Lapin à queue blanche
Nom français
Lapin à queue blanche
Autre(s) nom(s) français
Lapin de Floride
Nom anglais
Eastern cottontail
Nom scientifique
Sylvilagus floridanus
Grand groupe
Mammifères
Sous-groupe
Mammifères terrestres
Dans cette page :
Description
Le lapin à queue blanche, aussi appelé « cottontail » (en anglais), doit son nom à sa petite queue en forme de boule de coton. Ce petit mammifère herbivore échappe facilement à ses prédateurs grâce à sa rapidité et à son odorat très développé. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on le voit remuer son museau sans cesse, à l’affût de tout danger potentiel.
Identification
Taille
Le lapin à queue blanche a une taille moyenne de 38 à 49 cm.
Poids
De 1,1 à 1,5 kg. Les femelles sont généralement un peu plus lourdes que les mâles.
Coloration
Le pelage du lapin à queue blanche est brun grisâtre, et ce, toute l’année. Sa nuque est de couleur brune cannelle alors que son abdomen est blanc. Sa queue est brune sur le dessus et blanche en dessous. Seul le dessous est visible lorsqu’il court.
Traits caractéristiques
Le lapin à queue blanche a un corps trapu avec des pattes et des oreilles relativement courtes. Ses oreilles mesurent entre 53 et 66 mm et ses pieds, de 80 à 108 mm. Il a une vision exceptionnelle de 360 degrés (excepté devant son nez), ce qui lui permet de repérer facilement ses prédateurs.
Distinction
Le lapin à queue blanche est plus petit que les lièvres d’Amérique et arctique. Ses oreilles sont aussi plus courtes que celles des lièvres. Contrairement à eux, son pelage reste brun grisâtre toute l’année. De plus, les pointes de ses oreilles ne sont pas noires, comme c’est le cas chez ces lièvres.
Espèces similaires
Empreintes

Empreintes de lapin à queue blanche. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Patrons de déplacement

Déplacement du lapin à queue blanche. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Répartition
Le lapin à queue blanche vit à l’est de l’Amérique du Nord, son aire de répartition s’étendant du Canada jusqu’au nord de l’Amérique du Sud. Au Québec, il vit seulement au sud de la province, dans le domaine de l’érablière à caryer cordiforme.

Carte de l’aire de répartition du lapin à queue blanche au Québec. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Présence au Québec
Origine
Indigène
Statut de résidence des populations
Cette espèce vit au Québec toute l’année.
État de la situation
Aucun suivi rigoureux n’est réalisé, ce qui rend difficile l’évaluation précise de l’état des populations du lapin à queue blanche. Au Québec, il est cependant considéré comme abondant.
Rang de précarité
Le rang de précarité provincial (rang S) pour cette espèce est S5.
Observation/signalement/suivi
Vous pouvez transmettre vos observations de lapin à queue blanche sur iNaturalist.
Habitat
Le lapin à queue blanche vit dans des milieux variés : prairies, vergers, champs laissés à l’abandon, buissons, bosquets, lisière des bois, haies, et parfois même dans les parcs urbains. Il aime les endroits où il peut facilement se cacher.
Il est actif toute l’année, surtout tôt le matin et en fin de journée. Pendant la journée, il se repose dans une petite cachette, souvent creusée sous un buisson, une souche, ou dans un bosquet. En hiver, il peut aussi utiliser des terriers déjà creusés par d'autres animaux, comme la marmotte ou la mouffette, ou encore se déplacer dans des tunnels formés dans la neige.
On peut repérer sa présence grâce à quelques indices, comme :
- de petites branches coupées en biseau;
- l’écorce grignotée de jeunes arbustes;
- de petites crottes rondes au sol.
Domaine vital
Le domaine vital est la zone spatiale utilisée par un animal sauvage. Pour le lapin à queue blanche, cet espace varie entre 0,006 et 0,11 km².
Alimentation
En été, le lapin à queue blanche mange principalement des plantes herbacées comme la verge d’or, le plantain, le trèfle et le pissenlit. Il peut aussi grignoter des légumes dans les potagers.
En hiver, il se nourrit plutôt d’écorce, de petites branches et de bourgeons d’arbustes et d’arbres, comme l’érable, le bouleau, le chêne, le pommier, le peuplier, l’aulne, l’aubépine, le cornouiller, le hêtre, le chèvrefeuille et la viorne, ainsi que d’autres plantes, comme le framboisier. Il peut aussi manger les arbres d’ornement dans les jardins.
