Obovarie olivâtre
Nom français
Obovarie olivâtre
Autre(s) nom(s) français
Mulette de l’esturgeon
Nom anglais
Hickorynut
Nom scientifique
Obovaria olivaria
Dans cette page :
Description
L’obovarie olivâtre est une espèce de moule d’eau douce indigène appartenant à la famille des unionidés. Pour devenir des juvéniles, les larves, appelées « glochidies », doivent se fixer sur l’esturgeon jaune.
Identification
Taille
Sa taille adulte varie de 3,5 à 10 cm, mais elle est généralement inférieure à 7,5 cm.
Coloration
La coquille de l’obovarie olivâtre est de couleur brun foncé à brun jaunâtre ou verdâtre, avec ou sans rayons. La couche interne de la coquille, appelée la « nacre », est habituellement blanche et légèrement bleutée dans la partie plus mince de la coquille. Elle est parfois rosée au centre.
Traits caractéristiques
L’obovarie olivâtre a une forme large et ovale du sommet jusqu’au centre. Le sommet est bombé, surélevé et souvent usé. Il a la particularité d’être incliné et très près de l’extrémité avant. La coquille est épaisse et l’intérieur est caractérisé par la présence de deux dents massives dans les deux valves qui la composent, en particulier celle située près de l’extrémité avant, où la coquille est plus épaisse.
Distinction
L’obovarie olivâtre se distingue de la lampsile cordiforme femelle, qui a aussi une forme ovale et un sommet bombé. Son sommet est moins incliné et se situe moins près de l’extrémité avant que celui de l’obovarie olivâtre.
Espèces similaires
Lampsile cordiforme
Répartition
L’obovarie olivâtre est principalement observée dans le bassin de drainage de la rivière Mississippi, ainsi que dans le bassin des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent. Au Canada, la répartition de l’obovarie olivâtre est étroitement liée à celle de l’esturgeon jaune, qui est présent dans toute son aire de répartition.
Au Québec, l’obovarie olivâtre se trouve dans le fleuve Saint-Laurent jusqu’au front de salinité à l’est de l’île d’Orléans et dans plusieurs tributaires tels que les rivières Saint-François, Batiscan, Richelieu et L’Assomption. Elle est également présente dans la rivière des Outaouais jusque dans la rivière des Quinze, en amont du lac Témiscamingue, ainsi que dans les secteurs avals des rivières Coulonge, Gatineau et Noire et dans la rivière des Prairies.

Carte de l’aire de répartition potentielle de l’obovarie olivâtre au Québec. © Ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.
Présence au Québec
Origine
Indigène
Statut de résidence des populations
Cette espèce vit au Québec toute l’année.
État de la situation
Au Québec, l’état des populations d’obovarie olivâtre est préoccupant et nécessite d’être documenté davantage. Les données disponibles permettent difficilement d’évaluer la taille des populations et leur pérennité, comme c’est souvent le cas avec les moules d’eau douce en situation précaire.
Chaque année, des inventaires sont réalisés pour documenter la répartition, le recrutement (présence de juvéniles) et l’abondance de l’espèce. Certaines populations semblent faibles. Pour d’autres populations, le recrutement est faible et doit être mesuré. L’obovarie olivâtre est abondante dans certains secteurs du fleuve Saint-Laurent, dont le secteur de Grondines, et dans le secteur des îles Finlay de la rivière des Outaouais, qui abritent les deux plus grosses populations connues à ce jour.
Rangs de précarité
Le rang de précarité provincial (rang S) pour cette espèce est S2.
Observation
La manipulation des moules d’eau douce indigènes vivantes est interdite par la réglementation.
Vous pouvez transmettre vos observations d’obovarie olivâtre au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec.
Habitat
L’obovarie olivâtre vit dans les cours d’eau de taille moyenne à grande, à des profondeurs allant de moins de 0,5 à plus de 12 m. Elle est observée dans une grande variété de substrats tels que le limon, le sable, le gravier et les cailloux ou un mélange de ceux-ci. Elle préfère les substrats sablonneux ou de sable mélangé avec du gravier. Elle est généralement observée dans un courant modéré à fort.
Alimentation
L’obovarie olivâtre est omnivore. Elle s’alimente en filtrant de petites particules en suspension dans l’eau, mesurant moins de 0,02 mm. Ses principales sources de nourriture sont le phytoplancton, le zooplancton, les bactéries, les détritus, la matière organique et certains protozoaires. L’obovarie olivâtre peut également se nourrir de particules dans les sédiments qu’elle transporte à l’intérieur de sa coquille grâce au mouvement des cils de son pied.
