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Fièvres hémorragiques virales incluant la maladie Ebola et la maladie à virus de Marburg – Information pour les professionnels de la santé et des services sociaux

Description

Les fièvres hémorragiques virales (FHV) regroupent plusieurs familles de virus. Cette page décrit plus particulièrement la maladie Ebola et la maladie à virus de Marburg (MVM), qui ont des présentations cliniques similaires.

La maladie Ebola (Orthoebolavirus) et la maladie à virus de Marburg (Orthomarburgvirus) font partie de la famille des virus Filoviridae.

La maladie Ebola comporte six espèces, dont trois (Bundibugyo, Soudan et Zaïre) ont causé de grandes épidémies dans le passé. Pour plus de détails, consultez le site Web de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Épidémiologie

Éclosion actuelle

Une éclosion de maladie Ebola (virus Bundibugyo) est en cours depuis le 15 mai 2026 en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda. Devant la gravité de la situation, l'OMS a déclaré la situation d’urgence de santé publique de portée internationale (USPPI) le 17 mai 2026.

Au moment de cette déclaration, 246 cas suspects et 80 décès suspects étaient rapportés en RDC; deux cas confirmés, dont un décès, étaient déclarés en Ouganda.

Pour suivre l’évolution de l’éclosion en cours, consultez les Rapports hebdomadaires sur l’éclosion de virus Ebola de Bundibugyo en RDC et en Ouganda du Bureau régional pour l’Afrique de l’OMS (en anglais seulement).

Vous pouvez également consulter les nouvelles sur les épidémies de l'OMS.

Éclosions antérieures

Éclosions de maladie Ebola

Depuis l’apparition de la maladie Ebola causée par le virus Zaïre en 1976, des flambées de cas ont sévi dans certains pays d’Afrique.

La plus récente éclosion de maladie Ebola causée par le virus Ebola (aussi appelé Zaïre) a été déclarée le 4 septembre 2025 en RDC et a pris fin le 1er décembre 2025. Un total de 64 cas (53 confirmés et 11 probables), dont 45 décès, avaient été déclarés. La létalité rapportée était alors de 70 %. Pour plus de détails, consultez la page Ebola virus disease - Democratic Republic of the Congo (en anglais seulement) sur le site Web de l’OMS. Pour obtenir la chronologie des flambées de cas de maladie Ebola, consultez le site Web des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention, CDC, en anglais seulement).

Le virus Ebola de Bundibugyo a été identifié pour la première fois en Ouganda lors d'une éclosion en 2007-2008. Il a causé une deuxième éclosion en RDC en 2012.

Éclosions antérieures de maladie de Marburg

En 1967, deux grandes épidémies de maladie à virus de Marburg (MVM) sont survenues simultanément à Marburg et à Francfort (Allemagne) ainsi qu’à Belgrade (Serbie). Elles ont conduit à la reconnaissance initiale de la maladie. La plupart des épidémies de MVM se sont produites en Afrique subsaharienne. Cependant, le virus s’est propagé à d’autres parties du monde par des voyageuses ou des voyageurs infectés ou des infections accidentelles en laboratoire.

La dernière éclosion de MVM a été déclarée le 14 novembre 2025 en Éthiopie et a pris fin le 26 janvier 2026. Un total de 19 cas, dont 14 confirmés, et 9 décès ont été déclarés. Pour plus de détails, consultez la page Maladie à virus de Marburg - Ethiopia sur le site Web de l’OMS. Pour plus de détails concernant les épidémies antérieures, consultez la page Maladie à virus de Marburg (en anglais seulement).

Risque pour la population canadienne

La probabilité d’introduction du virus au Canada par une voyageuse ou un voyageur contagieux est faible. À ce jour, aucun cas de maladie Ebola ou de la MVM n’a été rapporté au Québec ni ailleurs au Canada.

Les mesures de précaution recommandées aux voyageuses et aux voyageurs pour éviter de contracter ces maladies lorsqu’ils se rendent dans des pays à risque demeurent toujours en vigueur. Pour plus de détails concernant les mesures de précaution, consultez les pages Maladie Ebola : Prévention et risques et Maladie à virus de Marburg de Santé Canada.

