Aster d’Anticosti

Aster d’Anticosti. © Francis Boudreau, ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs

Nom français
Aster d’Anticosti

Nom anglais
Anticosti aster

Nom scientifique

Symphyotrichum anticostense (Fernald) G.L. Nesom

Groupe de plantes

Herbacées

Situation au Québec

Espèce vulnérable

Famille
Asteraceae

Description

L’aster d’Anticosti est une plante herbacée vivace de la famille des astéracées, comme la marguerite. Il se reconnaît à ses longues feuilles rigides et arquées, ainsi qu’à ses fleurs mauves ou lilas. Il pousse sur les rives rocheuses ou recouvertes de petits cailloux des rivières à fort courant. 

Identification

Tige

La tige de l’aster d’Anticosti est droite, rigide et souvent rougeâtre. Chez les grands individus, elle est ramifiée dans sa partie supérieure. Elle mesure de 10 à 75 cm de haut et 3 à 4 mm de large. Sa surface est striée et parfois couverte de petites lignes de fins poils près des feuilles.

Feuilles

Les feuilles de l’aster d’Anticosti sont étroites, rigides et souvent arquées. Elles mesurent de 9 à 16 cm de long et de 6 à 18 mm de large. Leur base entoure partiellement la tige. 

Fleurs

Chez les astéracées, ce qui semble être une fleur unique est en fait un groupe de plusieurs petites fleurs. Elles sont disposées les unes à côté des autres sur un réceptacle entouré d’une ou plusieurs rangées de petites bractées Lire le contenu de la note numéro 1 . Cette structure se nomme « capitule ».  

L’aster d’Anticosti porte 11 à 51 capitules de 1,5 à 2 cm de diamètre, regroupés en haut de la tige. Les fleurs centrales, en forme de tube, sont jaunes puis rougeâtres avec l’âge. Elles forment un disque bombé entouré de fleurs à languette mauve, lilas ou parfois blanche, de 15 à 20 mm. Les bractées vertes autour du réceptacle sont disposées en deux ou trois rangées. 

Fruits

L’aster d’Anticosti produit des fruits secs appelés «  cypsèles Lire le contenu de la note numéro 2  ». Ceux-ci mesurent de 1,5 à 2,8 mm, sont brun chamois, couverts de poils et surmontés de soies blanches ou jaunâtres. 

Racines

Le système racinaire de l’aster d’Anticosti est formé d’un long rhizome Lire le contenu de la note numéro 3 d’au moins 2 mm de diamètre. 

Espèces similaires

Aster boréal (Symphyotrichum boreale)

Aster de New York (Symphyotrichum novibelgii

Distinctions

L’aster boréal pousse dans les tourbières, un habitat différent de celui de l’aster d’Anticosti. Il se distingue par ses rhizomes fins de 2 mm ou moins de diamètre. L’aster de New York, aux feuilles plus larges et dentées, pousse près des rivages, dans les fossés et les marais salés. Certains individus à feuilles étroites ressemblent à l’aster d’Anticosti.  

Observation

La meilleure période pour observer l’aster d’Anticosti s’étend de fin juillet à fin septembre, au moment de sa floraison.

Répartition

L’aire de répartition de l’aster d’Anticosti se trouve principalement au Québec, mais l’espèce a aussi été répertoriée au Nouveau-Brunswick et dans le Maine. Au Québec, on la trouve sur l’île d’Anticosti, en Gaspésie, et à un seul endroit au Lac-Saint-Jean. 

Présence au Québec

Origine

Indigène

État de la situation

Au Québec, l’aster d’Anticosti a été répertorié dans une vingtaine de sites. Trois d’entre eux, le long de la Grande Rivière (> 68 000 individus), de la rivière Ristigouche (> 50 000) et de la rivière Bonaventure (> 20 000), abritent 95 % de la population.  

La population du Lac-Saint-Jean, située à plus de 500 km des autres sites et découverte en 1921, était considérée comme disparue. Elle a été redécouverte en 1999. En 2009, elle comptait plus de 2 000 individus. 

Rang de précarité

Le rang de précarité provincial (rang S) pour cette espèce est S3

Signalement

Si vous repérez une population d’aster d’Anticosti, signalez sa présence au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec. Vos observations permettront d’acquérir des connaissances sur cette espèce et son habitat et favoriseront leur conservation. 

Habitat

L’aster d’Anticosti pousse sur les rives calcaires à faible pente de grandes rivières à fort débit, surtout durant la crue printanière. On le trouve sur des rives rocheuses ou constituées de galets ou de graviers et dans des zones peu végétalisées. 

