Célastre asiatique

Ventes et culture interdites

La vente de cette espèce et sa culture à des fins de multiplication sont interdites au Québec en vertu du nouveau Règlement sur les espèces floristiques exotiques envahissantes.

Plant de célastre asiatique en fructification.

Célastre asiatique. © Leslie J. Mehrhoff, University of Connecticut, Bugwood.org

Nom français
Célastre asiatique

Nom anglais
Oriental bittersweet

Autre(s) nom(s) anglais
Asian Bittersweet, Japanese bittersweet

Nom scientifique

Celastrus orbiculatus Thunberg

Groupe de plantes

Lianes

Situation au Québec

Espèce envahissante

Famille
Celastraceae

Description

Le célastre asiatique est une liane vivace souvent confondue avec le bourreau-des-arbres (Celastrus scandens), qui est une liane indigène. Il utilise les arbres voisins ou les infrastructures comme support pour s’accrocher. Originaire d’Asie, il est considéré comme une espèce exotique envahissante.

Identification

Tige

La tige du célastre asiatique est ligneuse et grimpante. Son diamètre peut atteindre 14 cm, et sa longueur, 18 m. L’écorce est striée, sa couleur allant du gris au brun. La tige peut s’enrouler autour des troncs d’arbres voisins. Lorsqu’on coupe son tronc, il produit de nouvelles tiges, appelées « rejets de souche ».

Feuilles

Les feuilles du célastre asiatique sont de couleur verte et leur rebord est dentelé. Elles sont disposées en alternance sur les tiges. Elles mesurent entre 5 et 13 cm de longueur.

Fleurs

Les fleurs du célastre asiatique sont petites (de 4 à 10 mm). Elles sont formées de 5 sépales Lire le contenu de la note numéro 1 et de 5 pétales verts disposés à l’aisselle des feuilles par groupes de 3 à 7. L’espèce est dioïque, donc les individus produisent uniquement des fleurs mâles ou femelles. La floraison a lieu en juin et concerne généralement les individus qui ont au moins 4 ans.

Fruits

Les fruits du célastre asiatique forment de petites capsules (de 6 à 13 mm) sphériques. D’abord vertes, elles mûrissent pour devenir jaune doré. Lorsque mûres, les capsules s’ouvrent et révèlent 3 arilles rouge orange formant un seul et même fruit qui peut demeurer sur les tiges en hiver. Chaque arille contient 1 à 2 graines brunes.

Racines

Les racines du célastre asiatique sont de couleur jaune ou orange. Superficielles et étendues, elles peuvent produire de nouvelles tiges à partir du collet, appelées des drageons.

Espèces similaires

Bourreau-des-arbres (Celastrus scandens)

Dompte-venin noir (Vincetoxicum nigrum)

Dompte-venin de Russie (Vincetoxicum rossicum)

Distinctions

Le bourreau-des-arbres est indigène au Canada et se distingue du célastre asiatique par ses fleurs et ses fruits situés au bout des tiges. Ses capsules sont également différentes, de couleur orangée.

Les dompte-venins sont des espèces exotiques envahissantes et, bien qu’elles s’enroulent autour de plantes et d’infrastructures voisines, ce sont des espèces herbacées. Elles ne possèdent pas de tronc, mais plutôt des tiges sans écorce.

Répartition

Originaire d’Asie, le célastre asiatique a été introduit en Amérique du Nord vers la fin du 19e siècle à des fins horticoles. Il a été observé pour la première fois en milieu naturel au Québec à Montréal, en 1937.

Bien qu’il soit présent dans toutes les provinces de l’Est du Canada, sauf Terre-Neuve-et-Labrador, les populations naturalisées sont plutôt clairsemées. Le sud de l’Ontario et l’Île-du-Prince-Édouard comptent toutefois des populations plus denses. L’espèce est également présente dans tous les États du Nord-Est des États-Unis, dont ceux voisins du Québec : dans les États de New York, du Vermont, du New Hampshire et du Maine.

Au Québec, il est présent à Montréal, en Outaouais, dans les Laurentides, en Montérégie, en Estrie et à Québec.

Présence au Québec

Origine

Exotique

État de la situation

Le célastre asiatique est établi au Québec. Son observation est toutefois occasionnelle.

Signalement

Puisque le célastre asiatique est une espèce exotique envahissante au Québec, il est important de signaler sa présence à l’aide de l’outil Sentinelle afin de brosser un meilleur portrait de la situation au Québec et de suivre son évolution.

Habitat

Le célastre asiatique pousse en milieu ensoleillé, mais tolère également l’ombre en y demeurant à l’état de plantule. Il préfère les sols humides au pH acide (4,0-6,6). On l’observe particulièrement à la lisière des forêts de feuillus, dans les friches ou en bordure de route.

Reproduction et propagation

Le célastre asiatique se multiplie à l’aide de ses graines. Les oiseaux et d’autres animaux se nourrissent de ses fruits, dispersant ainsi ses semences sur de longues distances.

