Nerprun bourdaine
Nerprun bourdaine. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Nom français
Nerprun bourdaine
Autre(s) nom(s) français
Aulne noir
Nom anglais
Glossy buckthorn
Frangula alnus Miller
Groupe de plantes
Arbustes
Situation au Québec
Espèce envahissante
Famille
Rhamnaceae
Dans cette page :
Description
Le nerprun bourdaine est un arbuste ou un petit arbre qui peut mesurer jusqu’à 7 m de haut et former des buissons denses. Originaire de l’Eurasie, il est considéré comme une espèce exotique envahissante.
Identification
Tige/Tronc
L’écorce du nerprun bourdaine est gris brunâtre et présente de petits orifices appelés « lenticelles », qui permettent l’aération de la plante. Ces dernières sont blanches et légèrement surélevées. Sur les grosses tiges, l'écorce peut être légèrement fissurée. Les nouvelles pousses et les extrémités des tiges peuvent être couvertes de poils. Lorsqu’on coupe son tronc, il produit de nouvelles tiges, appelées « rejets de souche ».

Tronc du nerprun bourdaine avec ses lenticelles. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Feuilles
Les feuilles du nerprun bourdaine sont disposées en alternance sur les tiges. Elles mesurent entre 4 et 7 cm de long par 2 à 4 cm de large. Elles sont de forme ovale et leur bordure est lisse. Elles ont une nervure centrale et de six à dix paires de nervures secondaires légèrement courbées. La surface des feuilles est brillante et vert foncé. Elles restent vertes jusqu'à la fin de l'automne, où elles peuvent jaunir. Elles restent sur les tiges plus longtemps que celles de nombreuses autres plantes.

Feuilles du nerprun bourdaine. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Fleurs
Les fleurs du nerprun bourdaine sont petites, ont la forme d’une cloche et portent cinq pétales de couleur jaune verdâtre. Elles sont bisexuées, c'est-à-dire qu'elles ont des organes mâles et femelles. Elles peuvent être seules ou en petits groupes de deux à huit fleurs à la base des feuilles. Les fleurs apparaissent de mai à septembre, après la formation des feuilles.

Fleurs du nerprun bourdaine. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Fruits
Les fruits du nerprun bourdaine sont des drupes, c’est-à-dire des fruits charnus dont le noyau contient deux ou trois graines. Ils sont ronds, verts au début, puis ils deviennent rouges avant de devenir noirs à maturité. Il est fréquent d’observer des fruits rouges et noirs en même temps sur un même plant. Les fruits mesurent entre 0,5 et 1 cm de diamètre.

