Médaille pour acte méritoire

Service de sécurité incendie de la Ville de Val-d'Or

  • Pompier Cédrik Morin 

Dans la nuit du 18 janvier 2023, le capitaine Jason Perreault, le lieutenant Matthew Lachaîne et le pompier Cédrik Morin, du Service de sécurité incendie de la Ville de Val-d’Or, sont en route vers un immeuble à logements alors qu’ils aperçoivent déjà au loin une épaisse fumée noire ainsi qu’une vive lueur orangée. À leur arrivée, les flammes jaillissent intensément par trois des quatre fenêtres du rez-de-chaussée et par la porte principale. Le feu semble se propager rapidement du couloir commun au sous-sol et une automobile stationnée devant l’entrée est complètement embrasée.

En descendant de leur véhicule, ils sont informés par une locataire qu’une ou deux personnes pourraient se trouver encore à l’intérieur. À ce moment, le lieutenant Lachaîne et le capitaine Perreault entendent un faible cri ainsi que deux ou trois légers coups frappés sur la seule fenêtre toujours intacte du rez-de-chaussée. Ils dressent rapidement une échelle pendant que le pompier Morin met son appareil de protection respiratoire.  

Une fois l’échelle prête, Cédrik Morin la monte et brise la fenêtre afin d’entreprendre la recherche de victimes. Une épaisse fumée noire s’échappe alors de l’issue. Conscient du danger pour sa propre sécurité, le brave jeune homme entre néanmoins dans le bâtiment. La visibilité est nulle et la chaleur, intense.

Pendant ce temps, le capitaine Perreault effectue une attaque transitoire de l’incendie par la porte-patio pour refroidir les gaz à l’intérieur, et permettre ainsi au pompier Morin d’effectuer son opération de sauvetage. Après un effort physique et mental soutenu, ce dernier parvient à localiser la victime. Il la transporte sans tarder pour la confier au lieutenant Lachaîne, qui l’attend à l’extérieur sur l’échelle portative, prêt à secourir son coéquipier en cas de besoin.  

Le lieutenant Lachaîne s’occupe de ramener la victime inconsciente au sol, puis les services ambulanciers prennent la relève. Finalement, après quelques semaines aux soins intensifs de l’hôpital de Montréal, cette victime pourra poursuivre ses activités normales sans séquelles.

Chaque geste de l’équipe a fait la différence pour intervenir de manière efficace et rapide cette nuit-là. Le pompier Cédrik Morin, en particulier, a fait preuve d’un courage admirable : il s’est dépassé physiquement et mentalement pour localiser la victime et l’extraire du bâtiment par la fenêtre, malgré une visibilité nulle et une chaleur intense. Sa contribution exceptionnelle à ce sauvetage lui vaut une Médaille pour acte méritoire.

Service de sécurité incendie de la municipalité de Les Éboulements

  • Apprenti-pompier Marc-André Fillion 

Lors des inondations historiques du 1er mai 2023, le Service de sécurité incendie (SSI) de la Ville de Baie-Saint-Paul est appelé à intervenir à plusieurs dizaines d’endroits sur son territoire, notamment sur la rue des Cèdres, envahie par les eaux menaçantes après qu’un mur de protection a cédé. Le SSI des Éboulements est appelé à prêter main-forte aux collègues de Baie-Saint-Paul.

Vers 17 h 20, le niveau de l’eau monte de façon vertigineuse dans le secteur de la rue des Cèdres, où plusieurs équipes de pompiers aident les résidents à quitter les lieux. L’apprenti-pompier Marc-André Fillion, du SSI des Éboulements, fait partie des effectifs participant à ces évacuations urgentes.

Pendant qu’il assiste des citoyens, M. Fillion aperçoit, de l’autre côté de la rue, une femme sortir de chez elle pour demander de l’aide. En s’avançant sur son balcon afin de se manifester, elle perd pied et tombe. Or, l’inondation avait déjà emporté une partie du terrain et de la fondation de la maison, créant de ce fait un immense trou sur la propriété. La pauvre dame se retrouve donc entièrement sous l’eau très froide après sa chute, vêtue de vêtements légers d’intérieur. Apeurée et ne sachant pas nager, elle se débat et avale beaucoup d’eau avant de sombrer dans un état de semi-conscience, complètement submergée.  

