Scarabée japonais

Un spécimen adulte du scarabée japonais. Les cinq amas de poils blancs caractéristiques à la base de son abdomen sont bien visibles. Les élytres ne recouvrent pas la totalité de son abdomen.
Scarabée japonais. © Tony Northrup, www.northrup.org

Nom français
Scarabée japonais

Nom anglais
Japanese beetle

Nom scientifique
Popillia japonica

Grand groupe
Invertébrés

Sous-groupe
Insectes

Description

Le scarabée japonais est une espèce exotique envahissante préoccupante qui est établie au Québec. Cet insecte peut réduire grandement la proportion de plantes cultivables et occasionner d’importants dommages aux végétaux.

Identification

Taille

Longueur : 8 à 11 mm. Largeur : 5 à 7 mm.

Traits caractéristiques

Le scarabée japonais possède quatre stades de développement : l’œuf, la larve, la pupe et l’adulte. L’œuf est sphérique, ovale ou presque cylindrique. Translucide et blanc crème, il a un diamètre d’environ 1,5 mm. La larve est aussi translucide, blanc crème et recouverte de courtes épines. Chacun de ses trois segments thoraciques porte une paire de pattes segmentées. Au repos, elle adopte la forme en « U » caractéristique des larves de scarabées. La pupe mesure environ 14 mm de longueur et 7 mm de largeur. Elle peut être blanc crème ou encore vert métallique si son stade de développement est avancé. Ses élytres, paire d’ailes durcies recouvrant les ailes de l’insecte au repos, sont bronze cuivré et ne recouvrent pas totalement l’abdomen.

Distinction

Au Québec, il existe plusieurs espèces de scarabée. Les espèces les plus susceptibles d’être confondues avec le scarabée japonais sont le scarabée maculé, l’euphore, le scarabée des marguerites et le dichelonyx. Le scarabée japonais possède cinq amas de poils blancs situés de chaque côté de son abdomen. Ce trait particulier le différencie des autres espèces de scarabée.

Espèces similaires

Scarabée maculé

Scarabée des marguerites

Dichelonyx

Répartition

Des populations de scarabée japonais vivent aujourd’hui dans plusieurs provinces de l’est du Canada, dont l’Ontario, le Québec, le NouveauBrunswick, la NouvelleÉcosse et l’Île-du-Prince-Édouard. Tous les États de la côte est américaine sont colonisés par le scarabée japonais ainsi que certains États situés à l’est des Rocheuses. La Californie connaît également des problèmes d’infestation.

Présence au Québec

Originaire du Japon, le scarabée japonais a été observé pour la première fois en Amérique du Nord en 1916, dans une pépinière du New Jersey. Il a probablement été introduit dans des produits agricoles en provenance du Japon.

Au Canada, le premier scarabée japonais a été observé en 1939. Il se trouvait dans une voiture sur le traversier qui faisait le lien entre l’État du Maine et la ville de Yarmouth, en NouvelleÉcosse. La même année, cet insecte a été trouvé à Lacolle, dans le sud du Québec.

À l’échelle locale, le vol des adultes est le mode de dispersion par excellence.

Origine

Exotique

Statut de résidence des populations

Cette espèce est établie au Québec.

État de la situation

Actuellement, la limite nordique de l’aire de répartition du scarabée japonais se situe près de la frontière du Québec avec les États-Unis, mais cette situation est appelée à changer. La température est un facteur limitant pour l’établissement de l’espèce partout au Québec puisqu’elle ne supporte pas le climat froid typique des régions nordiques. En effet, le scarabée japonais est actif lorsque la température atteint 21 °C et il préfère une humidité relative de 60 %.

Le scarabée japonais est observé dans des régions où les moyennes annuelles de température au sol varient de 17,5 °C à 27,5 °C en été et ne sont pas plus froides que -9,4 °C en hiver. Ainsi, les changements climatiques devraient augmenter les chances d’établissement du scarabée japonais dans la plupart des régions du Québec dans les prochaines années.

Habitat

Le scarabée japonais fréquente les milieux susceptibles d’abriter les plantes et les arbres dont il se nourrit. L’adulte est grégaire, c’est-à-dire qu’il évolue en colonie. Par conséquent, une plante infestée par le scarabée japonais risque d’être envahie par plusieurs individus à la fois. Les larves préfèrent les pelouses, mais peuvent aussi s’attaquer aux racines d’autres plantes.

Alimentation

En Amérique du Nord, le scarabée japonais préfère se nourrir de maïs, mais il peut aussi s’attaquer à plus de 200 espèces de plantes. Il consomme les feuilles, les fleurs et les fruits des plantes sur lesquelles elle vit. L’adulte infeste de jeunes arbres fruitiers, principalement des pommiers, des pruniers et des pêchers, ainsi que d’autres plantes comme le soja, la luzerne ou le trèfle.

Reproduction

Le scarabée japonais passe l’hiver au stade larvaire dans un trou de 15 à 30 cm de profondeur dans le sol. Au printemps, la larve amorce son stade pupal. Selon la latitude, l’adulte devient complètement formé entre la fin du mois de mai et le début de juillet. Sa durée de vie est de 30 à 45 jours, période au cours de laquelle l’accouplement a lieu. La femelle pond ses œufs directement dans le sol. L’insecte produit normalement une seule génération par année, c’est-à-dire qu’il n’entreprend qu’un cycle d’œuf à adulte par an. Dans les régions situées dans la partie nord de son aire de répartition, deux ans peuvent être nécessaires pour que l’insecte passe du stade d’œuf au stade d’adulte.

Prévention et contrôle de son introduction

La lutte chimique peut se révéler efficace pour se débarrasser d’une infestation de scarabées japonais. Le chlorpyriphos et l’isophenphos sont les deux principaux produits indiqués. L’isophenphos peut éliminer 100 % des larves jusqu’à 250 jours suivant son utilisation.

Des nématodes prédateurs des larves du scarabée japonais pourraient aussi régler les problèmes d’infestation. Cette mesure s’appelle une lutte biologique, car elle fait appel aux prédateurs naturels de l’insecte. Deux espèces en particulier, Neoaplectana carpocapsae et Heterorhabditis heliothidis, peuvent tuer les larves, et ce, avec une efficacité pouvant atteindre 90 %.

Des pièges à phéromones ont déjà été utilisés pour éliminer le scarabée japonais, mais ils se sont montrés complètement inefficaces. Les pièges ne faisaient qu’attirer encore plus les insectes qui se dispersaient sur les plantes situées à proximité du piège, sans pourtant s’y prendre.

Apprenez-en plus sur la lutte contre les espèces exotiques envahissantes animales.

Conséquences de son introduction

Lorsqu’un scarabée japonais a terminé de s’alimenter sur une feuille, il ne reste plus qu’un squelette de nervures. Cet insecte peut donc réduire grandement la proportion de plantes cultivables et ainsi causer des pertes économiques importantes. De plus, les larves s’attaquent aussi aux terrains gazonnés, pouvant occasionner d’importants dommages aux terrains de golf et aux propriétés privées.

Dernière mise à jour : 19 avril 2024

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