Caryer ovale
Caryer ovale. © Norman Dignard, ministère des Ressources naturelles et des Forêts
Nom français
Caryer ovale
Nom anglais
Shagbark Hickory
Carya ovata (Miller) K. Koch var. ovata
Groupe de plantes
Arbres
Situation au Québec
Espèce susceptible
Famille
Juglandaceae
Dans cette page :
Description
Le caryer ovale est un arbre feuillu de taille moyenne, qui peut atteindre de 20 à 25 m de haut, de 50 à 70 cm de diamètre, et vivre jusqu’à 200 ans. Son écorce est unique, fissurée et composée de longues lanières dont les extrémités se détachent du tronc.
Identification
Tronc
Le tronc du caryer ovale est droit et élancé. Les jeunes arbres ont une écorce lisse et légèrement fendillée. Avec les années, elle devient plus foncée, rugueuse, et se détache du tronc en longues lamelles aux extrémités retroussées.

Écorce fissurée en lamelles du caryer ovale. © Norman Dignard, ministère des Ressources naturelles et des Forêts
Feuilles
Les feuilles du caryer ovale mesurent de 30 à 60 cm de long et de 10 à 40 cm de large. Elles sont formées de cinq (parfois sept) feuilles plus petites, les folioles. De forme ovale et allongée, elles sont rétrécies à la base et pointues au sommet. Elles sont vert jaunâtre sur le dessus, plus pâles en dessous, et leurs bords sont finement dentés. La foliole terminale est de la même taille ou légèrement plus longue que les deux folioles du milieu.

Feuilles du caryer ovale. © Norman Dignard, ministère des Ressources naturelles et des Forêts
Fleurs
Les fleurs mâles et femelles du caryer ovale, petites et verdâtres, croissent séparément. Les fleurs mâles forment des chatons pendants de 5 à 13 cm de long à la base des nouveaux rameaux, tandis que les fleurs femelles se développent en groupes de une à trois à leur extrémité.

Fleurs mâles en chatons du caryer ovale. © Norman Dignard, ministère des Ressources naturelles et des Forêts

Fleurs femelles du caryer ovale. © Norman Dignard, ministère des Ressources naturelles et des Forêts
Fruits
Les fruits du caryer ovale sont ronds, mesurant de 3 à 5 cm de diamètre. Ils ont une enveloppe épaisse et rigide, avec un noyau dur qui contient une amande. Ce type de fruit est appelé « drupe ». Lorsque les fruits sont mûrs, leur enveloppe s’ouvre en quatre sections, libérant leur noyau.