Voyant la scène se dérouler sous ses yeux, Marc-André Fillion ne fait ni une ni deux : il s’empresse de traverser la rue le plus vite possible, progressant dans l’eau qui atteint la hauteur de sa taille. Conscient du danger, il juge l’intervention néanmoins possible : le courant n’est pas trop puissant et il trouve un certain appui sur un billot de bois. Heureusement, il parvient à rejoindre la victime in extremis et à la sortir de sa fâcheuse position, la sauvant d’une noyade imminente.

Des pompiers prodiguent ensuite les premiers soins à la dame, qui retrouve partiellement ses sens avant d’être transportée en lieu sûr.  

Le 1er mai 2023, l’apprenti pompier Marc-André Fillion a été confronté à une situation aussi inhabituelle que subite où la vie d’une femme était en danger et dépendait de la rapidité de ses actions. Pleinement conscient du risque d’intervenir, il a trouvé le moyen de porter secours à cette dame sans compromettre sa propre sécurité. Son esprit alerte, son agilité et son sens du dépassement de soi ont permis d’éviter la noyade à une dame qui courait ce grand danger de mort.

Service de sécurité incendie de la Municipalité d'Oka

  • Lieutenant Benjamin Archambault
  • Pompier Guy Parent
  • Pompier Joey Paquette
  • Pompier Paul Junior Chartrand 

Le 27 avril 2019, alors que des inondations historiques dans la municipalité d’Oka mettent à rude épreuve son service de sécurité incendie, un appel d’entraide lancé à l’heure du souper déclenche une nouvelle mission : la rupture de la digue de Sainte-Marthe-sur-le-Lac exige une intervention immédiate. Malgré la fatigue accumulée durant cette longue journée, les pompiers d’Oka retournent à la caserne pour se préparer à nouveau. Tandis que des pompiers se tiennent prêts à répondre aux besoins de leur propre communauté, une équipe de sept collègues spécialisés en sauvetage nautique se hâte vers le lieu du sinistre. Parmi eux figurent le lieutenant Benjamin Archambault, chargé de l’intervention nautique, et les pompiers Joey Paquette, Paul Junior Chartrand et Guy Parent.

Vers 19 h 30, ils entreprennent l’évacuation urgente des citoyens de quatre rues envahies par les eaux, dont le niveau a atteint cinq pieds en quelques minutes. Plusieurs bacs à ordures, des automobiles submergées et quantité de débris flottent dans le courant. La situation chaotique impose d’agir avec célérité et aplomb, alors que plusieurs résidents ne constatent la catastrophe qu’en ouvrant leur porte. Les vaillants pompiers accomplissent leur mission au milieu de centaines d’intervenants, dans cette scène apocalyptique marquée par le bruit des sirènes et des hélicoptères.  

De retour au poste de commandement, les membres de l’équipe nautique ont à peine le temps de déposer bagage qu’ils reçoivent une deuxième affectation : explorer la digue afin de documenter la situation pour les autorités. Ils constatent une brèche de grande dimension où l’eau s’engouffre avec un débit impressionnant.  

Jamais deux sans trois, les valeureux coéquipiers d’Oka sont ensuite appelés en renfort à la Ville de Saint-Eustache pour la recherche d’un enfant possiblement tombé à l’eau dans une rivière. Oubliant leur fatigue, c’est avec un sens du dépassement de soi remarquable qu’ils pagaient sur la rivière, à bord de leur bateau pneumatique, sur une distance de 4,5 kilomètres. Heureusement, l’enfant est retrouvé sain et sauf. Au moment de leur retour à la caserne d’Oka, au terme de plus de 24 heures de travail consécutif, le soleil est déjà levé.  

