Cicutaire de Victorin

Cicutaire de Victorin. © Étienne Léveillé-Bourret

Nom français
Cicutaire de Victorin

Autre(s) nom(s) français
Cicutaire maculée variété de Victorin

Nom anglais
Victorin's water-hemlock

Nom scientifique

Cicuta maculata var. victorinii (Fernald) B. Boivin

Groupe de plantes

Herbacées

Situation au Québec

Espèce menacée

Famille
Apiaceae

Description

La cicutaire de Victorin est une plante herbacée vivace de la famille des apiacées, comme la carotte. Elle peut atteindre 2 m et porte plusieurs groupes de petites fleurs blanches à son sommet. On la trouve dans l’estuaire d’eau douce du Saint-Laurent.

Identification

Tige

La tige de la cicutaire de Victorin est droite et porte des rayures pourpres. 

Feuilles

Les feuilles de la cicutaire de Victorin sont disposées en alternance sur la tige. Elles mesurent de 10 à 80 cm de long et de 4 à 8 cm de large. Elles sont divisées en petites feuilles (folioles) en forme de lance finement dentées.

Fleurs

Les fleurs de la cicutaire de Victorin sont petites, blanches et groupées en petites boules portées par des pédoncules Lire le contenu de la note numéro 1 de longueur inégale. 

Fruits

Le fruit de la cicutaire de Victorin est formé de deux akènes Lire le contenu de la note numéro 2 collés, beiges ou brun foncé, longs de 3,5 à 4 mm, avec une petite bande épaissie sur les côtés.

Racines

Le système racinaire de la cicutaire de Victorin est constitué d’un court rhizome Lire le contenu de la note numéro 3 et de cinq à dix tubercules Lire le contenu de la note numéro 4 de forme ovale.

Espèces similaires

Cicutaire maculée variété maculée (Cicuta maculata var. maculata)

Distinctions

La cicutaire maculée variété maculée se distingue de la cicutaire de Victorin par ses akènes qui ont des bandes pâles épaissies entre des sillons foncés.

Observation

La meilleure période pour observer la cicutaire de Victorin s’étend d’août à septembre, lorsque ses fruits sont à maturité.

Répartition

L’aire de répartition de la cicutaire de Victorin est limitée à l’estuaire d’eau douce du Saint-Laurent. Au Québec, elle est présente de Sainte-Anne-de-la-Pérade à Beaupré sur la rive nord, et de Lotbinière à Saint Roch-des-Aulnaies sur la rive sud. On la trouve aussi autour de l’île d’Orléans et dans l’archipel de L’Isle-aux-Grues, à Montmagny. 

Présence au Québec

Origine

Indigène

État de la situation

Au Québec, la cicutaire de Victorin a été répertoriée dans plus de 50 sites, et elle a disparu de deux d’entre eux. Les populations de neuf de ces sites comptent plus de 500 individus et semblent stables ou en croissance. Les autres populations, plus petites, sont parfois perturbées par l’activité humaine, en particulier à l’ouest de la ville de Québec.

Comme elle occupe l’ensemble de son aire de répartition et que la réglementation actuelle interdit les interventions destructrices dans son habitat, son risque de disparition au Québec est considéré comme modéré.

Rang de précarité

Le rang de précarité provincial (rang S) pour cette espèce est S3.

Signalement

Si vous repérez une population de cicutaire de Victorin, signalez sa présence au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec. Vos observations permettront d’acquérir des connaissances sur cette espèce et son habitat et favoriseront leur conservation.

Habitat

La cicutaire de Victorin pousse principalement dans la partie la plus haute des marais, qui est inondée de deux à trois heures lors des marées hautes. On la trouve dans les zones de végétation herbacée dominées par la spartine pectinée, sur des sols épais surtout constitués de particules fines. Elle peut aussi s’implanter dans les fissures et les dépressions de rives rocheuses.

Reproduction et propagation

La cicutaire de Victorin se reproduit par ses graines, qui tombent près du plant mère. Les bandes épaissies sur le côté des graines les font flotter, facilitant ainsi leur dispersion par l’eau.

Biologie

La cicutaire de Victorin fleurit de juin à septembre et ses fruits arrivent à maturité en août et septembre. Son taux de production de graines est inférieur à 10 %. Après la germination, elle produit une rosette de feuilles qui survit au moins un an. Il faut au moins deux ans avant la première floraison.

