Élevage de poules en ville

L’aménagement de poulaillers en milieu urbain est de plus en plus populaire. Si l’élevage de poules en ville comporte des avantages, il peut aussi engendrer des problèmes. Il importe de bien vous informer avant d’entreprendre un tel projet. Vous aurez la responsabilité de ces animaux pendant plusieurs années, en été comme en hiver.

Obligations et responsabilités

L’élevage de poules pondeuses vient avec certaines responsabilités. Cela demande un engagement ainsi qu’un investissement en temps et en argent. Les poules peuvent vivre jusqu’à 8 ans et elles demandent des soins quotidiens.

Vous devrez notamment vous assurer :

  • qu’elles ont suffisamment de nourriture et d’eau;
  • que leur environnement est propre et adéquat;
  • qu’elles reçoivent des soins si elles sont malades;
  • qu’une personne fiable pourra s’en occuper en votre absence.

Risques pour la santé humaine

Le contact avec des animaux, y compris des poules, peut entraîner certains risques pour la santé humaine. Tous ceux qui sont en contact avec des animaux doivent être informés des précautions à prendre pour limiter les risques associés aux maladies animales transmissibles à l’humain Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre., par exemple la salmonellose ou la campylobactériose.

Les personnes suivantes sont particulièrement à risque :

  • les personnes immunodéprimées;
  • les femmes enceintes;
  • les enfants de moins de 5 ans;
  • les personnes âgées.

Réglementation

Avant d’accueillir des poules chez vous, vous devrez d’abord vérifier les règlements en vigueur Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. dans votre milieu.

Dans votre municipalité

Toutes les municipalités n’autorisent pas la garde de poules en milieu urbain.

 Lorsque cette pratique est permise, elle est généralement encadrée par un règlement municipal.

Ce dernier peut contenir des consignes sur :

  • la grandeur du terrain nécessaire;
  • la distance par rapport aux lignes séparatives de propriété;
  • les spécifications concernant le poulailler;
  • l'élimination des déjections animales.

Au Québec

Toute personne qui possède un animal ou qui en a la garde doit s’assurer de la santé et du bon traitement de ce dernier. La Loi sur le bien-être et la sécurité de l’animal Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. s’applique autant aux éleveurs commerciaux qu’aux particuliers.

Dans le cas plus précis des poules, il faut aussi tenir compte du Règlement sur les conditions de salubrité des lieux de garde d’oiseaux captifs Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre..

Le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) est responsable de l’application de ces lois provinciales.

Au Canada

La Loi sur la santé des animaux Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. contient la liste des maladies animales à déclaration obligatoire. Les propriétaires doivent signaler immédiatement la présence d’un animal qui est atteint ou soupçonné d’être atteint de l’une de ces maladies.

Le Règlement sur la santé des animaux Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. précise les règles concernant le transport des animaux. 

L’Agence canadienne d’inspection des aliments Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. est responsable de l’application de ces lois fédérales.

Choix d’un emplacement

Assurez-vous que votre terrain est propice à l’installation d’un poulailler.

L’endroit prévu doit répondre aux conditions suivantes :

  • Être au soleil le matin, mais à l’ombre en après-midi, surtout en été;
  • Avoir un sol bien drainé, sans accumulation d’eau après une pluie;
  • Offrir une surface sèche avec un toit pour protéger le « bain » de sable;
  • Fournir un abri contre les vents dominants;
  • Se trouver à une distance minimale par rapport à la propriété voisine, selon les règles en vigueur dans votre municipalité.

Vous devez installer le poulailler loin des jardins, des aires de jeux ou des aires d’alimentation. Compte tenu du risque de contamination des humains par des déjections animales, les poules ne doivent pas avoir accès à ces endroits. La zone d’élevage doit être réservée à cet usage. Elle devra être décontaminée si vous souhaitez en changer la vocation plus tard.

Pour éviter les conflits, il est conseillé de discuter avec vos voisins de votre intention de vous procurer des poules pondeuses. Veillez à respecter la distance minimale par rapport à la propriété voisine, qui est établie par votre municipalité. Vous limiterez ainsi les nuisances potentielles (odeurs ou bruits) et les risques de litiges.