Malgré les tâches exténuantes effectuées sur plusieurs jours au service de leur communauté, aucun des pompiers d’Oka n’a hésité à répondre présent pour aider ses concitoyens ni même à répondre en plus aux appels à l’aide hors de sa municipalité, plus tard lors de cette longue journée. Sensibles à la gravité de la situation, ces héros ont démontré un sens du devoir, un dévouement et une ténacité extraordinaires. Leurs interventions dans des circonstances inimaginables valent une Médaille pour acte méritoire au lieutenant Benjamin Archambault ainsi qu’aux pompiers Joey Paquette, Paul Junior Chartrand et Guy Parent. 

Service de sécurité incendie de la Municipalité de Saint-Armand et Pike Rive

  • Directeur Matthew Grenia  

Le 4 janvier 2025, le Service de sécurité incendie de SaintArmand/Pike River est appelé à intervenir sur la route 133, où un autocar a poursuivi tout droit dans une courbe et a terminé sa course sur le côté, dans un ravin.

À son arrivée sur les lieux, le directeur Matthew Grenia constate que plus d’une quarantaine de personnes, dont des enfants et des personnes aînées, sont en état de choc : paniquées, en pleurs, ensanglantées. Fort d’un leadership et d’une capacité d’adaptation remarquables, il prend des mesures immédiates pour assurer la sécurité de tous. D’abord, il évalue les risques sur le site, notamment la stabilité de l'autobus renversé, met en place un périmètre de sécurité, puis structure l’intervention de manière à évacuer les blessés dans l’ordre. De plus, il assure la liaison entre les nombreux intervenants d’urgence tout en dirigeant sa propre équipe de pompiers et de premiers répondants, ce qui permet de prioriser les actions pour une prise en charge rapide des victimes et une mobilisation optimale des ressources locales.

Une vingtaine d’ambulances de même que plusieurs véhicules de la Sûreté du Québec (SQ) et de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) sont déployés sur place. Matthew Grenia prend en charge la coordination des opérations afin de maintenir un contrôle de la scène et d’éviter tout danger supplémentaire.  

Dans ce contexte d’une intensité émotionnelle et psychologique extrême, M. Grenia s’active avec courage et efficacité pour répondre aux besoins de toutes les victimes. Parmi elles se trouvent des Québécois, des Canadiens des autres provinces, des Américains et des Français, ce qui implique de rassurer chacun et chacune dans sa langue.

Accompagné d’un citoyen, il utilise son véhicule personnel et organise, avec l’aide de la SQ et de la GRC, le transport des victimes ne nécessitant pas de soins vers la caserne la plus proche. Elles y attendront, bien au chaud, l’arrivée d’un autobus qui les conduira au centre communautaire aménagé pour les besoins. Quant aux nombreuses personnes nécessitant des soins médicaux, elles sont transportées vers les hôpitaux avoisinants.

Malgré plus de 25 années d’expérience dans le métier, Matthew Grenia n’était jamais intervenu sur la scène d’un accident d’une telle ampleur. Ce type d’opération représente un défi logistique et humain exceptionnel. Dans une situation hautement critique, il a agi rapidement afin d’organiser l’évacuation sécuritaire et la prise en charge des victimes tout en assurant la coordination des différents services d’urgence. Pour son leadership, son esprit stratégique et son dévouement hors du commun, M. Grenia reçoit une Médaille pour acte méritoire.

Service de sécurité incendie de la Ville de Matane

  • Chef de division David Lavoie 

Le jeudi 31 octobre 2024, vers 16 h 30, le Service de sécurité incendie de la Ville de Matane reçoit un appel pour une femme tombée à l’eau, à l’embouchure de la rivière Matane. Le chef de division David Lavoie se rend sur les lieux et apprend qu’un employé du Service des travaux publics est descendu dans une échelle menant à la rivière pour porter secours à la dame pendant que son collègue appelait le centre d’urgence 9-1-1.  

