Récipiendaires de l'année 2024

Pour les autres continents : Carmen Mata Barreiro

Professeure émérite de langue et culture françaises de l’Universidad Autónoma de Madrid, Mme Carmen Mata Barreiro est une passionnée de la culture et de la littérature francophones. Elle a consacré une bonne partie de sa carrière universitaire à la valorisation de la culture et de la littérature francophones et, plus particulièrement, à la littérature et à la culture québécoises. À l’Universidad Autónoma de Madrid, Mme Carmen Mata Barreiro a contribué activement à une décentralisation des études françaises. Avec la collaboration de plusieurs collègues, elle a obtenu du département de philologie française l’intégration de cours tels que Littérature francophone du Canada au programme de licence. Elle a également veillé à ce que le Québec — sa littérature et sa culture — occupe une place importante dans le master en études internationales francophones, tant comme sujet d’enseignement que de recherche. Grâce à ses efforts, plusieurs étudiantes et étudiants consacrent leurs thèses de master à des thèmes liés à l’immigration et aux enjeux linguistiques au Québec, ou encore à des auteurs et autrices comme Natasha Kanapé Fontaine et Kim Thúy.

La récipiendaire a également coordonné, avec l’appui de l’AIEQ, l’organisation de tournées d’écrivaines et d’écrivains québécois, permettant à des autrices et auteurs tels que Nicole Brossard, Louise Dupré, Lori Saint-Martin, Marie-Célie Agnant, Kim Thúy, Marco Micone et Naïm Kattan de rencontrer des étudiantes, des étudiants et des professeurs, tout en favorisant l’étude et la reconnaissance de leurs œuvres. Dès le début des années 1990, les travaux de recherche de la professeure Mata se sont orientés vers la littérature et la culture francophones, en accordant une attention particulière à la littérature québécoise. Elle a en outre coordonné et animé des tables rondes dans des institutions prestigieuses telles que le Círculo de Bellas Artes de Madrid, ainsi que des présentations d’autrices et d’auteurs dans des librairies, à l’Institut français et à l’Alliance française.

Le rayonnement de la culture universitaire et scientifique du Québec en Espagne et l’intérêt de plus en plus manifesté pour le français témoignent de l’engagement de la professeure Mata Barreiro qui se traduit par l’organisation de colloques et de tables rondes, des directions de festivals, des présentations d’auteurs et des publications.

Pour les Amériques : Licia Soares de Souza

Professeure émérite à l’Université de l’État de Bahia (UNEB), professeure associée à I'UQAM et à l’Université fédérale de Bahia (UFBA), Brésil, ainsi que vice-présidente de l’Association internationale des études québécoises (AIEQ) pour l’Amérique latine, Mme Soares de Souza a développé, au fil des ans, divers champs de recherche au regard de la littérature québécoise. Grande défenseuse du français, elle a fait connaître le « Stage de perfectionnement pour les professeurs de français langue étrangère » de l’Université Laval et encouragé des professeurs de français du Brésil à s’y inscrire, voire à poursuivre des études de niveau supérieur.

Mme Licia Soares de Souza a offert plus de cinq sessions en études québécoises à l’UNEB et à l’UFBA, contribuant ainsi au rayonnement du français et de la culture québécoise dans les territoires brésiliens, centre de l’Amérique lusophone. Dans le domaine de l’enseignement, il faut souligner son effort pour la mise en place du projet « Français pour le tourisme à Salvador ». D’abord destiné aux étudiantes et étudiants de I'UNEB, ce projet a été immédiatement adopté par le Secrétariat de Tourisme de différentes villes comme méthode pour l’apprentissage du français. La récipiendaire a, par ailleurs, élaboré une méthodologie pour l’apprentissage du « français instrumental » à l’intention des candidates et candidats aux études avancées dans les universités de Bahia. Elle a également élaboré, en 2016, le projet « Ateliers de langue française » en collaboration avec l’Association des professeurs de français et l’Alliance française (Brésil). Les textes de Mme Soares de Souza sont inscrits à des programmes d’études avancées au Brésil et sont utilisés dans des programmes de I'UQAM. Elle a été, en 2020, la lauréate du prix de poésie de l’Association des professeurs de Bahia, sous le thème « Le français dans ma vie ».

La consécration de 30 ans de carrière universitaire à l’étude de la culture québécoise et à son déploiement au Brésil témoigne de l’engagement de la professeure Licia Soares de Souza pour le rayonnement de cette culture et du français en Amérique latine et au-delà du continent américain. Son militantisme en faveur du français est d’autant plus important dans un contexte d’anglicisation en Amérique latine et de déclin graduel de l’intérêt pour l’apprentissage du français.

