Flash surveillance
Flash surveillance – Les infections transmissibles sexuellement et la santé sexuelle des Québécois en quelques chiffres
Depuis quelques années, plusieurs infections transmissibles sexuellement (ITS) sont en augmentation au Québec. Une hausse de 19 % du nombre de cas de Chlamydia trachomatis, l’une des ITS les plus fréquentes, a été enregistrée entre 2014 et 2018. Durant la même période, l’incidence des infections gonococciques a plus que doublé Lire le contenu de la note numéro 1 . En outre, une recrudescence de la syphilis et de la lymphogranulomatose vénérienne, des maladies très rares à la fin des années 1990, a été observée au cours de la dernière décennie. Certaines populations sont plus touchées que d’autres par les ITS telles que les jeunes de 15 à 24 ans, notamment ceux en difficulté ou en situation d’itinérance, les personnes incarcérées ou l’ayant été, les Autochtones, les travailleurs et travailleuses du sexe, les personnes utilisatrices de drogues par injection ou inhalation, les personnes originaires d’une région où l’infection est endémique, les personnes trans et les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes Lire le contenu de la note numéro 2 .
Hausse des ITSS
L’importante hausse des ITS est préoccupante. Ces infections peuvent toucher l’ensemble de la population et représentent un risque grave pour la santé lorsqu’elles ne sont pas traitées Lire le contenu de la note numéro 3 . À cela s’ajoute une augmentation du nombre de souches de Neisseria gonorrhoeae résistantes aux antibiotiques. Le MSSS a d’ailleurs publié en 2020 un appel à la vigilance à ce sujet.
Ce que les données montrent
L’Enquête québécoise sur la santé de la population (EQSP) de 2014-2015 révèle que 10 % des personnes de 15 ans et plus ayant déjà eu des relations sexuelles ont eu un diagnostic d’ITS au cours de leur vie. En ce qui concerne le diagnostic au cours des 12 derniers mois, 1,1 % de la population active sexuellement Lire le contenu de la note numéro 4 en a reçu un. Quant au test de dépistage pour une ITS, 11 % des hommes et 22 % des femmes de 15 ans et plus en ont eu un dans les 12 mois précédant l’enquête.
Personnes de 15 ans et plus ayant déjà eu des relations sexuelles qui ont eu un diagnostic d'ITS au cours de leur vie, selon le sexe

Source : Institut de la statistique du Québec, Enquête québécoise sur la santé de la population, 2014-2015.
Parmi les Québécois et Québécoises de 15 ans et plus ayant déjà eu des relations sexuelles, une proportion plus importante de femmes que d’hommes a reçu un diagnostic d’ITS (12 % contre 8 %).
Personnes qui ont eu un diagnostic d’ITS au cours de leur vie, selon le sexe et le groupe d’âge

Source : Institut de la statistique du Québec, Enquête québécoise sur la santé de la population, 2014-2015.
Les femmes de 25 à 44 ans sont proportionnellement plus nombreuses (16 %) que celles des autres groupes d’âge à avoir reçu un diagnostic d’ITS au cours de leur vie. Toute proportion gardée, les hommes du même groupe d’âge sont plus nombreux (10 %) à avoir eu ce diagnostic que ceux de 15 à 24 ans (3,6 % Lire le contenu de la note numéro 5 ) et de 65 ans et plus (4,5 %).
Population active sexuellement ayant passé un test de dépistage pour une ITS au cours des 12 derniers mois, selon le sexe et le groupe d’âge

Source : Institut de la statistique du Québec, Enquête québécoise sur la santé de la population, 2014-2015.
Parmi la population de 15 ans et plus active sexuellement, la proportion d’hommes et de femmes ayant passé un test de dépistage pour une ITS diminue avec l’âge. La proportion passe de 46 % pour les femmes de 15 à 24 ans à 2,3 % Lire le contenu de la note numéro 6 pour celles de 65 ans et plus, et de 22 % pour les hommes de 15 à 24 ans à 2,9 % Lire le contenu de la note numéro 7 pour ceux de 65 ans et plus.
Utilisation du condom au cours des 12 derniers mois chez les 15 à 24 ans actifs sexuellement, selon le sexe

