Tortue à oreilles rouges

Tortue à oreilles rouges. © Scott Gillingwater

Nom français
Tortue à oreilles rouges

Autre(s) nom(s) français
Trachémyde à tempes rouges

Nom anglais
Red-eared slider

Autre(s) nom(s) anglais
Slider

Nom scientifique
Trachemys scripta elegans

Grand groupe
Reptiles

Espèces d'intérêt
Tortues

Description

La tortue à oreilles rouges est un reptile populaire comme animal de compagnie, en vente en animalerie. Cette espèce exotique envahissante présente au Québec peut avoir des effets néfastes sur la faune, surtout sur les espèces indigènes de tortue qui sont déjà précaires.

Identification

Taille

La taille de la carapace peut atteindre 29 cm.

Poids

Son poids est variable. Il peut atteindre 2 à 3 kg à l’âge adulte.

Coloration

La peau de sa tête, de son cou, ainsi que de ses membres est verdâtre et striée de lignes jaunes. La dossière de sa carapace est de couleur brun olive et parcourue de lignes jaunes. Le plastron est jaune et généralement marqué de grandes taches noires sur les écailles.

La coloration de certains mâles adultes (et parfois des femelles) peut devenir plus sombre avec l’âge. Le jaune et le rouge sont alors remplacés par des pigments bruns et noirs.

Traits caractéristiques 

La tortue à oreilles rouges doit son nom à la présence d’une tache rougeâtre ou orange derrière chaque œil. Sa carapace est ovale et plutôt bombée.

Distinction 

Parmi les huit espèces de tortues d’eau douce au Québec, la tortue peinte est la plus susceptible d’être confondue avec la tortue à oreilles rouges. Il est possible de distinguer les deux espèces par les taches rougeâtres derrière les yeux de la tortue à oreilles rouges. Par ailleurs, le patron de la dossière, soit la partie supérieure de la carapace, est lisse et foncé chez la tortue peinte. De plus, celle-ci est dépourvue de marques noires sur son plastron.

Espèce similaire

Tortue peinte

Répartition

Au Québec, la tortue à oreilles rouges se trouve dans la partie la plus nordique de son aire de répartition en Amérique. Toujours au Québec, elle a été observée de façon ponctuelle dans toutes les régions sauf la Côte-Nord et le Nord-du-Québec.

Présence au Québec

La libération intentionnelle ou accidentelle de tortues à oreilles rouges d’aquarium ou de jardins d’eau dans les plans d’eau publics représente la voie d’entrée principale de cette espèce dans les réseaux hydrographiques du Québec.

La tortue à oreilles rouges est native du bassin du Mississipi. Elle est vite devenue la tortue vedette dans le commerce des tortues domestiques. Entre 1989 et 1997, plus de 52 millions d’individus ont été exportés des États-Unis dans les magasins d’élevage de poissons ornementaux.

Cette espèce est devenue très populaire en raison de sa petite taille, de ses faibles exigences en situation d’élevage et de son coût négligeable. Peu de propriétaires réalisent qu’elle peut dépasser 40 cm de longueur à l’âge adulte et vivre plus de 50 ans en captivité. Plusieurs ont donc relâché dans les étangs urbains leurs tortues de compagnie, une fois devenues trop grosses, favorisant ainsi l’établissement de cette espèce dans de nombreuses zones humides. Elle est devenue par conséquent, et de loin, l’espèce de tortue non indigène la plus introduite dans le monde entier.

Origine

Exotique

Statut de résidence des populations

Cette espèce vit au Québec, mais elle ne parvient pas à se reproduire ici.

État de la situation

Jusqu’à maintenant, la tortue à oreilles rouges ne semblait pas pouvoir se reproduire et élever des jeunes viables au Québec. Cependant, en 2010, des observations de ponte ont été rapportées dans la région de Montréal. Des conditions climatiques favorables, à la faveur de printemps plus hâtifs et plus chauds, pourraient désormais lui permettre de se reproduire et de se répandre dans nos régions. Peu de suivis scientifiques sont disponibles sur cette espèce. Mais les découvertes de sites de ponte inquiètent les scientifiques.

Signalement

La tortue à oreilles rouges est une espèce exotique envahissante. Vous pouvez la signaler en transmettant vos observations de tortues à oreilles rouges en milieu naturel à Carapace.ca Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre..

