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Réalités associées à la diversité sexuelle et la pluralité des genres

Se nommer et s’identifier

Les personnes qui ne sont pas d’orientation hétérosexuelle, dont l’identité de genre ne correspond pas au sexe assigné à la naissance, ou dont le corps ou l’expérience du genre ne se définit pas en termes binaires peuvent utiliser une variété de termes pour s’identifier elles-mêmes et auprès de leurs différents milieux.

Pour représenter cette diversité en fonction du sexe assigné à la naissance, de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre, vous avez peut-être vu des sigles tels que :

  • LGBTQ+ pour lesbienne, gai, bisexuel, trans, queer ou autres;
  • LGBTQI2SNBA+ pour lesbienne, gai, bisexuel, trans, queer (mais parfois pour « en questionnement »), intersexe, bispirituel, non binaire, asexuel ou autres.

Le sigle LGBTQ+ est actuellement l'un des termes d’identification les plus utilisés.

La diversité sexuelle, les orientations et les identités sont multiples. Même s’il existe plusieurs termes pour les identifier, certaines personnes peuvent ne pas se sentir représentées par aucun de ces termes.

Il est important de :

  • souligner que les termes utilisés sur cette page ne sont pas exhaustifs. Les définitions peuvent varier d’un groupe ou d’une référence à l’autre. Le vocabulaire associé à la diversité liée au sexe assigné à la naissance, à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre est en constante évolution;
  • rappeler que c’est à la personne de choisir les meilleurs mots pour désigner son orientation sexuelle et son identité de genre, et non à autrui.

Se divulguer (coming out)

L’affirmation de son orientation sexuelle ou de son identité de genre, aussi appelé coming out, commence par le dévoilement à soi-même. Après cette première étape, de nombreuses personnes commencent à partager, de manière variable, cette information avec d’autres. Cette affirmation se produit à un moment important et tout au long de la vie avec chacune des personnes à qui l’on fait part de cette information.

Les personnes de la diversité sexuelle et de la pluralité des genres doivent pouvoir effectuer leur dévoilement à leur rythme, et aux personnes à qui elles le souhaitent. Elles peuvent décider de ne pas divulguer leur orientation sexuelle ou leur identité de genre de crainte de vivre de l’intimidation, de la stigmatisation ou de la discrimination.

Divulgation durant l’adolescence

Prendre conscience que l’on fait partie d’une minorité sexuelle ou de genre peut être un événement anxiogène, notamment dans une société où l’hétérosexualité et le fait d’être cisgenre constituent une norme. Plusieurs adolescents et adolescentes auront une réaction de déni face à la découverte de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. Ils pourront même avoir des relations amoureuses et sexuelles avec des personnes de l’autre genre, en vue de cacher leur véritable orientation sexuelle ou encore pour se convaincre qu’ils sont hétérosexuels. Certains pourront dissimuler leur identité de genre en adoptant des comportements correspondant à leur sexe assigné à la naissance. Par exemple, une fille trans désignée comme un garçon à la naissance pourrait adopter des comportements masculins étant donné que son entourage la perçoit comme étant un garçon.

Les jeunes LGBTQ+ ont souvent des craintes liées au dévoilement de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. Ils ont notamment peur de décevoir leurs proches, que ceux-ci nient ou ne les prennent pas au sérieux, ou encore qu’ils les rejettent.

Il importe de souligner que les jeunes ne vivent pas tous de la détresse en lien avec leur orientation sexuelle ou leur identité de genre, plusieurs l’acceptent et le vivent plutôt bien.

Le dévoilement de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre n’est pas toujours synonyme de crise familiale. Les parents peuvent vivre une panoplie de sentiments, mais ceux-ci ne sont pas nécessairement tous négatifs. Pour certains parents, le dévoilement sera une occasion de soutenir leur enfant, et par le fait même de renforcer les liens familiaux.

