Le prix Ensemble contre l’intimidation, décerné par le gouvernement, permet d’honorer une personne, une organisation et un milieu scolaire ou d’enseignement qui, grâce à leurs actions et à leur engagement, contribuent à prévenir et à contrer l’intimidation et la cyberintimidation. Les gestes doivent avoir une portée significative et servir d’exemple pour que d’autres emboîtent le pas. 

L’objectif est de susciter la mobilisation pour encourager de tels gestes, qu’ils soient petits ou grands, afin que de plus en plus de Québécoises et de Québécois, jeunes et moins jeunes, contribuent à créer et à maintenir des environnements sains et sécuritaires, exempts d’intimidation. Dans ce contexte, les actions récompensées visent la responsabilisation des individus ou des collectivités tant pour prévenir l’intimidation que pour la contrer. 

Plus concrètement, ces actions doivent s’articuler autour : 

  • du respect de la différence; 
  • de la promotion du civisme et des comportements prosociaux partout y compris dans le cyberespace; 
  • du partage d’un espace public sécuritaire et inclusif; 
  • du soutien aux personnes victimes et à leurs proches; 
  • de l’encouragement des témoins à agir afin de faire cesser les gestes d’intimidation et de cyberintimidation; 
  • de la prise en charge et de la responsabilisation des auteurs d’actes d’intimidation et de cyberintimidation. 

Les propositions de candidatures

La proposition d’une candidature doit se faire sur le formulaire conçu à cet effet. C’est à partir de ce document que les membres du jury procéderont à l’analyse des dossiers. Pour cette raison, l’information qui présente et met en valeur les réalisations et les actions des candidats et candidates, de même que les retombées qui y sont associées, doit être claire, précise et exhaustive.

Un individu, une organisation un milieu scolaire ou d’enseignement peut présenter sa propre candidature ou elle peut être proposée par un tiers (par exemple : une autre personne, un groupe de personnes ou une organisation). 

Pour les candidatures de la catégorie Individu, il faut impérativement s’assurer de l’accord et de la collaboration de la personne proposée si elle n’a pas elle-même soumis sa candidature. Pour cette raison, le proposeur doit confirmer qu’il a informé cette personne du dépôt de sa candidature et qu’elle a accepté cette démarche.

Une proposition de candidature peut être accompagnée de lettres d'appui et de documents complémentaires (cinq, tout au plus) pour témoigner, notamment, des effets et du rayonnement des actions et des réalisations (couverture médiatique, publications, etc.). Une candidature non retenue dans une édition précédente peut être soumise à nouveau, et ce, peu importe la catégorie. 

Contenu des dossiers de candidature

Les dossiers des personnes qui sont présentés comprennent notamment : 

  • l’identification et les coordonnées du candidat ou de la candidate; 
  • l’identification et les coordonnées de la personne qui soumet la candidature et la confirmation du consentement du candidat (s’il n’a pas lui-même soumis sa candidature); 
  • une description détaillée des réalisations contribuant à prévenir et à contrer l'intimidation, des étapes de réalisation, des moyens déployés, etc.; 
  • une description détaillée de la portée de ces réalisations (effets bénéfiques de celles-ci, nombre de personnes touchées, etc.); 
  • une ou des lettres d’appui; 
  • tout autre document jugé utile (couverture médiatique, lettres de félicitations, etc.). 

Les dossiers des organisations qui sont présentés comprennent notamment : 

  • l’identification et les coordonnées de l’organisation proposée; 
  • l’identification et les coordonnées de la personne qui soumet la candidature; 
  • une description détaillée des actions entreprises, des étapes de réalisation, des moyens déployés, etc.; 
  • une description détaillée des retombées (effets bénéfiques de celles-ci, impacts, nombre de personnes touchées, etc.); 
  • une ou des lettres d’appui; 
  • tout autre document jugé utile (couverture médiatique, lettres de félicitations, etc.). 

Les dossiers des milieux scolaires et d’enseignement qui sont présentés comprennent notamment : 

  • l’identification et les coordonnées du milieu scolaire ou d’enseignement proposé;
  • l’identification et les coordonnées de la personne qui soumet la candidature; 
  • une description détaillée des actions entreprises, des étapes de réalisation, des moyens déployés, etc.; 
  • une description détaillée des retombées (effets bénéfiques de celles-ci, impacts, proportion de la clientèle jointe, nombre de personnes touchées, etc.); 
  • une ou des lettres d’appui; 
  • tout autre document jugé utile (couverture médiatique, lettres de félicitations, etc.). 