Équipement nécessaire

L’élevage de poules en milieu urbain nécessite un minimum d’équipement :

  • un poulailler;
  • un enclos intérieur et un enclos extérieur de dimensions suffisantes;
  • au moins une mangeoire et un abreuvoir;
  • la nourriture appropriée.

Le poulailler doit être assez facile d’accès pour effectuer le nettoyage, ramasser les œufs et faire l’inspection. Il doit contenir au moins un perchoir et un nid.

Les jardineries, les quincailleries ou certains sites Web spécialisés vendent des poulaillers clés en main. Vous pouvez aussi construire le vôtre. Vous trouverez des plans de construction sur Internet ou dans des publications spécialisées. Assurez-vous que vos installations sont adaptées aux hivers rigoureux et aux canicules estivales.

Acquisition des poules

Comme la poule est un animal social, optez pour un petit cheptel de deux ou trois poules pour débuter. Assurez-vous toutefois de respecter la réglementation municipale.

Vous devez d’abord choisir la race de poule appropriée. La plus commune est un croisement à partir de Leghorn de couleur blanche ou brune. Les poules de cette race sont dociles, s’adaptent à plusieurs types de climats et sont résistantes aux maladies. Elles sont relativement peu bruyantes. Ces poules commencent à pondre vers l’âge d’environ 20 semaines, environ 250 œufs par année.

Vous les trouverez dans les coopératives agricoles au printemps. Assurez-vous qu’elles proviennent d’un couvoir commercial sous contrôle sanitaire de l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Elles auront ainsi un statut sanitaire plus sécuritaire et seront vaccinées.

Certaines races de poules tolèrent plus facilement les conditions hivernales. Elles ont généralement une crête et des caroncules (excroissances à la base du bec) plus petites qui sont moins sensibles aux engelures. Les races qui présentent ces caractéristiques sont, par exemple : chantecler, dominicaine, poule de Hambourg, sussex ou Rhode Island. Ces races ne sont toutefois pas vendues par les couvoirs commerciaux. Il peut donc être difficile de connaître le statut sanitaire et vaccinal du troupeau d’origine avant d’acheter des oiseaux.

Consultez le Guide de l’acheteur et du vendeur de volailles de basse-cour Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. pour obtenir des conseils sur l’adoption d’oiseaux en santé.

Entretien de l’élevage

L’élevage de poules en milieu urbain demande du temps et des efforts.

Entre autres tâches, il faut nettoyer quotidiennement l’aire de vie des poules et faire un nettoyage en profondeur chaque semaine. Il faut éliminer adéquatement des déjections animales et des poules mortes.

Vous devez observer les oiseaux pour dépister les problèmes de santé, garantir le contrôle parasitaire et acheter du matériel.

Il faut fournir l’eau et la nourriture appropriée à vos poules et ramasser les œufs.

Biosécurité et prévention des maladies

La biosécurité vise à prévenir l’introduction de maladies ou à limiter leur propagation dans les élevages et en dehors de ceux-ci. Elle permet de diminuer les risques qui touchent :

  • la salubrité des aliments;
  • la santé des autres oiseaux de l’élevage;
  • la santé des autres élevages de volaille;
  • la santé humaine.

Pour prévenir les maladies, adoptez de bonnes pratiques. Évitez tout contact entre vos poules et les animaux sauvages comme les canards et les oies sauvages. Limitez aussi le contact entre vos poules et les visiteurs.

Il faut nettoyer fréquemment le poulailler. Si vous détectez des symptômes de maladies, alertez rapidement votre médecin vétérinaire ou appelez au 1 844 ANIMAUX (264-6289).

Pour en savoir plus, consultez le document Mesures de biosécurité courantes recommandées dans les petits élevages d’oiseaux Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre..

Changement de lieu

Si des poules changent de lieu de garde, des mesures strictes de biosécurité devraient être prises pour éviter la transmission de maladies contagieuses. Une période de quarantaine d’un minimum de deux semaines est nécessaire lorsque vous introduisez de nouvelles poules dans votre élevage.

Le changement de lieu augmente les risques de transmission de maladies. Les poules peuvent être porteuses de maladies sans présenter de symptômes. L’arrivée dans un nouveau milieu d’accueil constitue un stress pour l’oiseau. Il peut alors commencer à excréter un virus et devenir une source de contamination pour les autres oiseaux présents.

