Berce commune

Berce commune. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs

Nom français
Berce commune

Autre(s) nom(s) français
Berce sphondyle, berce des prés

Nom anglais
Meadow cow parsnip

Autre(s) nom(s) anglais
Eurasian cow parsnip

Nom scientifique

Heracleum sphondylium Linnaeus

Groupe de plantes

Herbacées

Situation au Québec

Espèce envahissante

Famille
Apiaceae

Description

La berce commune est une plante herbacée vivace mesurant de 50 cm à 2 m de haut lors de sa floraison. Sa sève, bien que moins toxique que celle de la berce du Caucase, peut causer des brûlures si elle entre en contact avec la peau et que celle-ci est ensuite exposée à la lumière du soleil ou à la lumière artificielle.

Identification

Tige

La tige de la berce commune est solide et creuse, elle comporte des rainures et son diamètre varie de 1 à 3 cm. Elle a une seule tige la première année de floraison, puis peut en avoir jusqu’à neuf les années suivantes. La tige porte aussi des poils, surtout près de la base.

Feuilles

Les feuilles de la berce commune mesurent jusqu’à 70 cm de long. Elles sont composées de trois à sept petites feuilles, appelées folioles, disposées de chaque côté du pétiole Lire le contenu de la note numéro 1 . Les folioles sont dentelées et les deux faces de la feuille ont des poils. L’apparence et la taille des feuilles varient d’un individu à l’autre. Les pétioles sont de couleur pourpre et recouverts de poils.

Fleurs

Les fleurs de la berce commune sont petites, avec cinq pétales blancs ou roses, et forment des ombelles. On compte de une à dix ombelles par tige. L’ombelle centrale est la plus grande et peut mesurer jusqu’à 20 cm. La floraison se produit de juillet à octobre.

Fruits

Le fruit de la berce commune est plat et ovale, et mesure de 4 à 8 mm de large par 7 à 12 mm de long. Il présente de petites lignes brunes : quatre d’un côté et deux de l’autre. Les fruits contiennent deux graines soudées. Après être tombées du plant, les graines se séparent et sont dispersées par le vent et l’eau, d’août à fin novembre.

Racines

La racine principale de la berce commune est plus grande que ses racines secondaires. Elle s’enfonce verticalement dans le sol, formant une racine pivotante. Elle peut atteindre 60 cm de long.

Espèces similaires

Berce laineuse (Heracleum maximum)

Berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum)

Angélique pourpre (Angelica atropurpurea)

Distinctions

La berce laineuse se distingue par la présence de poils uniquement au dos de ses feuilles. La floraison de la berce laineuse survient en juin, tandis que la berce commune fleurit de juillet à octobre.

Les feuilles de la berce du Caucase sont beaucoup plus grandes, pouvant mesurer jusqu’à 2,5 m, et ne présentent pas de poils. La plante peut atteindre de 2 à 4 m de hauteur lors de la floraison. Sa tige présente des taches rougeâtres sur toute la longueur.

L’angélique pourpre se distingue par sa fleur qui est une ombelle sphérique et par sa tige et ses feuilles qui sont dépourvues de poils.

Répartition

La berce commune est originaire d’Eurasie. Elle a été introduite en Amérique du Nord à la fin du 19e siècle et elle est présente au Québec depuis 1943. Les raisons de son introduction demeurent inconnues.

Le Bas-Saint-Laurent, notamment dans la vallée de la rivière Matapédia, est particulièrement envahi par l’espèce. C’est le seul endroit au monde où une invasion a été documentée. L’espèce est également présente dans les régions de la Capitale-Nationale, de la Chaudière-Appalaches et de l’Estrie.

Présence au Québec

Origine

Exotique

État de la situation

La berce commune est établie au Québec. La première observation remonte à 1943, mais c’est seulement depuis les années 2010 que la plante s’est répandue de façon importante au Bas-Saint-Laurent, surtout le long des pistes cyclables, des voies ferrées et des routes. Les raisons de cette soudaine expansion demeurent inconnues.

Signalement

Comme la berce commune est une espèce exotique envahissante au Québec et qu’elle présente des risques pour la santé humaine, il est important de signaler sa présence à l’aide de l’outil Sentinelle afin de brosser un meilleur portrait de sa situation au Québec et de suivre son évolution.

Si vous n’êtes pas sûr de l’identification, et puisque la berce commune peut être confondue avec la berce du Caucase, vous pouvez soumettre un signalement présumé de berce commune à l’aide du formulaire de signalement de la berce du Caucase qui traite les deux espèces. Une équipe du Ministère confirmera de quelle plante il s’agit.

