La cancérologie au Québec
Programme québécois de cancérologie
Le Programme québécois de cancérologie est sous la responsabilité du ministère de la Santé et des Services sociaux. Son objectif est d’orienter, de coordonner et d’évaluer l’action gouvernementale pour diminuer le fardeau du cancer au Québec.
Dans cette page :
Programme et plan directeur
Afin d’offrir aux Québécoises et aux Québécois des soins et des services accessibles et de qualité en cancérologie et de guider les intervenantes et les intervenants dans les mesures à prendre pour prévenir le cancer, le Programme québécois de lutte contre le cancer – Pour lutter efficacement contre le cancer, formons équipe a été un élément clé dans la structuration de l’offre de services en cancérologie. Il énonce trois concepts centraux :
- le fonctionnement en équipe interdisciplinaire;
- le déploiement des infirmières pivots en oncologie (IPO);
- la hiérarchisation de l’organisation et l’intégration des soins et des services.
Depuis plus de 25 ans, le programme privilégie une approche globale des soins et des services centrés sur la personne et la qualité des soins en développant une expertise en oncologie et une connaissance fine des trajectoires et des partenaires.
Le Plan directeur en cancérologie – Ensemble, en réseau pour vaincre le cancer, publié en 2013, a soutenu la formalisation des structures requises au déploiement des programmes de cancérologie propres aux établissements du réseau de la santé et des services sociaux. Il a aussi mis de l’avant les communautés de pratique pour favoriser la communication entre les professionnelles et les professionnels. Le plan directeur réaffirme l’importance du partenariat, de l’implication et du fonctionnement en réseau afin d’assurer aux personnes atteintes d’un cancer une expérience de soins continue et de qualité.
Orientations prioritaires et plan d’action
En 2023, une évaluation de l’état actuel et souhaité des soins et des services en cancérologie a été réalisée afin d’anticiper les défis à venir et de tenir compte de l’évolution des enjeux sociaux et contextuels.
De cet exercice sont nés huit axes structurants ainsi que des orientations prioritaires leur étant associées pour guider les actions des prochaines années en cancérologie. Ces orientations réaffirment l’importance des « partenariats, gage de qualité en cancérologie ».
Ces axes sont :
- la participation active de la population et des personnes touchées par le cancer;
- la promotion des saines habitudes de vie et la prévention;
- la détection précoce des cancers;
- une investigation rapide fondée sur la pertinence;
- des traitements efficaces, pertinents et innovants;
- la prestation de soins et de services de soutien tout au long de la trajectoire;
- un réseau hiérarchisé et intégré pour des soins et des services de qualité et une évolution des pratiques;
- la surveillance de l’état de santé de la population au regard du cancer et l’analyse de la performance du Réseau de cancérologie du Québec.
La définition des axes structurants et des orientations prioritaires 2023-2030 permet d’établir un cadre solide et significatif afin d’élaborer les plans d’action du gouvernement du Québec et du réseau de cancérologie du Québec des prochaines années. Pour plus d’information, consultez les Orientations prioritaires 2023-2030 et le Plan d’action 2024-2026 du Programme québécois de cancérologie.
Réseau de cancérologie du Québec
Le Réseau de cancérologie du Québec (RCQ) met de l’avant des partenariats de qualité centrés sur les besoins des personnes touchées par le cancer, de leurs proches et de toute la population du Québec. Il vise à offrir des soins et des services accessibles, de la meilleure qualité possible, tout en optimisant l’utilisation des ressources.
Outre les représentantes et les représentants du gouvernement du Québec, le RCQ rassemble :
- Santé Québec, ses professionnelles et ses professionnels ainsi que ses gestionnaires des établissements du réseau de la santé et des services sociaux;
- les représentantes et les représentants des personnes touchées par le cancer;
- les associations professionnelles;
- les groupes communautaires;
- les comités et les communautés de pratique associés à une thématique particulière en cancérologie;
- les partenaires institutionnels.
Parmi les partenaires institutionnels, se trouvent notamment :
- l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ);
- l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS);
- l’Institut de la statistique du Québec (ISQ);
- le Fonds de recherche du Québec – Santé (FRQS).
L’objectif est de gagner en efficacité en évitant les dédoublements et en permettant d’appliquer les meilleures pratiques reconnues.
Le RCQ regroupe également plusieurs sous-réseaux par siège tumoral ou par thématique. Ils sont organisés autour d’équipes spécialisées et surspécialisées en provenance de divers milieux qui constituent une force et un modèle inspirant. Cet effort collectif de collaboration est d’autant plus important dans le secteur de la cancérologie. Les personnes atteintes de cancer ont besoin d’un accès à une variété de professionnelles et de professionnels de la santé tout au long de leur trajectoire de soins.
Trajectoire globale de soins et de services en cancérologie
Chaque intervention s’appuie sur l’une, l’autre ou l’ensemble des étapes clés du continuum de soins et de services en cancérologie, soit :
- la promotion de la santé;
- la prévention du cancer;
- la détection précoce;
- le dépistage;
- l’investigation;
- le diagnostic;
- le traitement;
- le suivi;
- les soins palliatifs;
- la vie après le cancer;
- la fin de vie.
