Édition 2021

Le prix Charles-Biddle souligne l’apport exceptionnel de personnes ayant immigré au Québec et dont l’engagement personnel ou professionnel contribue au développement culturel et artistique du Québec.

Par leurs réalisations, ces femmes et ces hommes sont des modèles de réussite, tant dans leur domaine que pour l’ensemble de la société québécoise.

Dévoilement des lauréats

C’est le lundi 18 octobre que les deux lauréats au prix Charles-Biddle 2021 ont été dévoilés par la ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI), Nadine Girault, le nouveau président-directeur général de Culture pour tous, Michel Vallée, lors du lancement de la Semaine québécoise des rencontres interculturelles.

Lauréat du volet national et international

Récompense les efforts, l’apport, l’implication, l’engagement et le rayonnement d’individus sur la scène nationale ou internationale.

Mustapha Terki | Producteur — Montréal

D’origine algérienne kabyle, né en France, Mustapha Terki amorce sa relation avec le Québec en 1990, comme directeur du Réseau Découvertes du Printemps de Bourges. Producteur et « connexionneur » depuis plus de trois décennies, fin négociateur, cet homme-orchestre connaît très bien la musique d’ici et celles des territoires étrangers. Il a créé avec brio dans son pays d’adoption de nombreux événements qui ont contribué de manière significative au développement culturel du Québec. Le Montréal Électronique Groove (MEG), qu’il a cofondé en 1999, constitue son point d’ancrage dans le milieu de la musique. En 2004, il fonde avec Sylvie Teste Les escales improbables de Montréal, rendez-vous des arts sans frontières. Mustapha Terki est aujourd’hui éditeur, producteur de disques et de spectacles, agent, gérant et tourneur.

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Finalistes du volet national et international

Laura Bari | Cinéaste et poétesse — Montréal

Née en Argentine, la cinéaste, poétesse, professeure, Laura Bari réside à Montréal depuis plus de 30 ans. Elle a étudié la pédagogie à l’Université du Québec à Montréal, se spécialise en psychopathologie de l’expression. Fascinée par la différence entre les êtres et la singularité des héros du quotidien, elle choisit le cinéma documentaire pour réunir l’art, la culture, l’éducation et la santé mentale. Entre 1999 et 2006, Laura Bari a réalisé plus de 300 vignettes documentaires pour l’émission Cornemuse et conçu pour les enfants l’émission Toc-toc-toc. Elle a par la suite coanimé des émissions de radio, organisé des événements culturels et réalisé trois longs-métrages documentaires : Antoine (2009), Ariel (2013) et Primas (2018), présenté en première au Festival international du film documentaire d’Amsterdam.

Serge Olivier Fokoua | Artiste visuel et performeur — Outaouais (Gatineau)

Né en 1976 à Douala, au Cameroun, Serge Olivier Fakoua vit et travaille au Québec, principalement autour d’installations et de performances en arts visuels. Il utilise le langage pour montrer la vie quotidienne sous un angle inattendu. Très attiré par les pratiques expérimentales, il aime détourner les objets pour réaliser des créations in situ. Il a participé à de nombreuses expositions et projets artistiques en Afrique, en Europe, au Japon, aux États-Unis et au Canada, et il a obtenu, en 2013, une bourse pour une résidence au Vermont Studio Center, aux États-Unis. Il est par ailleurs très actif dans l’organisation d’événements, tant au Québec qu’à l’étranger. Membre cofondateur du collectif Les palettes du Kamer, il est depuis 2008 le directeur artistique des Rencontres d’Arts visuels de Yaoundé (RAVY).

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Lauréate du volet régional

Récompense les efforts, l’apport, l’implication, l’engagement et le rayonnement d’individus dans leur milieu (région, ville, village ou communauté).