Symptômes

Les symptômes peuvent apparaître de 2 à 21 jours après l'exposition. L'apparition est soudaine et la maladie progresse rapidement.

Les premiers symptômes incluent les suivants :

  • fièvre;
  • frissons;
  • céphalées;
  • myalgie ou arthralgie;
  • faiblesse musculaire;
  • fatigue;
  • malaise;
  • mal de gorge;
  • toux.

La maladie évolue vers des symptômes tels que :

  • éruption maculopapuleuse, érythémateuse, non prurigineuse affectant :
    • le visage,
    • le cou,
    • le torse,
    • les bras;
  • nausées, vomissements et diarrhée;
  • douleur thoracique et abdominale;
  • essoufflement;
  • ictère;
  • perte de liquide importante;
  • déséquilibre électrolytique;
  • état de choc;
  • hémorragie interne ou externe.

Le système nerveux central peut également être touché, ce qui peut causer de la confusion, de l’irritabilité, de l’agressivité et des délires.

D’autres manifestations tardives graves respiratoires, neurologiques et cardiaques sont aussi rapportées.

Sans traitement, le taux de mortalité chez les humains varie de 25 % à 90 %.

Transmission

Les fièvres hémorragiques virales (FHV) se transmettent par contact direct :

  • de personne à personne;
  • avec un animal infecté, par exemple une chauve-souris, un singe, un gorille ou un porc;
  • avec les liquides biologiques (p. ex. sang, urine, salive, sperme, lait maternel, sueur);
  • avec une surface ou un objet contaminé par les liquides biologiques d’une personne infectée (comme les vêtements, la literie ou des équipements médicaux).

La transmission verticale peut se produire pendant la grossesse, l’accouchement et l’allaitement.

La transmission sexuelle est possible pendant la phase aiguë et pendant la période de convalescence.

Une personne infectée devient contagieuse seulement à partir du moment où elle présente des symptômes. Le risque de transmission de la maladie Ebola ou de la MVM est plus faible aux premiers stades de la maladie, lorsque la charge virale de la personne atteinte est plus faible. Il augmente avec le temps à mesure que la charge virale s'accroît et que la personne développe des symptômes comme des diarrhées, des vomissements ou des hémorragies.

Il est possible qu’à la suite de la guérison, les virus causant la maladie Ebola ou la MVM persistent pendant des semaines ou même des mois dans certains liquides biologiques tels que :

  • le sperme;
  • l'urine;
  • le lait maternel;
  • le liquide oculaire interne;
  • le système nerveux central.

Le potentiel de transmission en phase de convalescence se limite toutefois à la transmission sexuelle et lors de l’allaitement. Certaines précautions sont donc recommandées aux personnes en contact étroit avec les survivants et survivantes de la maladie, par exemple lors des rapports sexuels ou lors de l’allaitement.

Vaccination et traitement

Maladie Ebola

Vaccins contre l’Ebola-Zaïre

Au Canada, le vaccin ErveboMD (EZV) est disponible par l’entremise de la Réserve nationale stratégique d'urgence (RNSU) chargée de la gestion des personnes exposées à un cas de maladie Ebola-Zaïre détecté au Canada et de la gestion des éclosions potentielles. L’accès au vaccin et les renseignements sur les personnes pouvant recevoir EZV pour la gestion des expositions ou des éclosions au Canada sont déterminés avec les autorités de santé publique.

La vaccination contre la maladie Ebola des Canadiens et des Canadiennes voyageant dans le cadre de l’aide internationale demeure la responsabilité de l’organisme qui fournit les services. Les personnes qui se rendent dans des zones touchées par la maladie Ebola par l’intermédiaire d’organisations humanitaires devraient se renseigner auprès de leur organisation d’accueil sur la possibilité de se faire vacciner contre l’Ebola-Zaïre.

Ce vaccin n’est pas indiqué contre les autres orthoebolavirus tels que l’Ebolavirus Soudan ou Bundibugyo ou les filovirus apparentés, tels que le virus de Marburg.

Pour plus d’information, consultez la page Vaccin contre le virus Ebola : Guide canadien d’immunisation du site Web du gouvernement du Canada.

