Méthodologie du rapport d’État d’équilibre du marché du travail
Méthodologie du rapport d’État d’équilibre du marché du travail
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Présentation sommaire
Le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale effectue chaque année des prévisions à court (un an) et moyen terme (cinq ans) de l’emploi par industrie et par profession.
Ces prévisions se fondent sur les prévisions économiques à moyen et à long terme produites par le Conference Board du Canada (CBdC), notamment celles qui touchent la consommation des ménages, les dépenses gouvernementales, les investissements privés et publics, les exportations et les importations ainsi que l’évolution du taux de change. Elles se basent également sur les projections démographiques de l’Institut de la statistique du Québec pour le Québec et ses régions.
Les prévisions relatives à l’emploi à court terme (2025) et à moyen terme (2028) pour 41 regroupements d’industries sont obtenues en combinant le volume de production, selon les prévisions du CBdC, à la productivité projetée des personnes actuellement en emploi. Ces prévisions d’emplois pour l’ensemble du Québec sont ensuite réparties en 16 régions administratives du Québec (les régions de la Côte-Nord et du Nord-du-Québec sont regroupées) et en deux régions métropolitaines de recensement (RMR), celles de Montréal et de Québec. Cette répartition tient compte des parts de l’emploi que représente chaque région dans l’ensemble du Québec.
Ces projections d’emplois sont ensuite réparties selon les professions incluses dans la CNP à l’aide de matrices basées sur les données tirées de l’Enquête sur la population active (EPA) et du recensement, en plus de la demande liée au remplacement, qui est estimée à partir de la composition par tranche d’âge de l’emploi par profession. Des causes diverses sont à l’origine des besoins liés au remplacement de la main-d’œuvre : départs à la retraite, décès, maladie, mobilité professionnelle, etc. Lorsqu’on ajoute la demande liée au remplacement à la demande liée à l’évolution de l’activité économique, on obtient ainsi la demande de main-d’œuvre totale pour les années à venir.
Les prévisions de l’offre de main-d’œuvre à venir se fondent essentiellement sur trois éléments :
le nombre prévu de sortants (établissements scolaires publics et privés), obtenu grâce à des projections selon le niveau de scolarité, celles-ci étant réalisées à partir des données relatives aux inscriptions obtenues auprès du ministère de l’Éducation et du ministère de l’Enseignement supérieur;
le nombre de personnes immigrantes qui devraient s’établir au Québec au cours de la période de prévision, obtenu en utilisant les données administratives fournies par le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration;
la mobilité interprofessionnelle de la main-d’œuvre, notamment pour les gestionnaires, les coordonnateurs et coordonnatrices et les superviseurs et superviseures, pour lesquels l’offre de main-d’œuvre provient en bonne partie de personnes déjà en emploi.
C’est en faisant une comparaison entre la demande et l’offre totale de main-d’œuvre à venir pour la période que l’on peut poser un diagnostic sur l’état d’équilibre de main-d’œuvre pour les prochaines années. Ce diagnostic est ensuite combiné à un diagnostic sur l’état d’équilibre actuel, qui est déterminé à partir d’une quinzaine d’indicateurs, dont le taux et la tendance des postes vacants, la tendance des salaires, le taux de prestataires de l’assurance-emploi et sa tendance, le recours aux travailleurs étrangers temporaires, etc. Cette combinaison permet d’obtenir le diagnostic définitif, qui correspond à l’un des suivants : déficit, léger déficit, équilibre, léger surplus ou surplus.
Notons que cet exercice d’établissement de diagnostic sur l’état d’équilibre de main-d’œuvre par profession est réalisé avec la collaboration étroite des économistes régionaux de Services Québec. Plusieurs partenaires sont également consultés afin de bonifier l’information disponible et de corroborer les diagnostics.
Prévisions de l’évolution de l’emploi par secteur d’activité économique
À l’aide d’un outil économétrique élaboré selon des spécifications du CBdC et basé en particulier sur des équations de production découlant de la matrice d’entrées-sorties pour le Québec de Statistique Canada, le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale effectue d’abord une répartition par industrie, pour chacune des années de prévision, du volume de production que le CBdC prévoit pour le Québec.
Par la suite, le Ministère estime la productivité du travail par industrie pour chacune des années de prévision, à partir de la tendance observée par le passé. Pour les perspectives à moyen terme (sur cinq ans) et à long terme (sur dix ans), il procède à une estimation de la productivité de 41 industries ou regroupements d’industries.