Pour l’Acadie : Marie-Thérèse Landry

Détentrice de plusieurs diplômes, soit un baccalauréat en anthropologie obtenu à l’Université Laval, une maîtrise en muséologie de l’Université du Québec à Montréal et un certificat de 2e cycle en développement culturel local et régional de l’Université Laval, Mme Marie-Thérèse Landry a un intérêt très poussé pour le développement culturel.

Depuis 16 ans, elle est directrice générale du Conseil provincial des sociétés culturelles (CPSC), un réseau de 18 membres associatifs répartis en région rurale au Nouveau-Brunswick, dont la défense du français comme langue officielle en situation minoritaire est la mission. Elle a participé à plusieurs événements culturels en France et développé des projets de partenariat avec les francophonies régionale, nationale et internationale. L’engagement de la récipiendaire dans le secteur des industries culturelles œuvrant en francophonie internationale lui a valu la distinction de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres de la République française en juillet 2022.

Les nombreuses collaborations de Mme Landry lui ont permis de développer des activités artistiques basées sur la médiation culturelle et d’y tisser des liens indéfectibles avec des acteurs clés de la promotion du français, et de développer des projets d’envergure qui mettent en exergue la langue française dans toute sa splendeur et sa diversité.

Son projet majeur est probablement le Festival international de slam/poésie en Acadie, premier festival francophone de ce type en Amérique, qui accueille des poètes de Guadeloupe, d’Haïti, de la Guyane, comme de la francophonie d’ailleurs et d’ici.

Cette originaire de la Gaspésie est aussi l’instigatrice de la Caravane des dix mots au Nouveau-Brunswick, dont les liens étroits tissés avec le Centre culturel franco-manitobain et la Maison Gabrielle-Roy (Saint-Boniface) ont débouché sur la production d’un moyen-métrage réalisé en janvier 2023 sur l’émergence du slam/poésie en francophonie canadienne.

La démarche de Marie-Thérèse Landry se caractérise par le rayonnement qu’elle insuffle à la langue française par les arts et la culture. Le français est au cœur de ses préoccupations professionnelles et personnelles.

Pour l’Ouest canadien : Frank McMahon

Diplômé du Collège Saint-Jean, M. Frank McMahon détient également un baccalauréat et une maîtrise en lettres de l’Université d’Ottawa, un baccalauréat en théologie de l’Université dominicaine à Rome ainsi qu’un doctorat de l’Université de Montréal. Il a connu une carrière impressionnante dans le milieu de l’éducation qui s’est échelonnée sur plus de 60 ans, en se dévouant à l’épanouissement et au développement de la francophonie albertaine. Il s’est d’ailleurs engagé pour la valorisation de la langue française au niveau régional, provincial et même national. Frank McMahon a présidé le conseil d’administration de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) de 1973 à 1975. Durant son mandat, il a contribué au développement du français dans les différentes régions de l’Alberta, par le biais d’activités et d’animation sociale. Il était recteur du Collège Saint-Jean d’Edmonton, qui est d’abord devenu le Collège universitaire Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, puis, la Faculté Saint-Jean de cette même université.  Il a été vice-président de l’Association canadienne d’éducation de langue française (1974-1979) ainsi que vice-président de la Fédération des francophones hors Québec (1978).

Aujourd’hui encore, M. McMahon offre son temps, ses efforts et ses compétences aux organismes francophones. Membre de la Compagnie des Cent-Associés francophones, il siège actuellement en tant que conseiller à la Société historique francophone de l’Alberta, est membre du conseil d’administration de la Fondation franco-albertaine et est président de la commission électorale de l’ACFA.

Par sa détermination, le récipiendaire a réussi à mobiliser la communauté francophone de la région pour revendiquer le droit d’avoir une école française. Frank McMahon s’est aussi fortement impliqué à l’établissement de la Société historique francophone de l’Alberta (SHFA). Pour souligner son engagement dans le domaine de l’éducation en français en Alberta, le Campus Saint-Jean a nommé en 2005 l’un de ses pavillons « le pavillon Frank McMahon ». Il a également reçu la même année le Prix d’excellence Maurice-Lavallée, en éducation, de l’ACFA, organisme porte-parole de la francophonie albertaine.

Tout au long de sa carrière, Frank McMahon a démontré un dévouement exceptionnel à l’avancement des droits des francophones. Homme de cœur, il place l’intérêt de sa communauté au premier plan de sa vision afin de continuer à faire rayonner la francophonie.

Pour l’Ontario : Jacqueline Pelletier

Enseignante, conseillère, animatrice et formatrice en développement organisationnel et communautaire, Jacqueline Pelletier est titulaire d’un baccalauréat ès arts de l’Université Carleton d’Ottawa et d’un certificat d’enseignement de l’Université d’Ottawa.

Fervente défenseuse de l’essor de la langue française à Ottawa, Mme Pelletier fait partie des fondateurs du mouvement C’est l’temps!, qui a mené une campagne de revendication active et militante des droits juridiques en français à Ottawa de 1975 à 1977. Avec l’avènement de la Loi sur les services en français en Ontario, elle est devenue une cheffe de file de la mise en œuvre de services et d’organismes au service de la communauté francophone et même ontarienne dans son ensemble.

