Cygne tuberculé

Cygne tuberculé. © David Blank

Nom français
Cygne tuberculé

Autre(s) nom(s) français
Cygne muet, cygne domestique

Nom anglais
Mute swan

Nom scientifique
Cygnus olor

Grand groupe
Oiseaux

Description

Le cygne tuberculé est l’un des plus gros oiseaux volants au monde. Il est considéré comme une espèce exotique envahissante présente de façon ponctuelle au Québec. Lorsqu’il est établi dans un secteur, il peut avoir des effets néfastes sur la faune sauvage et l’environnement.

Identification

Taille

Envergure des ailes : 2 m.

Poids

De 11 à 19 kg.

Coloration

L’adulte a un plumage blanc. Il est reconnaissable par son bec orangé et son lore noir, soit la partie située entre le bec et les yeux.

Les cygnons ont un plumage gris blanc qu’ils garderont jusqu’à l’âge de 2 ans avant de développer leur plumage blanc caractéristique. Le tubercule à la base supérieure du bec n’est pas encore visible chez les jeunes.

Traits caractéristiques

Cette espèce possède une bosse noire caractéristique qui orne le haut de son bec; il s’agit du tubercule. Le cygne tuberculé est reconnu pour son comportement agressif envers les autres espèces d’oiseaux et même envers l’humain.

Distinction

Le cygne tuberculé ressemble au cygne siffleur et au cygne trompette. Cependant, il est peu fréquent d’observer l’une ou l’autre de ces espèces dans le sud du Québec. Ces cygnes nichent surtout dans les régions arctiques de l’Amérique du Nord et survolent principalement la côte ouest américaine lors de la migration. Le cygne siffleur peut également survoler la côte est américaine lors de ses déplacements migratoires.

Espèces similaires

Cygne siffleur

Cygne trompette

Présence au Québec

Le cygne tuberculé est observé de façon ponctuelle au Québec. Il existe plusieurs mentions isolées principalement dans la vallée du Saint-Laurent, mais aussi au Saguenay-Lac-Saint-Jean et en Abitibi-Témiscamingue.

Originaire d’Eurasie, le cygne tuberculé a été introduit en Amérique du Nord vers la fin des années 1800 dans des zoos et des parcs de certaines villes, pour son caractère ornemental et ses qualités esthétiques. Au début des années 1900, le relâchement accidentel ou volontaire de l’animal en pleine nature a mené à une expansion rapide de son effectif, devenue difficilement gérable. En effet, une population de cygne tuberculé peut croître très rapidement. Par exemple, dans la baie de Chesapeake, au Maryland, la population est passée de 5 cygnes, relâchés en 1962, à près de 4 500 cygnes en 2001.

Origine

Exotique

Statut de résidence des populations

Cette espèce vit au Québec d’avril à octobre. Elle ne réside pas au Québec toute l’année.

État de la situation

Le cygne tuberculé fait partie des espèces exotiques envahissantes présentes de façon ponctuelle au Québec. Son expansion est potentiellement préoccupante.

Des populations de cygne tuberculé sont établies partout le long des côtes est et ouest des États-Unis. Au Canada, les premières mentions de cygnes tuberculés remontent aux années 1960-1970 dans la région des Grands Lacs, en Ontario. Depuis, ils y sont en croissance. En Colombie-Britannique, le nombre de cygnes tuberculés augmente depuis les années 1990.

Dans la région des Grands Lacs, les populations de cygne tuberculé croissent maintenant à un rythme estimé de 10 % par année. Ainsi, elles doublent tous les 7 ou 8 ans.

Des cygnes tuberculés ont été aperçus principalement dans la vallée du SaintLaurent, au Saguenay-Lac-Saint-Jean et en AbitibiTémiscamingue. Pour l’instant, aucune information ne permet de croire à l’existence d’une population bien établie au Québec. La présence du cygne tuberculé dans les régions nordiques de la Norvège suggère que le climat n’est pas un facteur qui limite leur établissement au Québec.

Signalement

Le cygne tuberculé est une espèce exotique envahissante. Vous pouvez le signaler en transmettant vos observations de cygnes tuberculés sur la plateforme eBird Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre..

Habitat

Le cygne tuberculé utilise les berges des lacs, des étangs, des marais ainsi que d’autres plans d’eau comme sites de nidification et d’alimentation.

Domaine vital

Le domaine vital est la zone spatiale utilisée par un animal sauvage. Le cygne tuberculé possède un territoire assez vaste qui peut s’étendre sur 50 000 m2.

Alimentation

Le cygne tuberculé se nourrit principalement de plantes aquatiques. Il peut aussi consommer des insectes, des mollusques et des amphibiens, particulièrement durant sa période de mue.

Reproduction

Le cygne tuberculé est une espèce généralement monogame. L’accouplement a lieu en mars ou en avril et débute à l’âge de 2 ou 3 ans.