Les conditions d’admissibilité

Pour les individus

  • Un individu peut présenter sa propre candidature. 
  • La candidature d’un individu peut être proposée par un tiers (par exemple : une autre personne, un groupe de personnes ou une organisation). 
  • La personne doit résider au Québec depuis au moins un an. 
  • La personne ne peut être en même temps membre du jury et candidate au prix. 
  • Les réalisations du candidat ou de la candidate doivent être en lien avec la lutte contre l’intimidation et/ou la cyberintimidation.

Pour les organisations

  • Une organisation peut présenter sa propre candidature. 
  • La candidature d’une organisation peut être proposée par un tiers (par exemple : une personne, un groupe de personnes ou une autre organisation). 
  • Il peut s’agir d’organisations communautaires, de municipalités ou d’entreprises privées. 
  • Il peut s’agir aussi d’organisations publiques et parapubliques, à l’exception des ministères et des organismes gouvernementaux qui participent à la démarche de lutte contre l’intimidation. 
  • Les réalisations de l’organisation doivent être en lien avec la lutte contre l’intimidation et/ou la cyberintimidation.

Pour les milieux scolaires et d’enseignement 

  • Un milieu scolaire ou d’enseignement peut présenter sa propre candidature. 
  • La candidature d’un milieu scolaire ou d’enseignement peut être proposée par un tiers (par exemple : une personne, un groupe de personnes ou un autre milieu scolaire ou d’enseignement). 
  • Il peut s’agir d’une école, un centre de services scolaire, une commission scolaire, un centre de formation professionnel, un collège, une université, etc.
  • Il peut s’agir de milieux scolaires ou d’enseignement des secteurs public et privé. 
  • Les réalisations du milieu scolaire ou d’enseignement doivent être en lien avec la lutte contre l’intimidation et/ou la cyberintimidation.

Le jury

Les candidatures sont évaluées par un jury composé de membres qui siègent à titre d’individu ou à titre de représentant d’organisations qui ont une expertise et un intérêt marqué. en prévention de l’intimidation et de la cyberintimidation et de lutte contre celles-ci. 

Le jury 2022

  • Mme Kim Boutin
  • M. Boubacar Cissé
  • M. Serge Séguin
  • Mme Priscilla Côté

La sélection des lauréats

Le choix des lauréats s’effectue, notamment, en fonction des critères suivants : 

  • la pertinence du projet déposé ou des actions réalisées en lien avec la lutte contre l’intimidation et/ou la cyberintimidation; 
  • la qualité des actions et des réalisations; 
  • les retombées des actions et des réalisations. 

Les finalistes 2022

La richesse des candidatures soumises pour la sixième édition confirme que de nombreuses actions continuent d'être déployées et que leurs initiateurs méritent d'être reconnus.

Catégorie Individu

Steven Bilodeau est un jeune déjà très engagé dans sa communauté. Ayant lui-même subi de l’intimidation, il a décidé de s’impliquer activement auprès des jeunes et des moins jeunes afin de contribuer à la création d’un monde plus juste, égalitaire et inclusif. Steven a créé notamment le projet « SOLID’AÎNÉ » qui visait à contrer l’isolement des aînées et des aînés durant la pandémie. Avec la participation du Conseil de développement et de recommandation en santé mentale jeunesse du Québec, une organisation qui fait entre autres des recommandations au gouvernement en matière de santé mentale jeunesse, et avec MAtv, l’adolescent a également produit et animé la série documentaire « La lumière derrière l’ombre », dans laquelle la question de la santé mentale des jeunes est abordée. De plus, Steven s’implique dans son milieu scolaire et dans des organisations nationales. Ses réalisations inspirantes contribuent assurément à prévenir et à contrer l’intimidation.