Habitat

La berce commune préfère les climats frais et humides, comme celui du Québec. Elle préfère les milieux ouverts, comme les friches, les rives et les fossés, mais on la trouve parfois en milieu forestier. Elle préfère les sols riches, humides et profonds, mais elle peut s’implanter dans la plupart des types de sols.

En général, la présence d’arbres et d’arbustes limite l’établissement de la berce commune. En milieu forestier, les plants sont plus dispersés, moins vigoureux, atteignent la maturité plus tard et produisent moins de graines. Les rives boisées sont moins envahies que les rives herbacées.

Reproduction et propagation

La berce commune se reproduit uniquement de manière sexuée, produisant entre 850 et 5 000 graines par plant mature. Ces graines peuvent rester viables dans le sol pendant plusieurs mois.

Les semences se dispersent principalement par le vent. L’eau et les activités humaines, comme le transport de sols, aident à sa propagation.

Conséquences, prévention et contrôle

La berce commune est classée parmi les espèces exotiques envahissantes floristiques jugées prioritaires pour des actions de lutte au Québec, en raison des risques élevés qu’elle présente pour la santé humaine et de ses impacts négatifs faibles à modérés sur la biodiversité.

Sa sève contient des substances toxiques activées par la lumière qui peuvent causer des brûlures si la peau ayant été en contact avec la sève est exposée au soleil ou à une lumière artificielle. Il est donc important de laver rapidement la peau touchée et de la protéger de la lumière pendant au moins 48 heures.

Il est donc important :

  • de surveiller attentivement l’introduction de l’espèce;
  • de signaler sa présence pour évaluer sa répartition et suivre son évolution;
  • d’évaluer les risques et les impacts liés à sa présence.

Méthode de prévention

Des gestes peuvent être posés pour prévenir l’introduction et la propagation de la berce commune :

  • Apprenez à la reconnaître;
  • Évitez de semer, planter, multiplier ou transporter cette plante;
  • Optez pour l’ensemencement ou la plantation d’espèces végétales indigènes compétitives qui couvriront rapidement les sols découverts;
  • Évitez de disperser les graines lors du déplacement de terre et de machinerie;
  • Jetez dans les ordures les résidus de berce commune qui ont fleuri et produit des fruits. Ne les laissez pas dans la nature et ne les compostez pas.

Méthodes de contrôle

Si vous trouvez des plants de berce commune sur votre propriété, il est conseillé de les éliminer rapidement. Étant donné le risque élevé qu’elle présente pour la santé, il est préférable de faire appel à des professionnels. Si vous décidez de le faire vous-même, protégez-vous avec des vêtements longs, une visière, des gants et des bottes. Nettoyez les outils et lavez les vêtements après leur utilisation.

Commencez par enlever les plants matures avant qu’ils relâchent leurs graines. Pour accélérer le processus, éliminez également les jeunes plants. Même en réalisant ces actions, il faudra plusieurs années pour éradiquer une colonie, car les semences dans le sol continueront de germer.

Pour éliminer un plant de berce commune, l’arrachage à l’aide d’une pelle est la méthode la plus efficace. Il est nécessaire d’extraire une bonne partie de la racine principale, ce qui est plus facile en début de saison. Un labour à 20 cm de profondeur peut aussi être efficace dans une prairie ou une friche.

Il n’est pas recommandé de couper ou de faucher la tige sans retirer la racine principale, car cela ne permet pas d’éliminer les plants et augmente le risque de brûlures. Cependant, une fauche répétée des plants pendant l’été peut ralentir leur croissance et empêcher la production de semences.

En dernier recours, vous pouvez utiliser des herbicides homologués. Avant leur utilisation, assurez-vous de respecter la réglementation en vigueur et les conditions d’utilisation du produit. Pour plus d’informations, consultez la page Application de pesticides commerciaux.

Pour les interventions dans les milieux humides, les rives et le littoral des lacs et des cours d’eau, il peut être nécessaire d’obtenir des autorisations. Consultez votre municipalité ou le bureau du Ministère de votre région avant d’intervenir dans ces milieux.

Pour en savoir plus

BROUILLET, L., F. COURSOL, S.J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET. (2010+). VASCAN, la Base de données des plantes vasculaires du Canada, [En ligne]. [http://data.canadensys.net/vascan/search] (Consulté le 2024-10-17).

LAVOIE, Claude. 50 plantes envahissantes : protéger la nature et l’agriculture, Québec, Les Publications du Québec, 2019, 415 p.

Dernière mise à jour : 28 janvier 2026

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