Après avoir enfilé l’équipement approprié, M. Lavoie s’approche de la scène et aperçoit l’employé, M. Denis Gagné, qui retient la dame en s’accrochant à l’échelle. Ce bon samaritain, à bout de souffle, demande de l’aide à son tour. Il faut agir vite : la victime risque d’être emportée dans les eaux froides menant au fleuve.

David Lavoie rejoint le brave employé, qui peut enfin remonter sur le quai, et il retient de son bras gauche la dame prise dans le courant tout en se tenant à l’échelle avec sa main droite. Toutefois, après un certain temps, sa main agrippée à l’échelon glisse et il chute à l'eau, la tête submergée. Heureusement, sa veste de flottaison individuelle le ramène à la surface, et il retient toujours la dame de toutes ses forces, avant de s’accrocher de plus belle à l’échelle. De son bras gauche, il tire la dame vers lui pour amener sa tête sur son bras droit et la retenir solidement. Immergé jusqu’aux épaules, il demande à un collègue pompier présent sur le quai de descendre avec un cordage en nœud de chaise pour le passer autour de sa protégée afin d’assurer une double sécurité.  

Pendant que son collègue surveille la situation, il conserve solidement sa position jusqu’à ce que l’équipe de sauvetage nautique rame jusqu’à sa hauteur et hisse la victime à bord d’un radeau pneumatique.  

Une fois cette dernière prise en charge, David Lavoie remonte vers le quai. Puis, il est amené à l’hôpital pour contrer tout risque d’hypothermie.

La rapidité d’intervention et l’altruisme du citoyen Denis Gagné, qui a le premier porté assistance à une victime tombée dans les eaux froides et vives de la rivière Matane, de même que le courage et la persévérance du chef de division David Lavoie, venu prendre le relais en attendant l’équipe de sauvetage nautique, ont permis d’éviter un drame. Ce sauvetage courageux vaut une Citation de reconnaissance au citoyen Denis Gagné et une Médaille pour acte méritoire à David Lavoie. 

Service de sécurité incendie de la Ville de Sainte-Anne-des-Monts

  • Capitaine Clément Daraîche
  • Lieutenant Steve Dumont 

Le 20 septembre 2010 vers 23 h 45, le Service de sécurité incendie de la Ville de Sainte-Anne-des-Monts est appelé pour un sauvetage nautique sur le fleuve Saint-Laurent, au large de Cap-Chat, à environ 1 mile nautique du rivage. De forts vents, entre 30 et 35 nœuds, soufflent cette nuit-là. Selon l’information initiale reçue, il y aurait au moins deux personnes accrochées à un bateau de plaisance en train de couler.  

Le capitaine Clément Daraîche et le lieutenant Steve Dumont prennent place dans une embarcation pneumatique de type zodiac. Sous la coordination visuelle d’un officier, qui utilise un projecteur pour guider leur trajectoire depuis la rive, ils se dirigent franc nord, vers le lieu du naufrage. N’écoutant que leur courage, les deux hommes naviguent dans des vagues de plus de deux mètres afin de porter assistance aux victimes. Ces dernières sont rapidement rescapées par la valeureuse équipe de sauvetage puis transportées à terre, où elles sont prises en charge par les services ambulanciers.  

L’histoire n’est pas terminée pour le capitaine Daraîche et le lieutenant Dumont. Lors de leurs échanges avec les personnes secourues, ils apprennent qu’une troisième personne, le capitaine du bateau, se trouvait aussi à bord. Déterminés à sauver l’homme en détresse, ils décident de retourner sur les lieux du naufrage afin de poursuivre leurs recherches. Pêcheur commercial professionnel, le capitaine Daraîche prend des décisions justes et mesurées qui leur permettent, à lui et à son coéquipier, d’intervenir de façon à ne pas s’exposer à un danger inutile malgré les conditions périlleuses.

D’autres équipes de pompiers sont affectées à la recherche le long du littoral, sans succès. Seuls des débris du voilier ayant sombré après avoir heurté un rocher sont alors visibles. Malheureusement, le capitaine du bateau, qui sera identifié comme l’ancien maire de la localité de Cap-aux-Meules, n’a pas survécu à l’accident.  