Pour en savoir plus, consultez le document Le coming out des jeunes gais, lesbiennes et bisexuel.le.s. Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. réalisé par la Coalition de familles LGBT, GRIS-Québec et le ministère de la Justice du Québec.

Divulgation chez les personnes âgées

Chez les personnes âgées LGBTQ+, le dévoilement et le fait de vivre publiquement leur orientation sexuelle ou leur identité de genre peuvent s’avérer difficiles. En effet, celles-ci ont vécu à une époque où l’homosexualité et la transidentité étaient des crimes passibles d’emprisonnement; une réalité qui s’avère toujours d’actualité dans de nombreux pays. Elles constituaient, et constituent parfois toujours, selon plusieurs religions, un péché mortel, ce qui est non négligeable considérant la proportion considérable de personnes âgées qui sont croyantes.

D’une part, les personnes âgées LGBTQ+ qui dévoilent leur orientation sexuelle ou leur identité de genre à leur entourage pourront vivre un soulagement de ne plus avoir à se cacher et de pouvoir montrer réellement qui elles sont. D’autre part, elles s’exposent davantage à vivre de la stigmatisation et de la discrimination.

Certaines personnes âgées LGBTQ+ n’ont plus de contacts avec leur famille, car cette dernière n’accepte pas leur orientation sexuelle ou leur identité de genre. Pour ces personnes, il arrive que des amis et amies et des partenaires amoureux aient une place si importante dans leur vie, qu’elles les considèrent comme leur famille. On parle alors de la « famille choisie ».

Réalités des personnes trans et non binaires

Des personnes ont le sentiment que leur identité de genre ne correspond pas au sexe qui leur a été assigné à la naissance. Ces personnes sont trans, ce qui inclut aussi des personnes pouvant s’identifier à la fois comme homme et femme, ou encore comme ni l’un ni l’autre (personnes non binaires).

Les personnes trans peuvent effectuer une transition en prenant en compte les dimensions sociale, légale et médicale :

  • Une transition sociale s’effectue auprès de l’entourage personnel ou professionnel. Elle peut s’exprimer par un changement de prénom et de pronom pour s’adresser à la personne. La transition sociale peut aussi concerner l’expression de genre de la personne, c’est-à-dire la façon dont elle exprime son genre, qui est propre à chaque individu. Cela peut concerner différents aspects de son apparence (vêtements, coiffure, gestes, etc.).
  • Une transition légale signifie un changement de prénom et de mention de sexe sur les papiers d’identité d’une personne. Pour en savoir plus sur cet aspect, consultez le Guide de transition légale du Groupe d’action trans de l’Université Sherbrooke Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre..
  • Une transition médicale implique différentes interventions médicales, qu’elles soient chirurgicales, hormonales, etc. Pour en savoir plus sur cet aspect, consultez le Guide de transition médicale Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre., un projet conjoint de TransEstrie et du Conseil québécois LGBT.

Discrimination basée sur l’orientation sexuelle et l’expression de genre et ses effets

L’orientation sexuelle et l’identité ou l’expression de genre comptent pour deux des quatorze motifs interdits de discrimination comme prévu par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec.

L’acquisition de droits chez les personnes LGBTQ+ ne signifie pas qu’elles aient également acquis l’acceptation sociale. De nombreux préjugés persistent encore, et plusieurs personnes LGBTQ+ sont victimes de stigmatisation, de discrimination, d’injustices, d’hétérosexisme, de cissexisme et parfois même d’actes homophobes ou transphobes. Ainsi, bien que les avancées sur le plan des droits soient une grande victoire pour la communauté LGBTQ+, beaucoup de travail reste à faire pour ce qui est de leur acceptation dans la société.

Pour en savoir sur l’homophobie et la transphobie, vous pouvez consulter les pages suivantes :

Si vous êtes victime ou témoin d’un acte homophobe ou transphobe, vous pouvez d’abord en parler à des personnes susceptibles de vous conseiller ou de vous offrir de l’aide (proches, professeurs ou professeures, intervenants ou intervenantes travaillant dans un organisme, dans le réseau de la santé et des services sociaux, etc.)

