Fiches des espèces floristiques

Aristide à rameaux basilaires

Quelques plants d’aristide à rameaux basilaires sur un sol sableux.

Aristide à rameaux basilaires. © Frédéric Coursol

Nom français
Aristide à rameaux basilaires

Nom anglais
Forked three-awn grass

Nom scientifique

Aristida basiramea Engelmann ex Vasey

Groupe de plantes

Herbacées

Situation au Québec

Espèce menacée

Famille
Poaceae

Description

L’aristide à rameaux basilaires est une petite plante herbacée annuelle de la même famille que le blé, soit les graminées. Elle pousse en touffes dans les milieux sableux et peut atteindre 60 cm de haut. Elle se distingue par les longues arêtes inclinées de ses fleurs.

Identification

Tige/Tronc

Les tiges de l’aristide à rameaux basilaires sont droites, fines, flexibles et ramifiées, surtout à la base. Elles mesurent entre 30 et 60 cm de long.

Feuilles

Les feuilles de l’aristide à rameaux basilaires sont très étroites (de 1 à 1,5 mm de large) et mesurent de 5 à 15 cm de long. Elles sont disposées en alternance sur la tige. Comme chez toutes les graminées, leurs nervures sont parallèles et leur base s’enroule autour de la tige, formant une gaine fendue au milieu, avec une petite membrane appelée « ligule », bordée de poils courts.

Fleurs

Les fleurs de l’aristide à rameaux basilaires forment une petite grappe étroite et lâche dans le haut de la tige. Leur structure est particulière : les organes mâles et femelles sont entourés par une petite bractée Lire le contenu de la note numéro 1 surmontée de trois longues arêtes, soit dressées, soit inclinées. L’arête la plus longue (de 10 à 15 mm) est spiralée à la base tandis que les deux autres (de 5 à 10 mm) sont courbées ou tordues. Deux autres bractées de longueur inégale se trouvent à la base de chaque fleur.

Fruits

Les fruits de l’aristide à rameaux basilaires ont la forme d’un fuseau, sont brun marron et mesurent de 6 à 7 mm de long. Ils contiennent une seule graine enveloppée dans une membrane sèche. Ce type de fruit, appelé « grain » ou « caryopse », est propre aux graminées.

Espèces similaires

Sporobole négligé (Sporobolus neglectus)

Sporobole engainé (Sporobolus vaginiflorus)

Distinctions

Les fleurs du sporobole négligé et du sporobole engainé se distinguent de celles de l’aristide à rameaux basilaires par l’absence d'arêtes.

Observation

La meilleure période pour observer l’aristide à rameaux basilaires est la fin de l’été ou le début de l’automne, au moment de sa floraison et de sa fructification.

Répartition

L’aire de répartition de l’aristide à rameaux basilaires s’étend depuis la Floride jusqu’au Texas, puis vers le nord jusque dans le sud de l’Ontario et du Québec. Au Québec, l’espèce se concentre en Montérégie. Elle est aussi présente dans les Laurentides.

Présence au Québec

Origine

Indigène

État de la situation

Au Québec, l’aristide à rameaux basilaires a été répertoriée dans une dizaine de sites. Le nombre de plants varie de quelques dizaines à plusieurs centaines de milliers. Étant intolérante à l’ombre, cette espèce pourrait voir ses effectifs diminuer progressivement dans certains sites en raison de l’installation d’un couvert végétal plus dense.

Rang de précarité

Le rang de précarité provincial (rang S) de cette espèce est S2.

Signalement

Si vous repérez une population d’aristide à rameaux basilaires, signalez sa présence au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec. Vos observations permettront d’acquérir des connaissances sur cette espèce et son habitat et favoriseront leur conservation.

Habitat

L’aristide à rameaux basilaires pousse dans des milieux sablonneux, ouverts et secs. Certains de ces milieux sont d’anciennes sablières ou des zones inactives d’exploitation. Elle a également été observée sur des affleurements de grès recouverts d’une fine couche de sable et dans une plantation de pins rouges très ouverte.

Reproduction et propagation

L’aristide à rameaux basilaires se reproduit par ses graines. Les longues arêtes de la bractée entourant les fruits favorisent leur transport par le vent et les animaux. Leur inclinaison vers le bas favorise également leur implantation dans le sol.

Biologie

La floraison de l’aristide à rameaux basilaires se produit de la fin d’août à la fin de septembre. La fructification commence en septembre et se poursuit jusqu'aux premiers gels. Certaines graines n’ont pas le temps de se développer complètement. L’aristide à rameaux basilaires étant une plante annuelle, le nombre d’individus répertoriés à un site peut varier d’une année à l’autre selon la quantité de graines produites et leur taux de germination.

L’espèce ne supporte pas l’ombre et elle est intolérante à la compétition avec les autres plantes.

Menaces pour l’espèce

Les principales menaces qui pèsent sur l’aristide à rameaux basilaires sont :

  • le développement résidentiel et commercial;
  • la succession naturelle, c’est-à-dire le changement des plantes à un endroit précis au fil du temps;
  • les plantations.

Désignation et rétablissement

Au Québec, l’aristide à rameaux basilaires est une espèce désignée menacée depuis 2010 selon la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.

Cette espèce est protégée et une autorisation pourrait être requise pour réaliser une activité en sa présence.

Un site abritant l’aristide à rameaux basilaires se situe dans une aire protégée. Il s’agit du milieu naturel de conservation volontaire Maybank.

Pour connaître le statut de l’espèce au Canada, consultez le Registre public des espèces en péril.

Apprenez-en plus sur le processus de désignation des espèces floristiques au Québec.

Informations complémentaires

Le nom latin de l’espèce fait référence à certaines de ses caractéristiques. Le genre Aristida signifie « arête », et l’épithète spécifique basiramea signifie « ramifié à la base ». Le nom anglais forked three-awn grass, traduit par « herbe à trois arêtes fourchues », est aussi une allusion à l’une de ses principales caractéristiques.

L’aristide à rameaux basilaires a été découverte au Québec en 2001 dans une plaine sableuse de Cazavillle, en Montérégie. À l’origine, cette zone était probablement une forêt de pins blancs, et des feux périodiques y maintenaient des ouvertures favorables à l’installation de cette plante.

BARBEAU, O et J. BRISSON (2004). La situation de l’aristide à rameaux basilaires (Aristida basiramea Engelm. ex. Vasey) au Québec. Institut de recherche en biologie végétale. Rapport préparé pour le ministère de l’Environnement du Québec, Direction du patrimoine écologique et du développement durable. 30 p.

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TARDIF, B., B. TREMBLAY, G. JOLICOEUR et J. LABRECQUE (2016). Les plantes vasculaires en situation précaire au Québec. Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ). Gouvernement du Québec, ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC), Direction de l’expertise en biodiversité, Québec. 420 p. [En ligne]. [https://www.environnement.gouv.qc.ca/biodiversite/especes-designees-susceptibles/plantes-vasculaires-situation-precaire.pdf]

Dernière mise à jour : 28 janvier 2026

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