Marc-André Perron est enseignant au primaire. C’est aussi un dramaturge à ses heures. Il est l’auteur de la production théâtrale « La fuite » qui est produite chaque année par ses élèves de 5e année. Son œuvre sensibilise les spectateurs au vivre-ensemble et à l’importance de se respecter les uns les autres. De plus, elle fait vivre aux comédiens et comédiennes une expérience enrichissante leur permettant de mieux comprendre les différentes notions liées à l’intimidation et à sa prévention. Ce n’est pas tout! Ce passionné a plus d’une dizaine d’autres textes traitant de divers sujets tabous dans son répertoire. Ces derniers ont tous été mis en scène et joués devant public. Par le théâtre, Marc-André souhaite exprimer des messages forts qui touchent sa communauté.

​Stéphane Villeneuve est professeur au département de didactique à l’Université du Québec à Montréal depuis 2012 et l’auteur d’une recherche sur l’ampleur du phénomène du cyberharcèlement dans le milieu de l’information. Cette problématique prend de plus en plus d’ampleur dans la société et peu d’études sur le sujet avaient été menées au Québec. La recherche a donc été réalisée en partenariat avec la Fédération nationale des communications et de la culture. En plus de permettre l’identification des différentes formes de harcèlement en ligne, ses causes et ses conséquences, l’enquête a donné lieu à diverses pistes de solution à l’intention des entreprises médiatiques, des syndicats ainsi que des gouvernements. Par ces démarches, Stéphane Villeneuve contribue à ce que la liberté d’expression se perpétue.

Catégorie Organisation

BENADO est un organisme d’action communautaire autonome qui intervient depuis plus de 39 ans auprès des jeunes et de leur famille. La mission de BENADO est de prévenir, en concertation avec la communauté, la délinquance juvénile chez les adolescentes et les adolescents âgés de 12 à 18 ans. L’organisme et 10 organisations partenaires, issues du Comité régional de prévention de l’intimidation et de la violence, mettent en œuvre des actions qui ciblent trois clientèles distinctes. Par la traduction du « Guide des ressources » destiné aux intervenantes et aux intervenants, ils ont d’abord outillé les professionnelles et professionnels scolaires anglophones en développant un langage commun. L’organisme a ensuite joint les parents d’enfants de 6 à 18 ans par la création d’un guide leur permettant d’accéder aux bonnes pratiques à adopter en matière de prévention de l’intimidation. Ce dernier a d’ailleurs été traduit en quatre langues. Puis, par l’entremise d’un concours offert au primaire et au secondaire, BENADO a encouragé les jeunes à réfléchir et à s’exprimer sur leur pouvoir face à l’intimidation, créant ainsi une campagne de sensibilisation par et pour les jeunes. Par ces actions, l’organisme a réussi à sensibiliser le personnel professionnel de sept écoles anglophones, 2406 parents via les guides téléchargeables, plus de 1000 parents avec la version papier et 931 jeunes participantes et participants.

​Le regroupement des organismes ESPACE du Québec prévient toutes les formes de violence faite aux enfants, dont l’intimidation. Fidèle à sa mission, il est l’auteur du jeu en ligne « Futuraville : Ensemble contre la violence! » qui s’adresse aux jeunes de 9 à 12 ans. En s’amusant, les jeunes apprennent différentes notions de prévention liées à toutes les formes de violence telles que les stratégies à utiliser pour y faire face et les ressources disponibles pouvant les accompagner. Tout au long du processus de conception du jeu, les jeunes ont été impliqués, ils ont participé à des sondages, à des groupes de discussion et ont testé le jeu, permettant ainsi de le rendre le plus concret possible. Ce dernier est disponible directement sur le site de l’organisme ou peut être téléchargé comme application. Le site Internet de l’organisme a reçu 5500 visites et l’application compte 7000 téléchargements.

Le Carrefour jeunesse-emploi Memphrémagog a pour mission d’accompagner les personnes de 16 à 35 ans dans leur cheminement vers l’emploi, vers un retour aux études ou dans leur développement de projet. Dans le cadre de leur projet « Parents en action », développé en partenariat avec le centre d’éducation des adultes, les participantes devaient réaliser un projet entrepreneurial. Elles souhaitaient sensibiliser la population aux différences entre les personnes, mais plus particulièrement à la situation des personnes atteintes de troubles auditifs. Ainsi, des étiquettes autocollantes pour les voitures et les résidences ont d’abord été créées, permettant de rendre visible la condition médicale de ces personnes. Par la suite, un livre jeunesse « Enfin, je comprends! » a été conçu. S’adressant aux élèves du primaire, il aborde la prévention de l’intimidation sous l’angle des différences. Le livre s’accompagne d’un signet qui propose des pistes de réflexion et qui peut s’accrocher sur le sac à dos des enfants. Grâce à ces actions, la population générale, des organismes communautaires ainsi que des milieux scolaires ont pu être sensibilisés, et plusieurs ont utilisé les outils produits.

