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Fiches des espèces floristiques
Aster d’Anticosti. © Francis Boudreau, ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Nom français
Aster d’Anticosti
Nom anglais
Anticosti aster
Symphyotrichum anticostense (Fernald) G.L. Nesom
Groupe de plantes
Herbacées
Situation au Québec
Espèce vulnérable
Famille
Asteraceae
Description
L’aster d’Anticosti est une plante herbacée vivace de la famille des astéracées, comme la marguerite. Il se reconnaît à ses longues feuilles rigides et arquées, ainsi qu’à ses fleurs mauves ou lilas. Il pousse sur les rives rocheuses ou recouvertes de petits cailloux des rivières à fort courant.
Identification
Tige
La tige de l’aster d’Anticosti est droite, rigide et souvent rougeâtre. Chez les grands individus, elle est ramifiée dans sa partie supérieure. Elle mesure de 10 à 75 cm de haut et 3 à 4 mm de large. Sa surface est striée et parfois couverte de petites lignes de fins poils près des feuilles.

Tige striée avec de fins poils de l’aster d’Anticosti. © Pierre Petitclerc, ministère des Ressources naturelles et des Forêts
Feuilles
Les feuilles de l’aster d’Anticosti sont étroites, rigides et souvent arquées. Elles mesurent de 9 à 16 cm de long et de 6 à 18 mm de large. Leur base entoure partiellement la tige.

Feuilles de l’aster d’Anticosti. © Gisèle Lamoureux
Fleurs
Chez les astéracées, ce qui semble être une fleur unique est en fait un groupe de plusieurs petites fleurs. Elles sont disposées les unes à côté des autres sur un réceptacle entouré d’une ou plusieurs rangées de petites bractées Lire le contenu de la note numéro 1 . Cette structure se nomme « capitule ».
L’aster d’Anticosti porte 11 à 51 capitules de 1,5 à 2 cm de diamètre, regroupés en haut de la tige. Les fleurs centrales, en forme de tube, sont jaunes puis rougeâtres avec l’âge. Elles forment un disque bombé entouré de fleurs à languette mauve, lilas ou parfois blanche, de 15 à 20 mm. Les bractées vertes autour du réceptacle sont disposées en deux ou trois rangées.

