Lièvre d’Amérique
Nom français
Lièvre d’Amérique
Autre(s) nom(s) français
Lièvre à raquettes
Nom anglais
Snowshoe Hare
Autre(s) nom(s) anglais
Varying Hare
Nom scientifique
Lepus americanus
Grand groupe
Mammifères
Sous-groupe
Mammifères terrestres
Dans cette page :
Description
Le lièvre d’Amérique, appelé « snowshoe » en anglais, doit son nom à la taille de ses pattes qui lui permettent de marcher sur la neige comme avec des raquettes. C’est un petit mammifère herbivore, mais en hiver, il peut également manger de la viande et consommer ses crottins mous pour les protéines. Il est apprécié des chasseurs et il est la proie de nombreux prédateurs.
Identification
Taille
La longueur moyenne des adultes est de 38 à 51 cm. Elle est la même chez le mâle et la femelle.
Poids
Le poids moyen des adultes varie entre 1,3 à 2,3 kg. Les femelles sont légèrement plus lourdes que les mâles.
Coloration
Le pelage du lièvre d’Amérique change selon les saisons, ce qui lui permet de se camoufler dans son environnement.
En été, il est brun avec des teintes rouille ou grises. Son abdomen est blanc et les bouts de ses oreilles sont noirs. Le dessus de sa queue est brun et le dessous est blanc.
En hiver, son pelage devient complètement blanc, sauf la base de ses poils qui reste foncée et les bouts de ses oreilles qui restent noirs pour capter la chaleur du soleil.
Il mue deux fois par an, et chaque mue dure environ 10 semaines.
Traits caractéristiques
Le lièvre d’Amérique a des oreilles plus courtes (de 62 à 68 mm) que les autres lièvres, ce qui l’aide à conserver sa chaleur en hiver car il vit dans des endroits plus froids.
Ses pattes arrière sont plus larges, plus longues (de 121 à 150 mm) et couvertes de plus de fourrure que chez les autres lièvres. Ces grosses pattes lui permettent de mieux se déplacer dans la neige en lui offrant un meilleur support, comme le font des raquettes.
Distinction
Le lièvre d’Amérique peut être confondu avec le lièvre arctique, mais il est plus petit et environ trois fois moins lourd. En été, son pelage est plus brun, tandis que celui du lièvre arctique est bleu-gris.
Il peut aussi être confondu avec le lapin à queue blanche, mais il est plus lourd, et il a de plus longues oreilles et des pattes plus longues. En hiver, son pelage devient blanc tandis que celui du lapin à queue blanche reste brun. Les bouts de ses oreilles sont noirs, contrairement au lapin à queue blanche.
Espèces similaires
Patron de déplacement
Le lièvre d’Amérique a un patron de déplacement de type galopeur.

Le lièvre d’Amérique se déplace en galopant. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Répartition
Le lièvre d’Amérique est abondant en Amérique du Nord, jusqu’en Alabama, au Nouveau-Mexique et en Californie, dans les forêts boréales et de conifères. Au Canada, il est présent partout sauf en Arctique. Au Québec, le lièvre d’Amérique est présent du sud de la province jusqu’à la limite nordique de la toundra forestière.

Carte de l’aire de répartition du lièvre d’Amérique au Québec. © Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Présence au Québec
Origine
Indigène
Statut de résidence des populations
Cette espèce vit au Québec toute l’année.
État de la situation
Aucun suivi rigoureux n’est réalisé, ce qui rend difficile l’évaluation précise de l’état des populations du lièvre d’Amérique. Au Québec, il est cependant considéré comme abondant.
Dans plusieurs régions de la forêt boréale, les populations subissent des fluctuations cycliques tous les 10 ans, ce qui affecte l’écosystème, mais ces cycles semblent être plus courts ces dernières années. Ils seraient également responsables des cycles observés chez le lynx du Canada, ceux-ci étant de grands prédateurs des lièvres.
Rang de précarité
Le rang de précarité provincial (rang S) pour cette espèce est S5.
Habitat
Le lièvre d’Amérique préfère les sols avec une végétation dense pour se cacher et se nourrir. Il vit dans différents types de forêts, surtout les forêts de jeunes conifères. Il aime aussi les zones de repousse, les anciens brûlis couverts de framboisiers, les taillis de tremble, les broussailles, les clairières, les marais et les grands marécages à thuya.
On peut reconnaître sa présence par des branches tranchées en biseau, des arbrisseaux à l’écorce rongée, de petites crottes rondes au sol ou des pistes dans la neige.
Un modèle de qualité de l’habitat et un guide d’aménagement ont été créés pour repérer les zones de forêt favorables au lièvre d’Amérique.
Domaine vital
Le domaine vital est la zone spatiale utilisée par un animal sauvage. Le domaine vital moyen du lièvre d’Amérique est de 0,02 à 0,16 km2.
