Cypripède royal
Cypripède royal. © Guy Jolicoeur, ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs
Nom français
Cypripède royal
Nom anglais
Showy lady's-slipper
Cypripedium reginae Walter
Groupe de plantes
Herbacées
Situation au Québec
Espèce susceptible
Famille
Orchidaceae
Dans cette page :
Description
Le cypripède royal est une plante herbacée vivace de 25 à 80 cm de haut. Il fait partie des orchidées communément appelées « sabots de la Vierge » en raison de la forme de ses fleurs, qui ressemblent à des sabots. C’est le plus grand sabot de la Vierge du Québec.
Identification
Tige
Les tiges du cypripède royal sont droites et parsemées de poils courts et de petites glandes. Les tiges matures ont de 7 à 12 feuilles disposées en alternance, tandis que les jeunes tiges n’en ont qu’une ou deux.
Feuilles
Les feuilles du cypripède royal sont ovales, allongées, et leur surface est plissée et couverte de poils. Elles ont des bords légèrement ondulés avec de fins cils. Elles mesurent de 10 à 25 cm de long et de 4 à 16 cm de large et leur base entoure la tige.

Feuilles du cypripède royal. © Norman Dignard, ministère des Ressources naturelles et des Forêts
Fleurs
Les fleurs du cypripède royal peuvent être seules ou en groupes de deux à trois à l’extrémité des tiges. Elles ont six parties : trois sépales Lire le contenu de la note numéro 1 et trois pétales. Le pétale principal, appelé « labelle », est gonflé. Il mesure de 2,5 à 5 cm de long et de 1,5 à 3,5 cm de large et il porte des rayures blanches et roses. Les autres parties de la fleur sont blanches. Les deux pétales situés de chaque côté du labelle sont particulièrement remarquables. La fleur dégage une odeur douce et délicate.

Fleur du cypripède royal. © Norman Dignard, ministère des Ressources naturelles et des Forêts
Fruits
Après la fécondation, la fleur produit une capsule dressée et allongée de 3 à 4 cm, qui contient de nombreuses graines minuscules.

Fruit du cypripède royal. © Pierre Petitclerc, ministère des Ressources naturelles et des Forêts
Racines
Le système racinaire du cypripède royal est formé d’une tige souterraine robuste (rhizome) d’où partent plusieurs longues racines fibreuses.

