Découvrez les lauréates et lauréats des prix Harfang des neiges 2026 dans chaque catégorie.
Aucune candidature n’a pu être sélectionnée dans la catégorie Engagement jeunesse et relève dans le domaine faunique pour 2026.
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Bâtisseur

À titre posthume pour Patrice Thibault, lauréat du prix Harfang des neiges 2026 dans la catégorie Bâtisseur, son petit-fils François Lapointe en compagnie de Pascale Déry, ministre de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs. © Pat Lachance.
Pour Patrice Thibault, à qui ce prix est décerné à titre posthume, la protection des oiseaux marins du Saint-Laurent a toujours été une affaire de famille. Cet engagement a débuté avec son père, gardien de phare de l’île Bicquette, qui interdisait l’accès aux marins venus prélever les œufs des canards migrateurs pour les protéger. Grâce à sa vigilance, au fil des ans, la colonie d’eiders à duvet de l’île est passée de 200 couples nicheurs à plus de 10 000.
Thibault a par la suite poursuivi l’œuvre de son père. Il a structuré son héritage en mettant en place un modèle innovant de conservation de la faune, autofinancé par la récolte des duvets d’eiders. Il a également fondé, en 1991, la Société protectrice des eiders de l’Estuaire, un organisme sans but lucratif qui contribue activement à la conservation de l’espèce et au suivi de ses populations.
En plus des eiders, les actions de la famille Thibault et de leur société profitent à de nombreuses autres espèces d’oiseaux marins et riverains du Saint-Laurent. Elles ont fait de l’île Bicquette un habitat de nidification sécuritaire pour des milliers d’oiseaux. Intégrée à la réserve nationale de faune des Îles-de-l’Estuaire, elle est désormais un lieu privilégié pour la recherche scientifique et un site emblématique pour l’observation de la faune ailée.
L’impact du travail de Patrice Thibault, de son père et, maintenant, de son fils, transcende les générations. Ils ont bâti un modèle durable et inspirant, qui génère des retombées majeures pour la conservation du patrimoine faunique et naturel québécois.
Bénévolat dans le domaine faunique

Daniel St-Hilaire, lauréat du prix Harfang des neiges 2026 dans la catégorie Bénévolat dans le domaine faunique, en compagnie de Pascale Déry, ministre de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs. © Pat Lachance
Daniel St Hilaire est l’un des fondateurs du Club des ornithologues de l’Outaouais, au sein duquel il s’implique bénévolement depuis près de 50 ans. À travers ces années, il a lancé de nombreux projets de science citoyenne en ornithologie et consacré des milliers d’heures au recensement d’oiseaux.
Il a ainsi contribué de façon significative au suivi, à la gestion et à la protection de la faune ailée au Québec, mais aussi à plus grande échelle, notamment en collaboration avec le Service canadien de la faune. Pendant près de 40 ans, il a également participé au relevé des oiseaux nicheurs de l’Amérique du Nord.
St Hilaire s’est aussi activement impliqué auprès de la relève. Il a joué un rôle clé dans l’organisation de la Fête de la pêche dans sa région, comme membre actif de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs, ainsi qu’à titre de mentor pour les programmes Pêche en herbe de la Fondation pour la biodiversité et la faune du Québec et Ailes vertes de Canards illimités Canada. Il a initié des centaines de jeunes, de familles et de nouveaux adeptes à l’ornithologie, à la chasse à l’arc et à la pêche sportive.
Aujourd’hui encore, M. St Hilaire est un bénévole actif. Il est président, entre autres, de la Corporation de gestion des berges de la rivière des Outaouais, où il se dévoue à la création d’un refuge faunique. Même après 50 ans d’engagement, il se distingue toujours par l’impact durable de son implication sur la conservation de la faune et de la nature.
Communication et sensibilisation à la faune

Junior Carrier, lauréat du prix Harfang des neiges 2026 dans la catégorie communication et sensibilisation à la faune, en compagnie de Pascale Déry, ministre de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs. © Pat Lachance.
Scientifique de formation, Junior Carrier a un parcours professionnel en santé animale et en biologie faunique. Une expertise qu’il a mis au service de l’éducation, secteur où il œuvre depuis près de 20 ans à rapprocher les jeunes Québécois de la faune et de la nature.
Son approche mise sur l’apprentissage expérientiel, une méthode pédagogique qui conjugue le contact direct avec la nature, l’immersion sur le terrain et un engagement actif des élèves. Il transforme ainsi les connaissances scientifiques en expériences éducatives concrètes, ancrées dans le territoire québécois et respectueuses des écosystèmes.
Il est à l’origine de nombreux projets éducatifs en conservation, notamment des activités entourant la protection des bélugas du Saint Laurent et d’autres espèces menacées ou vulnérables, comme le merle bleu de l’Est et l’hirondelle à front blanc. Il initie les jeunes à des pratiques durables, comme la pêche responsable, le verdissement, le nettoyage des berges et l’installation de nichoirs dans les sites de nidification.
Au fil des ans, il a accompagné des milliers d’élèves et des centaines d’enseignants partout au Québec. En plus d’avoir un impact direct sur la santé des espèces et de leurs habitats, ses projets favorisent une meilleure prise en compte de la faune et de la nature dans les écoles.
Son influence dépasse également le cadre scolaire, puisqu’il collabore aussi avec plusieurs partenaires, dont le milieu municipal. Grâce à ses talents de communicateur scientifique, il contribue à former des citoyens compétents, conscients et engagés envers la faune et la nature.
Contribution scientifique et technologique à la faune

