Limace noire

Une limace noire sur un sol tapissé de roches.
Limace noire. © James Lindsey

Nom français
Limace noire

Nom anglais
Black slug

Nom scientifique
Arion ater

Grand groupe
Invertébrés

Sous-groupe
Mollusques et crustacés

Description

La limace noire est un mollusque terrestre. Cette espèce exotique envahissante est présente au Québec, et cette situation est préoccupante puisqu’elle a des effets néfastes sur la faune sauvage et l’environnement.

Identification

Taille

La limace noire possède un corps non segmenté long de 10 à 15 cm. Certains individus peuvent atteindre 20 cm lorsqu’ils sont totalement déployés.

Coloration

Cette espèce est principalement noire, bien qu’elle puisse être brune, orangée ou gris pâle. La couleur de son corps varie selon la température ambiante dans son habitat.

Traits caractéristiques

La limace noire possède deux paires de tentacules sur sa tête. La première paire, plus haute et plus large, est munie d’yeux pouvant détecter des variations de lumière, sans toutefois détecter les couleurs. La seconde paire sert à l’olfaction. Les deux paires de tentacules peuvent se rétracter lorsque la limace perçoit un danger. La limace noire respire par un orifice respiratoire qui se nomme pneumostome. Ce dernier est rougeâtre et visible sur la partie antérieure droite du manteau. Le pied de la limace noire est parsemé de tubercules.

Répartition

La limace noire se répartit naturellement en Europe centrale et de l’Ouest, de la Scandinavie à l’Espagne et à l’Autriche.

En Amérique du Nord, elle est établie le long de la côte du Pacifique, dans le sud-est des ÉtatsUnis, dans les États du Maine et de New York, à TerreNeuve-et-Labrador ainsi qu’en Ontario et au Québec.

Il existe des mentions de limace noire au Québec dans la région de Sherbrooke, au mont Bellevue, ainsi que dans les villes de Québec et de Montréal.

Présence au Québec

Originaire d’Europe, la limace noire a été introduite en Australie et en Amérique du Nord par diverses voies de transport commercial, aérien ou maritime. Elle est observée en ColombieBritannique à partir de 1941. Elle y est considérée comme une espèce nuisible depuis 1962. Elle a été introduite en Alaska durant les années 1970 dans des contenants de plantes ou du terreau. L’Alaska a déterminé que l’espèce était moyennement invasive. La limace noire est maintenant commune dans les États de Washington et de l’Oregon, où elle est considérée comme une espèce nuisible tant pour l’agriculture que pour les écosystèmes naturels.

Origine

Exotique

Statut de résidence des populations

Cette espèce vit au Québec toute l’année.

État de la situation

La limace noire fait partie des espèces exotiques envahissantes dorénavant établies au Québec. Son expansion est préoccupante.

Au Québec, elle a été observée dans les régions de l’Estrie, de la Capitale-Nationale, de Montréal et elle pourrait se trouver ailleurs.

Habitat

Étant particulièrement sensibles au dessèchement, les limaces vivent dans des milieux où le taux d’humidité est très élevé, comme les forêts et les jardins. Il sera beaucoup plus facile d’en observer après une averse.

En cas de période sèche, elles resteront au repos sous les roches ou dans le sol afin de ne pas se dessécher. Lorsque la température est inférieure à 5 °C, elles se réfugient profondément dans le sol.

Alimentation

La limace noire se nourrit principalement de laitue. Elle se nourrit aussi d’espèces de plantes variées.

Reproduction

Comme toutes les limaces, la limace noire est hermaphrodite, ce qui signifie qu’elle possède à la fois les sexes mâle et femelle. Cependant, deux partenaires sont nécessaires pour accomplir la reproduction.

Lors de la copulation, les deux partenaires s’enroulent l’un autour de l’autre et déploient leurs organes génitaux de leurs manteaux afin de permettre la fertilisation des œufs. Quelques semaines plus tard, environ 150 œufs seront pondus dans un endroit humide à l’abri des prédateurs, par exemple sous des bûches ou des roches.

Les œufs mesurent de 4 à 5 mm de diamètre. Selon la température, ils écloront 4 à 6 semaines après leur dépôt. Les juvéniles, qui mesurent alors environ 10 mm de longueur, sont d’un jaune tirant sur le gris, et leur tête est gris foncé.

La maturité sexuelle est atteinte après environ 1 an, et les adultes vivent en moyenne 2 ans.

Prévention et contrôle de son introduction

La principale substance chimique utilisée pour se débarrasser des limaces est le métaldéhyde. Son ingestion ou son contact induisent chez la limace une production excessive de mucus, ce qui cause sa mort par déshydratation. Cette méthode de contrôle chimique n’est pas souhaitable. Le métaldéhyde est toxique pour les humains et les animaux. Il n’élimine qu’environ 10 % des limaces, et ce, temporairement.

Le contrôle biologique de la limace noire est possible au moyen d’une espèce de vers nématodes (Phasmarhabditis hermaphrodita), mais elle n’est pas indigène au Canada.

Apprenez-en plus sur la lutte contre les espèces exotiques envahissantes animales.

Conséquences de son introduction

La limace noire compte parmi les limaces les plus ravageuses et elle se nourrit souvent des parties souterraines des plantes. Cette espèce peut modifier la composition et la diversité génétique des communautés floristiques par son broutement des jeunes pousses. Par exemple, il est démontré qu’elle a des répercussions négatives sur des espèces floristiques menacées en Colombie-Britannique. Toujours dans cette province, la limace noire pourrait aussi nuire à d’autres espèces de limaces indigènes telles que la limace-banane. En effet, la limace noire serait plus compétitive en utilisant des sources de nourriture semblables à celles de la limace-banane tout en ayant un plus grand appétit.

Dernière mise à jour : 19 avril 2024

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