Habitat

La tortue à oreilles rouges est un reptile d’eau douce qui fréquente les cours d’eau calmes et lents, les étangs, les lacs et les marais. Au Québec, elle passe l’hiver en hibernation au fond des étangs.

Alimentation

La tortue à oreilles rouges est omnivore. Elle mange des plantes aquatiques et de petits animaux comme des insectes, des invertébrés, des têtards, des poissons ou des œufs de grenouilles.

Reproduction

Le comportement de parade de la tortue à oreilles rouges est très ritualisé. Le mâle nage en avant de sa partenaire potentielle, se retourne pour lui faire face et étire ses pattes antérieures, les palmes étirées. La femelle s’immobilise et le mâle la titille en faisant vibrer ses griffes le long de la tête de cette dernière. La femelle ferme les yeux lorsqu’elle est prête à s’accoupler.

La période de nidification de la tortue à oreilles rouges s’étend, aux États-Unis, d’où l’espèce est native, entre avril et août, avec un pic en mai et juin. Les femelles pondent entre 1 et 5 fois par année en déposant en moyenne 6 œufs par ponte. Ainsi, elles peuvent pondre environ 30 œufs par saison de reproduction.

La taille de la couvée varie selon la taille et la masse de la femelle. Les œufs sont placés dans un nid creusé dans le sol et judicieusement choisi pour leur fournir un environnement thermique stable, favorable à leur développement. La durée d’incubation dépend de la température ambiante. L’éclosion se produit généralement après 60 à 80 jours. Le climat du Québec limite les tortues à une seule ponte par année, bien qu’aucun jeune viable se semble se développer à partir de ces pontes pour le moment.

La maturité sexuelle est atteinte à partir d’une taille critique qui varie selon les conditions environnementales. En moyenne, les mâles atteignent cette maturité lorsqu’ils mesurent entre 10 et 15 cm, tandis que les femelles doivent mesurer au moins 15 à 17 cm.

Comportement

La tortue est un animal ectotherme, c’est-à-dire que la température de son corps dépend de la température ambiante. Elle recherche donc des zones de chaleur et se repose souvent au soleil à la surface de l’eau ou sur des perchoirs (roches, billes de bois). Elle peut alors optimiser sa température interne et mener ses activités quotidiennes.

Sa capacité d’activité maximale est atteinte à des températures entre 25 et 30 °C. La tortue peut cependant tolérer des températures jusqu’à 42 °C et elle a déjà été vue en train de nager sous la glace.

Maladies

Comme la plupart des reptiles, la tortue à oreilles rouges peut être porteuse des bactéries causant la salmonellose, une maladie transmissible à l’humain.

En cas de contact

Lavez-vous les mains avec de l’eau et du savon ou une solution hydroalcoolique d’au moins 60 % d’alcool après avoir manipulé une tortue. Consultez la liste des bonnes pratiques à adopter pour éviter la transmission de salmonelles avec des reptiles Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre..

Conséquences, prévention et contrôle

La tortue à oreilles rouges est un compétiteur agressif. Dans les endroits où des populations se sont établies, la tortue à oreilles rouges présente un avantage sur les espèces indigènes de tortue, car l’âge de maturité est plus hâtif, le taux de fécondité est plus élevé et la taille corporelle est plus imposante à l’âge adulte.

La tortue à oreilles rouges est capable de causer des déséquilibres dans les habitats qu’elle colonise facilement. Puisqu’elle est très tolérante, elle peut s’établir rapidement dans de nouveaux milieux. Elle peut ainsi s’adapter à des eaux saumâtres et survivre dans des canaux d’irrigation et des étangs urbains.

De plus, son régime alimentaire omnivore en fait une redoutable envahisseuse. Elle est capable de menacer de nombreuses populations et espèces animales et végétales.

Malgré son occurrence et les alertes lancées à travers le monde, les impacts de la tortue à oreilles rouges sur les écosystèmes sont encore mal cernés.

Méthodes de prévention

Plusieurs pays ont pris la mesure draconienne d’interdire l’importation de cette espèce. Au Québec, son commerce est autorisé. Les risques de propagation de la tortue à oreilles rouges sont associés à la libération accidentelle, mais surtout volontaire par une personne qui ne souhaite plus avoir cet animal domestique à la maison. Suivez nos conseils si vous désirez vous départir de votre animal de compagnie.

Découvrez comment vous pouvez participer à la lutte contre les espèces exotiques envahissantes animales.

Dernière mise à jour : 20 juin 2024

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