Capitules de l’aster d’Anticosti. © Francis Boudreau, ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Fruits
L’aster d’Anticosti produit des fruits secs appelés « cypsèles Lire le contenu de la note numéro 2 ». Ceux-ci mesurent de 1,5 à 2,8 mm, sont brun chamois, couverts de poils et surmontés de soies blanches ou jaunâtres.
Racines
Le système racinaire de l’aster d’Anticosti est formé d’un long rhizome Lire le contenu de la note numéro 3 d’au moins 2 mm de diamètre.
Espèces similaires
Aster boréal (Symphyotrichum boreale)
Aster de New York (Symphyotrichum novibelgii)
Distinctions
L’aster boréal pousse dans les tourbières, un habitat différent de celui de l’aster d’Anticosti. Il se distingue par ses rhizomes fins de 2 mm ou moins de diamètre. L’aster de New York, aux feuilles plus larges et dentées, pousse près des rivages, dans les fossés et les marais salés. Certains individus à feuilles étroites ressemblent à l’aster d’Anticosti.
Observation
La meilleure période pour observer l’aster d’Anticosti s’étend de fin juillet à fin septembre, au moment de sa floraison.
Répartition
L’aire de répartition de l’aster d’Anticosti se trouve principalement au Québec, mais l’espèce a aussi été répertoriée au Nouveau-Brunswick et dans le Maine. Au Québec, on la trouve sur l’île d’Anticosti, en Gaspésie, et à un seul endroit au Lac-Saint-Jean.
Présence au Québec
Origine
Indigène
État de la situation
Au Québec, l’aster d’Anticosti a été répertorié dans une vingtaine de sites. Trois d’entre eux, le long de la Grande Rivière (> 68 000 individus), de la rivière Ristigouche (> 50 000) et de la rivière Bonaventure (> 20 000), abritent 95 % de la population.
La population du Lac-Saint-Jean, située à plus de 500 km des autres sites et découverte en 1921, était considérée comme disparue. Elle a été redécouverte en 1999. En 2009, elle comptait plus de 2 000 individus.
Rang de précarité
Le rang de précarité provincial (rang S) pour cette espèce est S3.
Signalement
Si vous repérez une population d’aster d’Anticosti, signalez sa présence au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec. Vos observations permettront d’acquérir des connaissances sur cette espèce et son habitat et favoriseront leur conservation.
Habitat
L’aster d’Anticosti pousse sur les rives calcaires à faible pente de grandes rivières à fort débit, surtout durant la crue printanière. On le trouve sur des rives rocheuses ou constituées de galets ou de graviers et dans des zones peu végétalisées.
Reproduction et propagation
L’aster d’Anticosti se reproduit par ses graines dispersées par le vent, l’eau et les animaux. Il se propage aussi par ses rhizomes, formant des colonies clonales peu denses. Des fragments de rhizomes peuvent être transportés par l’eau et aider à sa dispersion.
Biologie
L’aster d’Anticosti fleurit de la fin de juillet à la fin de septembre. Les fleurs sont pollinisées par divers insectes. Elles doivent être fécondées par le pollen d’autres fleurs pour produire des fruits. La maturation et la dispersion des fruits ont lieu de la mi-août à la fin de l’automne. Les graines germent au printemps, et il faut plus d’un an pour que les nouveaux individus fleurissent.
Grâce à ses longs rhizomes, l’aster d’Anticosti est bien adapté aux milieux riverains soumis à des inondations et à l’érosion.
Menaces pour l’espèce
Les principales menaces qui pèsent sur l’aster d’Anticosti sont :
- la circulation de véhicules tout terrain;
- l’aménagement de quais et de rampes de mise à l’eau pour les embarcations;
- le broutage par le cerf de Virginie sur l’île d’Anticosti;
- les plantes exotiques envahissantes (alpiste roseau).
Désignation et rétablissement
Au Québec, l’aster d’Anticosti est une espèce désignée vulnérable depuis 2023 selon la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.
Cette espèce est protégée et une autorisation pourrait être requise pour réaliser une activité en sa présence.
Un peu plus de la moitié des sites abritant l’aster d’Anticosti se trouvent en partie ou en totalité dans des
Pour connaître le statut de l’espèce au Canada, consultez le
Apprenez-en plus sur le processus de désignation des espèces floristiques au Québec.
Informations complémentaires
Les premiers spécimens de l’aster d’Anticosti ont été récoltés en 1880 par John Macoun, à la rivière Jupiter, sur l’île d’Anticosti. L’espèce a été décrite par Fernald en 1915 à partir de ces spécimens.
Avant l’article publié par Brouillet et Labrecque en 1987, l’espèce était peu connue, et uniquement référencée d’après son spécimen type.
L’aster d’Anticosti a été désigné menacé en 2001. Après des inventaires montrant qu’il était plus abondant, son statut a été révisé pour vulnérable en 2023.
Pour en savoir plus
Références
BROUILLET, L., et J. LABRECQUE (1987). « Aster gaspensis Victorin : nombre chromosomique et hybridation naturelle avec l’A. novi-belgii”, Le Naturaliste canadien, 114 : 159-165.
BROUILLET, L., F. COURSOL, S.J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2010+). Base de données des plantes vasculaires du Canada (VASCAN), [En ligne]. [
CENTRE DE DONNÉES SUR LE PATRIMOINE NATUREL DU QUÉBEC (2024). Extractions du système de données pour le territoire de la province de Québec, ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Québec.
COMITÉ ÉDITORIAL DE FLORA OF NORTH AMERICA, éd. (1993+). Flora of North America North of Mexico, 25+ vol, New York et Oxford, [En ligne]. [
COSEPAC (2017). Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’Aster d’Anticosti (Symphyotrichum anticostense) au Canada, comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xiv + 60 p. (
DIGNARD N., P. PETITCLERC, J. LABRECQUE et L. COUILLARD (2009). Guide de reconnaissance des habitats forestiers des plantes menacées ou vulnérables : Côte-Nord et Saguenay-Lac-Saint-Jean, ministère des Ressources naturelles et de la Faune et ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Québec, 144 p. [En ligne]. [https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/forets/documents/mesures-protection/GM_plantes-menacees-Cote-Nord-Saguenay-Lac-Saint-Jean.pdf].
NATURESERVE (2024). NatureServe Network Biodiversity Location Data, NatureServe, Arlington, Virginia, [En ligne]. [
TARDIF, B., B. TREMBLAY, G. JOLICOEUR et J. LABRECQUE (2016). Les plantes vasculaires en situation précaire au Québec, Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ), ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Direction de l’expertise en biodiversité, Québec, 420 p. [En ligne]. [
À consulter aussi
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Note de bas de page numéro 1La bractée est une feuille modifiée située sous une fleur ou un groupe de fleurs. Retour à la référence de la note numéro 1
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Note de bas de page numéro 2La cypsèle est un fruit sec, souvent surmonté de soies, qui ne s’ouvre pas spontanément pour laisser échapper sa graine. C’est le fruit caractéristique des astéracées. Retour à la référence de la note numéro 2
-
Note de bas de page numéro 3Le rhizome est une tige souterraine, généralement horizontale, qui produit des racines et des tiges aériennes. Retour à la référence de la note numéro 3
Dernière mise à jour : 14 septembre 2026
