Fiches des espèces floristiques

Aster à rameaux étalés

Aster à rameaux étalés. © Benoît Tremblay, ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs

Nom français
Aster à rameaux étalés

Autre(s) nom(s) français
Aster divariqué

Nom anglais
White wood-aster

Nom scientifique

Eurybia divaricata (Linnaeus) G.L. Nesom

Groupe de plantes

Herbacées

Situation au Québec

Espèce menacée

Famille
Asteracea

Description

L’aster à rameaux étalés est une plante herbacée vivace de la même famille que la marguerite, soit les astéracées. Ses fleurs se développent au sommet d’une tige zigzagante mesurant de 20 à 90 cm de long. Les feuilles à la base de la plante ont la forme d’un cœur et sont grossièrement dentées.

Identification

Tige/Tronc

L’unique tige de l’aster à rameaux étalés est simple (non ramifiée), légèrement zigzagante et couverte de poils courts vers le sommet. Elle mesure entre 20 et 90 cm de long.

Feuilles

Les feuilles de l’aster à rameaux étalés sont disposées en alternance le long de la tige. Les feuilles inférieures sont portées par un long pétiole Lire le contenu de la note numéro 1 . Elles ont la forme d’un cœur, sont effilées au sommet et profondément dentées. Elles mesurent de 5 à 15 cm de long et de 1 à 9 cm de large. Les feuilles supérieures sont plus petites, en forme de lance, dentées et sans pétiole. Les nervures sont bien marquées sur le dessus des feuilles.

Fleurs

Chez les astéracées, ce qui semble être une fleur unique est en réalité composé de plusieurs petites fleurs. Celles-ci sont disposées les unes à côté des autres sur un réceptacle entouré d’une ou plusieurs rangées de petites bractées Lire le contenu de la note numéro 2 . Cette structure florale complexe se nomme « capitule ».

L’aster à rameaux étalés a de 4 à 50 capitules mesurant de 2 à 3 cm de diamètre. Ceux-ci sont groupés au sommet de la tige et semblent être à la même hauteur. Les fleurs centrales de chaque capitule sont jaunâtres et deviennent pourpres en vieillissant. Elles forment un disque entouré de 5 à 12 fleurs avec une languette blanche, courbée et inclinée vers le bas, mesurant de 6 à 12 mm de long. Les bractées vertes autour du réceptacle sont ciliées, arrondies au sommet et disposées sur quatre à cinq rangées.

Fruits

L’aster à rameaux étalés produit des fruits secs appelés «  cypsèles Lire le contenu de la note numéro 3  » . Ils sont cylindriques, mesurent de 2,5 à 3,8 mm de long, sont bruns et surmontés de soies dont la couleur varie de blanc crème à brun-rouge.

Racines

Le système racinaire de l’aster à rameaux étalés est constitué de longues tiges souterraines (rhizomes) à partir desquelles se développent des racines fibreuses.

Espèces similaires

Aster à grandes feuilles (Eurybia macrophylla)

Aster à feuilles cordées (Symphyotrichum cordifolium)

Distinctions

L'aster à grandes feuilles se distingue de l’aster à rameaux étalés par ses feuilles inférieures beaucoup plus grandes (de 10 à 25 cm de long et de 8 à 15 cm de large), ses capitules plus grands (de 2 à 4 cm de diamètre) et les fleurs à languette, qui sont bleues, parfois blanches. L'aster à feuilles cordées a des capitules plus nombreux et plus petits (de 12 à 22 mm de diamètre), avec un centre crème et des languettes de fleurs dont la couleur, parfois blanche, varie de bleu à violette.

Observation

La meilleure période pour observer l’aster à rameaux étalés est la fin de l’été ou le début de l’automne, au moment de sa floraison.

Répartition

L’aire de répartition de l’aster à rameaux étalés s’étend de la Caroline du Sud à l'Alabama, puis vers le nord jusqu'en Ohio, en Ontario et au Québec. Au Québec, l’espèce est surtout présente en Montérégie. Des populations isolées ont été répertoriées en Estrie et dans le Centre-du-Québec. 

Présence au Québec

Origine

Indigène

État de la situation

Au Québec, l’aster à rameaux étalés a été répertorié dans une quinzaine de sites. Le nombre total d’individus est estimé à environ 14 400. Plusieurs populations sont de petite taille et composées de clones, se reproduisant peu ou pas de manière sexuée, ce qui les rend plus vulnérables aux perturbations de leur habitat.

Rang de précarité

Le rang de précarité provincial (rang S) de cette espèce est S2.