Catégorie Éducation

​L’école primaire Les-Enfants-du-Monde, qui se trouve dans un milieu défavorisé et multiethnique, offre un programme d’éducation préscolaire et primaire et est désignée comme point de service pour des classes d’accueil dans l’apprentissage du français et pour des classes langage, qui visent les élèves ayant des troubles du langage. Durant les deux dernières années, l’école a revu son plan de lutte contre l’intimidation, ce qui a donné lieu à de nouvelles initiatives. D’abord, un comité a été mis en place et chargé de rédiger un nouveau plan de lutte, en collaboration avec le personnel, les parents et les élèves, qui se trouve maintenant en version abrégée dans l’agenda des élèves. Un lien de signalement a de plus été créé en ligne et est accessible via le site de l’école. Par la suite, différentes formations ont été offertes aux élèves et au personnel. Diverses actions collectives par et pour les élèves ont aussi été réalisées dans le but de diminuer l’exclusion, d’établir des relations plus saines, d’éviter les insultes entre pairs et de conscientiser chacune et chacun au phénomène de la violence.

Le Cégep André-Laurendeau est un collège d’enseignement général et professionnel public situé à Montréal qui compte annuellement 5 300 étudiantes et étudiants. L’établissement a mis en place une journée de lutte contre l’intimidation sur le thème « Des mots qui blessent, des mots qui laissent des traces ». Une consultation auprès des étudiantes et des étudiants a fait ressortir la problématique de l’intimidation. Ils ont donc décidé de créer ensemble des affiches sous forme de cellulaires montrant deux conversations identiques, l’une en version dénigrante et l’autre en version bienveillante. Elles ont été exposées dans les salles de toilettes principales de l’établissement, dans le cadre de la journée de sensibilisation. Une autre affiche proposant des ressources d’aide psychosociales était juxtaposée à celle des cellulaires. L’objectif principal de ces affiches était de sensibiliser les étudiantes et les étudiants aux répercussions tant positives que négatives que peuvent avoir leurs messages textes. Ce sont 2000 étudiantes et étudiants qui ont été joints par ces actions.

Pierrefonds Community High School est une école publique anglophone de la Commission scolaire Lester-B.-Pearson située dans l’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro à Montréal. Elle compte environ 900 élèves. À la suite d’un événement tragique survenu en raison d’une relation abusive, en novembre 2013, un enseignant, M. Peter Oland, a pris l’initiative d’organiser des assemblées annuelles visant à promouvoir le respect de la différence, les relations saines ainsi que l’encouragement du civisme et des comportements prosociaux. Plusieurs membres du personnel ont également soutenu l’enseignant et collaboré à la mise en œuvre de cette initiative. Ces assemblées se déroulent avec la participation volontaire d’étudiantes et d’étudiants, et les contenus présentés sont basés sur les ressources éducatives de la plateforme PreVNet. Les élèves qui prennent part à l’assemblée sont sensibilisés aux différentes notions d’un environnement sécuritaire telles que les caractéristiques d’une relation saine, la bienveillance, le consentement et les limites personnelles. À la fin de chacune de ces assemblées, ils sont invités à signer un « pacte » contre la violence et l’intimidation. Depuis 2014, plus de 2500 élèves ont eu la chance d’y participer.

Prix Coup de cœur de la ministre

Témoin et victime de gestes d’intimidation, Lina Boudoumi a décidé de sensibiliser ses pairs aux dommages que peut entraîner cette problématique. Passionnée de lecture et d’écriture, elle a également pris l’initiative d’écrire un livre expliquant ce qu’est l’intimidation pour elle. C’est ainsi qu’à 8 ans, Mlle Boudoumi, est l’auteure du livre L’intimidation, c’est NON! et une source d’inspiration pour sa communauté.

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