Traitement contre la maladie Ebola

Actuellement, aucun traitement curatif n’est reconnu comme efficace contre la maladie Ebola. Plusieurs solutions thérapeutiques expérimentales, notamment des antiviraux et des anticorps monoclonaux, sont en cours d’étude.

Les personnes atteintes devraient être soignées dans les établissements spécialisés pour s’assurer d’une prise en charge adéquate et recevoir les soins appropriés (maintien de la tension artérielle, de l’équilibre électrolytique et de la fonction des organes) dans un contexte strict de contrôle et de prévention des infections.

Les autorités de santé publique provinciales et territoriales peuvent indiquer si un établissement de traitement a été désigné pour le traitement des personnes atteintes dans leur province ou territoire. Pour en savoir plus, consultez le Guide de pratique clinique pour la prise en charge de la maladie à virus Ebola : Guide à l’intention des cliniciens du Canada.

Maladie à virus de Marburg

Vaccin contre la maladie à virus de Marburg

Il n’existe aucun vaccin contre la MVM approuvé actuellement. Certains vaccins sont en cours de développement, dont l’un d’eux a été utilisé au Rwanda lors de l’éclosion de 2024.

Traitement contre la maladie à virus de Marburg

Il n’existe pas encore de traitement approuvé au Canada pour la MVM. Toutefois, quelques-uns sont en cours d’évaluation.

Prévention et contrôle dans les milieux de soins pour la maladie Ebola et d’autres fièvres hémorragiques virales

Voici les principales mesures à prendre pour prévenir et contrôler la maladie Ebola et d’autres fièvres hémorragiques virales dans les milieux de soins :

Prélèvements et analyses de laboratoire appropriés pour les fièvres hémorragiques virales (FHV)

En cas de suspicion de FHV, n’envoyez pas d’échantillon au laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ). Contactez d’abord le laboratoire au 514 457-2070 et demandez à parler à la médecin ou au médecin microbiologiste de garde.

Le répertoire des analyses du LSPQ contient des informations importantes à suivre avant de procéder aux analyses de laboratoire, si cela est indiqué.

Lorsqu’on soupçonne une FHV, il est recommandé de limiter les demandes aux examens essentiels, soit les examens de base nécessaires à la prise en charge clinique et à l’exclusion d’autres pathologies et les examens de confirmation du diagnostic.

Déclaration obligatoire des cas

Les FHV sont des maladies à déclaration obligatoire à surveillance extrême. Tout cas suspect, probable ou confirmé doit être déclaré immédiatement à la direction de santé publique de votre région et à la directrice nationale de santé publique afin qu’une intervention de santé publique appropriée puisse être déclenchée.

Mesures aux frontières

Dans le contexte de l’épidémie de maladie Ebola qui sévit actuellement, le gouvernement du Canada a mis en place des mesures frontalières temporaires afin de réduire le risque d’introduction et de propagation de cette maladie au Canada. Pour plus de détails, consultez la page Maladie Ebola : Mesures temporaires sur le site Web du gouvernement du Canada.

Des conseils aux voyageurs et aux voyageuses et des avertissements par destination sont aussi diffusés pour les pays à risque élevé de maladie Ebola, soit la RDC, l’Ouganda et le Soudan du Sud.

Liens utiles

Pour plus d’information sur la maladie Ebola et la MVM, consultez les sites Web de :

Pour plus d’informations sur les consignes officielles données aux voyageurs et aux voyageuses publiées par le gouvernement du Canada, consultez les pages :

Outils d'information

Pour les laboratoires

Voici les outils d’information pour les laboratoires :

Pour le réseau préhospitalier

Voici les outils d’information pour le réseau préhospitalier :

  • Bulletins cliniques de la Direction médicale nationale (DMN) disponibles sur l'extranet Préhospitalier Québec, ou par le biais des entreprises ambulancières et du service de premiers répondants

Pour les cliniques médicales et les établissements territoriaux (installations CLSC)

Voici les outils d’information pour les cliniques médicales et les établissements territoriaux :

Information complémentaire pour les professionnels et professionnelles de la santé et des services sociaux

De l’information complémentaire est disponible sur le site Web de l’Agence de santé publique du Canada : Maladie à virus Ebola : Pour les professionnels de la santé et les travailleurs humanitaires.

Dernière mise à jour : 15 juillet 2026

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