Pour plus d’information, consultez le document Mesures de biosécurité courantes recommandées dans les petits élevages d’oiseaux Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre..

Santé des poules

Tout propriétaire doit savoir reconnaître les signes de maladies chez ses animaux. Toutefois, seul un professionnel saura poser un diagnostic et recommander un traitement approprié. En cas de maladie chez vos poules, communiquez avec un vétérinaire spécialisé.

Tous les professionnels de la santé animale n’offrent pas nécessairement les services et ne possèdent pas toujours l’expertise pour traiter la volaille. Assurez-vous d’obtenir les coordonnées d’un vétérinaire qui s’y connaît avant d’accueillir des poules chez vous. Il est possible de consulter la liste des médecins vétérinaires qui offrent un soutien aux petits élevages d’oiseaux Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre..

Important : L’utilisation de médicaments sans ordonnance pour traiter les oiseaux de basse-cour peut présenter un risque pour la santé animale ou la santé humaine si cela n’est pas fait selon les recommandations d’un vétérinaire.

Santé humaine

Certaines maladies animales peuvent se transmettre aux humains. Il est cependant possible de réduire les risques de transmission en prenant certaines précautions.

Les risques de contamination les plus fréquents sont liés au nettoyage du poulailler. Utilisez du matériel et portez des vêtements et des bottes réservés à cette fin. Les animaux, le matériel (seau, pelle, etc.), les vêtements ou les bottes doivent rester à l’extérieur de la maison.

Les enfants sont plus susceptibles de contracter une maladie. Ils doivent donc être supervisés au poulailler. Soyez attentifs à ce qu’ils gardent les mains hors de leur bouche. Apprenez-leur aussi à ne pas câliner ou embrasser les oiseaux.

Il est essentiel de bien se laver les mains après avoir manipulé de l’équipement ou des poules. On recommande aussi de nettoyer les œufs en les frottant délicatement avec un linge humide avant de les mettre au réfrigérateur. Les œufs trop souillés ou fêlés devraient être jetés.

Les personnes à risque ne devraient pas consommer d’œufs crus ou insuffisamment cuits comme un œuf dont le jaune est en partie coulant, un lait de poule ou une préparation pour gâteau.

Santé des autres animaux

Certaines maladies peuvent se transmettre à d’autres animaux comme le chien et le chat. Évitez tout contact entre vos animaux domestiques et vos poules pondeuses ou leurs déjections. La moulée disponible en tout temps risque de l’attirer.

Assurez-vous également de bien contrôler la vermine.

Garde de poules en hiver

Plusieurs précautions doivent être prises pour protéger les poules des températures froides et des conditions climatiques extrêmes.

Évaluer l’état des poules

Une évaluation quotidienne de l’état des animaux doit être effectuée pour s’assurer du confort des poules. Cette évaluation doit être encore plus fréquente lors des journées froides.

Lorsque la température est trop basse, les poules peuvent manifester les signes suivants :

  • ébouriffage des plumes;
  • posture rigide;
  • tremblements;
  • regroupement ou entassement les unes sur les autres;
  • vocalisation de détresse.

Les poules qui muent, c’est-à-dire qui renouvèlent leur plumage, sont très susceptibles d’être affectées par le temps froid.

Les poules sont particulièrement sensibles aux engelures. Il faut les déceler rapidement et intervenir au besoin. Si vous détectez des signes d’engelure, par exemple un changement de couleur de la crête ou l’engourdissement des orteils, communiquez avec un médecin vétérinaire.

Le contrôle de l’humidité dans les installations de logement ainsi que l’accès à un perchoir surélevé et confortable contribuent à limiter l’apparition des engelures.

Fournir un logement adapté

Les poules peuvent généralement tolérer des températures plus fraîches lorsqu’elles sont exposées au froid de façon graduelle. Leur logement doit néanmoins les protéger des stress thermiques.

Chauffage et isolation

L’accès à une source de chaleur est nécessaire pour assurer le bien-être des poules lors des grandes variations de température. La méthode de chauffage, le choix et l’emplacement des matériaux isolants doivent être sécuritaires pour vos animaux. Par exemple, si vous utilisez une lampe chauffante en céramique ou à infrarouge, elle devrait être grillagée et non accessible aux oiseaux. Les poules pourraient se brûler au contact de ces lampes qui peuvent devenir très chaudes.