Reproduction
La reproduction du lapin à queue blanche a lieu de fin février à septembre. Il atteint sa maturité sexuelle entre trois et six mois, mais il commence généralement à se reproduire l’été suivant.
Le mâle et la femelle se courtisent par des bonds et des poursuites, surtout au crépuscule. La femelle creuse un nid de la forme d’un trou peu profond, tapissé d’herbe, de feuilles et de poils, souvent sous un buisson ou dans les hautes herbes.
Elle peut avoir jusqu’à quatre portées de deux à huit petits par an (en moyenne cinq ou six). La gestation dure entre 26 et 32 jours. Les petits naissent aveugles et presque nus, entre mars et septembre. La mère les laisse seuls dans le nid et les allaite une ou deux fois par jour.
Les jeunes ouvrent les yeux vers une semaine, quittent le nid à deux semaines et sont sevrés à quatre ou cinq semaines. Ils se dispersent vers sept semaines.
Comportement
Le lapin à queue blanche est surtout actif tôt le matin et en fin de journée. Il reste actif pendant l’hiver, même lors des tempêtes de neige. Parfois, il creuse des tunnels dans la neige pour se déplacer.
Comme il est plutôt sédentaire, il utilise un réseau de sentiers dans la végétation lorsqu’il n’y a pas de neige. C’est un animal solitaire, mais il tolère la présence d’autres lapins et il peut se regrouper pendant la période de reproduction.
Lorsqu’il est surpris dans ses cachettes pendant la journée, il fuit en zigzaguant à une vitesse pouvant atteindre 30 km/h. Parfois, il s’écrase et s’aplatit au sol pour passer inaperçu.
Pour défendre son territoire, le lapin à queue blanche peut se battre en « boxant » : il donne des coups avec ses pattes avant tout en restant debout sur ses pattes arrière.
Menaces pour l’espèce
Au Québec, les populations de lapins à queue blanche ne sont pas menacées. Cependant, la principale cause de mortalité reste la prédation. Ses principaux prédateurs sont la belette, le coyote, le lynx roux, la martre, le pékan, le raton laveur, le renard roux et les oiseaux de proie comme les faucons et les hiboux. Les chats et les chiens domestiques sont aussi des menaces pour le lapin à queue blanche.
D’autres facteurs peuvent également affecter ses populations, comme l’exploitation forestière, les incendies de forêt, le réchauffement climatique, qui altère les habitats, ainsi que des maladies virales, parasitaires et bactériennes.
Maladies
Le lapin à queue blanche peut être porteur de nombreux agents pathogènes, sans nécessairement en être affecté. La plupart d’entre eux ont généralement peu d’impact sur ses populations.
La tularémie est la principale maladie chez ce lapin. Elle est transmissible à l’humain et elle peut provoquer des problèmes digestifs, respiratoires et cutanés.
En cas de contact
Comme pour tout animal sauvage, les chasseurs doivent suivre les recommandations de base pour réduire les risques de contamination ou de propagation de pathogènes. Avant et après avoir manipulé le gibier, ils doivent laver et désinfecter tout matériel utilisé et se laver les mains. Il est aussi conseillé de porter des gants résistants aux coupures.
En cas de présence importune
Si la présence du lapin à queue blanche est jugée importune, il est important de mettre en œuvre des actions de manière progressive. En premier lieu, avant même que des dommages n’apparaissent, plusieurs actions de prévention peuvent être réalisées. De manière complémentaire, on peut aussi réduire les risques de conflits en pratiquant la chasse, ce qui permet de réduire le nombre de lapins présents en périphérie tout en assurant la mise en valeur de l’espèce. Finalement, en dernier recours, si ces approches n’ont pas les résultats escomptés et que des dommages sont toujours présents, un propriétaire peut adopter des méthodes de contrôle ciblées visant les lapins importuns.
Méthodes de prévention
Il existe plusieurs techniques pour prévenir la présence importune du lapin à queue blanche et éviter qu’il ne cause des dégâts.
Modification de l’habitat
Dans les zones urbaines, où les abris pour les animaux se font déjà rares, vous pouvez réduire les cachettes potentielles pour les lapins en enlevant les piles de détritus, les fagots ou les buissons denses.
Une autre solution simple et efficace est de garder vos chiens à l’extérieur de la maison.
Enfin, si vous avez des chicots (troncs d’arbres morts), gardez-les en bon état. Ils servent de perchoirs aux prédateurs, tels que les buses ou les éperviers, qui les utilisent pour chasser les lapins.
