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Fiches des espèces floristiques
Aplectrelle d’hiver. © Valérie Deschesne, Cime-Haut-Richelieu
Nom français
Aplectrelle d’hiver
Autre(s) nom(s) français
Aplectrum d’hiver
Nom anglais
Puttyroot
Aplectrum hyemale (Muhlenberg ex Willdenow) Torrey
Groupe de plantes
Herbacées
Situation au Québec
Espèce menacée
Famille
Orchidaceae
Description
L’aplectrelle d’hiver est une plante herbacée vivace de la famille des orchidées mesurant de 25 à 50 cm de haut. Elle porte à sa base une seule feuille ovale vert pâle, parcourue de nervures parallèles blanches. Ses fleurs forment une grappe étroite dans le haut de la tige.
Identification
Tige
L’aplectrelle d’hiver produit une seule tige à l’extrémité de laquelle les fleurs se développent.
Feuilles
Une feuille unique se déploie à la base de la plante à l’automne. Elle est ovale, pointue au sommet et mesure de 10 à 20 cm de long et de 3 à 8 cm de large. Vert pâle sur le dessus, elle est plissée sur toute sa longueur et parcourue de nervures blanches. Son dessous est brunâtre, verdâtre ou pourpré.

Feuilles de trois individus d’aplectrelle d’hiver lors de leur déploiement à l’automne. © Francis Boudreau, ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Fleurs
De 5 à 15 petites fleurs se développent dans le haut de la tige de l’aplectrelle d’hiver, formant une grappe étroite de 2 à 3,5 cm de long. Comme chez toutes les orchidées, les fleurs sont formées de six parties : trois sépales Lire le contenu de la note numéro 1 et trois pétales. Le pétale inférieur, nommé « labelle », se distingue par ses bords recourbés, sa couleur blanchâtre et ses taches pourpres. Les autres parties de la fleur sont élancées, jaunâtres, verdâtres et teintées de pourpre ou de brun.

Fleur de l’aplectrelle d’hiver. © Jacques Labrecque, ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Fruits
Lorsqu’elles sont fécondées, les fleurs produisent de petites capsules ovales, brunâtres et pendantes. Elles mesurent de 1,5 à 2,8 cm de long et de 7 à 12 mm de large.
Racines
Le système racinaire de l’aplectrelle d’hiver est constitué d’un corme, une structure ronde qui ressemble à un petit grelot de 2 à 2,5 cm de diamètre et qui génère de petites racines. Chaque année, la plante produit un nouveau corme qui reste attaché aux anciens. Au cours de leur croissance, les jeunes cormes puisent dans les réserves des plus âgés, qui se dessèchent progressivement.