L’installation de tout produit, et plus particulièrement des composantes électriques, doit respecter les normes du fabricant pour diminuer le risque d’incendie. Les matériaux utilisés pour isoler le poulailler ne doivent pas être accessibles aux poules puisqu’elles pourraient en ingérer en les picorant.

L’utilisation d’une litière propre et sèche en quantité abondante est aussi souhaitable. Elle permet aux animaux de s’enfouir et de profiter de son rôle isolant. L’abondance de la litière aide au nettoyage des excréments, plus difficile en hiver.

Ventilation

Malgré la saison froide, la ventilation du logement des poules est essentielle. Elle assure un apport d’air sain et évacue l’humidité produite par la respiration, l’ammoniac (un gaz irritant produit par les fientes) et les micro-organismes présents dans l’air. Un milieu sec permet aux poules de mieux tolérer le froid.

L’exposition des poules aux courants d’air peut avoir un effet nuisible sur leur santé. L’emplacement, l’orientation et les ouvertures du poulailler doivent donc être bien choisis pour éviter les courants d’air et pour prévenir l’entrée de la neige ou de la pluie.

Lors de précipitations, retirez la neige sur le toit du logement des poules pour prévenir l’effondrement de la structure. En cas de conditions climatiques extrêmes, gardez les poules à l’intérieur du poulailler.

Enrichissement

Le confinement des poules dans une installation de taille restreinte peut augmenter la tendance au picage (automutilation). Pour réduire ce comportement, ajoutez un bain de poussière, des bûches ou une balle de foin sec. Vous pouvez aussi cacher de la nourriture ou mettre de la musique. Une source de lumière, comme une fenêtre ou de la lumière artificielle, doit être accessible aux animaux.

Alimentation requise

Les oiseaux doivent recevoir de l’eau liquide, fraîche et potable en quantité suffisante. Cela permet de maintenir leur hydratation, une bonne santé et un niveau normal de production.

Les besoins varient en fonction de différents facteurs tels que la température extérieure et le stade de production. Afin de s’assurer de toujours fournir une quantité d’eau suffisante, il est préférable de l’offrir à volonté. L’utilisation d’une source de chauffage ou l’emploi d’un abreuvoir chauffant sont des moyens d’y parvenir. Il importe de limiter les déversements qui pourraient augmenter l’humidité ou même mouiller les poules pour éviter de réduire leur tolérance au froid.

Comme tout autre animal, les poules dépensent plus d’énergie pour maintenir leur température corporelle lorsqu’elles sont exposées à des conditions climatiques froides. Elles doivent avoir accès à volonté à une moulée adaptée à leurs besoins. Par exemple, vous pouvez utiliser une moulée pour poules pondeuses lorsqu'elles sont en ponte.

Si vos poules arrêtent de pondre pendant l’hiver, il convient de remplacer la moulée pour poules pondeuses par une moulée de type finition pour poulet. Elle permet de réduire le taux de protéines et de calcium dans l’alimentation. Vous aidez ainsi à prévenir les problèmes reproducteurs associés à la reprise de la ponte au printemps. Si vous avez besoin de conseils pour choisir le régime alimentaire le mieux adapté à vos poules, vous pouvez consulter un médecin vétérinaire.

Lieu de recueil ou pension

L’élevage de poules exige de prévoir un logement pour toute l’année. Si vous n’êtes pas en mesure de fournir les soins de base aux poules lors de la saison hivernale, vous devez effectuer des choix responsables afin de limiter les effets négatifs. Par exemple, puisqu’il existe peu de refuges qui accueillent les poules, vous pouvez céder la garde à un nouveau propriétaire. Vous pouvez aussi confier la garde à une personne offrant un service de pension pour une période déterminée.

En dernier recours, si vous optez pour l’euthanasie ou l’abattage, ces actions doivent être effectuées conformément à la Loi sur le bien-être et la sécurité de l’animal. Vous devez recourir aux services d’une personne ayant les compétences et l’équipement nécessaires pour procéder en respectant le bien-être animal. Les abattoirs ou les médecins vétérinaires peuvent offrir ces services.

Dernière mise à jour : 23 novembre 2022

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