Vivipare chinoise

Nom français
Vivipare chinoise

Nom anglais
Chinese mystery snail

Nom scientifique
Cipangopaludina chinensis

Grand groupe
Invertébrés

Sous-groupe
Mollusques et crustacés

Description

La vivipare chinoise est un gros escargot vivant en eau douce. Cette espèce exotique est potentiellement préoccupante et présente au Québec.

Identification

Taille

Sa longueur peut atteindre 70 mm.

Coloration

À l’état adulte, la couleur de la vivipare chinoise est vert olive, brun verdâtre, brun ou brun rouge. À l’intérieur, sa coquille varie du blanc au bleu pâle, tandis que la bordure de l’ouverture de la coquille (péristome) est noire. À l’état juvénile, la coquille est pâle et devient de plus en plus foncée au cours de la croissance du mollusque.

Traits caractéristiques

La coquille de la vivipare chinoise est épaisse et sphérique, c’est-à-dire que la hauteur et la largeur de la coquille sont presque équivalentes.

Son opercule (soit la formation cornée ou calcaire qui, en se rabattant, permet d’obstruer le trou de la coquille) est particulièrement dur. Cette caractéristique lui permet de se défendre très efficacement contre les prédateurs et lui assure une meilleure protection contre les conditions environnementales défavorables.

La coquille du juvénile possède sur son dernier tour une carène cartilagineuse distinctive (sculpture proéminente allongée).

Le mâle peut être différencié de la femelle par son tentacule droit modifié qui joue le rôle d’un pénis.

Il existe une grande variabilité entre les individus. Selon les conditions environnementales dans lesquelles la vivipare chinoise se trouve, sa coquille adoptera un certain motif de croissance, donnant lieu ainsi à plusieurs formes distinctes au sein de cette espèce. Il s’agit d’une croissance dite « allométrique », c’est-à-dire qu’elle est plus rapide en hauteur qu’en largeur.

Distinction

Bellamya japonica ressemble beaucoup à la vivipare chinoise. L’idée de considérer ces espèces comme deux phénotypes de la même espèce fait actuellement l’objet d’un débat. Il existe cependant des différences évidentes dans la morphologie et l’anatomie de la coquille embryonnaire entre les deux escargots. La coquille de Bellamya japonica est plus allongée que celle de la vivipare chinoise.

Espèce similaire

Bellamya japonica

Répartition

La vivipare chinoise évolue en tant qu’espèce exotique sur la grande majorité du territoire des États-Unis, où elle est toujours vendue dans les marchés chinois. Elle est bien établie dans la baie de San Francisco, en Californie. Elle a été découverte récemment aux PaysBas, ce qui constitue la première mention européenne.

Elle est présente au Canada et est considérée comme « bien établie » à certains endroits du sud et de l’est de l’Ontario, y compris au lac Érié. Elle est également rapportée en Colombie-Britannique et en NouvelleÉcosse.

Au Québec, l’espèce est établie dans les régions de la CapitaleNationale et de ChaudièreAppalaches, de l’Estrie, de Lanaudière et des Laurentides, de Montréal, de Laval et de la Montérégie ainsi que de l’Outaouais.

Présence au Québec

L’aire de répartition naturelle de la vivipare chinoise se situe en Asie, plus précisément dans le Sud-Est asiatique, au Japon, en Chine, en Corée, puis dans l’est de la Russie.

Elle a été introduite au Canada et dans une grande portion des États-Unis probablement par les magasins d’élevage de poissons ornementaux, l’industrie des jardins d’eau, puis comme ressource alimentaire. De plus, elle a pu être transportée vers de nouveaux sites de colonisation par bateau. En effet, la vivipare chinoise peut se trouver parmi les plantes aquatiques (macrophytes) qui infestent souvent la coque des embarcations. Elle peut supporter une exposition prolongée à l’air libre.

Origine

Exotique

Statut de résidence des populations

Cette espèce vit au Québec toute l’année.