Signalement

Si vous repérez une population d’aster à rameaux étalés, signalez sa présence au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec. Vos observations permettront d’acquérir des connaissances sur cette espèce et son habitat et favoriseront leur conservation.

Habitat

L’aster à rameaux étalés pousse dans les forêts mixtes ou feuillues, ainsi que dans les lisières et les clairières forestières, en association avec la pruche et le hêtre à grandes feuilles. On l’a fréquemment observé dans des ouvertures du couvert forestier créées par la chute d'un arbre.

Reproduction et propagation

L’aster à rameaux étalés se reproduit par ses graines, dont les soies facilitent leur dispersion par le vent. L’espèce se reproduit aussi par voie clonale, c’est-à-dire par la formation de nouvelles tiges à l’extrémité de ses rhizomes. Cela peut donner lieu à des colonies denses dans certains sites.

Biologie

L’aster à rameaux étalés fleurit en août et septembre et ses fleurs sont pollinisées par les insectes. La fructification commence à la fin d’août et se poursuit jusqu’au début d’octobre. Des études montrent que dans les sites où le couvert forestier est clairsemé, l’espèce se reproduit de façon sexuée et végétative. La production de graines nécessite la présence d’au moins deux individus génétiquement distincts dans le même secteur. Dans les sites plus ombragés, les plants demeurent stériles, mais ils peuvent se reproduire par voie clonale.

Menaces pour l’espèce

Les principales menaces qui pèsent sur l’aster à rameaux étalés sont :

  • le développement résidentiel et commercial;
  • le retrait total ou important du couvert forestier;
  • le broutage par les insectes et le cerf de Virginie.

Désignation et rétablissement

Au Québec, l’aster à rameaux étalés est une espèce désignée menacée depuis 2005 selon la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.

Cette espèce est protégée et une autorisation pourrait être requise pour réaliser une activité en sa présence.

Près de la moitié des sites qui abritent l’aster à rameaux étalés sont situés en totalité ou en partie dans des aires protégées.

Pour connaître le statut de l’espèce au Canada, consultez le Registre public des espèces en péril.

Apprenez-en plus sur le processus de désignation des espèces floristiques au Québec.

BOISJOLI, G. (2010). Dynamique des populations et étude du microhabitat d’un aster forestier rare et menacé (Eurybia divaricata). Mémoire de maîtrise, Université du 954 Québec à Montréal, Montréal (Québec, Canada), 106 p.

BROUILLET, L., F. COURSOL, S.J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2010+). VASCAN, la Base de données des plantes vasculaires du Canada. [En ligne]. http://data.canadensys.net/vascan/

CENTRE DE DONNÉES SUR LE PATRIMOINE NATUREL DU QUÉBEC (2024). Extractions du système de données pour le territoire de la province de Québec. Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP), Québec.

COMITÉ FLORE QUÉBÉCOISE DE FLORAQUEBECA (2009). Plantes rares du Québec méridional. Guide d’identification produit en collaboration avec le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ). Les Publications de Québec, Québec. 406 p.

FNA [Flora of North America], 2008. Flora of North America. [En ligne]. http://floranorthamerica.org.

MARIE-VICTORIN, F. (2002). Flore laurentienne. Troisième édition mise à jour par L. Brouillet, S. G. Hay et I. Goulet en collaboration avec M. Blondeau, J. Cayouette et J. Labrecque. Gaëtan Morin éditeur, membre de Chenelière Éducation, Montréal. 1 093 p.

MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT, DE LA LUTTE CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES, DE LA FAUNE ET DES PARCS (2024). Liste des espèces floristiques menacées ou vulnérables au Québec, [En ligne]. [https://www.quebec.ca/agriculture-environnement-et-ressources-naturelles/flore/especes-floristiques-menacees-ou-vulnerables/liste-especes].

NATURESERVE (2019). NatureServe Explorer, an Online Encyclopedia of Life. Version: 7.1. NatureServe, Arlington, Virginia. [En ligne]. http://www.natureserve.org/explorer.

TARDIF, B., B. TREMBLAY, G. JOLICOEUR et J. LABRECQUE (2016). Les plantes vasculaires en situation précaire au Québec. Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ). Gouvernement du Québec, ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC), Direction de l’expertise en biodiversité, Québec. 420 p. [En ligne]. [https://www.environnement.gouv.qc.ca/biodiversite/especes-designees-susceptibles/plantes-vasculaires-situation-precaire.pdf].

Dernière mise à jour : 28 janvier 2026

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