Crabe chinois à mitaines

Nom français
Crabe chinois à mitaines

Nom scientifique
Eriocheir sinensis

Grand groupe
Invertébrés

Sous-groupe
Mollusques et crustacés

Description

Le crabe chinois à mitaines est un crustacé appartenant à la famille des Varunidés. C’est une espèce exotique préoccupante et présente au Québec.

Identification

Taille

En général, les tailles observées au Québec varient entre 3 et 8 cm de longueur.

Coloration

La carapace du crabe chinois à mitaines adulte présente une teinte brune avec des nuances de vert. Celle des juvéniles affiche plutôt un jaune brunâtre.

Les pinces de l'adulte sont blanches à leurs extrémités et recouvertes de poils brunâtres, denses et duveteux.

Traits caractéristiques

La carapace du crabe chinois à mitaines adulte est presque carrée, légèrement plus large que longue. Elle est entaillée entre les yeux. De chaque côté, ce crabe possède quatre épines. La longueur de ses pattes est deux fois la largeur de sa carapace.

Chez la femelle, l'abdomen est rond et occupe la majeure partie de son thorax. Celui du mâle est étroit et en forme de « V ».

Bien que les deux pinces du crabe chinois à mitaines soient de taille égale, elles sont plus développées chez le mâle que chez la femelle.

Distinction

Comparativement au crabe chinois à mitaines, les crabes au Québec n’ont pas de poils sur les pinces.

Répartition

Le crabe chinois à mitaines est exclusivement présent dans l'hémisphère Nord.

En Amérique du Nord, la seule population bien établie se trouve dans la baie de San Francisco, en Californie, aux ÉtatsUnis. Le crabe chinois à mitaines a été observé à plusieurs stations dans l’est du Canada, mais l’étendue de l’invasion n’est pas clairement définie.

Les populations les plus significatives de cette espèce établies en dehors de leur aire naturelle se situent en Europe et le long de la côte ouest des ÉtatsUnis.

Au Québec, le fleuve SaintLaurent offre un environnement propice à son développement. Sa propagation anticipée suscite des inquiétudes.

Présence au Québec

Le crabe chinois à mitaines est originaire de la mer Jaune, plus précisément entre la Chine et la Corée. L’espèce a été introduite en Allemagne au début du 20e siècle, pour ensuite se propager en Europe de l’Ouest où elle est désormais bien établie jusqu’en Espagne. Elle s’est également propagée vers l’est, jusqu’en Russie.

Avant son introduction, aucune espèce de crabe d’eau douce n’existait en Amérique du Nord. Son arrivée s’est produite de manière accidentelle au Canada par l’intermédiaire des activités de navigation commerciale ou intentionnellement par l’industrie des fruits de mer.

Origine

Exotique

Statut de résidence des populations

Cette espèce vit au Québec toute l’année.

État de la situation

Le crabe chinois à mitaines est répertorié comme une espèce exotique préoccupante présente au Québec. Cette espèce est observée de façon ponctuelle dans les régions du Bas-Saint-Laurent, de la CapitaleNationale, de ChaudièreAppalaches, de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

La survie et le développement de ses larves dans l’estuaire et le long de la côte gaspésienne sont limités en raison de la persistance des températures froides durant toute l’année le long des côtes. Les changements climatiques pourraient cependant accroître le risque d’établissement de cette espèce dans la province.

Signalement

Le crabe chinois à mitaines est une espèce envahissante. Sa présence dans un plan d’eau doit nous être signalée. Consultez la procédure pour savoir comment nous signaler la présence d’une espèce exotique envahissante animale.

Habitat

Le crabe chinois à mitaines est présent en eau douce. Ses besoins en habitat varient en fonction de son stade de développement. Il se trouve à des profondeurs allant jusqu’à une dizaine de mètres, tant en eau douce que saumâtre, dans les estuaires, les lacs, les rivières et les autres zones humides. À partir de son stade juvénile, il présente une grande tolérance à diverses températures et salinités. Il survit très bien dans des environnements fortement perturbés et pollués. La pollution de l’eau peut même être bénéfique pour le crabe chinois à mitaines au stade juvénile puisque cela réduit l’abondance des poissons qui comptent parmi ses prédateurs.

Les habitats propices à l’établissement de l’espèce sont caractérisés par de grandes zones d’eau saumâtre nécessaires au développement des embryons et des larves, ainsi que par une grande proportion d’eau productive et peu profonde pour la croissance des juvéniles. Ces derniers se trouvent principalement dans les affluents soumis à l’influence des marées et en eau douce. Les juvéniles creusent des tunnels dans les berges pour se protéger des prédateurs, ce qui peut créer de l’érosion et altérer la qualité de l’habitat pour les poissons.