Le célastre asiatique se propage également de façon végétative grâce à ses rejets de souches et à ses drageons. Des fragments de racines peuvent également propager l’espèce.

L’espèce était parfois utilisée en horticulture, et cette pratique a pu contribuer à sa propagation. Certains cultivars (par exemple « Diana » ou « Hercules ») étaient parfois vendus dans le commerce, étiquetés par erreur comme étant des plants de bourreau-des-arbres, l’espèce indigène.

Conséquences, prévention et contrôle

Le célastre asiatique est considéré comme une espèce exotique envahissante floristique qui présente un risque modéré Lire le contenu de la note numéro 2 pour la biodiversité et l’environnement du Québec. Il figure sur la liste des espèces contre lesquelles on doit lutter en priorité au Québec. De plus, il est visé par le Règlement sur les espèces floristiques exotiques envahissantes. Il est donc interdit d’en faire la culture (multiplication, production) et la vente au Québec à compter du 4 juin 2026.

Le célastre asiatique croit très rapidement et peut nuire à la croissance des arbres autour desquels il s’enroule. De plus, il peut recouvrir une grande surface, mettant dans l’ombre de nombreuses autres espèces végétales. La richesse et la diversité végétales sont donc réduites en sa présence.

Il est donc important de faire ce qui suit :

  • Surveiller attentivement son introduction dans les milieux naturels;
  • Signaler sa présence pour permettre de suivre sa répartition et son évolution;
  • Évaluer les risques et les impacts de sa présence.

Méthode de prévention

Des gestes simples et efficaces peuvent être posés afin de prévenir l’introduction et la propagation du célastre asiatique :

  • Apprendre à le reconnaître;
  • Éviter de le semer, de le planter, de le multiplier ou de le transporter;
  • Éviter de disperser ses graines et ses fragments de racines lors du déplacement de terre et de machinerie;
  • Éviter également d’utiliser cette terre;
  • Rester sur les sentiers et les chemins désignés lors de vos sorties en forêt;
  • S’assurer de nettoyer vos chaussures et vos vêtements afin d’éviter de disperser des graines avant et après vos sorties en nature;
  • Lors de travaux sylvicoles en présence du célastre asiatique, opter pour des techniques de coupe qui favorisent le maintien du couvert forestier et la croissance des arbres et arbustes indigènes;
  • Jeter aux poubelles les résidus de célastre asiatique qui contiennent des fruits et des racines. Ne pas les laisser dans la nature ni les composter.

Méthodes de contrôle

Pour les petits et moyens envahissements de célastre asiatique, la lutte peut être réalisée grâce à une combinaison de méthodes.

Premièrement, l’arrachage manuel des petits plants peut être effectué en s’assurant de retirer le système racinaire duquel peuvent émerger de nouvelles tiges. Ensuite, les plants plus âgés peuvent être coupés à la base près du sol à l’aide de sécateurs ou d’une scie à élagage, tout en prenant soin de ne pas abîmer l’écorce des arbres qui les supportent. Il est également possible de tailler le célastre plus haut afin de réduire son feuillage et de permettre une plus grande pénétration de la lumière pour avantager les autres végétaux.

La coupe du célastre asiatique sans l’arrachage de son système racinaire provoque la production de rejets de souche, ce qui peut contribuer à la densification des populations. Les résidus, surtout ceux qui contiennent des fruits et des racines, doivent être jetés aux ordures afin de limiter les risques de propagation.

Après les interventions, un suivi rigoureux est nécessaire pour éliminer les repousses.

En dernier recours, vous pouvez utiliser des herbicides homologués. Avant leur utilisation, assurez-vous de respecter la règlementation en vigueur et les conditions d’utilisation du produit. Pour plus d’informations, consultez la page Application de pesticides commerciaux.

Pour les interventions dans les milieux humides, ainsi que sur les rives et le littoral des lacs et des cours d’eau, il peut être nécessaire d’obtenir des autorisations. Consultez votre municipalité et le bureau du Ministère de votre région avant d’intervenir dans ces milieux.

BROUILLET, L., F. COURSOL, S. J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2010+). VASCAN, la Base de données des plantes vasculaires du Canada, [En ligne]. [http://data.canadensys.net/vascan/]

LAVOIE, C. (2022). 40 autres plantes envahissantes : protéger la nature aujourd’hui et demain, Québec, Les Publications du Québec, 348 p.

LEICHT-YOUNG, S. A., N. B. PAVLOVIC, R. GRUNDEL et K. J. FROHNAPPLE (2007). « Distinguishing Native (Celastrus Scandens L.) and Invasive (C. Orbiculatus Thumb.) Bittersweet Species Using Morphological Characteristics », The Journal of the Torrey Botanical Society, vol. 134, no 4, 441-450.

Dernière mise à jour : 17 juillet 2026

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