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Partage de matériel et de main-d’œuvre agricoles

Des entreprises d’économie sociale sont présentes dans le domaine agricole. Elles mettent à la disposition des agriculteurs des outils pour les aider à assurer une saine gestion de leur entreprise.

Certaines permettent de partager de la machinerie, des équipements et de la main-d’œuvre, et même d’acheter en commun des intrants (carburant, engrais, toile d’ensilage, etc.). D'autres constituent de nouveaux modèles collectifs d’entreprises agricoles.

Coopératives d’utilisation de matériel agricole

La coopérative d’utilisation de matériel agricole (CUMA) est une coopérative dans laquelle des producteurs agricoles mettent en commun différentes ressources nécessaires à leurs activités comme de la machinerie et des équipements.

L’objectif de la CUMA est de permettre l’utilisation de matériel performant au moindre coût possible. C’est aussi d’encadrer légalement ce partage. La CUMA est régie par la Loi sur les coopératives (chapitre I, section I du titre II).

La CUMA est constituée d’un minimum de cinq entreprises agricoles fondatrices. Elle est gérée par un conseil d’administration et dispose de règles pour sa gestion interne. C’est à l’intérieur de branches d’activité que les producteurs membres partagent des biens ou des services.

Trois types de branches d’activité peuvent exister au sein des CUMA :

  1. Le partage de machinerie ou d’équipements
  2. L’achat d’intrants en commun
  3. Le partage de main-d’œuvre

La branche d’activité relative au partage de machinerie et d’équipements est la plus courante. Son fonctionnement est le suivant :

  1. La CUMA achète le matériel.
  2. Chaque membre signe un contrat avec la CUMA dans lequel il s’engage à utiliser le matériel. Il acquitte les droits d’utilisation correspondant à un minimum de 20 % du coût d’achat, divisé également entre les membres de la branche.
  3. La CUMA obtient un financement externe pour le solde du coût d’achat, puis facture périodiquement les membres pour l’utilisation qu’ils font du matériel.

Pour être membre d’une CUMA, le producteur agricole doit pouvoir adhérer à une branche d’activité et souscrire un nombre minimal de parts sociales de 10 $ chacune (aussi appelées « parts de qualification »).

Pour en savoir plus, consultez le Portrait général des coopératives d’utilisation de matériel agricole au Québec (PDF 805 Ko).

Avantages d’adhérer à une CUMA

La CUMA constitue un levier économique efficace par rapport à la mécanisation individuelle. Elle permet aux petites et moyennes entreprises de faire des économies lors de l’achat d’intrants ou de l’embauche d’un employé. En réduisant les coûts de production, elle libère ainsi une marge de manœuvre financière qui devient disponible pour d’autres aspects de l’exploitation, comme l’innovation ou la diversification.

La CUMA contribue à briser l’isolement des agriculteurs en créant un lieu d’échange d’expériences et de connaissances. Elle permet également d’accéder à des équipements modernes et performants qui améliorent les conditions de travail et la qualité de vie.

La CUMA peut aider les producteurs agricoles à adopter de bonnes pratiques agroenvironnementales. L’achat en commun diminue le risque financier lié à de nouvelles méthodes culturales. Une pratique qui paraissait irréalisable en raison du coût d’un équipement devient alors plus accessible.

Elle aide aussi à préserver l’activité économique et la vitalité des zones rurales.

Pour profiter au maximum des avantages d’adhérer à une CUMA, il est primordial que les agriculteurs priorisent une vie de groupe de qualité et qu’ils aient à cœur l’entraide et la solidarité.

Calcul des frais d’utilisation

Pour estimer les frais associés à l’utilisation partagée du matériel au sein d’une CUMA, utilisez le Calculateur des frais annuels d’utilisation (XLSM 56 Ko) en CUMA.

Pour mieux comprendre le calculateur, consultez son guide explicatif (PDF 218 Ko).

Soutien financier

Des aides financières sont disponibles pour les membres des CUMA ou pour les CUMA elles-mêmes, à travers ces programmes :

Programme d’appui au développement de l’agriculture et de l’agroalimentaire en région – Appui à l’adhésion à une coopérative d’utilisation de matériel agricole (CUMA) et à une coopérative de remplacement de main-d’œuvre agricole
Mesure qui vise à soutenir l’adhésion aux CUMA et aux coopératives de remplacement de main-d’œuvre agricole.

Initiative ministérielle AgroPerformance – Soutien à la performance technologique et climatique des exploitations agricoles
Aide financière pour soutenir l’adoption des agritechnologies et des autres équipements prioritaires par les exploitations agricoles.

Prime-Vert, Sous-volet 1.1 – Appui à la réalisation du PAD (1.1.1, 1.1.2 et 1.1.3)
Aide financière pour des projets visant une ou plusieurs pratiques admissibles en lien avec au moins un des objectifs du Plan d’agriculture durable (PAD) 2020-2030 et répondant à leurs exigences spécifiques.