Fruits du caryer ovale. © Norman Dignard, ministère des Ressources naturelles et des Forêts
Racines
Le caryer ovale a une racine principale qui s’enfonce droit et profondément dans le sol, et des racines latérales qui se développent à partir de celle-ci.
Espèces similaires
Caryer cordiforme (Carya cordiformis)
Distinctions
Le caryer cordiforme, plus courant, se distingue du caryer ovale par son écorce à crêtes écailleuses qui ne se détache pas en lanières, par ses feuilles comptant plus de folioles (de 7 à 11), par ses fruits plus petits et par l’amertume de ses amandes.
Observation
Le caryer ovale peut être observé toute l’année.
Répartition
L’aire de répartition du caryer ovale s’étend de la Géorgie au Texas jusqu’au Dakota du Nord, en Ontario, au Québec et au Maine. Au Québec, l’espèce est présente dans la vallée de l’Outaouais et dans la plaine du Saint-Laurent jusqu’au lac Saint-Pierre.
Présence au Québec
Origine
Indigène
État de la situation
Le caryer ovale est une espèce susceptible d’être désignée menacée ou vulnérable. Il a été répertorié dans plus d’une centaine de sites. On le voit souvent seul ou en petits groupes dans les érablières riches en espèces floristiques.
Rang de précarité
Le rang de précarité provincial (rang S) de cette espèce est S3.
Signalement
Si vous repérez une population de caryer ovale, signalez sa présence au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec. Vos observations permettront d’acquérir des connaissances sur cette espèce et son habitat et favoriseront leur conservation.
Habitat
Le caryer ovale pousse dans les régions les plus chaudes du Québec, surtout dans les érablières à sucre, sur des sols riches et parfois rocheux. On le trouve aussi dans des marécages boisés, aux côtés de l’érable argenté, du chêne à gros fruits et du chêne bicolore.
Reproduction et propagation
Le caryer ovale se reproduit principalement par ses fruits, qui murissent à la fin de l’été. Les écureuils et les tamias aident à disperser ces fruits, favorisant ainsi la reproduction et la propagation de l’espèce.
Un autre mode de reproduction est la formation de nouvelles tiges à la base de l’arbre (rejets de souche), après une coupe ou une blessure. De nouvelles tiges peuvent aussi se former à partir des racines de l’arbre.
Biologie
Le caryer ovale fleurit tôt, de la fin mai à la mi-juin, et ses fruits murissent de septembre à octobre. Il tolère bien un fort ensoleillement et sa croissance est favorisée par l’ouverture du couvert forestier. Il supporte mieux que l’érable à sucre les sols plus humides.
Menaces pour l’espèce
Les principales menaces qui pèsent sur le caryer ovale sont :
- le développement résidentiel et commercial;
- la coupe et la récolte du bois;
- le retrait total du couvert forestier.
Désignation et rétablissement
Au Québec, le caryer ovale est une espèce susceptible d’être désignée menacée ou vulnérable selon la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.
Près du quart des sites abritant cet arbre se situent en totalité ou en partie dans des aires protégées.
Comme les activités d’aménagement forestier peuvent nuire à cette espèce, les sites en forêt publique où sa présence a été vérifiée bénéficient d’une protection administrative grâce à une entente de collaboration gouvernementale. Le nombre de sites protégés par cette entente évolue en fonction des nouvelles connaissances.
Apprenez-en plus sur le processus de désignation des espèces floristiques au Québec.
Informations complémentaires
Le nom du genre, Carya, vient du grec karya, qui désigne les noyers appartenant à la même famille que les caryers (les juglandacées).
Les amandes du caryer ovale étaient une source importante de nourriture pour les Amérindiens. Un arbre de bonne taille peut produire de 50 à 70 litres de noix lors d’une bonne année, qui se produit tous les deux ou trois ans. Les amandes sont délicieuses mais difficiles à extraire.
Le bois du caryer ovale est dur et résistant. Il est utilisé pour fabriquer des équipements sportifs, des manches d’outils et des boiseries.
Pour en savoir plus
Références
BROUILLET, L., F. COURSOL, S.J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2010+). VASCAN, la Base de données des plantes vasculaires du Canada. [En ligne]. http://data.canadensys.net/vascan/.
CENTRE DE DONNÉES SUR LE PATRIMOINE NATUREL DU QUÉBEC (2024). Extractions du système de données pour le territoire de la province de Québec. Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP), Québec.
COMITÉ FLORE QUÉBÉCOISE DE FLORAQUEBECA (2009). Plantes rares du Québec méridional. Guide d’identification produit en collaboration avec le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ). Les Publications de Québec, Québec. 406 p.
COUILLARD L., N. DIGNARD, P. PETITCLERC, D. BASTIEN, A. SABOURIN et J. LABRECQUE (2012). Guide de reconnaissance des habitats forestiers des plantes menacées ou vulnérables : Outaouais, Laurentides et Lanaudière, ministère des Ressources naturelles et de la Faune et ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Québec, 434 p. [En ligne]. [https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/forets/documents/mesures-protection/GM_plantes-menacees-Outaouais-Laurentides-Lanaudiere.pdf].
FARRAR, J. L. (1996). Les Arbres du Canada. Fides et le Service canadien des forêts, Ressources naturelles Canada, Ottawa, 502 p.
MARIE-VICTORIN, F. (2002). Flore laurentienne. Troisième édition mise à jour par L. Brouillet, S. G. Hay et I. Goulet en collaboration avec M. Blondeau, J. Cayouette et J. Labrecque. Gaëtan Morin éditeur, membre de Chenelière Éducation, Montréal. 1 093 p.
MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT, DE LA LUTTE CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES, DE LA FAUNE ET DES PARCS (2024). Liste des espèces floristiques menacées ou vulnérables au Québec, [En ligne]. [https://www.quebec.ca/agriculture-environnement-et-ressources-naturelles/flore/especes-floristiques-menacees-ou-vulnerables/liste-especes].
MINISTÈRE DES RESSOURCES NATURELLES ET DES FORÊTS (2023). Petite flore forestière du Québec. 3e édition revue et augmentée. Ouvrage collectif sous la supervision de N. Dignard. Les Publications du Québec, Québec. 430 p.
NATURESERVE (2019). NatureServe Explorer, an Online Encyclopedia of Life. Version: 7.1. NatureServe, Arlington, Virginia. [En ligne]. http://www.natureserve.org/explorer.
À consulter aussi
Dernière mise à jour : 28 janvier 2026
