Alliaire officinale

Alliaire officinale.

Alliaire officinale. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs

Nom français
Alliaire officinale

Autre(s) nom(s) français
Herbe à l’ail, Sisymbre alliaire

Nom anglais
Garlic mustard

Autre(s) nom(s) anglais
Hedge garlic

Nom scientifique

Alliaria petiolata (M. Bieberstein) Cavara & Grande

Groupe de plantes

Herbacées

Situation au Québec

Espèce envahissante

Famille
Brassicaceae

Description

L’alliaire officinale est une plante herbacée bisannuelle. La première année, elle forme une rosette de feuilles qui persistent durant l’hiver. L’année suivante, elle forme une tige et peut atteindre plus de 1 m de haut. Elle fleurit, produit des graines et meurt. Elle pousse dans les milieux boisés et les sols humides. Ses feuilles dégagent une forte odeur d’ail lorsqu’elles sont frottées ou écrasées. Originaire de l’Eurasie, l’alliaire officinale est considérée comme une espèce exotique envahissante.

Identification

Tige

La tige de l’alliaire officinale est verte et poilue à la base. À maturité, elle mesure de 30 cm à 1,5 m de haut.

Feuilles

Les feuilles de l’alliaire officinale changent entre la première et la deuxième année de croissance.

La première année, la plante forme une rosette de feuilles vert foncé en forme de rein dotées de bords dentelés. Ces feuilles mesurent de 2 à 12 cm de diamètre et leur pétiole, partie qui relie la feuille à la tige, est couvert de fins poils. Elles restent vertes pendant l'hiver.

La deuxième année, les feuilles sont triangulaires, disposées en alternance sur la tige et fortement dentelées. Les feuilles du bas sont larges, ont la forme d’un rein et mesurent jusqu'à 10 cm de large, tandis qu’elles deviennent plus étroites vers le sommet du plant.

Fleurs

Les fleurs sont produites lors de la deuxième année de croissance. Elles ont quatre pétales blancs de 4 mm disposés en croix. La floraison a lieu en mai.

Fruits

L’alliaire officinale produit des fruits longs et étroits appelés « siliques ». Ces dernières mesurent entre 2,5 et 6 cm de long et 2 mm de large. Elles contiennent de petites graines brunâtres ou noirâtres en forme de cylindre, mesurant 3 mm de long et 1 mm de large. Elles sont produites de la fin juin jusqu'en août.

Un plant mature peut produire jusqu’à 900 graines. La plupart des graines germent dans les deux années qui suivent, mais certaines peuvent rester en dormance dans le sol pendant une dizaine d’années.

Racines

La racine principale de l’alliaire officinale est plus développée que ses racines secondaires et elle s’enfonce verticalement dans le sol; c’est ce qu’on appelle une racine pivotante. Près de la surface du sol, elle présente une courbure.

Espèces similaires

Violette (Viola spp.)

Distinctions

Les violettes se distinguent de l’alliaire officinale par leurs fleurs, qui apparaissent au printemps et qui portent cinq pétales au lieu de quatre. La couleur de ces fleurs varie du blanc au violet. Certaines espèces de violettes n’ont pas de tige et leurs feuilles sortent directement du sol, alors que celles qui ont une tige ne dépassent pas 20 cm de hauteur.

Répartition

Originaire d’Europe, l’alliaire officinale a été introduite en Amérique du Nord pour des usages médicinaux et comme condiment. Des spécimens sont récoltés au Canada depuis 1879 et son invasion s’est intensifiée dans la seconde moitié du XXe siècle.

L’alliaire officinale est présente au Québec depuis 1895. Elle est observée dans le sud de la province, principalement le long du fleuve Saint-Laurent et de ses affluents, notamment la rivière des Outaouais et la rivière Richelieu.

Présence au Québec

Origine

Exotique

État de la situation

L’alliaire officinale est bien établie au Québec. Elle se propage facilement dans les milieux boisés grâce à sa capacité à produire de nombreuses graines, qui germent généralement dans les deux ans suivant leur formation. De nouvelles observations sont signalées chaque année.

Signalement

Comme l’alliaire officinale est une espèce exotique envahissante au Québec, il est important de signaler sa présence à l’aide de l’outil Sentinelle afin de brosser un meilleur portrait de sa situation au Québec et de suivre son évolution.

Habitat

L'alliaire officinale pousse dans différents types de sols, préférant ceux qui sont humides, argileux et riches. Elle tolère l’ombrage et on la trouve dans les forêts, en bordure des routes et le long des sentiers. En revanche, elle ne supporte pas les sols très acides ni le sel.

Reproduction et propagation

L’alliaire officinale se reproduit uniquement par ses graines. Les fleurs sont pollinisées par les insectes ou peuvent s’autopolliniser. Les graines sont expulsées des fruits sur une courte distance (moins de 2,5 m) dès le début de juillet et jusqu’au début de l’automne.

