Poisson à tête de serpent du Nord

Nom français
Poisson à tête de serpent du Nord

Nom anglais
Snakehead

Nom scientifique
Channa argus

Grand groupe
Poissons

Description

Les poissons à tête de serpent du Nord appartiennent à la famille des chanidés. Il existe 29 espèces de chanidés dans le monde et elles varient en taille et en coloration. Au Québec, il s’agit d’une espèce exotique envahissante.

Identification

Taille

La taille maximale de ce poisson est 80 cm.

Certaines espèces de poissons à tête de serpent, plus petites, ont une taille de 17 cm. Des spécimens de 1,8 m ont déjà été observés.

Poids

7 kg.

Traits caractéristiques

Les poissons à tête de serpent du Nord possèdent un long corps cylindrique, une longue nageoire dorsale et une queue ronde.

Leur nageoire anale, très longue aussi, commence à la moitié du corps, tandis que leur nageoire pelvienne est située près de la tête.

De très larges écailles couvrent leur tête, comme chez le serpent, ce qui a inspiré leur nom.

Ils ont une petite tête qui contraste avec leur grande bouche, dont la mâchoire du bas est remplie de nombreuses dents acérées qui ont la forme de canines.

Distinction

La forme du corps de la plupart des espèces de poissons à tête de serpent est vraiment semblable à celles du poisson-castor et de la lotte. L’espèce envahissante se distingue cependant d’autres espèces par sa longue nageoire anale qui démarre au milieu du corps et la présence de ses larges écailles au-dessus de la tête.

Espèces similaires

Poisson-castor

Lotte

Répartition

Quatre espèces de poissons à tête de serpent ont été repérées dans les eaux des États de la Californie, de la Floride, d’Hawaii, du Maine, du Massachusetts, du Rhode Island et du Maryland. De plus, des populations semblent pouvoir se reproduire en Floride et au Maryland.

Surnommé « Frankenfish » ou « Fishzilla », ce monstre des eaux a été trouvé en avril 2010 sur les bords de la rivière SaintCharles, près de Québec. Il s’agissait d’un poisson à tête de serpent d’Indonésie qui aurait été relâché par son propriétaire imprudent. Cette espèce tropicale n’a pu survivre aux hivers québécois.

Ce n’est pas le cas du poisson à tête de serpent du Nord qui pourrait s’implanter au Québec. En effet, sa répartition possible en Amérique du Nord a été modélisée dans le cadre d’une évaluation des risques biologiques associés à son implantation. La modélisation a conclu que les risques de répercussion posés par ce poisson étaient élevés, tout au moins dans certaines parties du Canada, notamment dans le sud du bassin des Grands Lacs.

Présence au Québec

La famille des têtes de serpent compte au moins 29 espèces de poissons, dont 26 sont classifiées sous le genre Channa et proviennent du sud et de l’est de l’Asie. Trois appartiennent au genre Parachanna et sont d’origine africaine.

La première mention d’un poisson à tête de serpent a été rapportée aux ÉtatsUnis en 1914. Ce poisson, très prisé dans les marchés de nourriture asiatique, est vendu en Amérique du Nord tant aux consommateurs que dans les animaleries. Il a probablement été introduit par l’intermédiaire de ces deux voies commerciales.

L’implantation résulte du fait que certains propriétaires, dépassés par la taille et l’appétit vorace de leur animal de compagnie, relâchent des spécimens encore vivants dans les milieux naturels. D’autres ont la volonté d’établir des populations de cette espèce comestible pour alimenter le commerce.

Origine

Exotique

Statut de résidence des populations

Cette espèce est non présente au Québec.

État de la situation

Les poissons à tête de serpent sont absents du Québec.

Signalement

Comme les poissons à tête de serpent sont une espèce envahissante, leur présence doit nous être signalée. Consultez la procédure pour savoir comment nous signaler la présence d’une espèce animale exotique envahissante.

Habitat

Les espèces de poissons à tête de serpent tolèrent un large éventail de conditions environnementales, mais ils demeurent avant tout des poissons d’eau douce et ils supportent difficilement l’eau salée.

Ils fréquentent surtout des étangs et des rivières. Quelques espèces peuvent tolérer des températures oscillant entre 0 °C et 30 °C.