Système racinaire du cypripède royal. © Herbier du Québec
Espèces similaires
Vérâtre vert (Veratrum viride)
Cypripède mocassin (Cypripedium parviflorum var. makasin)
Cypripède pubescent (Cypripedium parviflorum var. pubescens)
Distinctions
Le vérâtre vert, le cypripède mocassin et le cypripède pubescent se distinguent du cypripède royal par le manque ou la très faible présence de poils sur leurs tiges et leurs feuilles.
Observation
Le cypripède royal est plus facile à observer en juin et en juillet, pendant sa floraison.
Répartition
L’aire de répartition du cypripède royal s’étend de l’Alabama et de l’Arkansas aux États-Unis, jusqu’à Terre-Neuve et en Saskatchewan au Canada. Au Québec, l’espèce a été répertoriée de l’île d’Anticosti jusque dans le sud de la Montérégie, dans la grande région de Montréal, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, en Outaouais et en Abitibi-Témiscamingue.
Présence au Québec
Origine
Indigène
État de la situation
Au Québec, le cypripède royal a été répertorié dans plus de 120 sites, mais il a disparu dans une dizaine d’entre eux. Dans les sites où il est encore présent, on trouve souvent moins d’une centaine de plants.
Rang de précarité
Le rang de précarité provincial (rang S) de cette espèce est S3.
Signalement
Si vous repérez une population de cypripède royal, signalez sa présence au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec. Vos observations permettront d’acquérir des connaissances sur cette espèce et son habitat afin de favoriser leur conservation.
Habitat
Le cypripède royal pousse uniquement sur des sols rocheux calcaires, généralement humides. On le trouve sur le haut de certains rivages, dans des cédrières, des mélézins et des tourbières arbustives.
Reproduction et propagation
Le cypripède royal se reproduit de deux manières : par ses graines et par les bourgeons formés sur son rhizome. Les graines, produites en été, ont besoin d’un champignon microscopique pour germer, ce qui rend la reproduction sexuée moins efficace. Il se reproduit principalement par les nouvelles tiges produites par le rhizome.
Biologie
Le cypripède royal fleurit du début de juin jusqu’en août. Ses fleurs sont pollinisées par des mouches ou des abeilles. Après la germination d’une graine, il faut environ trois ans pour voir apparaître une tige, et 15 ans avant la première floraison. La plante peut vivre plus de 50 ans. Si les conditions de croissance sont défavorables, les tiges peuvent entrer en dormance pendant un an et parfois jusqu’à trois ans.
Menaces pour l’espèce
Les principales menaces qui pèsent sur le cypripède royal sont :
- la coupe forestière;
- le drainage forestier;
- l’exploitation de la tourbe;
- la cueillette de l’espèce par les amateurs d’orchidées.
Désignation et rétablissement
Au Québec, le cypripède royal est une espèce susceptible d’être désignée menacée ou vulnérable selon la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.
Un peu plus du tiers des sites abritant le cypripède royal se situent en partie ou en totalité dans des aires protégées. Quatre de ces aires protégées visent spécifiquement la protection de cette espèce. Il s’agit de :
- la forêt refuge de la Baie-Noire;
- la forêt refuge du Lac-Fresavy;
- la forêt refuge du Lac-de-la-Ferme;
- la forêt refuge du Grand-Lac-Macpes.
Comme les activités d’aménagement forestier peuvent nuire à cette espèce, les sites en forêt publique où sa présence a été vérifiée bénéficient d’une protection administrative grâce à une entente de collaboration gouvernementale. Le nombre de sites protégés par cette entente évolue en fonction des nouvelles connaissances.
Apprenez-en plus sur le processus de désignation des espèces floristiques au Québec.
Informations complémentaires
Le cypripède royal est l’orchidée la plus spectaculaire du Québec, mais il peut provoquer des irritations graves de la peau chez certaines personnes lors d’un contact avec la plante.
Pour en savoir plus
Références
BEAUSÉJOUR, S. (2008). Les orchidées indigènes du Québec-Labrador, Les Éditions Native, Joliette, 176 p.
BROUILLET, L., F. COURSOL, S.J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2010+). VASCAN, la Base de données des plantes vasculaires du Canada. [En ligne]. [http://data.canadensys.net/vascan/].
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COMITÉ FLORE QUÉBÉCOISE DE FLORAQUEBECA (2009). Plantes rares du Québec méridional, guide d’identification produit en collaboration avec le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ), Les Publications de Québec, Québec, 406 p.
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MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT, DE LA LUTTE CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES, DE LA FAUNE ET DES PARCS (2024). Liste des espèces floristiques menacées ou vulnérables au Québec, [En ligne]. [https://www.quebec.ca/agriculture-environnement-et-ressources-naturelles/flore/especes-floristiques-menacees-ou-vulnerables/liste-especes].
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TARDIF, B., B. TREMBLAY, G. JOLICOEUR et J. LABRECQUE (2016). Les plantes vasculaires en situation précaire au Québec, Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ), ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Direction de l’expertise en biodiversité, Québec, 420 p. [En ligne]. [https://www.environnement.gouv.qc.ca/biodiversite/especes-designees-susceptibles/plantes-vasculaires-situation-precaire.pdf].
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Note de bas de page numéro 1Les sépales sont les pièces, souvent vertes, de l’enveloppe protectrice de la fleur appelée « calice ». Retour à la référence de la note numéro 1
Dernière mise à jour : 28 janvier 2026
