Espèces floristiques menacées ou vulnérables
À propos de la protection des espèces floristiques menacées ou vulnérables
La flore indigène du Québec compte environ 6 300 espèces. La plupart d’entre elles sont abondantes, mais certaines sont en situation précaire en raison de différents facteurs naturels ou liés à l’activité humaine tels que :
- des aires de répartition restreintes;
- la dégradation des habitats;
- la récolte excessive;
- les espèces exotiques envahissantes.
Dans cette page :
Encadrement légal
Au Québec, la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables encadre la protection et la gestion des espèces floristiques menacées ou vulnérables, celles des espèces susceptibles d’être ainsi désignées et celles de leurs habitats.
Elle vise la protection des espèces et de leurs habitats, notamment par la mise en place de mesures pour éviter leur déclin et empêcher leur disparition.
Le Règlement sur les espèces floristiques menacées ou vulnérables et leurs habitats identifie les espèces désignées et décrit leurs habitats. Il précise notamment les règles applicables à la cueillette annuelle de l’ail des bois ainsi que celles concernant les espèces vulnérables à la récolte.
Désignation des espèces
La loi permet d’attribuer deux statuts aux espèces pour assurer leur protection et leur rétablissement :
- Espèces désignées menacées;
- Espèces désignées vulnérables.
D’autres espèces, dont la survie semble compromise, peuvent être inscrites sur la liste des espèces susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables.
Le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ) recueille, analyse et diffuse les données sur ces espèces afin de suivre l’évolution de leur situation.
Espèces désignées menacées
Les espèces désignées menacées sont celles dont la disparition est appréhendée.
La taille de leurs populations, leur aire de répartition, ou les deux à la fois, sont restreintes ou ont grandement diminué. Si la tendance se poursuit, la survie de ces espèces est menacée à court terme.
Consultez la liste des espèces désignées menacées.
Espèces désignées vulnérables
Les espèces désignées vulnérables sont celles dont la survie est précaire, même si leur disparition n'est pas appréhendée.
Ce statut est attribué aux espèces dont la survie à moyen et long terme n’est pas assurée. Sans intervention, une diminution de leurs populations ou la dégradation de leurs habitats risque de se produire.
Consultez la liste des espèces désignées vulnérables.
Espèces vulnérables à la récolte
En raison de leur valeur sur les marchés de l’alimentation et de l’horticulture, certaines espèces désignées vulnérables subissent des pressions de récolte dans leur milieu naturel qui entraînent un risque pour leur survie. Pour ces espèces, la récolte de spécimens entiers est limitée et le commerce est interdit.
Consultez la liste des espèces vulnérables à la récolte.
Espèces susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables
Lorsque l’information disponible sur certaines espèces permet de croire qu’elles sont en situation précaire et qu’elles requièrent une attention particulière, elles sont considérées comme des espèces susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables. Bien qu’elles ne soient pas protégées légalement, des mesures peuvent être mises en place pour assurer leur protection.
Consultez la liste des plantes vasculaires et invasculaires (bryophytes) susceptibles d'être désignées menacées ou vulnérables.
Processus de désignation
La liste des espèces floristiques susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables est généralement le point de départ du processus de désignation au Québec. Les espèces qui y figurent font l’objet de travaux d’acquisition de connaissances, tels que :
- des inventaires sur le terrain;
- de la documentation sur leur biologie;
- de la recherche sur leurs habitats.
Une synthèse des connaissances est produite par un ou des spécialistes de l’espèce, sous la forme d’un rapport de situation. Le rapport décrit notamment :
- sa biologie;
- sa répartition géographique;
- l’état de ses populations;
- les menaces pour sa survie.
Le rapport est ensuite analysé par le Comité aviseur (sic) sur les espèces floristiques menacées ou vulnérables du Québec. Ce comité évalue alors la situation de l’espèce étudiée. S’il juge qu’une protection légale est requise, il recommande le statut approprié. Le Comité peut également donner son avis sur les mesures à mettre en place pour protéger l’espèce et son habitat. Consultez le document Recommandations des comités aviseurs sur les espèces menacées ou vulnérables (PDF 152 Ko) pour connaitre le résumé des évaluations réalisées et des recommandations pour les espèces floristiques.
Le Comité est généralement composé de :
- trois scientifiques issus de la communauté;
- trois représentants issus d’organisations non gouvernementales;
- un représentant du ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.
Leurs recommandations sont uniquement fondées sur des critères scientifiques, dont :
- la répartition géographique de l’espèce (dans le monde, en Amérique du Nord et au Québec);
- sa biologie;
- son abondance;
- l’état et les tendances de ses populations;
- les facteurs limitants;
- les menaces pour sa survie.
Le statut recommandé et les mesures de protection proposées par le Comité sont communiqués au ministère, qui est responsable d’entreprendre les démarches permettant la désignation légale de l’espèce, le cas échéant. Des consultations sont notamment tenues au cours de ce processus.
Mesures de protection et de rétablissement
Lorsqu’une espèce est désignée menacée ou vulnérable, le gouvernement assure son suivi et met en place des mesures de protection et de rétablissement.
Protection légale des espèces
Les espèces floristiques désignées menacées ou vulnérables bénéficient d’une protection légale. Cette protection s’applique autant sur les terres publiques que sur les terres privées. Des autorisations peuvent être requises pour réaliser une activité qui les affecte.
Protection légale des habitats floristiques
Les habitats d’espèces floristiques menacées ou vulnérables bénéficient d’une protection légale. Des autorisations peuvent être requises pour réaliser une activité dans l’un de ces territoires. La page Habitats floristiques protégés légalement présente plus de détails à ce sujet.
Mesures de protection en forêt publique et privée
En forêt publique, les espèces floristiques en situation précaire font l’objet de mesures de protection particulières. Ces mesures sont appliquées dans le cadre d’une entente de collaboration gouvernementale qui permet de favoriser leur protection et celle de leurs habitats.
En forêt privée, plusieurs mesures et outils sont conçus pour soutenir et encourager les producteurs forestiers dans l’aménagement durable, la mise en valeur et la protection de leurs forêts. Pour connaître les bonnes pratiques d’aménagement spécifique à certaines espèces floristiques, consultez les fiches sur la page Aménager son boisé en maintenant les milieux sensibles et la biodiversité de la Fédération des producteurs forestiers du Québec.
Équipes de rétablissement
Pour assurer la conservation des espèces floristiques menacées ou vulnérables, des équipes de rétablissement multidisciplinaires peuvent être mises en place. Leurs travaux contribuent à la mise en œuvre de mesures de protection des espèces et de leurs habitats.
À consulter aussi
Dernière mise à jour : 30 avril 2025