Le capitaine Clément Daraîche et le lieutenant Steve Dumont n’ont ménagé aucun effort pour rescaper les trois victimes d’un bateau de plaisance ayant fait naufrage. Deux d’entre elles s’en sont sorties indemnes grâce à leurs interventions héroïques. Ils reçoivent une Médaille pour acte méritoire en reconnaissance du courage, de la ténacité et du dévouement exemplaires dont ils ont fait preuve cette nuit-là, affrontant des conditions de navigation très difficiles deux fois plutôt qu’une pour sauver des vies humaines.  

Service de sécurité incendie de Montréal

  • Pompier Michael Therrien
  • Pompier Frédéric Lecœur  

Le 4 octobre 2024, à 2 h 37 du matin, l’alarme retentit dans la caserne du Vieux-Montréal et dans les casernes limitrophes. Sur la rue Notre-Dame Est, un restaurant au rez-de-chaussée d’un immeuble est la proie d’un violent incendie, dont les flammes sortent par toutes les fenêtres tandis que les deux étages supérieurs, où se trouvent des chambres en location, sont enveloppés d’une fumée tourbillonnante. Des cris de détresse se font entendre jusqu’à l’extérieur.  

À peine descendus de leur camion-échelle, le pompier Frédéric Lecœur et son lieutenant lèvent la tête vers le bâtiment en flammes et aperçoivent à travers la fumée une main qui cogne contre une fenêtre au deuxième étage. Assistés du pompier Michael Therrien, ils courent récupérer une échelle portative et l’apportent sous la fenêtre en question. La main n’est plus visible dans l’épaisse fumée, qui enveloppe maintenant toute la façade. Le pompier Therrien n’hésite pas une seconde, endossant sa partie faciale pendant que son collègue Lecœur déploie l’échelle portative avec l’aide de son collègue.

Michael Therrien gravit l’échelle et pousse la fenêtre pour l’ouvrir. La visibilité est nulle. Il se penche vers l’intérieur de la pièce et tâte le plancher. Il saisit une jambe. La victime est couchée sur le dos, inconsciente. Il entre tête première dans la pièce et se dirige vers le haut du corps de la victime. Voyant cela, le pompier Lecœur monte à son tour dans l’échelle portative. Tous deux réussissent alors un tour de force : Michael Therrien soulève l’homme inconscient de l’intérieur de la pièce tandis que Frédéric Lecœur tire sur lui à partir de la tête de l’échelle portative. En combinant leurs efforts, ils parviennent à l’asseoir sur le bord de la fenêtre. Maintenant, il faut le redescendre rapidement au sol, un autre défi de taille qui sera accompli au moyen d’une échelle aérienne amenée exactement au bon endroit, avec l’aide de leurs collègues.

Pendant ce temps, d’autres pompiers ont récupéré le matériel de premiers soins et prennent en charge le blessé avant de le confier aux ambulanciers.

Aidés par leurs collègues, les pompiers Michael Therrien et Frédéric Lecœur ont accompli un travail d’équipe impeccable au milieu des flammes et d’une fumée dense afin de porter secours à un locataire ayant perdu connaissance dans sa chambre. D’une manœuvre périlleuse à l’autre, ils sont parvenus à l’extraire in extremis par une fenêtre du deuxième étage et à le redescendre au sol. Pour ce tour de force qui aura permis de sauver une vie, ils reçoivent tous deux une Médaille pour acte méritoire. 

Service de sécurité incendie de Montréal

  • Pompière Marie-France Hamel   

Le 14 octobre 2024, le Service de sécurité incendie de Montréal reçoit un appel vers 2 h 30 du matin concernant l’incendie d’un triplex sur le Plateau-Mont-Royal. Le feu s’est déclaré au troisième étage et s’est propagé aux logements du bas, forçant l’évacuation de l’ensemble des occupants. Marie-France Hamel, opératrice d’une échelle aérienne, fait partie de la cinquantaine de pompiers déployés pour combattre les flammes.