Les graines peuvent ensuite être transportées par la pluie et l’eau. L’homme contribue aussi à sa propagation, car les graines peuvent être transportées accidentellement par la terre collée aux chaussures, aux outils, à la machinerie ou aux animaux domestiques.

Conséquences, prévention et contrôle

L’alliaire officinale est classée parmi les espèces exotiques envahissantes prioritaires pour des actions de lutte au Québec puisqu’il s’agit d’une espèce préoccupante en termes de nuisance pour la biodiversité et l’environnement.

En formant rapidement des colonies denses, l’alliaire officinale nuit à la croissance des autres plantes, réduisant ainsi considérablement la diversité floristique des milieux qu’elle envahit.

Son invasion peut également affecter la reproduction de la piéride de Virginie, une espèce de papillon du Québec. Lorsque l’alliaire officinale domine un milieu naturel, le papillon y pond ses œufs plutôt que sur les plantes indigènes similaires. Les larves, une fois écloses, se nourrissent des feuilles de l’alliaire officinale et meurent car elles lui sont toxiques.

L’alliaire officinale libère des toxines qui nuisent à l’écosystème des sols, affectant certains champignons indigènes qui y vivent et qui sont bénéfiques pour la croissance des arbres.

Il est donc important :

  • de surveiller attentivement son introduction dans les milieux naturels;  
  • de signaler sa présence pour évaluer sa répartition et suivre son évolution;  
  • d’évaluer les risques et les impacts liés à sa présence.

Méthode de prévention

Des gestes peuvent être posés pour prévenir l’introduction et la propagation de l’alliaire officinale :

  • Apprenez à la reconnaître;
  • Évitez de semer, planter, multiplier ou transporter cette plante;
  • Optez pour l’ensemencement ou la plantation d’espèces végétales indigènes compétitives qui poussent tôt au printemps pour couvrir rapidement le sol et bloquer la lumière;
  • Évitez de marcher en dehors des sentiers lors de vos randonnées et gardez vos animaux de compagnie en laisse;
  • Nettoyez l’équipement qui a pu être en contact avec la plante ou le sol, afin d’éviter de transporter des graines;
  • Jetez dans les ordures les résidus d’alliaire officinale qui ont fleuri et produit des fruits. Ne les laissez pas dans la nature et ne les compostez pas.

Méthodes de contrôle

Le contrôle de l’alliaire officinale peut prendre plusieurs années, parfois jusqu’à 10 ans, car les graines restent viables dans le sol. Pour être efficaces, les interventions doivent cibler la majorité des plants (de 85 à 90 % de la colonie), de manière à empêcher les plants restants de reconstituer le réservoir de graines dans le sol.

Voici quelques méthodes de contrôle recommandées :

L’arrachage des plants à la main doit être répété parce que le sol contient un réservoir de graines. Il faut toutefois mettre les plants dans des sacs et les jeter aux ordures, et non au compost.

Lutter contre l’alliaire officinale en la mettant en compétition avec des espèces vivaces et indigènes qui poussent tôt au printemps peut être efficace après deux ou trois ans, mais la littérature ne peut confirmer si cet effet dure au-delà de plusieurs années. Il est important de planter de fortes densités d’espèces indigènes, soit de 9 à 11 plants par mètre carré.

En dernier recours, vous pouvez utiliser des herbicides homologués. Puisque les feuilles d’alliaire officinale demeurent vertes le premier hiver, elles peuvent être traitées lorsque les autres plantes sont en dormance, ce qui limite les effets néfastes sur les espèces indigènes avoisinantes. Avant leur utilisation, assurez-vous de respecter la règlementation en vigueur et les conditions d’utilisation des produits. Pour plus d’informations, consultez la page Application de pesticides commerciaux.

Pour les interventions dans les milieux humides et les rives et le littoral des lacs et des cours d’eau, il peut être nécessaire d’obtenir des autorisations. Consultez votre municipalité et le bureau du Ministère de votre région avant d’intervenir dans ces milieux.

Pour réaliser des travaux d’aménagement forestier dans la forêt publique, notamment des travaux de lutte contre des espèces exotiques envahissantes, vous devez obtenir un permis d’intervention. Pour ce faire, il faut remplir le formulaire de demande et l’envoyer à l’unité de gestion de la région concernée. 

BROUILLET, L., F. COURSOL, S.J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET. (2010+). VASCAN, la Base de données des plantes vasculaires du Canada. http://data.canadensys.net/vascan/ (consultée le 2024-06-07)

LAMOUREUX, G., ALLARD, C., & DOCUMENTATION QUÉBÉCOISE. (1975). Les Plantes sauvages printanières. La Documentation québécoise, Ministère des communications.

LAVOIE, Claude. 50 plantes envahissantes : protéger la nature et l’agriculture, Québec, Les Publications du Québec, 2019, 415 p.

Dernière mise à jour : 28 janvier 2026

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