Marta Saenz de la Calzada | Comédienne, poétesse et conteuse — Abitibi–Témiscamingue (Rouyn-Noranda)

Originaire d’Espagne, Marta Saenz de la Calzada a immigré au Québec en 1969. Depuis plus de 50 ans, elle s’exprime par le conte, le théâtre et la poésie. Elle a interprété différents rôles au théâtre et participé à plusieurs événements culturels en Abitibi–Témiscamingue. En 2007, au Salon du livre de sa région d’adoption, elle a remporté le Prix des libraires en poésie. Au fil des ans, Marta Saenz de la Calzada a livré ses contes dans de nombreux festivals au Québec, en Europe et en Amérique latine. Détentrice de nombreux prix et bourses, elle obtenait en 2016 le Prix du CALQ — Créatrice de l’année en Abitibi-Témiscamingue.

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Finalistes du volet régional

Avy Loftus | Artiste en arts visuels — Montréal

Originaire d’Indonésie, l’artiste visuelle Avy Loftus a participé à de nombreuses expositions collectives et individuelles au Canada et à l’étranger. Spécialisée en batik, elle développe une pratique artistique basée sur le travail avec les tissus. Elle crée des tableaux avec des techniques traditionnelles et contemporaines. Récipiendaire de plusieurs prix pour ses œuvres, elle a reçu, en 2013, la Médaille du Jubilé de Diamant de La Reine Elizabeth II pour ses contributions artistiques et communautaires. Présidente des artistes canadiennes asiatiques, elle promeut les relations interculturelles et valorise la diversité culturelle, notamment par son projet artistique « Paix, amour et espoir », qui vise à lutter contre l’intimidation. Avy a collaboré avec plus de 30 organisations et institutions nationales et elle a donné des ateliers dans des écoles, musées et centres culturels du grand Montréal, notamment dans le cadre du programme La culture à l’école. Avy est titulaire d’une maîtrise en éducation des arts, de deux baccalauréats — en éducation et en langue et art — ainsi que d’un diplôme en relations publiques.

Pilar Macias | Artiste en arts visuels — Bas-Saint-Laurent (Saint-Pacôme)

Arrivée du Mexique au Canada en 1995, Pilar Macias s’est établie dans le Bas-Saint-Laurent. Titulaire de deux maîtrises en arts visuels, dont une de l’Université Laval, elle a réalisé des résidences d’artiste et participé à des expositions individuelles et collectives dans plusieurs villes au Canada et à l’étranger. Récipiendaire de bourses du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Conseil des Arts du Canada, Pilar Macias compte à son actif plusieurs œuvres créées dans le cadre de la politique d’intégration des arts à l’architecture.

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Charles Biddle (1926-2003)

Charles Biddle est né en 1926 à Philadelphie, en Pennsylvanie, où il a vécu jusqu’à l’âge de 16 ans. En 1948, ce musicien talentueux a fui la ségrégation raciale qui sévissait aux États-Unis pour s’établir à Montréal. Très tôt, après son arrivée au Québec, une place au sein de l’orchestre symphonique de Sherbrooke lui a été offerte. Il était, en même temps, contrebassiste pour la Société orchestrale de Montréal.

Sa carrière musicale dans le jazz a pris véritablement son envol au début des années 50 alors qu’il se produisait en spectacle à Montréal et en région. En 1957, il a rencontré Constance Marchand, qui est devenue son épouse et la mère de ses quatre enfants. En 1979, il a organisé un festival de jazz considéré par beaucoup comme le précurseur du Festival international de jazz de Montréal, un grand événement qui attirait chaque année des centaines de milliers de personnes.

Promoteur de jazz et véritable mentor, Charles Biddle a inspiré la population du Québec par son engagement auprès des jeunes artistes de toutes origines. Il a joué devant Nelson Mandela et la reine Élisabeth II, puis il a participé à plusieurs festivals de jazz internationaux. Il s’est vu décerner trois distinctions d’importance : le prix Oscar-Peterson, le prix Calixa-Lavallée et l’Ordre national du Canada.