Reproduction
Lors de la reproduction de l’obovarie olivâtre, les mâles libèrent leur sperme dans l’eau, qui est ensuite capté par les femelles. Les œufs sont fertilisés dans une partie des branchies appelée « marsupium ». Au Québec, la fertilisation des œufs débute en juillet. Divers stades de gestation ont été observés chez la femelle du début août jusqu’à la fin novembre. La relâche des larves (glochidies) de l’obovarie olivâtre a été documentée à l’automne, en hiver et au printemps aux États-Unis.
Les glochidies de l’obovarie olivâtre n’ont pas de crochets et s’enkystent sur les branchies de l’esturgeon jaune. Après plusieurs semaines ou plusieurs mois, dépendamment de la période depuis laquelle la glochidie est sur son hôte, elle se détache. Elle se dépose ensuite au fond pour coloniser les sédiments et amorcer sa phase juvénile.
Menaces pour l’espèce
Les principales menaces qui pèsent sur l’obovarie olivâtre sont :
- La modification des systèmes naturels par les barrages, qui représentent des obstacles à la migration de l’esturgeon jaune, son poisson hôte, qui modifient l’écoulement et qui confinent des populations dans un tronçon de cours d’eau;
- Les espèces exotiques envahissantes, en particulier les moules zébrées et les moules quaggas, qui se fixent sur les moules indigènes à l’aide de leurs filaments, appelés « byssus ». Elles nuisent ainsi à leurs activités d’alimentation, de respiration, d’enfouissement et de déplacement;
- La pollution agricole, urbaine et industrielle, qui diminue la qualité de l’eau;
- Les changements climatiques, qui augmentent les fluctuations des périodes de sécheresse, de pluies surabondantes, et les variations de température de l’eau durant la saison active de ces moules.
Maladies
Les moules sont souvent infectées par différents parasites, en particulier les mites d’eau, qui infestent les branchies et parfois le manteau. Certains vers, appelés « trématodes », peuvent causer des lésions aux tissus. Habituellement, le taux d’infection est bas et varie selon les espèces.
Désignation et rétablissement
Au Québec, l’obovarie olivâtre est une espèce désignée menacée depuis 2023 selon la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables du Québec.
Pour connaître le statut de l’espèce selon la Loi sur les espèces en péril du Canada, consultez le Registre public des espèces en péril.
Apprenez-en plus sur le processus de désignation des espèces fauniques au Québec.
En complément
Faites attention de ne pas piétiner les moules d’eau douce indigènes quand vous vous déplacez dans les plans d’eau. Elles sont bénéfiques pour l’équilibre des écosystèmes aquatiques et elles font partie des groupes dont le déclin est le plus marqué au Québec et en Amérique du Nord.
Pour en savoir plus
Références
BOUVIER, L. D., A. PAQUET et T. J. MORRIS (2013). Information à l’appui de l’évaluation du potentiel de rétablissement de l’obovarie olivâtre (Obovaria olivaria) au Canada, Secr. can. de consult. sci. du MPO, Doc. de rech. 2013/041. v + 47 p.
BUCHOLZ, J. R., N. SARD, N. M. VanTassel, J. D. Lozier, T. J. MORRIS, A. PAQUET et D. T. ZANATTA (2022). RAD-tag and mitchondrial DNA sequencing reveal the genetic structure of a widespread and regionally imperiled freshwater mussel, Obovaria olivaria (Bivalvia: Unionidae). Ecology and Evolution. 12:e8560.
CLARKE, A. H. (1981). Les mollusques d’eau douce du Canada, Musée des sciences naturelles, Musées nationaux du Canada, Ottawa, 447 p.
COSEPAC (2011). Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’obovarie olivâtre (Obovaria olivaria) au Canada, Ottawa, XI + 52 p.
HAAG, W. R. 2012. North American Freshwater Mussels: Natural History, Ecology, and Conservation, Cambridge University Press, New York, 505 p.
MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT, DE LA LUTTE CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES, DE LA FAUNE ET DES PARCS (1999). Banque de données sur les mollusques d’eau douce du Québec [Extraction du 6 mars 2024].
STRAYER, D. L. et K. J. JIRKA (1997). The Pearly Mussels of New York State, The New York State Education Department, New York State Museum, Memoir 26, 113 p.
Dernière mise à jour : 20 février 2026