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Article Ebola et Hantavirus : faible risque pour le Québec


Depuis quelques semaines, l’actualité internationale fait état de la circulation de virus peu connus du grand public, notamment le virus Ebola Bundibugyo et le Hantavirus. Bien que ces virus ne soient pas nouveaux, leur présence suscite des préoccupations en raison de leur risque de propagation et de leurs effets parfois graves sur la santé. Dans ce contexte, il est important de mieux comprendre les maladies qu’ils provoquent ainsi que les mesures de prévention à privilégier afin de limiter les risques pour la population québécoise. Il est toutefois important de souligner qu’à ce jour, le risque pour la population québécoise est faible.

Maladie à virus Ebola (souche Bundibugyo)

Une éclosion de maladie à virus Ebola de la souche Bundibugyo a été déclarée le 15 mai 2026 en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda. Le 17 mai, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale afin de permettre à tous les pays de se mobiliser. Bien que ce virus soit connu depuis près de 20 ans, les éclosions associées à cette souche sont plus rares.

Le virus Ebola infecte parfois l’humain à partir d’une chauve-souris qui infecte un animal dont la viande sera ensuite consommée. Bien que la transmission interhumaine nécessite un contact rapproché avec des sécrétions ou des liquides biologiques d’une personne infectée (sang, vomissements, urine, sperme, etc.), les pratiques funéraires et le manque d’équipement de protection individuelle dans certains pays africains favorisent la transmission. Des éclosions surviennent généralement dans les régions les plus pauvres où la santé publique et les capacités diagnostiques sont limitées.

Au moment de la déclaration de l’OMS, environ 500 cas suspects et 130 décès suspects étaient recensés. La transmission est active dans plusieurs régions de la RDC ainsi qu’en Ouganda.

Le risque pour le Canada et le Québec demeure faible, notamment en raison :

  • des mesures de dépistage mises en place aux points d’entrée internationaux;
  • d’une transmission nécessitant un contact étroit avec des liquides biologiques;
  • de la présence de mesures de contrôle efficaces (isolement, équipements de protection);
  • des capacités de surveillance et de détection en place.

Le Québec dispose de protocoles établis pour la prise en charge de cas suspects ou confirmés. Des hôpitaux désignés ont été déterminés pour la prise en charge des cas confirmés.

Un événement récent impliquant un vol dérouté vers Montréal, en raison de nouvelles règles d’entrée aux États-Unis, a été pris en charge conformément aux procédures, sans risque identifié pour la population : il n’y avait aucune personne symptomatique ou qui avait été en contact avec un cas d’Ebola à bord.

Bien que cette éclosion puisse perdurer encore pendant de nombreux mois, cela ne devrait pas mener à une prochaine pandémie. Les autorités de santé publique du Québec continuent de suivre l’évolution de la situation épidémiologique de près et maintiennent un niveau de préparation élevé afin de répondre rapidement à toute évolution de la situation.

Hantavirus

Le Hantavirus, connu depuis des décennies, se transmet principalement à l’humain par contact avec les excréments, l’urine ou la salive de certains rongeurs, notamment par inhalation de particules contaminées (en passant le balai dans une pièce peu ventilée, où se trouvent des excréments de rongeurs, par exemple). La transmission par morsure demeure aussi possible, mais rare.

Plusieurs souches de Hantavirus existent. En Amérique du Nord, la souche Sin Nombre est présente, principalement dans l’ouest du Canada et des États-Unis. Elle est différente de la souche Andes, retrouvée en Amérique du Sud. Les rongeurs présents au Canada ne peuvent pas être porteurs de cette souche de Hantavirus, qui, à ce jour, est la seule connue à pouvoir se transmettre entre humains. Cette rare transmission entre humains nécessite généralement un contact étroit et prolongé, souvent dans des milieux fermés, comme sur un bateau de croisière. Les symptômes peuvent apparaître de 1 à 8 semaines après l’exposition. Une personne infectée peut être contagieuse dès l’apparition des premiers symptômes (malaise, mal de tête et fièvre).

Le 23 mai 2026, l’OMS rapportait 12 cas probables ou confirmés, dont 3 décès, liés à une croisière en provenance d’Argentine. Un cas est hospitalisé en Colombie-Britannique et fait l’objet d’un suivi étroit. Au Canada, six croisiéristes, considérés comme des contacts à risque élevé, sont en isolement (aucun cas n’est un Québécois ou une Québécoise).

Au Québec, aucune exposition à haut risque n’a été déterminée. Les huit personnes ayant été potentiellement exposées sur un vol étaient assises loin de la personne malade. Elles font l’objet d’un suivi avec leur direction régionale de santé publique, sans nécessiter d’isolement en raison du faible risque de transmission.

Le vol nolisé rapatriant quatre des six croisiéristes canadiens avait fait escale à Bagotville, ce qui a permis au Sous-ministériat à la prévention et à la santé publique de valider les éléments de ses protocoles en matière de maladies infectieuses à surveillance extrême. Ainsi, les interventions ont été mises en place au cas où l’une des personnes passagères aurait effectivement nécessité des soins.

Le croisiériste ayant développé l’infection a présenté des symptômes plus de 48 heures après son passage dans la région. Il n’y a donc aucun risque d’infection pour l’équipage ni pour les personnes ayant été en contact avec les voyageurs et voyageuses au Saguenay.

Le risque pour la population québécoise demeure faible pour ces deux infections. Les autorités de santé publique poursuivent leur vigie et maintiennent un niveau de préparation élevé afin de répondre rapidement à toute évolution de la situation.

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