L’accès aux lieux du sinistre est compliqué par un chantier de construction et la présence de plusieurs camions incendie bloquant la rue. Dès les débuts de l'intervention, Marie-France Hamel entame un parcours difficile pour positionner son véhicule à l’endroit adéquat, dans une rue à gauche de l’immeuble incendié.

À leur arrivée sur la scène de l’incendie, elle et ses collègues entendent un homme pris au troisième étage, criant qu’il veut sauter. Ils constatent alors qu’une deuxième victime se trouve également coincée derrière la fenêtre adjacente. Pour éviter qu’un drame se produise, il faudra allier maîtrise de soi, esprit stratégique et travail d’équipe.

La pompière Marie-France Hamel joue un rôle clé dans le déroulement de l’opération. Elle prend l’initiative de replacer son camion-échelle à deux reprises afin d’optimiser sa position avant de procéder au dressage de l'échelle. Cette décision déterminante permettra de réaliser, plus tard, le sauvetage de la deuxième victime.  

Malgré l’espace restreint et la présence d’arbres, elle fait preuve d’un contrôle de soi exemplaire, ajustant sa manœuvre avec précision. Alors que la fumée réduit considérablement la visibilité, elle suit les indications de ses coéquipiers qui la guident lors des gestes de sauvetage.

Une fois la première victime en sécurité, l’équipe repositionne l’échelle aérienne pour secourir la seconde, située juste à côté de l’embrasement. Ses coéquipiers évacuent les deux locataires et les escortent jusqu’aux services ambulanciers. Bien que plusieurs personnes se retrouvent sans logement cette nuit-là, l’incendie n’a finalement fait aucun blessé.

La communication précise, la concentration et le professionnalisme de Marie-France Hamel ont été essentiels au bon déroulement des opérations. Il était crucial de bien positionner le camion-échelle pour maximiser les chances de sauver deux victimes, l’une après l’autre. Dans des conditions stressantes, la maîtrise de soi et la prise de décisions stratégiques de la pompière ont tout changé pour sauver la vie des deux personnes. Pour sa contribution remarquable à ces évacuations, elle reçoit une Médaille pour acte méritoire. 

Service de sécurité incendie de la Ville de Saint-Hyacinthe

  • Pompier Jacques Corbeil
  • Lieutenant Denis Lambert  

Le 29 octobre 2024, en début d’après-midi, un appel d’urgence retentit dans la caserne de la ville de Saint-Hyacinthe pour un incendie dans un immeuble à logements de quatre étages. Parmi l’équipe de garde se trouve le lieutenant Denis Lambert, qui termine son dernier quart de travail avant de prendre sa retraite à l’âge de 71 ans, et le pompier Jacques Corbeil, dans la jeune soixantaine. À leur arrivée sur place, ils constatent que la fumée dense constitue un danger immédiat pour les occupants qui n’ont pas encore été évacués.

Complètement entouré de fumée chaude, un homme est coincé sur un balcon du deuxième étage. En principe, ce type d’intervention nécessite la présence d’au moins trois pompiers. Toutefois, vu l’urgence de la situation et l’équipe restreinte qui se trouve sur place, Jacques Corbeil doit exécuter seul l’opération, affrontant des conditions compliquées par la chaleur, la fumée toxique et l’accès difficile à la personne en détresse. Il transporte donc une échelle de 24 pieds, la déploie sans tarder, puis effectue de manière sécuritaire ce premier sauvetage.  

Pendant ce temps, le lieutenant Lambert organise l’ensemble des tâches et voit à la sécurité de tous. M. Corbeil termine à peine la première évacuation que lui et ses coéquipiers sont envoyés à l’intérieur de l’immeuble pour rechercher d’éventuelles victimes et éteindre le feu. Malgré une visibilité quasi nulle et la configuration restreinte de l’entrée et des appartements, qui ne permet pas à plus de deux pompiers de s’y introduire en même temps, ils parviennent à localiser un locataire dans un appartement rempli de fumée et de flammes. Se relayant péniblement pour maîtriser l’incendie et assurer l’évacuation du blessé, ils doivent se reprendre plusieurs fois pour descendre les escaliers avec ce dernier, inconscient et sans pouls.  