Cormes de l’aplectrelle d’hiver. © Jacques Cayouette
Espèces similaires
Distinctions
La corallorhize maculée peut être confondue avec l’aplectrelle d’hiver lorsqu’elle porte des fruits. Elle s’en distingue toutefois par l’absence totale de feuilles et par son système racinaire dont la forme rappelle celle d’un corail.
Observation
La meilleure période pour observer l’aplectrelle d’hiver est l’automne, alors que sa feuille est pleinement déployée.
Répartition
L’aire de répartition de l’aplectrelle d’hiver couvre une grande partie de l’est des États-Unis, de la Géorgie à l’Oklahoma au sud, jusqu’au Vermont et Minnesota au nord. Au Canada, on trouve l’espèce dans le sud de l’Ontario et du Québec. Au Québec, elle a été répertoriée dans le sud des Laurentides, en Montérégie et en Estrie.
Présence au Québec
Origine
Indigène
État de la situation
L’aplectrelle d’hiver a été recensée dans huit sites au Québec. Sa disparition a été confirmée dans deux de ces sites. La population totale de l’espèce compte environ 500 individus concentrés dans deux sites.
Le climat, la fragmentation et l’isolement des boisés en milieu agricole ainsi que la complexité biologique de l’espèce limitent son expansion au Québec et ses chances de survie à long terme.
Rang de précarité
Le rang de précarité provincial (rang S) de cette espèce est S1.
Signalement
Si vous repérez une population d’aplectrelle d’hiver, signalez sa présence au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec. Vos observations permettront d’acquérir des connaissances sur cette espèce et son habitat afin de favoriser leur conservation.
Habitat
L’espèce croît dans des érablières et des forêts feuillues, sur des sols riches et bien drainés. On la trouve le plus souvent dans des endroits peu propices à l’installation des espèces ligneuses (comme les arbres), tels que les bords des sentiers et les bordures des dépressions.
Reproduction et propagation
Chaque capsule d’aplectrelle d’hiver libère quelques milliers de graines minuscules. Sans réserves alimentaires, les graines doivent vivre en association avec un champignon pendant plusieurs années pour se développer. Ce processus lent explique le faible taux de reproduction sexuée de l’espèce.
L’aplectrelle d’hiver se propage également de façon végétative par la formation annuelle d’un nouveau corme.
Biologie
L’aplectrelle d’hiver croît à l’ombre et présente un cycle de développement unique. Sa feuille a la particularité de se déployer à l’automne, de passer l’hiver sous la neige et de reprendre son activité photosynthétique dès que la neige disparaît au sol. Au moment de la floraison, vers la fin de mai ou le début de juin, la feuille disparaît. La pollinisation est assurée par les insectes et par la pluie. Les fruits arrivent à maturité entre juin et octobre.
Menaces pour l’espèce
Les principales menaces qui pèsent sur l’aplectrelle d’hiver sont :
- la succession végétale, c’est-à-dire le changement des plantes à un endroit précis au fil du temps;
- les activités récréatives;
- la coupe et la récolte du bois.
Désignation et rétablissement
Au Québec, l’aplectrelle d’hiver est une espèce désignée menacée depuis 1998 selon la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.
Cette espèce est protégée et une autorisation pourrait être requise pour réaliser une activité en sa présence.
Deux des sites abritant cette espèce se situent en totalité ou en partie dans des
Apprenez-en plus sur le processus de désignation des espèces floristiques au Québec.
Informations complémentaires
Le genre Aplectrum, présent uniquement en Amérique du Nord, comprend une seule espèce. Son nom vient du mot grec plektron (éperon) accompagné du préfixe a (sans). Il fait référence à l’absence d’éperon chez la fleur. L’ajout du mot hyemale (hiver) souligne la particularité qu’a la feuille de se déployer à l’automne et de passer l’hiver sous la neige. Pendant longtemps, cette plante a été associée à des pouvoirs surnaturels en raison de ses cormes souvent jumeaux.
Pour en savoir plus
Références
BEAUSÉJOUR, S. (2008). Les orchidées indigènes du Québec-Labrador, Les Éditions Native, Joliette, 176 p.
BROUILLET, L., F. COURSOL, S.J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2010+). Base de données des plantes vasculaires du Canada (VASCAN), [En ligne]. [
CENTRE DE DONNÉES SUR LE PATRIMOINE NATUREL DU QUÉBEC (2024). Extractions du système de données pour le territoire de la province de Québec, ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Québec.
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COMITÉ FLORE QUÉBÉCOISE DE FLORAQUEBECA (2009). Plantes rares du Québec méridional, guide d’identification produit en collaboration avec le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ), Les Publications de Québec, Québec, 406 p.
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COUILLARD L., N. DIGNARD, P. PETITCLERC, D. BASTIEN, A. SABOURIN et J. LABRECQUE (2012). Guide de reconnaissance des habitats forestiers des plantes menacées ou vulnérables : Outaouais, Laurentides et Lanaudière, ministère des Ressources naturelles et de la Faune et ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Québec, 434 p. [En ligne]. [https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/forets/documents/mesures-protection/GM_plantes-menacees-Outaouais-Laurentides-Lanaudiere.pdf].
MARIE-VICTORIN, F. (2002). Flore laurentienne, 3e édition mise à jour par L. Brouillet, S. G. Hay et I. Goulet en collaboration avec M. Blondeau, J. Cayouette et J. Labrecque, Gaëtan Morin éditeur, membre de Chenelière Éducation, Montréal, 1 093 p.
MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT, DE LA LUTTE CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES, DE LA FAUNE ET DES PARCS (2024). Liste des espèces floristiques menacées ou vulnérables au Québec, [En ligne]. [https://www.quebec.ca/agriculture-environnement-et-ressources-naturelles/flore/especes-floristiques-menacees-ou-vulnerables/liste-especes].
NATURESERVE (2024). NatureServe Network Biodiversity Location Data, NatureServe, Arlington, Virginia, [En ligne]. [
TARDIF, B., B. TREMBLAY, G. JOLICOEUR et J. LABRECQUE (2016). Les plantes vasculaires en situation précaire au Québec, Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ), ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Direction de l’expertise en biodiversité, Québec, 420 p. [En ligne]. [
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Note de bas de page numéro 1Les sépales sont les pièces, souvent vertes, de l’enveloppe protectrice de la fleur appelée « calice ». Retour à la référence de la note numéro 1
Dernière mise à jour : 14 septembre 2026
