie de l’arbre, et la mortalité des arbres débute et progresse selon leur vulnérabilité.

Au moins quatre années rapprochées de défoliation grave des pousses sont nécessaires avant que les premiers arbres meurent. Ce sont ceux dont la valeur économique est moindre, les plus faibles et les plus chétifs, qui meurent en premier. La mortalité progresse par la suite à un rythme variable et culmine environ 10 ans après le début de l’épidémie dans le peuplement. Les arbres affaiblis sont envahis par divers autres insectes et champignons, meurent, tombent et se décomposent.

En général, les peuplements se maintiennent, bien que plusieurs arbres succombent. Il arrive parfois que la mortalité soit si importante qu’un nouveau peuplement prenne vie et remplace le précédent.

Informations complémentaires

Au Québec, les épidémies de la tordeuse des bourgeons de l’épinette ont commencé à être étudiées au 20e siècle. C’est le cas des épidémies qui ont débuté en 1909, en 1938, en 1967 et en 1992. Consultez les cartes de fréquence :

Les trois premières infestations ont touché respectivement 30, 26 et 32 millions d’hectares de forêts résineuses.

Il est difficile de préciser les volumes de bois en cause lors de l’épidémie qui a sévi de 1967 à 1992. Toutefois, les données recueillies dans les forêts publiques permettent de croire que la tordeuse des bourgeons de l’épinette y a détruit de 139 à 238 millions de mètres cubes de sapins et d’épinettes, dont une partie importante a été récupérée.

Rappelons que, à cette époque, l’industrie forestière récoltait, bon an mal an, 23 millions de mètres cubes de bois résineux dans les forêts publiques québécoises.

Consultez les données recueillies par le gouvernement sur les ravageurs forestiers.

Dernière mise à jour : 20 février 2026

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