Entre 1987 et 1995, elle a animé des émissions d’heure de pointe ainsi que des reportages sur les ondes de la chaîne éducative francophone TFO. De 1989 à 1993, elle a été membre du conseil d’administration fondateur de La Cité collégiale, premier collège francophone d’arts appliqués et de technologie de l’Ontario. De 1998 à 2001, la récipiendaire a été présidente du conseil d’administration et du financement du consortium théâtral La Nouvelle Scène dans le but de faire construire un espace théâtral dédié au théâtre francophone à Ottawa. Elle a siégé, dès sa création en 2004, au Comité consultatif provincial sur les affaires francophones assigné à la ministre déléguée aux affaires francophones, et cela pendant cinq ans. Jacqueline Pelletier a de plus présidé, de 2007 à 2013, la Fondation pour l’avancement du théâtre francophone au Canada.

Durant toute sa carrière, Mme Pelletier a fait montre d’une détermination indéfectible pour la défense et le rayonnement du français en Ontario, ce qui lui a valu d’être décorée Chevalier de l’Ordre de la Pléiade en 2000, de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie ainsi que de l’Ordre d’Ottawa en 2016.

Pour le Québec : Wim Remysen

Professeur de sociolinguistique et d’histoire de la langue française à l’Université de Sherbrooke depuis 2009 et titulaire d’un doctorat en linguistique française de l’Université Laval, M. Wim Remysen a développé une expertise en recherche sur le français du Québec.

Originaire de la Belgique, Wim Remysen s’est consacré à la valorisation du français en usage au Québec à travers plusieurs projets, dont le plus important est le Fonds de données linguistiques du Québec (FDLQ), financé par le gouvernement du Québec. Celui-ci réunit, sur une plateforme numérique facile d’accès, un ensemble de corpus représentatifs du français utilisé en contexte québécois.

Sa passion pour le français québécois l’a conduit en 2013 à la direction du Centre de recherche interuniversitaire sur le français en usage au Québec (CRIFUQ). De plus, le récipiendaire est auteur de nombreuses publications dans des revues savantes et des ouvrages collectifs. En 2022, il a publié l’ouvrage de synthèse Le français au Québec et en Amérique du Nord, coécrit avec France Martineau et André Thibault.

En plus de ses nombreuses publications sur le français du Québec et de son dévouement envers le CRIFUQ, M. Remysen a régulièrement coorganisé des événements scientifiques d’envergure sur ce thème, tels que l’important colloque 1971-2021 : 50 ans de corpus montréalais dont l’objectif était de souligner le 50e anniversaire du premier corpus sociolinguistique montréalais, réalisé en 1971. M. Remysen a aussi agi à titre de conseiller pour le projet de jumelage linguistique J’apprends le français à Montréal et mis sur pied un projet-pilote qui s’en inspire dans la région de Sherbrooke. Il mène en outre régulièrement des activités de vulgarisation en vue d’informer le public des richesses de la langue du Québec.

Le parcours de Wim Remysen témoigne d’un engagement remarquable envers le rayonnement et la valorisation de la langue française. Ses travaux contribuent à une meilleure connaissance de son utilisation et de son évolution en contexte québécois.

Pour le Québec : Karl Blackburn

Gestionnaire chevronné avec plus de trente ans d’expérience au sein des milieux des affaires et politique, M. Karl Blackburn a été à la tête du Conseil du patronat du Québec jusqu’en mars 2025. Il avait occupé le poste de directeur principal, Affaires publiques et relations gouvernementales pour le Canada chez Produits forestiers Résolu de 2013 à 2020.

Titulaire d’un baccalauréat en administration, option droit et gestion de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) et diplômé de la School ELS International Language de Londres, M. Blackburn a aussi suivi le programme de maîtrise en gestion des organisations de l’UQAC. Cet ancien politicien, devenu homme d’affaires, est un ardent défenseur de la langue française. Il a notamment lancé le Défi lecture en 2021. Cet événement est d’ailleurs devenu viral sur les médias sociaux.

Blackburn s’est également engagé avec plusieurs autres gestionnaires à améliorer le français en milieu de travail. Il a multiplié les tribunes pour parler ouvertement de l’urgence de protéger le français et a déployé plusieurs projets en francophonie, dont son implication au sein de l’Alliance des Patronats Francophones (APF). Fondée le 29 mars 2022 à Tunis, cette organisation mondiale réunit 28 représentants patronaux de tous les pays francophones.

L’engagement sans faille de M. Blackburn pour la protection et la valorisation de la langue française a contribué au rayonnement de notre belle langue dans le monde, et particulièrement en Amérique.

Dernière mise à jour : 10 décembre 2025