Plantations de feuillus
Près des plantations de feuillus, il est conseillé de limiter les buissons et les plantes, qui offrent un abri aux lapins. Les prédateurs, comme les rapaces et les autres carnivores, pourront chasser plus facilement les lapins.
En réduisant le couvert végétal, vous rendrez aussi l’habitat des lapins moins productif et leur accès à la nourriture sera plus difficile. La densité des populations de lapins pourra donc se maintenir à un niveau raisonnable et acceptable.
Utilisation d’une clôture pour protéger les jardins et les bosquets
Pour protéger vos jardins et vos bosquets, comme les framboisiers, l'installation d’une clôture est la solution la plus efficace. Voici comment procéder :
- Hauteur : Au moins 1 mètre.
- Section enfouie dans le sol : Enfoncez la clôture dans le sol à une profondeur de 10 à 15 cm et pliez-la vers l’extérieur pour éviter que les lapins ne passent en dessous.
- Type de grillage : Utilisez un grillage à poulailler (fil de fer galvanisé) avec des mailles de 2,5 cm ou moins.
Dommages aux arbres fruitiers et ornementaux
Pour protéger vos semis, vous pouvez utiliser des protecteurs commerciaux comme des corbeilles métalliques. Prévoyez une hauteur supplémentaire pour l’hiver, en tenant compte de la neige.
Les arbres peuvent être protégés à l’aide de cylindres de grillage avec une maille de 0,6 cm ou moins. Leur hauteur doit être d’environ 1,5 m pour empêcher les lapins d’atteindre le tronc, même en se tenant debout sur la neige. Ce grillage les protège aussi contre les petits rongeurs, comme les campagnols.
Placez les cylindres à au moins 2 cm du tronc pour permettre à l’arbre de grossir sans entrave. Pour réduire les coûts, vous pouvez utiliser un grillage avec une maille de 2,5 à 5 cm, mais l’espace entre le cylindre et l’arbre doit être assez grand pour éviter que les animaux ne grugent l’écorce à travers les mailles. Cependant, ce type de grillage ne protège pas contre les petits rongeurs.
Il est fortement recommandé d’enfouir le bas du grillage dans le sol pour éviter toute intrusion.
Chasse sportive
En complément aux méthodes de prévention, la chasse en périodes légales est une bonne option pour limiter les inconvénients liés à la présence de lapins et réduire les risques de conflits. Cette activité permet la mise en valeur de l’animal.
Si vous ne pratiquez pas cette activité, vous pouvez autoriser des chasseurs à accéder à votre terrain pour chasser. Dans tous les cas, informez-vous sur la réglementation en vigueur pour la chasse sportive.
Méthodes de contrôle
Pour recourir légalement à ces approches, il faut qu’un lièvre cause des dommages à vos biens ou à votre propriété. De plus, il faut d’abord avoir mis en place des mesures pour prévenir les dommages. Si et seulement si ces méthodes de prévention ne permettent pas de régler le problème, vous pouvez tenter d’abattre ou de capturer l’animal responsable des dommages.
Capture et relocalisation
Il est fortement déconseillé de relocaliser les mammifères loin de leur lieu de capture. Chaque déplacement peut introduire de nouvelles maladies ou de nouveaux parasites dans la région. De plus, si les méthodes de prévention n’ont pas été mises en place avant la capture, un autre animal pourrait rapidement prendre la place de celui que vous avez capturé et relocalisé.
Abattage à l’aide d’une arme à feu
Cette méthode peut être efficace si elle est pratiquée avec le bon équipement. La chasse peut se faire à l'affût ou à l'approche, parfois avec l'aide de chiens pour débusquer les lapins.
Utilisez une carabine de petit calibre, qui permet un tir précis sans endommager excessivement la viande. Une bonne connaissance des habitudes du lapin à queue blanche augmentera vos chances de succès.
Pour en savoir plus
Références
Eastern cottontail rabbit. National Geographic, [En ligne], [https://www.nationalgeographic.com/animals/mammals/facts/eastern-cottontail-rabbit] (consulté le 2024-06-28)
Eastern Cottontail Rabbit: Facts, Pictures, Behavior & Habitat. Animal World, [En ligne], [https://animal-world.com/eastern-cottontail-rabbit/] (consulté le 2024-06-28)
Lapin à queue blanche. Animalia, [En ligne], [https://animalia.bio/index.php/fr/eastern-cottontail] (consulté le 2024-06-27)
Lapin à queue blanche (Sylvigalus floridanus). iNaturalist, [En ligne], [https://www.inaturalist.org/taxa/43111-Sylvilagus-floridanus] (consulté le 2024-06-28)
Dernière mise à jour : 20 février 2026