Chaque année, les parties aériennes meurent, mais de nouveaux rhizomes permettent à la plante de survivre pendant plusieurs décennies. Ils l’aident à maintenir un équilibre entre l’érosion et l’apport de sédiments dans son habitat, et à croître rapidement au début de l’été grâce aux nutriments qu’ils contiennent. L’espèce tolère bien les inondations quotidiennes. Les individus inondés plus longtemps restent plus petits que ceux situés plus haut.

Menaces pour l’espèce

Les principales menaces qui pèsent sur la cicutaire de Victorin sont :

  • l’érosion causée par l’élévation du niveau de la mer et les événements climatiques intenses;
  • l’artificialisation des rives (murs de soutènement, enrochements, remblais, etc.);
  • la circulation de véhicules tout terrain;
  • les espèces exotiques envahissantes.

Désignation et rétablissement

Au Québec, la cicutaire de Victorin est une espèce désignée menacée depuis 2001 selon la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.

Cette espèce est protégée et une autorisation pourrait être requise pour réaliser une activité en sa présence.

Près des trois quarts des sites abritant la cicutaire de Victorin sont situés en totalité ou en partie dans des aires protégées. Deux de ces aires protégées visent spécifiquement la protection de cette espèce :

Pour connaître le statut de l’espèce au Canada, consultez le Registre public des espèces en péril.

Apprenez-en plus sur le processus de désignation des espèces floristiques au Québec.

Informations complémentaires

Quand la tige et les tubercules sont coupés, ils libèrent un liquide huileux jaune et une odeur de panais. Toutes les parties de la plante sont toxiques.

BROUILLET, L., F. COURSOL, S.J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2010+). Base de données des plantes vasculaires du Canada (VASCAN), [En ligne]. [http://data.canadensys.net/vascan].

CENTRE DE DONNÉES SUR LE PATRIMOINE NATUREL DU QUÉBEC (2024). Extractions du système de données pour le territoire de la province de Québec, ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Québec.

COMITÉ ÉDITORIAL DE FLORA OF NORTH AMERICA, éd. (1993+). Flora of North America North of Mexico, 25+ vol, New York et Oxford, [En ligne]. [http://beta.floranorthamerica.org].

COMITÉ FLORE QUÉBÉCOISE DE FLORAQUEBECA (2009). Plantes rares du Québec méridional, guide d’identification produit en collaboration avec le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ), Les Publications de Québec, Québec, 406 p.

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ENVIRONNEMENT CANADA (2011). Plan de gestion de la cicutaire de Victorin (Cicuta maculata var. victorinii) au Canada, série de Plans de gestion de la Loi sur les espèces en péril, Environnement Canada, Ottawa, iii + 21 p. [En ligne]. [https://publications.gc.ca/collections/collection_2011/ec/En3-5-16-2011-fra.pdf].

COURSOL, F. (1999). La situation de la cicutaire maculée variété de Victorin (Cicuta maculata var. victorinii) au Québec, ministère de l’Environnement, Direction de la conservation et du patrimoine écologique, Québec. 39 p.

JOLICŒUR, G. et L. COUILLARD (2007). Plan de conservation de la cicutaire maculée variété de Victorin (Cicuta maculata var. victorinii) – Espèce menacée au Québec, ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Direction du patrimoine écologique et des parcs, Québec. 16 p.

MARIE-VICTORIN, F. (2002). Flore laurentienne, 3e édition mise à jour par L. Brouillet, S. G. Hay et I. Goulet en collaboration avec M. Blondeau, J. Cayouette et J. Labrecque. Gaëtan Morin éditeur, membre de Chenelière Éducation, Montréal, 1 093 p.

NATURESERVE (2024). NatureServe Network Biodiversity Location Data, NatureServe, Arlington, Virginia, [En ligne]. [https://explorer.natureserve.org/].

TARDIF, B., B. TREMBLAY, G. JOLICOEUR et J. LABRECQUE (2016). Les plantes vasculaires en situation précaire au Québec, Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ), ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Direction de l’expertise en biodiversité, Québec, 420 p. [En ligne]. [https://www.environnement.gouv.qc.ca/biodiversite/especes-designees-susceptibles/plantes-vasculaires-situation-precaire.pdf]

Dernière mise à jour : 8 avril 2026

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