État de la situation

La vivipare chinoise a d’abord été introduite en 1931 par un groupe reproducteur provenant d’un aquarium privé qui a été relâché dans la rivière Niagara. Puis, dans les années 1940, elle a été volontairement libérée dans le lac Érié comme source de nourriture intéressante pour la barbue de rivière.

Le lac Érié est probablement à l’origine de l’introduction de l’espèce au lac Champlain où sa présence dans le bassin versant a été notée pour la première fois en 2003.

Signalement

Comme la vivipare chinoise est une espèce envahissante établie au Québec, sa présence dans un plan d’eau doit nous être signalée. Consultez la procédure pour savoir comment nous signaler la présence d’une espèce exotique envahissante animale.

Habitat

La vivipare chinoise fréquente les vastes étendues d’eau à circulation nulle ou lente ou les eaux courantes à faible débit, caractérisées par des fonds mous, boueux ou limoneux. Les rivières, les étangs, les lacs, les canaux d’irrigation et même les fossés creusés en bordure des routes constituent des habitats potentiels pour cette espèce.

Les adultes vivent en surface ou sont partiellement enterrés dans la boue ou le limon. Quant aux juvéniles, on les observe davantage dans les crevasses ou sous les roches.

Ce gastéropode possède une grande tolérance aux variations environnementales. Il s’agit d’une espèce de climat tempéré qui peut évoluer à des températures oscillant de 0 °C à 30 °C. De plus, elle peut vivre à des profondeurs variant de 0,2 m à 3 m et s’établir dans des eaux stagnantes près des fosses septiques. Elle peut supporter les hivers très froids et est pourvue d’une grande résistance à la dessiccation.

Reproduction

Les femelles sont ovovivipares, c’est-à-dire qu’elles conservent leurs œufs jusqu’à l’éclosion des jeunes. Elles donnent ainsi naissance à des escargots complètement formés. Elles peuvent produire environ 65 juvéniles par année, mesurant 5 mm et possédant déjà une coquille à la naissance.

La présence d’un prédateur dans l’environnement de la vivipare chinoise lors de la période de reproduction peut entraîner chez la femelle une réponse défensive. En effet, lorsque l’écrevisse américaine évolue dans les eaux environnantes, les jeunes naissent deux fois plus nombreux et sont habituellement plus petits. De plus, leur coquille possède une teneur en matières organiques plus élevée que celles des jeunes nés dans un milieu sans prédateurs.

Prévention et contrôle de son introduction

La vivipare chinoise peut devenir envahissante dans un plan d’eau où elle n’est pas présente naturellement. Certaines méthodes de prévention doivent être appliquées pour éviter son introduction en dehors de son aire de répartition naturelle.

Il est important de ne jamais relâcher d’individus dans la nature. Il est aussi préférable d’enlever les macrophytes, c’est-à-dire les plantes aquatiques visibles à l’œil nu qui s’accrochent à la coque de vos embarcations plutôt que d’utiliser cet escargot.

Conséquences de son introduction

La vivipare chinoise est un escargot de taille relativement importante pouvant atteindre des densités de plus de 40 individus par mètre carré. Elle peut donc rapidement devenir incommodante pour les espèces indigènes.

En plus de pouvoir déloger des espèces indigènes de leur habitat d’origine, la vivipare chinoise pourrait contribuer à réduire la quantité de nourriture disponible, menacer la diversité des algues croissant dans son habitat, puis altérer la qualité de l’eau. Expérimentalement, sa présence a été associée au déclin de deux gastéropodes, Physella gyrina et Lymnaea stagnalis, probablement en raison de la compétition pour la nourriture.

La vivipare chinoise pourrait transmettre des parasites à la population nord-américaine. Dans son aire de répartition naturelle, elle peut transmettre des vers parasitaires intestinaux qui pourraient infecter les personnes qui en consomment. Toutefois, peu d’information est disponible sur le sujet, et aucun cas de ce genre n’a encore été rapporté aux États-Unis.

Ce gros escargot peut également obstruer des conduites d’eau. Ses coquilles mortes ou desséchées peuvent s’agglomérer le long des rives, constituant une nuisance pour certains résidents.

Dernière mise à jour : 19 avril 2024

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