En plus de leurs branchies, les poissons à tête de serpent du Nord possèdent un organe qui ressemble à un poumon. Ce dernier leur permet de respirer l’air à la surface de l’eau. Cette caractéristique leur permet d’habiter dans des eaux peu profondes, dans des conditions hypoxiques, c’est-à-dire présentant un très faible niveau d’oxygène dans l’eau. Ainsi, les poissons à tête de serpent du Nord survivent mieux lorsqu’ils sont dans une eau qui ressemble davantage à de la boue humide ou lorsque l’eau s’est presque complètement retirée. Ils peuvent d’ailleurs survivre hors de l’eau pendant plusieurs jours, bien qu’ils doivent toujours rester humides.

Le poisson à tête de serpent du Nord préfère les eaux stagnantes des étangs ou des marais qui offrent un substrat boueux et de la végétation aquatique. Cette espèce peut supporter des températures froides qui entraînent une réduction de leur métabolisme et de leur demande d’oxygène. Il peut ainsi survivre sous la glace.

Reproduction

Les périodes de fraie varient selon les espèces de poissons à tête de serpent. Elles ont cependant généralement lieu en été. Les individus peuvent frayer 1 à 5 fois par saison de reproduction.

Les femelles pondent en moyenne 1 300 à 15 000 œufs par période de fraie, bien que chez le poisson à tête de serpent du Nord, elles produisent 22 000 à 51 000 œufs, pouvant totaliser près de 100 000 œufs par an.

Les adultes construisent un nid flottant pour leurs œufs jaunes, sphériques, non adhésifs et d’environ 2 mm de diamètre. La période d’incubation dépend de la température de l’eau; par exemple, à 31 °C, l’éclosion a lieu 28 heures après la ponte.

Les parents protègent de façon très agressive leur nid jusqu’à ce que le sac vitellin, qui contient les réserves nécessaires pour le développement de l’alevin, soit résorbé alors que les jeunes mesurent approximativement 8 mm.

Les jeunes commencent à se nourrir de zooplancton, de petits crustacés et de poissons très tôt dans leur développement larvaire.

Prévention et contrôle de son introduction

Les poissons à tête de serpent peuvent devenir envahissants dans un plan d’eau où ils ne sont pas présents naturellement. Certaines méthodes de prévention doivent être appliquées pour éviter leur introduction en dehors de leur aire de répartition naturelle.

Ne transportez pas de poissons vivants d’un plan d’eau à un autre. Le transport de poissons vivants et l’ensemencement des plans d’eau nécessitent un permis délivré par le gouvernement.  

Conséquences de son introduction

Toutes les espèces de poissons à tête de serpent sont des prédateurs voraces, soustraits à l’influence des autres prédateurs. Ils peuvent causer des dommages irréversibles en dégradant les ressources aquatiques des écosystèmes.

Ces espèces pourraient avoir un effet négatif majeur sur les populations indigènes. Elles exercent non seulement une prédation sur les poissons, mais mangent aussi des amphibiens, des crustacés, des insectes, de petits reptiles et même de petits oiseaux et animaux. De plus, ils entrent en compétition pour la nourriture et les habitats avec les poissons locaux.

De plus, les poissons à tête de serpent sont des espèces hôtes pour différents pathogènes, y compris le syndrome ulcéreux épizootique, une maladie mortelle qui peut être transmise à des espèces indigènes.

Leur capacité de dispersion est alarmante. Quelques espèces de poissons à tête de serpent peuvent vivre pendant de longues périodes enterrées dans la boue et se déplacer au sol pour atteindre de nouveaux cours d’eau. L’établissement de poissons à tête de serpent du Nord est certes une menace pour le secteur des pêcheries.

Bien que nous ne puissions que spéculer sur leurs impacts, les poissons à tête de serpent du Nord peuvent mettre sérieusement en danger les populations d’espèces indigènes. Par exemple, le poisson à tête de serpent du Nord est un prédateur vorace qui peut manger jusqu’à l’équivalent du tiers de son poids en une journée. Ainsi, il bouleverse l’équilibre des écosystèmes dans lesquels il s’implante. Les conséquences de sa propagation au Québec seraient désastreuses.

Dernière mise à jour : 19 avril 2024

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