Alimentation
En été, le lièvre d’Amérique se nourrit de plantes herbacées (aster, impatiente, fraisier, pissenlit, trèfle, marguerite, prêle, vesce, épilobe, lupin, campanule et fougère), de jeunes tiges d’arbustes fruitiers, de feuilles tendres d’arbres (peuplier, bouleau et saule) et de champignons. En hiver, il broute bourgeons et ramilles et ronge l’écorce des arbres et des arbustes (thuya, saule, tremble, érable, bouleau, épinette, sapin, framboisier, noisetier, aubépine, mélèze et pin).
Bien que principalement herbivore, en hiver, il peut consommer de la viande provenant de carcasses de petites souris, de campagnols ou d’autres charognes.
Le lièvre d’Amérique produit deux types de crottins, des mous et des durs. Il mange ses crottins mous, riches en protéines et en vitamine B.
Reproduction
Le lièvre d’Amérique se reproduit au printemps et en été, de fin mars à fin août. Les femelles peuvent atteindre leur maturité sexuelle dès le premier été, mais la première reproduction a généralement lieu au printemps suivant.
Le lièvre d’Amérique est polygame, c’est-à-dire qu’une femelle peut s’accoupler avec plusieurs mâles et un mâle avec plusieurs femelles. Le mâle devient plus agressif pendant le rut et tolère moins les autres mâles.
Aucun terrier n’est utilisé, la femelle fait son nid d’herbes dans un endroit abrité et peut avoir jusqu’à quatre portées par an, de un à 13 petits (en moyenne de deux à huit).
La gestation dure 36 ou 37 jours et les petits naissent bien développés, entre mai et septembre. Comme tous les lièvres, ils naissent les yeux ouverts, avec de la fourrure, et ils peuvent déjà sauter. La femelle les laisse seuls au nid et ne les allaite que 5 à 10 minutes par jour, souvent le soir. Les jeunes quittent le nid et se nourrissent d’herbes à une semaine, mais ils restent avec la mère et sont allaités jusqu’à deux à quatre semaines.
Comportement
Le lièvre d’Amérique utilise des sentiers dans la végétation ou la neige pour se déplacer entre les aires de repos (buissons, branches basses, arbres tombés, souches, débris de coupe, grosses pierres) et les aires d’alimentation. Il emprunte souvent les mêmes sentiers que d’autres animaux, comme les mouffettes ou les écureuils.
Il est actif toute l’année, surtout au crépuscule ou la nuit. Pendant le jour, il se repose dans des abris sous des rondins ou des buissons, tout en restant vigilant.
Il a une excellente audition, ce qui lui permet de détecter les prédateurs et de fuir avant d’être repéré. Il se déplace par bonds allant jusqu’à 3 m et peut atteindre une vitesse de 45 km/h.
Menaces pour l’espèce
Les populations de lièvre d’Amérique ne sont pas menacées au Québec.
Cependant, certains types de coupes forestières, les incendies de forêt, l’urbanisation et le réchauffement climatique peuvent affecter la qualité de leur habitat. Les maladies et la prédation sont des causes de mortalité qui peuvent aussi être importantes.
Les principaux prédateurs des lièvres adultes sont le lynx du Canada, le renard roux, le coyote, le grand-duc d’Amérique et l’autour des palombes. Les jeunes peuvent aussi être tués par les écureuils.
La chasse et le colletage sont les principales causes de mortalité d’origine humaine.
Maladies
Le lièvre d’Amérique peut être porteur de nombreux agents pathogènes, sans nécessairement en être affecté. La plupart de ces agents ont généralement peu d’impact sur sa population.
La tularémie est la principale maladie chez le lièvre. Elle est transmissible à l’humain et peut provoquer des problèmes digestifs, respiratoires et cutanés.
En cas de contact
Comme pour tout animal sauvage, les chasseurs doivent suivre les recommandations de base pour réduire les risques de contamination ou de propagation de pathogènes. Avant et après avoir manipulé le gibier, ils doivent laver et désinfecter tout matériel utilisé et se laver les mains. Il est aussi conseillé de porter des gants résistants aux coupures.
Pour en savoir plus
Références
Le lièvre d’Amérique. Faune et flore du pays, [En ligne], [https://www.hww.ca/fr/faune/mammiferes/le-lievre-d-amerique.html] (consulté le 2024-06-10)
Snowshoe Hare. National Wildlife Federation, [En ligne], [https://www.nwf.org/Educational-Resources/Wildlife-Guide/Mammals/Snowshoe-Hare] (consulté le 2024-06-10)
Snowshoe Hare. Nature conservancy Canada, [En ligne], [https://www.natureconservancy.ca/en/what-we-do/resource-centre/featured-species/mammals/snowshoe-hare.html] (consulté le 2024-06-10)
Snowshoe Hare. National Geographic, [En ligne], [https://www.nationalgeographic.com/animals/mammals/facts/snowshoe-hare] (consulté le 2024-06-10)
Dernière mise à jour : 20 février 2026