Dès qu’un cancer est suspecté chez une personne, celle-ci doit cheminer dans le système de santé afin de consulter plusieurs intervenantes et intervenants, parfois situés dans plus d’un établissement de santé. Ce parcours thérapeutique doit être adapté à ses besoins, en fonction :
- de son état de santé;
- du type de cancer;
- de l’évolution de son cancer.
De plus, il est important de s’assurer que les soins et les services soient offerts :
- en temps opportun;
- dans le respect des meilleures pratiques;
- de manière continue et fluide entre les points de service.
Qualité des soins et des services en cancérologie
Pour maintenir et rehausser la qualité des soins et des services de cancérologie offerts au Québec et faire évoluer la pratique, plusieurs mesures sont proposées, notamment :
- les rapports standardisés;
- les comités de diagnostic et de traitement du cancer;
- les recommandations et les outils concernant l’usage sécuritaire des médicaments en cancérologie;
- la formation continue des professionnelles et des professionnels de la santé;
- la recherche clinique en cancérologie.
Rapports standardisés
Après chaque test, examen ou intervention, un rapport est rédigé et placé au dossier de la personne atteinte d’un cancer. Quand un rapport est présenté dans une terminologie standardisée et un format structuré, on dit qu’il est synoptique.
L’utilisation de rapports synoptiques :
- favorise la rédaction de rapports complets et précis;
- facilite la prise de décision au sujet du traitement;
- facilite une consultation rapide et délocalisée (pour les rapports supportés par une application informatique).
L’élaboration de rapports synoptiques provinciaux standardisés a pour but de soutenir la qualité de la pratique clinique en :
- anatomopathologie;
- imagerie;
- endoscopie;
- chirurgie.
Comités de diagnostic et de traitement du cancer
Dans plusieurs établissements du Québec, on trouve des comités de diagnostic et de traitement du cancer depuis de nombreuses années. Ces comités réunissent régulièrement :
- des médecins de différentes spécialités;
- des pharmaciennes et des pharmaciens;
- des infirmières et des infirmiers.
Ils permettent de discuter des cas particuliers de certaines personnes atteintes de cancer présentant des situations complexes. Le but de l’exercice est d’arriver à un consensus sur le diagnostic et le choix d’une thérapie optimale.
Ces comités sont d’une grande valeur pour le maintien de la qualité des soins et pour la formation continue du personnel soignant. Leur mise en œuvre doit être formalisée et accessible aux professionnelles et aux professionnels œuvrant auprès des personnes atteintes de cancer dont le diagnostic et la thérapie pourraient en bénéficier.
Recommandations et outils concernant l’usage sécuritaire des médicaments en cancérologie
Les médicaments utilisés contre le cancer sont de plus en plus efficaces. Cependant, ils peuvent avoir des effets indésirables importants. Leur usage exige des connaissances expertes et des procédures systématiques pour éviter les erreurs et les accidents. La fréquence de développement de nouveaux médicaments est très élevée et les combinaisons de médicaments pour traiter les différents types de cancer se multiplient.
Le rapport sur l’usage sécuritaire des médicaments antinéoplasiques au Québec propose 27 recommandations sur différents sujets pour rendre encore plus sécuritaire l’usage des médicaments contre le cancer. Plusieurs comités du Réseau de cancérologie du Québec collaborent à leur mise en œuvre.
Différents outils pour favoriser l’usage sécuritaire des médicaments sont également disponibles pour les professionnelles et les professionnels de la santé. Il s’agit entre autres :
- de guides d’administration;
- de feuillets de conseils aux personnes atteintes de cancer;
- d’ordonnances préimprimées;
- de plan de transfert ou de suivi;
- de vidéos pour les personnes atteintes de cancer.
Consultez le site Web du Groupe d’étude en oncologie du Québec (GEOQ) et la plateforme Oncollabore pour découvrir certains de ces outils.
Formation continue des professionnelles et des professionnels de la santé
La compétence des professionnelles et des professionnels de la santé est une garantie de la qualité des soins et des services. Les connaissances et les habiletés nécessaires pour répondre adéquatement aux besoins des personnes touchées par le cancer évoluent très rapidement grâce aux avancées de la recherche. La formation continue s’ajoute aux formations initiales des centres d’enseignement et aux programmes d’orientation des établissements de santé du Québec pour développer et maintenir les compétences.
Recherche clinique en cancérologie
Il existe plusieurs types de recherche en cancérologie, notamment la recherche :
- fondamentale;
- épidémiologique;
- évaluative;
- clinique et appliquée.
La recherche clinique s’effectue principalement dans les centres de recherche hospitaliers universitaires. La recherche et les essais cliniques sont des outils essentiels en matière de maintien et d’évolution de la qualité des soins et des services. Il est donc important que les liens entre les intervenantes et les intervenants, les chercheuses et les chercheurs ainsi que les personnes touchées par le cancer soient les meilleurs possibles.
De nouvelles stratégies d’intervention pourront être mises en place grâce au soutien, à l’acquisition, au transfert de connaissances systématiques ainsi qu’à l’interrelation régulière entre la pratique, l’organisation, la formation et la recherche.
Dernière mise à jour : 18 février 2026