Coopératives de partage de main-d’œuvre agricole

Le phénomène de rareté de la main-d’œuvre a conduit les entreprises agricoles à innover. Plusieurs retiennent les services de travailleurs étrangers temporaires, tandis que d’autres se tournent vers la mécanisation, l’automatisation ou la robotisation. Les entreprises peuvent aussi utiliser les solutions coopératives. Des agriculteurs comblent leurs besoins de main-d’œuvre en partageant des employés par le biais de coopératives qui offrent ce service.

Consultez la fiche qui résume les solutions coopératives aux enjeux de main-d’œuvre dans le secteur agricole (PDF 279 Ko).

Coopératives de remplacement agricole

Les coopératives de remplacement agricole répondent à l’enjeu de pérennité des entreprises agricoles en cas d’absence du producteur. L’absence peut être planifiée (mariage, vacances, formation, etc.) ou non (maladie, accident, etc.). Ces coopératives permettent ainsi de répondre aux besoins ponctuels de main-d’œuvre des entreprises agricoles membres. En donnant aux agriculteurs la possibilité de prendre un temps de repos, elles contribuent à réduire la détresse psychologique et physique.

Elles embauchent des agents de remplacement qualifiés et planifient leurs horaires en fonction des besoins des membres. Ces agents de remplacement sont liés par un contrat de travail avec la coopérative.

Pour plus d’information sur ce service, consultez les sites Web de La Halte, du Relait ou du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité.

Soutien financier

Des aides financières sont disponibles pour les membres des coopératives de remplacement agricole.

Programme d’appui au développement de l’agriculture et de l’agroalimentaire en région – Appui à l’adhésion à une coopérative d’utilisation de matériel agricole (CUMA) et à une coopérative de remplacement de main-d’œuvre agricole
Mesure qui vise à soutenir l’adhésion aux CUMA et aux coopératives de remplacement de main-d’œuvre agricole.

Partage de main-d’œuvre dans une CUMA

Les CUMA peuvent compter des branches d’activité destinées au partage d’employés. C’est un moyen pour les entreprises membres de combler leurs besoins de main-d’œuvre à temps partiel. L’employé occupe alors un emploi stable et à temps complet en travaillant au sein des fermes membres de la branche.

La coopérative est l’employeur unique et est responsable de la gestion des ressources humaines (recrutement, paie, etc.). Les membres sont responsables de l’encadrement de l’employé (formation et évaluation) et déterminent collectivement son horaire de travail dans les différentes fermes.

Coopératives d’utilisation de main-d’œuvre

La première coopérative d’utilisation de main-d’œuvre (CUMO) a été créée en 1998 et la dernière a été fermée en 2021. Elle était, comme la CUMA, une coopérative agricole régie par la Loi sur les coopératives et fondée par au moins cinq entreprises agricoles.

Elle visait à répondre aux besoins de main-d’œuvre à temps partiel des entreprises agricoles membres. Elle était gérée quotidiennement par un coordonnateur responsable de la gestion des ressources humaines et du soutien aux membres. Pour assurer sa viabilité, la CUMO devait être composée minimalement d’une trentaine d’entreprises agricoles membres. Des problèmes de financement et un contexte socioéconomique en évolution ont eu raison de ce modèle.

Différence entre CUMA et CUMO en ce qui a trait à la main-d’œuvre

Le partage de main-d’œuvre est possible dans une CUMA sans devoir monter une structure complète comme celle de la CUMO. Le secrétaire de la CUMA est déjà en place pour assurer la gestion administrative des branches d’activité de machinerie et d’équipements. Puisque le financement de la CUMA repose essentiellement sur ces dernières, le risque financier lié au partage de main-d’œuvre est moins présent que dans la CUMO.

Localiser une CUMA ou une coopérative de remplacement agricole

Il est facile de localiser les CUMA ou les coopératives de remplacement agricole près de chez vous ou dans une autre région en utilisant la carte interactive accessible ci-dessous. La carte renseigne également, dans le cas des CUMA, sur le nombre de membres et de branches d’activité, en plus de fournir les coordonnées des personnes responsables

Trouver une CUMA ou une coopérative de remplacement agricole

Pour les demandes de modification à la carte, écrivez à info@mapaq.gouv.qc.ca.

Fermes collectives

Une ferme coopérative et une ferme OBNL (organisme à but non lucratif) sont des entreprises agricoles dont la propriété est collective. Le pouvoir est exercé démocratiquement conformément à la Loi sur les coopératives ou au cadre de référence de l’économie sociale. Elles suscitent l’intérêt en raison de leurs avantages comme le partage de la charge de travail, la conciliation travail-famille, la réponse aux besoins de la communauté et la pérennité. On en compte une soixantaine au Québec.

Pour plus d’information sur ce type d’entreprise agricole, consultez le site Web du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité.

Incubateurs et motels agricoles

L’incubateur agricole et le motel agricole sont des entreprises coopératives ou des OBNL qui participent au développement de nouvelles entreprises agricoles. Tandis que l’incubateur met temporairement à la disposition des aspirants agriculteurs un accompagnement professionnel et des actifs de production (terres, bâtiments, machinerie, équipements, etc.), le motel agricole vise à mettre en commun les actifs de production de façon permanente entre plusieurs entreprises agricoles.

Pour plus d’information sur ces concepts, consultez le site Web du Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec ou du Réseau Racines.

Dernière mise à jour : 29 janvier 2026

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