Maladie entérique de la bouche rouge chez les poissons

La maladie entérique de la bouche rouge, aussi appelée « yersiniose », est une infection causée par la bactérie Yersinia ruckeri, appartenant à la famille des entérobactéries. Elle entraîne des infections généralisées ainsi que des hémorragies au niveau de la bouche.

Animaux sauvages à risque

La maladie de la bouche rouge affecte principalement les salmonidés, en particulier la truite arc-en-ciel et le saumon atlantique. Elle a également été observée chez des poissons appartenant à d’autres familles, notamment :

Signes de la maladie

La maladie peut toucher les poissons de tous les âges, mais elle se manifeste de façon plus aiguë chez les jeunes individus. Les lésions classiques sont alors des hémorragies sous la peau autour de la bouche et de la cavité buccale. Les poissons malades peuvent également présenter :

  • des yeux gonflés;
  • un abdomen distendu;
  • un noircissement de la peau;
  • des hémorragies sous la peau au niveau des branchies, de l’anus, et à la base des nageoires.

On peut aussi observer des changements dans leur comportement : ils nagent près de la surface, sont moins actifs et mangent moins.

Lors de l’examen interne, on trouve des lésions hémorragiques sur plusieurs organes, une inflammation générale et une rate qui peut tripler de volume.

Des poissons peuvent aussi devenir porteurs chroniques de la bactérie sans présenter de signes.

Transmission et persistance dans l’environnement

La bactérie est rejetée dans les matières fécales des poissons infectés. Une fois dans l’eau, elle peut infecter un autre poisson, principalement par les branchies. Le stress, causé notamment par l’élevage intensif et la mauvaise qualité de l’eau, augmente le risque d’infection.

La bactérie peut survivre au moins quatre mois en dehors de l’hôte, grâce à sa capacité à former des colonies appelées « biofilms » sur les surfaces et les sédiments des milieux aquatiques.

La maladie se développe surtout quand la température de l’eau est entre 15 et 18 °C. Aucun cas n’a été signalé en dessous de 10 °C. D’autres espèces présentes dans l’habitat des poissons, comme des oiseaux, des mammifères aquatiques et des reptiles, pourraient aussi jouer un rôle de vecteur dans la transmission de la bactérie.

Protection et prévention

Risque pour la santé des animaux sauvages

La bactérie peut se propager aux populations sauvages vivant près des aquacultures où la maladie entérique de la bouche rouge a été signalée.

Risque pour la santé humaine

La maladie ne se transmet pas directement aux humains par les poissons. Comme la bactérie est présente dans l’eau, elle peut toutefois infecter une plaie.

Il est recommandé d’adopter de bonnes pratiques lors de la préparation et de la cuisson des poissons sauvages.

Traitement

En pisciculture, le traitement de cette maladie chez les poissons est possible par l’utilisation d’antibiotiques et de vaccins. Cela n’est toutefois pas envisageable dans la nature.

Surveillance et contrôle

La maladie entérique de la bouche rouge est présente dans les élevages de poissons au Québec. Il n’est pas nécessaire de signaler les poissons suspects.

Pour éviter de contribuer à la transmission, ne jetez pas les restes des poissons dans l’eau. Mettez-les plutôt aux ordures ou brûlez-les.

En milieu naturel, on peut prévenir la propagation de la bactérie en évitant de déplacer des poissons d’un plan d’eau à un autre.

Dernière mise à jour : 3 décembre 2025

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