La femelle pond de 5 à 8 œufs blancs tachetés de vert ou de bleu. Le nid est construit à l’aide de résidus de plantes aquatiques ou d’autres herbes. La femelle couve ses œufs pendant environ 5 semaines au cours desquelles le mâle surveille étroitement le nid. Ce dernier n’hésitera pas à adopter un comportement agressif si un intrus s’en approche trop.

Les cygnons demeurent auprès de leurs parents pendant leurs 4 ou 5 premiers mois de vie.

Comportement

Le cygne tuberculé est un animal diurne (qui vit le jour), territorial et très agressif. Contrairement au cygne siffleur ou au cygne trompette, il est sédentaire, c’est-à-dire qu’il ne fait pas de migration saisonnière. Cependant, il peut se déplacer sur de grandes distances. Durant l’hiver, les cygnes tuberculés se regroupent dans des secteurs dotés de larges étendues d’eau libre.

Maladies

Le cygne tuberculé peut être porteur de diverses maladies, comme la grippe aviaire.

Prévention et contrôle de son introduction

Lorsqu’une population de cygne tuberculé est établie, les individus deviennent rapidement dominants et difficiles à déloger. Cependant, certaines mesures peuvent prévenir l’introduction et l’établissement de cette espèce.

De façon générale, il est recommandé d’éviter de nourrir les cygnes ou tout autre oiseau sauvage aquatique observé en milieu naturel, comme les canards, les oies et les goélands, car ces espèces sont portées à former de grands rassemblements.

Les propriétaires de cygnes tuberculés gardés en captivité doivent respecter les normes et conditions de garde pour éviter que des individus s’échappent.

Certains États américains ont un programme de contrôle des cygnes tuberculés. La destruction des œufs est une méthode qui peut aider le contrôle des populations sans pour autant les éliminer. Cette méthode demande beaucoup d’efforts et n’est appropriée que pour de petites populations localisées. Une méthode létale est difficilement envisageable pour contrôler le niveau des populations. Cependant, il semble que ce serait la méthode la plus efficace pour éliminer la menace que cette espèce représente.

Le cygne tuberculé est une espèce protégée par la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs du Canada. Si des cygnes tuberculés causent des nuisances sur votre propriété, communiquez avec le Service canadien de la faune au 4186496129 ou à PermisSCFQuebec-CWSQuebecPermit@ec.gc.ca afin de connaître les démarches possibles et afin d’obtenir les permis nécessaires pour effaroucher les adultes ou enlever les œufs.

Apprenez-en plus sur la lutte contre les espèces exotiques envahissantes animales.

Conséquences de son introduction

Le cygne tuberculé représente une menace pour les oiseaux aquatiques indigènes dont il a envahi l’habitat. Il peut s’attaquer aux canards ou aux oies, pouvant même aller jusqu’à les tuer.

Cette espèce peut manger jusqu’à 4 kg de plantes aquatiques chaque jour, ce qui réduit la disponibilité de nourriture pour les espèces indigènes. De fortes concentrations de cygnes tuberculés peuvent brouter à l’excès la végétation et causer la disparition régionale de certaines espèces de plantes.

Les populations de cygne tuberculé sont en pleine croissance. Les sites de nidification qu’ils utilisent risquent d’empiéter de plus en plus sur les habitats de nidification d’autres espèces.

Le caractère agressif du cygne tuberculé ne fait pas de dommages qu’aux espèces animales. Il s’attaque également fréquemment aux humains qui le dérangent en pénétrant sur son territoire.

Les excréments des oiseaux contribuent à l’eutrophisation Lire le contenu de la note numéro 1 des cours d’eau. Les cygnes tuberculés tolèrent bien les milieux eutrophiques. Si leurs populations continuent de croître à un rythme aussi élevé, cette problématique pourrait prendre de l’ampleur.

LEPAGE, C. (2013). « Cygne tuberculé », p. 56-57 dans Lepage, C., et D. Bordage (dir.). État des populations de sauvagine du Québec, 2009, série de rapports techniques, nº 525, Service canadien de la faune, Environnement Canada, région du Québec, Québec, xiii + 250 p.

MARKS, D. R. (2018). Mute Swans, Wildlife Damage Management Technical Series, USDA, APHIS, WS National Wildlife Research Center, Fort Collins, Colorado, 14 p.

PETRIE, S. A., et C. M. FRANCIS (2003). “Rapid increase in the lower Great Lakes population of feral mute swans: A review and a recommendation”, Wildlife Society Bulletin, 31(2) : 407416.

GLOBAL INVASIVE SPECIES DATABASE (2023) Species profile: Cygnus olor. [En ligne] [http://www.iucngisd.org/gisd/species.php?sc=973 Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.] (Consulté le 23 novembre 2023)

  • Note de bas de page numéro 1
    L’eutrophisation est un processus d’enrichissement des eaux par des éléments nutritifs qui entraîne un déséquilibre de l’écosystème et une diminution de l’oxygène.
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Dernière mise à jour : 26 février 2024

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