Publication Guide pour la conservation des œuvres d'art public

Date de publication: 01 juillet 2011

Réalisation du projet

Une fois l'emplacement décidé et le projet sélectionné, on peut passer à la réalisation du projet. Cette étape est certainement la plus attendue; elle permet la matérialisation de l'oeuvre. Cependant, avant de pouvoir conclure ce projet, plusieurs phases toutes aussi importantes les unes que les autres, sont nécessaires.

Concept de l'oeuvre

Dès la conception de l’œuvre, son entretien et sa conservation peuvent être optimisés par plusieurs facteurs.

Choix des formes

À l’extérieur, éviter les formes en « cuvette » dans lesquelles l’eau s’accumule.

Accès à toutes les parties de l’œuvre

Prévoir un accès facile à toutes les parties de l’œuvre est essentiel pour son entretien.

Choix d’assemblage démontable

Pour permettre un éventuel déplacement obligé, sans bris et à moindre coût, l’œuvre devra être démontable. Prévoir une façon de faire qui ne l’abîmera pas et qui ne la modifiera pas si, par exemple, le bâtiment où elle se trouve est démoli ou modifié.

Intégrité de l’œuvre et sécurité des personnes

Prévenir le vandalisme ou les bris accidentels en donnant à l’œuvre des formes qui n’encourageront pas les grimpeurs. Autant que possible :

  • Munir d’armatures les parties en saillie
  • Tenter de ne pas inclure dans l’œuvre des parties trop fragiles et faciles d’accès qui risquent de nuire à la sécurité des passants
  • Se conformer aux normes de sécurité établies
  • Choisir des matériaux stables et résistants
  • Installer l’œuvre solidement.

Évacuation de l’eau et aération

Autour d’une sculpture, prévoir :

  • l’évacuation de l’eau, tel un drainage
  • la circulation de l’air.

À la longue, l’eau ou l’humidité accumulée dans une sculpture provoque la corrosion du métal et la prolifération de moisissures ou de lichens, fait pourrir le bois et salit les matériaux.

Matériaux

Quand ils sont juxtaposés, certains matériaux sont incompatibles. Ils se dégradent plus vite ou ils se décolorent. Pour connaître les caractéristiques et les vulnérabilités spécifiques des matériaux, voir la section Types d'oeuvres et de matériaux.

Tous les matériaux ne conviennent pas à tous les environnements. Certaines pierres poreuses sont déconseillées pour l’extérieur. L’acier Corten, en revanche, convient moins pour l’intérieur puisque ce sont les conditions extérieures qui favorisent l’évolution de sa patine.

Pour bien choisir les matériaux

  • Choisir des matériaux compatibles pour les assemblages. Faire le bon choix de métaux pour éviter la corrosion bimétallique, une dégradation résultant du contact entre différents métaux.
  • Choisir le mortier ou le coulis approprié aux matériaux à sceller en fonction des conditions atmosphériques. S’il le faut, opter pour des matériaux étanches. Consulter un spécialiste en conservation, au besoin.
  • Tenir compte de la fonction du site, de son achalandage et de sa localisation. Un lieu très achalandé exige des matériaux plus résistants et des assemblages très solides. Vérifier la résistance des matériaux en cas de graffitis, de vandalisme ou de bris accidentels.
  • Choisir des matériaux qui tolèrent les conditions environnementales présentes sur le site, comme le degré d’ensoleillement, le gel-dégel, les embruns salins d’une route ou les polluants.

Techniques de fabrication et d'assemblage

Pour être durable, l’œuvre d’art doit être composée de matériaux compatibles mis en œuvre de façon appropriée, et être bien installée. Certaines opérations, comme certains types de soudures ou le patinage artificiel du bronze, doivent être effectuées par des spécialistes.

Il importe d’envisager l’éventuelle modification du bâtiment, un changement à son utilisation ou une possible situation d’urgence. Les assemblages permanents empêchent ou compliquent le remplacement d’un élément d’une œuvre ou son démontage dans ces circonstances.

Installation

Stabilité de l’installation

La stabilité de l’installation est la meilleure garantie de sécurité pour les personnes et de protection pour l’œuvre, notamment contre les bris.

Les conditions climatiques, dont les cycles de gel-dégel, ont un impact important sur la stabilité des œuvres extérieures.

Pour une installation stable

  • S’assurer que l’installation respecte le devis établi par l’architecte ou l’artiste.
  • Installer une assise sous la ligne de gel du sol.
  • Choisir et fabriquer une assise appropriée pour la taille de l’œuvre.
  • Pour les socles, particulièrement à l’extérieur, privilégier des matériaux stables et solides comme certaines pierres et le béton. Pour les joints, choisir des mortiers, des coulis ou des adhésifs adaptés aux matériaux qui composent l’œuvre et à l’environnement.
  • S’assurer que les techniques de fixation et d’ancrage sont sécuritaires et adaptées au site. Vérifier périodiquement que l’installation conserve sa stabilité.
  • S’assurer que les installations de drainage et d’électricité sont à la fois accessibles et sécuritaires. Vérifier périodiquement qu’elles sont toujours fonctionnelles. Pour en savoir plus, consulter la fiche Normes de sécurité relatives à l’installation et à l’entretien de l’appareillage électrique dans la Boîte à outils (PDF 904 Ko).

Protection de l'œuvre

Protéger l’œuvre avec vigilance. Privilégier un socle, une plate-forme ou un mode de présentation qui protège la base de l’œuvre contre :

  • les abrasions accidentelles faites par les passants ou les équipements d’entretien (ex. : cireuse à plancher, tondeuse à gazon, déneigeuse, etc.)
  • l’action des sels de déglaçage
  • l’humidité du sol.

Au besoin, consulter un spécialiste pour choisir et installer la barrière la mieux appropriée pour le contour de l’œuvre ou son voisinage.

Prévoir des aires de circulation aux abords du site et autour de l’œuvre. Il peut s’agir de sentiers, de rampes d’accès ou de pavés non glissants, mais ils doivent tenir compte de la sécurité des personnes.

Installer une plaque d’identification près de l’œuvre pour informer le public. Une telle mesure suscite respect et intérêt envers l’œuvre.