Nerprun cathartique
Nerprun cathartique. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Nom français
Nerprun cathartique
Autre(s) nom(s) français
Nerprun purgatif
Nom anglais
European buckthorn
Autre(s) nom(s) anglais
Purging buckthorn
Rhamnus cathartica Linnaeus
Groupe de plantes
Arbustes
Situation au Québec
Espèce envahissante
Famille
Rhamnaceae
Dans cette page :
Description
Le nerprun cathartique est un arbuste ou un petit arbre qui mesure généralement moins de 4 m, mais qui peut parfois atteindre jusqu’à 8 m. Originaire de l’Eurasie, il est considéré comme une espèce exotique envahissante.
Identification
Tige/Tronc
L’écorce du nerprun cathartique est gris brunâtre et présente de petits orifices appelés « lenticelles », qui permettent l’aération de la plante. Ces dernières sont blanches et légèrement surélevées. Sur les grosses tiges, l'écorce peut être légèrement fissurée. À l’extrémité des branches, une épine de 0,5 et 2,2 cm se forme. Lorsqu’on coupe son tronc, il produit de nouvelles tiges, appelées « rejets de souche ».

Tronc du nerprun cathartique avec ses lenticelles. © Chris Evans, University of Illinois, Bugwood.org
Feuilles
Les feuilles du nerprun cathartique sont disposées par paires sur les tiges. Elles mesurent entre 2 et 6 cm de long par 1 à 4 cm de large. Elles sont de forme ovale et leur bordure est dentelée. Elles ont une nervure centrale et trois à cinq paires de nervures secondaires fortement courbées. La surface des feuilles est vert foncé et leur revers est plus pâle.

Feuille du nerprun cathartique. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Fleurs
Les fleurs du nerprun cathartique ont quatre pétales de couleur jaune verdâtre et sont regroupées à la base des feuilles. Les fleurs mâles et femelles sont présentes sur des plants séparés. Les fleurs apparaissent tôt au printemps.

Fleurs du nerprun cathartique. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Fruits
Les fruits du nerprun cathartique sont des drupes, c’est à-dire des fruits charnus dont le noyau contient une à cinq graines. Ils sont ronds et verts, puis ils deviennent noirs à maturité. Ils mesurent entre 0,5 et 1 cm de diamètre.
Les fruits apparaissent en juin et commencent à tomber à la fin de septembre. Certains fruits peuvent rester accrochés aux branches pendant l’hiver.