Bien que cette espèce soit présente dans les eaux froides du Québec au stade adulte, ses larves ont besoin de températures d’eau se situant entre 15 et 25 °C. La température de l’eau dans l’estuaire du SaintLaurent ne dépasse généralement pas 15 °C, et ce, qu’un mois par année ou moins, ce qui pourrait nuire au développement des larves.

Alimentation

Le crabe chinois à mitaines constitue une menace pour la reproduction des espèces telles que le saumon, la truite et l'esturgeon, car il se nourrit de leurs œufs.

Les larves de cette espèce se nourrissent de phytoplancton et de zooplancton dans les eaux libres des baies et des estuaires.

Reproduction

La majeure partie de la vie du crabe chinois à mitaines se déroule en eau douce ou saumâtre. À l’automne, les adultes entament leur migration vers les eaux saumâtres ou salées pour s’y reproduire, en parcourant de 8 à 12 km par jour.

L’accouplement aurait lieu en eau saumâtre à la fin de l’automne ou au début de l’hiver. Les œufs sont pondus généralement dans les 24 heures suivant l’accouplement. Les femelles peuvent pondre de 250 000 à 1 million d’œufs. Les œufs, une fois expulsés, sont fixés aux poils fins situés sur les pléopodes (pattes jointes à l’abdomen) de la femelle, sous son repli abdominal, à l’aide d’une substance semblable à du ciment. Cette substance se solidifie avec la salinité de l’eau, ce qui explique pourquoi l’accouplement et la ponte des œufs ont lieu dans les environnements saumâtres où l’eau atteint le taux de salinité requis. La période d’éclosion peut s’étendre sur quelques mois, selon les conditions environnementales. Les femelles meurent presque toujours après s’être reproduites.

Avant d’atteindre le stade adulte, les larves traversent une série de stades de développement (6 à 8 stades) en milieu marin avant de se métamorphoser en juvénile. À ce stade, les crabes abandonnent leur mode de vie pélagique (dans la colonne d’eau) pour exploiter le fond de l’eau (mode de vie benthique).

Vers la fin de l’été ou au début de l’automne, les jeunes crabes entreprennent leur migration active et remontent les rivières pour achever leur cycle de vie en eau douce. Le crabe chinois à mitaines peut migrer en eau douce sur plus de 500 km avant de s’établir et de se reproduire.

Maladies

Ce crabe est associé au transport de certains agents pathogènes. La nature du risque associé à ces agents pathogènes pour la santé humaine reste encore à définir. Il est possible que ce crabe serve d’hôte à la douve orientale du poumon, un parasite qui peut causer une grave maladie chez les humains et d’autres animaux lorsqu’il traverse la peau ou qu’il est avalé.

La consommation de sa chair crue ou insuffisamment cuite présente donc un risque pour la santé humaine. En Amérique du Nord, aucun crabe chinois à mitaines parasité par des douves n’a été détecté jusqu’à présent.

Prévention et contrôle de son introduction

La gestion des populations de crabe chinois à mitaines dans les régions envahies est un défi considérable en raison de divers facteurs. Son abondance, sa facilité à coloniser différents milieux, son seuil de tolérance élevé (salinité, température, pollution) et son taux de reproduction élevé en sont les principales causes. Les programmes d’éradication semblent peu efficaces contre les populations bien établies et autosuffisantes. La prévention représente le meilleur moyen d’empêcher sa propagation.

Cette espèce a de la facilité à se propager rapidement dans de nouveaux milieux. Elle représente une menace importante pour le fleuve Saint-Laurent ainsi que pour ses nombreux affluents, particulièrement si la température de l’eau dans l’estuaire atteint des niveaux suffisamment élevés pour favoriser le développement larvaire, puisque la migration des juvéniles s’étend sur plusieurs centaines de kilomètres.

Il est important d’apprendre à reconnaître le crabe chinois à mitaines et de ne pas le remettre à l’eau une fois pêché. Il est recommandé de le capturer, de le conserver congelé et, si cela n’est pas possible, de le tuer.

Vous pouvez contribuer à prévenir l’introduction et la dispersion de cette espèce envahissante en pratiquant les activités de pêche et de loisir de façon responsable. En tout temps, vous devez adopter des méthodes de prévention lorsque vous changez de plan d’eau afin d’éviter sa propagation.

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Conséquences de son introduction

En creusant des tunnels le long des berges des cours d’eau, le crabe chinois à mitaines accélère l’érosion des rives, entraînant une déstabilisation des berges en plus de détruire l’habitat des poissons. De plus, son utilisation des systèmes d’irrigation et de drainage comme abris engendre des pertes économiques en créant des blocages.

Lorsqu’il se trouve en nombre suffisant, ce crabe peut nuire considérablement aux activités de pêche. En plus de se nourrir des prises et des appâts, il peut endommager sérieusement les engins de capture.

Dernière mise à jour : 19 avril 2024

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