Pour porter plainte, consultez les ressources listées de la section Ressources d’aide.

Tout usager du réseau de la santé et des services sociaux peut également signaler une situation ou porter plainte au sein de son établissement de santé et de services sociaux.

Thérapies de conversion

Les thérapies de conversion, qui ont comme objectif de modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne, sont interdites par les ordres professionnels québécois et canadiens. Elles sont également considérées comme contraires à l’éthique par l’American Psychological Association, car elles peuvent comporter un risque de préjudices pour les personnes LGBTQ+. Toute personne a le droit de s’identifier comme elle le désire et de vivre selon l’orientation sexuelle de son choix.

Le 9 décembre 2020, le gouvernement du Québec a adopté la Loi visant à protéger les personnes contre les thérapies de conversion dispensées pour changer leur orientation sexuelle, leur identité de genre ou leur expression de genre Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.. Cette loi interdit notamment à quiconque de solliciter une personne pour qu'elle s'engage dans une thérapie de conversion.

Impacts de la discrimination sur la santé et le bien-être des personnes de la diversité sexuelle et de la pluralité des genres

Impacts chez les jeunes

Les jeunes LGBTQ+ peuvent être victimes d’intimidation en raison de leur orientation sexuelle, leur identité de genre ou leur expression de genre. La personnalité des jeunes étant en pleine évolution à cette période de leur vie, le fait de vivre de l’intimidation et de la violence pourrait avoir un impact négatif sur leur développement.

Problèmes de santé mentale et physique et difficultés sociales

Des problèmes de santé et des difficultés sociales sont plus fréquents chez les personnes LGBTQ+. Ces problèmes et difficultés sont influencés par l’acceptation de l’orientation sexuelle, de l’identité et de l’expression de genre dans leur entourage et la société. Ces problèmes sont aussi liés à l’homophobie, la transphobie et à la stigmatisation rencontrées.

Par rapport à la santé mentale, les personnes LGBTQ+ sont plus à risque de présenter des idées suicidaires ou de faire une tentative de suicide étant donné l’isolement, la stigmatisation, la discrimination, l’homophobie ou la transphobie que ces personnes peuvent vivre. Certains spécialistes associent l’étape du dévoilement de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre à la possibilité de présenter des symptômes dépressifs et à un risque accru d’idées suicidaires. Par ailleurs, les cas de troubles de l’humeur (en particulier la dépression) ou de troubles anxieux sont plus fréquents chez la population LGBTQ+ que chez la population hétérosexuelle et cisgenre.

En ce qui concerne les problèmes de santé physique, le VIH/sida et les autres infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) ont durement touché les personnes LGBTQ+, en particulier les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, depuis le début de la pandémie de VIH.

Parmi les difficultés sociales, notons que les personnes LGBTQ+ sont surreprésentées parmi les personnes itinérantes, particulièrement chez les jeunes.

Par ailleurs, les personnes LGBTQ+ peuvent également présenter d’autres facteurs de vulnérabilité, selon leur origine, le fait de faire partie d’une minorité raciale ou religieuse, leur âge, leur statut socio-économique, etc. L’accumulation de ces facteurs augmente considérablement le risque d’être victime de stigmatisation et de discrimination. Par exemple, une personne âgée LGBTQ+ qui est également noire peut vivre de l’homophobie ou de la transphobie, ainsi que du racisme et de l’âgisme.

Cette page Web est tirée en partie du Guide d’intervention psychosociale ponctuelle - Diversités sexuelles et pluralité de genre réalisé par le Centre de recherche appliquée en intervention psychosociale (CRAIP) du CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Merci au CRAIP d’avoir autorisé l’utilisation de ce matériel.

Dernière mise à jour : 11 avril 2022

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