Fruits du nerprun cathartique. © Louis-M. Landry
Espèces similaires
Nerprun bourdaine (Frangula alnus)
Nerprun à feuilles d’aulne (Endotropis alnifolia)
Distinctions
Le nerprun cathartique peut être confondu avec le nerprun bourdaine et le nerprun à feuilles d’aulne.
Le nerprun bourdaine, une espèce exotique envahissante, se distingue par ses feuilles aux rebords lisses et l’absence d’épines à la pointe de ses branches. Ses feuilles ont une surface brillante et de six à dix paires de nervures secondaires légèrement courbées. Il est fréquent d’observer des fruits rouges et noirs sur un même plant.
Le nerprun à feuilles d’aulne est une espèce indigène, plus petite (moins d’un mètre de haut). Ses feuilles sont finement dentées et ont de cinq à sept paires de nervures secondaires.
Répartition
Originaire de l’Eurasie, le nerprun cathartique a été introduit en Amérique du Nord comme plante ornementale. Il est présent au Québec depuis 1900. On l’observe principalement en Montérégie et à Montréal, mais il est présent dans toutes les régions du Québec, sauf en Abitibi-Témiscamingue, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, au Nord-du-Québec, en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et sur la Côte-Nord.
Présence au Québec
Origine
Exotique
État de la situation
Le nerprun cathartique est établi au Québec depuis 1900, mais ce n’est qu’à partir des années 2000 que ses populations ont commencé à augmenter. Son expansion continue s’explique par sa propagation rapide et son contrôle difficile.
Signalement
Comme le nerprun cathartique est une espèce exotique envahissante au Québec, il est important de signaler sa présence à l’aide de l’outil Sentinelle afin de brosser un meilleur portrait de sa situation au Québec et de suivre son évolution.
Habitat
Le nerprun cathartique a besoin d’une bonne luminosité pour atteindre sa taille maximale, mais il tolère aussi l’ombre. Dans une forêt présentant un bon couvert forestier, sa croissance est plus lente et sa production de fruits diminue. Une ouverture du couvert forestier, due à la chute d’un arbre ou à des travaux forestiers, stimule sa croissance et la germination de ses graines.
Il préfère les sols humides qui ne sont pas inondés en permanence. Il s’adapte à différents types de sols, qu’ils soient argileux, riches en calcaire ou au pH basique.
Il peut s’établir dans des endroits variés, comme les champs abandonnés, en bordure des forêts, les pâturages, les plantations forestières, les boisés urbains, en bordure des routes, dans les terrains vagues, les terres agricoles, les prairies humides et les jardins.
Reproduction et propagation
Le nerprun cathartique se reproduit par ses fruits. Ceux-ci sont mangés par des oiseaux ou tombent au sol où ils peuvent être consommés par des rongeurs. Ces animaux dispersent ensuite les graines sur de grandes distances. Les graines peuvent rester dans le sol pendant quelques années avant de germer au printemps, surtout après une ouverture du couvert forestier ou une perturbation du sol.
La coupe du nerprun cathartique peut entraîner la production de nombreux rejets de souche, ce qui contribue aussi à sa multiplication.
Conséquences, prévention et contrôle
Le nerprun cathartique est classé parmi les espèces exotiques envahissantes prioritaires pour des actions de lutte au Québec puisqu’il s’agit d’une espèce préoccupante en termes de nuisance pour la biodiversité et l’environnement.
Le nerprun cathartique, en produisant de l’émodine, un composé chimique, lors de sa décomposition, peut nuire à la reproduction de certains amphibiens, comme la rainette faux-grillon de l’Ouest, une espèce menacée en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables du Québec. Il peut aussi affecter certaines populations d’oiseaux et empêcher la croissance de plantes herbacées de sous-bois en leur bloquant la lumière.
Il est donc important :
- De surveiller son introduction dans les milieux naturels;
- De signaler sa présence pour évaluer sa répartition et suivre son évolution;
- D’évaluer les risques et les impacts liés à sa présence.
Méthode de prévention
Des gestes peuvent être posés pour prévenir l’introduction et la propagation du nerprun cathartique :
- Évitez de semer, de planter, de multiplier ou de transporter cette plante;
- Apprenez à le reconnaître;
- Évitez de disperser les graines lors du déplacement de machinerie contaminée et du transport de terre. Évitez également d’utiliser cette terre;
- Lors de travaux sylvicoles en présence du nerprun cathartique, optez pour des techniques de coupe qui favorisent le maintien du couvert forestier et la croissance des espèces arborescentes et arbustives indigènes;
- Jetez dans les ordures les résidus de nerprun cathartique qui contiennent des fruits. Ne les laissez pas dans la nature et ne les compostez pas.
Méthodes de contrôle
Le nerprun cathartique est très difficile à éliminer. Il est recommandé de débuter la lutte dès l’apparition de l’espèce et de continuer les efforts sur plusieurs années, en effectuant un suivi rigoureux des zones traitées.
Voici quelques méthodes de contrôle recommandées :
L’arrachage des semis ou des petits plants de moins de 1 cm de diamètre peut être réalisé manuellement en tirant sur la tige. Les plants de 1 à 8 cm de diamètre doivent être extraits avec un outil à déraciner. Un sol humide qui n’est pas compacté est idéal pour l’extraction des racines.
La coupe répétée des plants, deux à trois fois durant la saison de croissance et pendant deux à trois années consécutives, peut affaiblir les tiges. Cependant, cette méthode ne les élimine pas complètement, car le nerprun cathartique produit de nouvelles tiges après la coupe de ses branches. Il faut donc répéter les coupes pour obtenir des résultats à long terme.
Les tiges coupées portant des fruits doivent être jetées aux ordures, enfouies à une profondeur de 20 à 30 cm, pour empêcher la germination des graines, ou brûlées (en respectant la réglementation municipale). Les tiges sans fruits peuvent être laissées sur place, car elles ne propagent pas l’espèce.
En dernier recours, vous pouvez utiliser des herbicides homologués. Avant leur utilisation, assurez-vous de respecter la règlementation en vigueur et les conditions d’utilisation du produit. Pour plus d’informations, consultez la page Application de pesticides commerciaux.
Pour les interventions dans les milieux humides et les rives et le littoral des lacs et des cours d’eau, il peut être nécessaire d’obtenir des autorisations. Consultez votre municipalité et le bureau du Ministère de votre région avant d’intervenir dans ces milieux.
Pour réaliser des travaux d’aménagement forestier dans la forêt publique, notamment des travaux de lutte contre des espèces exotiques envahissantes, vous devez obtenir un permis d’intervention. Pour ce faire, il faut remplir le formulaire de demande et l’envoyer à l’unité de gestion de la région concernée.
Pour en savoir plus
Références
BROUILLET, L., F. COURSOL, S.J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET. (2010+). VASCAN, la Base de données des plantes vasculaires du Canada. http://data.canadensys.net/vascan/ (consultée le 2024-10-01)
NESOM, G. L., SAWYER, J., O. Rhamnus alnifolia. In: Flora of North America Editorial Committee, eds. 1993+. Flora of North America North of Mexico [En ligne]. 25+ vols. New York and Oxford. Vol. 12. http://floranorthamerica.org/Rhamnus_alnifolia. (consulté le 2024-09-19)
GO BOTANY (4.1). Native Plant Trust. https://gobotany.nativeplanttrust.org/
LAVOIE, Claude. 50 plantes envahissantes : protéger la nature et l’agriculture, Québec, Les Publications du Québec, 2019, 415 p.
MARIE-VICTORIN, BROUILLET, L., ROULEAU, E., GOULET, I., & HAY, S. (2002). Flore laurentienne (3e éd. mise à jour et annotée). Groupe Morin.
À consulter aussi
Dernière mise à jour : 28 janvier 2026