Source : Institut de la statistique du Québec, Enquête québécoise sur la santé de la population, 2014-2015.
Près de la moitié des jeunes de 15 à 24 ans actifs sexuellement ont utilisé le condom Lire le contenu de la note numéro 8 à l’occasion au cours des 12 mois précédant l’enquête. Toute proportion gardée, les femmes de ce groupe d’âge sont moins nombreuses que les hommes à avoir toujours utilisé un condom (20 % contre 32 %). De plus, elles sont proportionnellement plus nombreuses à n’avoir jamais utilisé un condom au cours de la même période (33 % contre 22 %).
Données complémentaires sur la santé sexuelle des Québécois
Entre 2008 et 2014-2015, la proportion des personnes âgées de 15 à 24 ans actives sexuellement qui ont toujours utilisé un condom (pour prévenir la transmission des ITS ou comme moyen de contraception) au cours des 12 derniers mois a diminué, passant de 41 % à 26 %.
En 2014-2015, les personnes ayant eu cinq partenaires sexuels ou plus au cours de l’année précédant l’enquête sont proportionnellement plus nombreuse (59 %) à avoir passé un test de dépistage pour une ITS que celles ayant eu de deux à quatre partenaires sexuels (38 %) ou un seul partenaire (12 %).
EQSP : Enquête québécoise sur la santé de la population, 2014-2015
Les données du présent Flash surveillance sont issues de l’EQSP, une enquête réalisée par l’Institut de la statistique du Québec, à la demande du ministère de la Santé et des Services sociaux. La population visée par l’enquête est constituée de l’ensemble des personnes de 15 ans et plus vivant dans un logement non institutionnel au Québec, à l’exclusion des personnes résidant dans les réserves indiennes ou dans la région du Nunavik. L’EQSP a une portée tant provinciale que régionale et locale. Les données présentées ont été obtenues à partir de questions portant sur les 12 derniers mois. La question relative à l’utilisation du condom a été posée aux hommes ayant eu des relations sexuelles avec des femmes ou des hommes et aux femmes ayant eu des relations avec des hommes au cours des 12 derniers mois. Elle ne s’applique qu’aux personnes ayant eu des relations sexuelles avec pénétration vaginale ou anale.
Note
Les différences présentées dans les faits saillants sont toutes statistiquement significatives au seuil de 0,01.
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Note de bas de page numéro 1Institut national de santé publique du Québec – Portrait des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) au Québec : année 2017 et projections 2018 Retour à la référence de la note numéro 1
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Note de bas de page numéro 2Ministère de la Santé et des Services sociaux – Cadre de référence pour l'optimisation des services intégrés de dépistage et de prévention des infections transmissibles sexuellement et par le sang Retour à la référence de la note numéro 2
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Note de bas de page numéro 3Ministère de la Santé et des Services sociaux – Infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) Retour à la référence de la note numéro 3
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Note de bas de page numéro 4La population active sexuellement fait référence aux personnes ayant eu des relations sexuelles au cours des 12 derniers mois. Retour à la référence de la note numéro 4
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Note de bas de page numéro 5Coefficient de variation entre 15 % et 25 %; interpréter avec prudence. Retour à la référence de la note numéro 5
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Note de bas de page numéro 6Coefficient de variation entre 15 % et 25 %; interpréter avec prudence. Retour à la référence de la note numéro 6
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Note de bas de page numéro 7Coefficient de variation entre 15 % et 25 %; interpréter avec prudence. Retour à la référence de la note numéro 7
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Note de bas de page numéro 8L’utilisation du condom fait référence à son usage pour prévenir la transmission des ITS ou comme moyen de contraception. Retour à la référence de la note numéro 8
Dernière mise à jour : 22 février 2022