Maladie hollandaise de l'orme

La maladie hollandaise de l’orme est causée par deux champignons microscopiques apparentés : Ophiostoma ulmi (Buisman) Nannf. et Ophiostoma novo-ulmi Brasier, le plus virulent.

Arbres et plantes à risque

Cette maladie affecte les trois espèces d’ormes indigènes au Québec :

  • l’orme d’Amérique;
  • l’orme rouge;
  • l’orme liège.

Deux espèces exotiques, l’orme champêtre et l’orme de montagne, sont également sensibles à cette maladie.

Il semble que du bois d’orme contaminé, importé d’Europe, soit à l’origine de l’épidémie. Au Québec, cette maladie a été observée pour la première fois à SaintOurs, près de Sorel, en 1944. Aujourd’hui, elle est répandue dans toute l’aire de distribution de l’orme d’Amérique.

Signes et symptômes de la maladie

Le champignon se développe dans les vaisseaux conducteurs de la sève. Les premiers symptômes de la maladie se manifestent habituellement entre la mi-juin et la mi-juillet. Les feuilles d’une ou plusieurs branches flétrissent, s’enroulent, se dessèchent et prennent une coloration jaunâtre ou brunâtre, généralement sans tomber.

En coupant une branche atteinte par le champignon, vous verrez que le dernier anneau de croissance est de couleur brunâtre. En retirant l’écorce, vous remarquerez que le bois est couvert de stries brunes.

Privées de sève, les parties affectées de l’arbre flétrissent et meurent plus ou moins rapidement. L’orme peut survivre pendant quelques années, mais certains individus meurent l’année même de l’infection.

Pour confirmer un diagnostic, vous pouvez nous envoyer un échantillon.

Transmission et cycle de vie

La maladie hollandaise de l’orme est transmise par des insectes du groupe des scolytes. Au Québec, elle a deux vecteurs : le scolyte de l’orme, qui est indigène, et le petit scolyte européen de l’orme, qui, comme son nom l’indique, vient d’Europe. Ce dernier est beaucoup plus envahissant et agressif.

Les insectes se creusent des galeries sous l’écorce des arbres malades ou morts et s’y reproduisent. Les spores du champignon adhèrent alors aux corps des scolytes adultes.

Au printemps, ces derniers migrent vers d’autres arbres pour se nourrir, soit de l’écorce des ramilles et des rameaux de la cime, dans le cas du scolyte européen de l’orme, soit des branches et des jeunes troncs, dans le cas du scolyte de l’orme; ils contaminent ainsi leurs nouveaux hôtes.

Lorsque les ormes sont très rapprochés, la maladie peut se transmettre par leurs racines, qui se greffent les unes aux autres, ce qui exige un traitement complexe.

Protection et prévention

La mise en œuvre de programmes de lutte intégrée combinant divers moyens pour maîtriser à la fois le champignon et le scolyte permet de préserver les ormes. Les municipalités peuvent jouer un rôle à cet égard, en incitant la population à respecter certaines mesures élémentaires d’hygiène et à participer à leurs programmes de lutte s’il y a lieu.

Tout programme de lutte intégrée présuppose un inventaire des ormes qui croissent sur le territoire visé et une évaluation annuelle de leur état de santé. Cet examen, qui doit être effectué au milieu de l’été, permet de repérer tous les arbres à traiter.

En cas de doute sur la présence de la maladie, il faut faire analyser des échantillons de branches suspectes (coloration brunâtre du dernier anneau de croissance) par un laboratoire de diagnostic. Consultez la procédure d’envoi pour connaître la façon dont les échantillons doivent être acheminés.

L’abattage des arbres malades et l’élimination de leur bois sont les deux principales mesures d’hygiène appliquées dans le cadre des programmes de lutte intégrée contre la maladie hollandaise de l’orme. Les ormes dont plus de 5 % à 10 % des feuilles sont flétries à cause de cette maladie meurent généralement à brève échéance. Il faut les couper le plus vite possible et s’en départir rapidement, soit en brûlant le bois, soit en l’enfouissant, afin d’éviter la propagation des scolytes.

Si vous voulez conserver les billes pour en faire du bois de chauffage, vous devez absolument les écorcer au moment de l’abattage, toujours pour éviter la prolifération de l’insecte. Les souches qu’on laisse au sol devraient subir le même traitement. Vous pouvez vérifier s’il existe, dans votre municipalité, un programme de soutien à l’abattage des ormes atteints de façon incurable.

Si la maladie est à ses débuts et que seules quelques branches sont atteintes, vous devez les couper. Cette opération est plus ou moins coûteuse, selon la taille de l’arbre malade et l’endroit où il pousse.

Dernière mise à jour : 25 juillet 2025

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