Fruits du nerprun bourdaine. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Espèces similaires
Nerprun cathartique (Rhamnus cathartica)
Nerprun à feuilles d’aulne (Endotropis alnifolius)
Distinctions
Le nerprun bourdaine peut être confondu avec le nerprun cathartique ou le nerprun à feuilles d’aulne.
Le nerprun cathartique, une espèce exotique envahissante, se distingue par ses feuilles dentées et la présence d’épines à la pointe de ses branches. Ses feuilles ont de trois à cinq paires de nervures secondaires très courbées et ses fruits passent directement du vert au noir à maturité.
Le nerprun à feuilles d’aulne est une espèce indigène, plus petite (moins d’un mètre de haut). Ses feuilles sont finement dentées et ont de cinq à sept paires de nervures secondaires.
Répartition
Originaire de l’Eurasie, le nerprun bourdaine a été introduit en Amérique du Nord comme plante ornementale. Il est présent au Québec depuis 1886. On l’observe principalement en Montérégie et en Estrie, mais il est présent dans toutes les régions du Québec, sauf en Abitibi-Témiscamingue, au Nord-du-Québec et sur la Côte-Nord.
Présence au Québec
Origine
Exotique
État de la situation
Le nerprun bourdaine est établi au Québec. Il y est présent depuis 1886, mais ce n’est qu’à partir des années 1990 que ses populations ont commencé à augmenter. Son expansion continue s’explique par sa propagation rapide et son contrôle difficile.
Signalement
Comme le nerprun bourdaine est une espèce exotique envahissante au Québec, il est important de signaler sa présence à l’aide de l’outil Sentinelle afin de brosser un meilleur portrait de sa situation au Québec et de suivre son évolution.
Habitat
Le nerprun bourdaine a besoin d’une bonne luminosité pour atteindre sa taille maximale, mais il tolère aussi l’ombre. Dans une forêt présentant un bon couvert forestier, sa croissance est plus lente et sa production de fruits diminue. Une ouverture du couvert forestier, due à la chute d’un arbre ou à des travaux forestiers, stimule sa croissance et la germination de ses graines.
Il préfère les sols humides qui ne sont pas inondés en permanence. Il s’adapte à différents types de sols, qu’ils soient acides, basiques, riches en minéraux ou en matières organiques.
Il peut s’établir dans des endroits variés, comme les champs abandonnés, en bordure des forêts, dans les forêts tourbeuses, les pâturages, les plantations forestières, en bordure des routes, dans les tourbières, dans les terrains vagues, les terres agricoles, les prairies humides et les jardins.
Reproduction et propagation
Le nerprun bourdaine se reproduit par ses fruits. Ceux-ci sont mangés par des oiseaux ou tombent au sol, où ils peuvent être consommés par des rongeurs. Ces animaux dispersent ensuite les graines sur de grandes distances. Les graines peuvent rester dans le sol pendant quelques années avant de germer au printemps, surtout après une ouverture du couvert forestier ou une perturbation du sol.
La coupe du nerprun bourdaine peut entraîner la production de nombreux rejets de souche, ce qui contribue aussi à sa multiplication.
Conséquences, prévention et contrôle
Le nerprun bourdaine est classé parmi les espèces exotiques envahissantes prioritaires pour des actions de lutte au Québec puisqu’il s’agit d’une espèce préoccupante en termes de nuisance pour la biodiversité et l’environnement.
Lorsque le nerprun bourdaine domine plus de 50 % des arbustes présents dans un habitat, il peut modifier la dynamique naturelle du milieu forestier. Les taux de survie et de croissance des tiges d’érables, de chênes, de frênes et de pins sont alors réduits. Il affecte aussi certaines plantes herbacées de sous-bois en leur bloquant la lumière.
Il est donc important :
- De surveiller son introduction dans les milieux naturels;
- De signaler sa présence pour évaluer sa répartition et suivre son évolution;
- D’évaluer les risques et les impacts liés à sa présence.
Méthode de prévention
Des gestes peuvent être posés pour prévenir l’introduction et la propagation du nerprun bourdaine :
- Évitez de semer, de planter, de multiplier ou de transporter cette plante;
- Apprenez à le reconnaître;
- Évitez de disperser les graines lors du déplacement de machinerie contaminée et du transport de terre. Évitez également d’utiliser cette terre;
- Lors de travaux sylvicoles en présence du nerprun bourdaine, optez pour des techniques de coupe qui favorisent le maintien du couvert forestier et la croissance des espèces arborescentes et arbustives indigènes;
- Jetez dans les ordures les résidus de nerprun bourdaine qui contiennent des fruits. Ne les laissez pas dans la nature et ne les compostez pas.
Méthodes de contrôle
Le nerprun bourdaine est très difficile à éliminer. Il est conseillé de commencer la lutte dès son apparition et de poursuivre les efforts pendant plusieurs années, en suivant de près les zones traitées.
Voici quelques méthodes de contrôle recommandées :
L’arrachage des semis ou des petits plants de moins de 1 cm de diamètre peut être réalisé manuellement en tirant sur la tige. Les plants de 1 à 8 cm de diamètre doivent être extraits avec un outil à déraciner. Un sol humide qui n’est pas compacté est idéal pour l’extraction des racines.
La coupe répétée des plants, de deux à trois fois durant la saison de croissance et pendant deux à trois années consécutives, peut affaiblir les tiges. Cependant, cette méthode ne les élimine pas complètement, car le nerprun bourdaine produit de nouvelles tiges après la coupe de ses branches. Il faut donc répéter les coupes pour obtenir des résultats à long terme.
Les tiges coupées portant des fruits doivent être jetées aux ordures, enfouies à une profondeur de 20 à 30 cm, pour empêcher la germination des graines, ou brulées (en respectant la réglementation municipale). Les tiges sans fruits peuvent être laissées sur place, car elles ne propagent pas l’espèce.
En dernier recours, vous pouvez utiliser des herbicides homologués. Avant leur utilisation, assurez-vous de respecter la règlementation en vigueur et les conditions d’utilisation du produit. Pour plus d’informations, consultez la page Application de pesticides commerciaux.
Pour les interventions dans les milieux humides et les rives et le littoral des lacs et des cours d’eau, il peut être nécessaire d’obtenir des autorisations. Consultez votre municipalité et le bureau du Ministère de votre région avant d’intervenir dans ces milieux.
Pour réaliser des travaux d’aménagement forestier dans la forêt publique, notamment des travaux de lutte contre des espèces exotiques envahissantes, vous devez obtenir un permis d’intervention. Pour ce faire, il faut remplir le formulaire de demande et l’envoyer à l’unité de gestion de la région concernée.
Pour en savoir plus
Références
BROUILLET, L., F. COURSOL, S.J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET. (2010+). VASCAN, la Base de données des plantes vasculaires du Canada. http://data.canadensys.net/vascan/ (consultée le 2024-09-19)
NESOM, G. L., SAWYER, J., O. « Rhamnus alnifolia », Flora of North America, [En ligne]. 1993+. [http://floranorthamerica.org/Rhamnus_alnifolia] (consulté le 2024-10-31)
NATIVE PLANT TRUST. GO BOTANY (4.1), [En ligne]. [https://gobotany.nativeplanttrust.org/] (Consulté le 2024-09-19).
LAVOIE, Claude. 50 plantes envahissantes : protéger la nature et l’agriculture, Québec, Les Publications du Québec, 2019, 415 p.
MARIE-VICTORIN, BROUILLET, L., ROULEAU, E., GOULET, I., & HAY, S. Flore laurentienne, Boucherville, Québec, 3e éd. mise à jour et annotée, Groupe Morin, 2002, 1093 p.
Dernière mise à jour : 28 janvier 2026