L’opération s’avère épuisante, le lieutenant Lambert vient donc prêter main-forte à ses confrères. Dans des conditions critiques, l’officier montre une autre facette de son leadership pour achever ce sauvetage hors du commun. La victime est finalement évacuée en un temps record malgré tout, puis confiée à des collègues qui entreprennent le massage cardiaque jusqu’à l’arrivée des services médicaux.

Le 29 octobre 2024, deux victimes d’un incendie, dont l’une était inconsciente et sans pouls, ont été évacuées de main de maître et ont survécu. Parmi les intervenants ayant uni leurs efforts ce jour-là, le lieutenant Denis Lambert et le pompier Jacques Corbeil se sont démarqués par leur courage, leur sang-froid ainsi que leur endurance physique et psychologique. Ils reçoivent une Médaille pour acte méritoire en guise de reconnaissance pour leurs gestes exemplaires. 

Service de sécurité incendie de la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu

  • Pompier Jean Thimineur
  • Pompier Ian Huberdeau 

Le 12 janvier 2025 à 0 h 54, quatre membres du Service de sécurité incendie de la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu sont dépêchés pour un accident de la route. Quelques minutes plus tard, la nature de l’appel est modifiée par la centrale : une personne est coincée dans un véhicule en flammes et une désincarcération sera requise.  

Lors de leur arrivée sur les lieux, ils ne voient pas à l’intérieur du véhicule en feu, un VUS qui s’est encastré dans un poids lourd utilisé pour l’entretien de la voie ferrée. Le feu se répand dans l’espace moteur du VUS et dans l’habitacle tout autour de la victime, qui crie de douleur. Le lieutenant exige une attaque rapide de l'incendie via la porte du conducteur à l’aide d’un extincteur à eau et à mousse, en attendant la préparation du boyau d’arrosage. Le pompier Ian Huberdeau tâche ainsi de contenir les flammes qui font rage autour de la victime et menacent sa vie, pendant que le porte-lance Jean Thimineur et l’opérateur de pompe établissent un jet de 45 mm. Dès ce jet en fonction, Jean Thimineur le place entre la victime et le feu pour rabattre agressivement les flammes. Cependant, la victime demeure difficilement accessible puisque tout le côté passager s’est écrasé contre le poids lourd.  

Le pompier Thimineur s’attaque alors au feu toujours actif dans l’espace moteur, menaçant le réservoir de carburant éventré du poids lourd. Puis, il pénètre dans le véhicule via la banquette arrière, tandis que le pompier Huberdeau entre par la portière du conducteur afin de prendre contact avec la victime. Les coussins frontaux et latéraux du VUS sont déployés, il fait noir et le passager coincé a besoin de soins rapidement : son visage est ensanglanté et ses jambes sont prises sous le tableau de bord enfoncé. Jean Thimineur réussit tant bien que mal à le détacher de son siège, également déformé sous la force de l’impact, puis lui et son coéquipier Huberdeau parviennent à reculer le siège pour dégager les jambes du malheureux. Ils l’extraient enfin par la porte du conducteur puis le confient aux ambulanciers.  

Il était minuit moins une pour le passager coincé dans un VUS en feu. Bien concentrés sur leur tâche, sous le commandement alerte de leur lieutenant, les pompiers Ian Huberdeau et Jean Thimineur ont su agir dans des conditions extrêmement critiques. Grâce à leurs gestes décisifs et courageux, la victime a été extraite de sa position fâcheuse et a pu être soignée à l’hôpital. Ce sauvetage héroïque vaut aux deux coéquipiers une Médaille pour acte méritoire. 

Dernière mise à jour : 30 septembre 2025