En dernier lieu, l’emploi par industrie pour chacune des années de prévision est estimé en divisant le volume de production prévu dans chaque cas par la productivité projetée de chaque industrie. L’emploi total pour chaque année de prévision correspond à la somme de l’emploi annuel dans chacune des industries.
Prévisions par région
On calcule l’emploi par industrie et par région pour la période de prévision à partir de l’historique des parts de l’emploi de chaque région par rapport à l’ensemble du Québec. Pour plusieurs industries, les prévisions d’emploi régional sont ajustées en fonction de l’évolution démographique prévue.
Les perspectives à moyen terme (sur cinq ans) sont établies pour 16 régions administratives – celles de la Côte-Nord et du Nord-du-Québec sont réunies dans ce cas – et pour les deux grandes régions métropolitaines de recensement, soit celles de Montréal et de Québec.
Prévisions de l’offre et de la demande de main-d’œuvre par profession
Les diagnostics par profession comparent l’offre et la demande de main-d’œuvre prévues pour établir si la profession devrait être en déficit (ou léger déficit) de main-d’œuvre disponible, en équilibre de main-d’œuvre disponible ou en surplus (ou léger surplus) de main-d’œuvre disponible à court terme (2025) et à moyen terme (2028).
Les prévisions de la demande de main-d’œuvre tiennent compte de deux éléments : la demande de remplacement et la demande d’expansion.
La demande de remplacement est calculée à partir des données de l’Enquête sur la population active de Statistique Canada. Le Ministère estime les mouvements d’entrée et de sortie d’une profession en comparant le niveau d’emploi par cohortes d’âge de cinq ans – 15-19 ans, 20-24 ans, et ainsi de suite jusqu’à la cohorte des 65-69 ans – avec le niveau d’emploi pour ces mêmes cohortes cinq ans plus tard – 20-24 ans, 25-29 ans, et ainsi de suite jusqu’à 70-74 ans. La demande calcule des taux de remplacement historiques de 1992 (remplacement quinquennal 1987-1992) jusqu’à la dernière année observée. Elle est estimée à partir des flux de sortie nets par tranche d’âge pour évaluer le remplacement prévu pour chacune des professions. Les besoins de remplacement de la main-d’œuvre ont des causes diverses : retraite, décès, maladie, mobilité professionnelle, etc.
L’estimation de la demande de main-d’œuvre liée à l’expansion est calculée à partir de l’évolution de l’emploi prévue pour chacun des 41 secteurs d’activité économique. Les besoins de main-d’œuvre prévus dans ces industries sont ensuite répartis dans les 516 professions de la Classification nationale des professions à l’aide de matrices basées sur les données de l’Enquête sur la population active et du Recensement de 2021.
Le Ministère calcule l’offre de main-d’œuvre future des sortants des réseaux scolaires par profession en multipliant le nombre de personnes diplômées des différents programmes scolaires par une matrice de conversion des programmes d’études en classification nationale des professions. On obtient cette donnée en appliquant aux prévisions d’inscription et du nombre de diplômés une série de paramètres et d’hypothèses tels que le taux d’inscription et de diplomation par programme, le taux de diplômés qui se destinent au marché du travail et la proportion des personnes qui ont abandonné leurs études et qui se destinent au marché du travail.
L’offre de main-d’œuvre issue de l’immigration est obtenue en employant les données administratives du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration sur le nombre de personnes immigrantes admises au cours des cinq dernières années disponibles (de 2019 à 2023) et des projections globales relatives à l’immigration sur deux ans (2024 et 2025). Ces projections globales sur deux ans sont employées pour générer les trois autres années manquantes de la prévision (2026 à 2028). Seules les personnes de 15 ans ou plus sont retenues dans le calcul.
Les diagnostics tiennent également compte de la mobilité interprofessionnelle de la main-d’œuvre, notamment en ce qui concerne les gestionnaires pour qui il y aurait un manque important de main-d’œuvre disponible si seuls les finissants et les immigrants étaient pris en compte.
Les diagnostics finaux par profession sont obtenus en croisant pour chacune d’elles les données relatives aux conditions actuelles du marché du travail avec celles relatives aux diagnostics des flux futurs du marché du travail (détaillés ci-dessus).
Dernière mise à jour :
17 mars 2023
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