Valérie Langlois, lauréate du prix Harfang des neiges 2026 dans la catégorie Contribution scientifique et technologique à la faune, en compagnie de Pascale Déry, ministre de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs. © Pat Lachance.
Valérie Langlois est une pionnière et une leader scientifique dans le développement et l’implantation de l’ADN environnemental (ADNe). Il s’agit d’une technologie innovante utilisée partout dans le monde pour détecter les espèces présentes dans l’environnement et assurer le suivi de la faune. En plus de son efficacité et de sa précision, l’ADNe permet de réduire les coûts et l’incertitude liés aux méthodes traditionnelles d’inventaire tout en améliorant la détection de pathogènes, d’espèces rares, envahissantes ou vulnérables.
À titre de professeure à l’Institut national de la recherche scientifique du Québec depuis plus de 15 ans, ses travaux soutiennent une gestion de la faune plus agile en fournissant des données fiables, robustes et en temps réel. D’ailleurs, afin d’encourager l’utilisation de l’ADNe sur le terrain, elle a fondé en 2025 la Table sur l’ADN environnemental du Québec, qui accompagne une multitude de partenaires fauniques.
Elle dirige également le programme pancanadien iTrackDNA, dont les travaux ont notamment permis de renforcer les savoirs sur les génomes de centaines d’espèces à travers le Canada. Ces dernières années, Mme Langlois a aussi joué un rôle central dans l’établissement de la première norme mondiale d’analyse de l’ADNe, qui est désormais intégrée à tous les protocoles gouvernementaux d’inventaire faunique.
Au fil de sa carrière, Mme Langlois a bâti un vaste réseau de spécialistes de l’ADNe. Elle est une scientifique et une innovatrice visionnaire. Ses actions ont non seulement un impact durable, mesurable et structurant sur la faune au Québec, mais aussi sur la conservation de la biodiversité à l’échelle planétaire.
Innovation régionale pour la conservation de la faune

Romy Bazo de l’organisme Nature-Action Québec, lauréat du prix Harfang des neiges 2026 dans la catégorie Innovation régionale pour la conservation de la faune, en compagnie de Pascale Déry, ministre de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs. © Pat Lachance.
Depuis plus de 20 ans, Nature-Action Québec joue un rôle majeur dans la conservation de la nature et des espèces fauniques dans la région de la Montérégie, notamment la rainette faux-grillon de l’ouest, une petite grenouille désignée menacée dont l’habitat bénéficie d’une désignation légale de protection prioritaire au Québec.
À ce jour, l’organisme a contribué à protéger à perpétuité plus de 1 000 hectares de milieux naturels essentiels à la préservation de la rainette. Ces résultats ont été atteints grâce à l’acquisition de 199 lots privés, à l’établissement de servitudes de conservation et à la reconnaissance de réserves naturelles en partenariat avec plusieurs organismes municipaux.
La force de Nature-Action Québec repose sur son approche collaborative, globale et proactive, qui mise sur les expertises complémentaires de son équipe pluridisciplinaire afin d’agir sur tous les facteurs qui menacent la survie et le rétablissement de l’espèce. Ses actions s’articulent autour de quatre axes d’intervention stratégique : la protection légale, la restauration et la création d’habitats (p. ex. : étangs reproductifs), la sensibilisation du public, ainsi que l’accompagnement et la concertation avec les communautés locales.
L’organisme est aujourd’hui un acteur clé de la protection de la faune et de l’aménagement durable du territoire au Québec. Il met en place des projets exemplaires et innovants, qui renforcent l’acceptabilité sociale des mesures de protection des espèces en situation précaire. Son succès démontre qu’il est possible de concilier les objectifs de conservation de la biodiversité avec le développement urbain, tout en contribuant à renforcer la résilience climatique.
Dernière mise à jour : 5 juin 2026