Reproduction et propagation

L’aster d’Anticosti se reproduit par ses graines dispersées par le vent, l’eau et les animaux. Il se propage aussi par ses rhizomes, formant des colonies clonales peu denses. Des fragments de rhizomes peuvent être transportés par l’eau et aider à sa dispersion. 

Biologie

L’aster d’Anticosti fleurit de la fin de juillet à la fin de septembre. Les fleurs sont pollinisées par divers insectes. Elles doivent être fécondées par le pollen d’autres fleurs pour produire des fruits. La maturation et la dispersion des fruits ont lieu de la mi-août à la fin de l’automne. Les graines germent au printemps, et il faut plus d’un an pour que les nouveaux individus fleurissent.

Grâce à ses longs rhizomes, l’aster d’Anticosti est bien adapté aux milieux riverains soumis à des inondations et à l’érosion. 

Menaces pour l’espèce

Les principales menaces qui pèsent sur l’aster d’Anticosti sont :  

  • la circulation de véhicules tout terrain;
  • l’aménagement de quais et de rampes de mise à l’eau pour les embarcations;
  • le broutage par le cerf de Virginie sur l’île d’Anticosti;
  • les plantes exotiques envahissantes (alpiste roseau). 

Désignation et rétablissement

Au Québec, l’aster d’Anticosti est une espèce désignée vulnérable depuis 2023 selon la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.

Cette espèce est protégée et une autorisation pourrait être requise pour réaliser une activité en sa présence.

Un peu plus de la moitié des sites abritant l’aster d’Anticosti se trouvent en partie ou en totalité dans des aires protégées. L’une de ces aires protégées vise la protection de cette espèce : l’habitat floristique des Platières-de-la-Grande-Rivière.

Pour connaître le statut de l’espèce au Canada, consultez le Registre public des espèces en péril.

Apprenez-en plus sur le processus de désignation des espèces floristiques au Québec. 

Informations complémentaires

Les premiers spécimens de l’aster d’Anticosti ont été récoltés en 1880 par John Macoun, à la rivière Jupiter, sur l’île d’Anticosti. L’espèce a été décrite par Fernald en 1915 à partir de ces spécimens.  

Avant l’article publié par Brouillet et Labrecque en 1987, l’espèce était peu connue, et uniquement référencée d’après son spécimen type.

L’aster d’Anticosti a été désigné menacé en 2001. Après des inventaires montrant qu’il était plus abondant, son statut a été révisé pour vulnérable en 2023.  

BROUILLET, L., et J. LABRECQUE (1987). « Aster gaspensis Victorin : nombre chromosomique et hybridation naturelle avec l’A. novi-belgii”, Le Naturaliste canadien, 114 : 159-165.

BROUILLET, L., F. COURSOL, S.J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2010+). Base de données des plantes vasculaires du Canada (VASCAN), [En ligne]. [http://data.canadensys.net/vascan].

CENTRE DE DONNÉES SUR LE PATRIMOINE NATUREL DU QUÉBEC (2024). Extractions du système de données pour le territoire de la province de Québec, ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Québec.

COMITÉ ÉDITORIAL DE FLORA OF NORTH AMERICA, éd. (1993+). Flora of North America North of Mexico, 25+ vol, New York et Oxford, [En ligne]. [http://beta.floranorthamerica.org].

COSEPAC (2017). Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’Aster d’Anticosti (Symphyotrichum anticostense) au Canada, comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xiv + 60 p. (Registre public des espèces en péril site Web).

DIGNARD N., P. PETITCLERC, J. LABRECQUE et L. COUILLARD (2009). Guide de reconnaissance des habitats forestiers des plantes menacées ou vulnérables : Côte-Nord et Saguenay-Lac-Saint-Jean, ministère des Ressources naturelles et de la Faune et ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Québec, 144 p. [En ligne]. [https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/forets/documents/mesures-protection/GM_plantes-menacees-Cote-Nord-Saguenay-Lac-Saint-Jean.pdf].

NATURESERVE (2024). NatureServe Network Biodiversity Location Data, NatureServe, Arlington, Virginia, [En ligne]. [https://explorer.natureserve.org/].

TARDIF, B., B. TREMBLAY, G. JOLICOEUR et J. LABRECQUE (2016). Les plantes vasculaires en situation précaire au Québec, Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ), ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Direction de l’expertise en biodiversité, Québec, 420 p. [En ligne]. [https://www.environnement.gouv.qc.ca/biodiversite/especes-designees-susceptibles/plantes-vasculaires-situation-precaire.pdf]. 

Dernière mise à jour : 28 janvier 2026

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