Cypripède royal

Cypripède royal. © Guy Jolicoeur, ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs

Nom français
Cypripède royal

Nom anglais
Showy lady's-slipper

Nom scientifique

Cypripedium reginae Walter

Groupe de plantes

Herbacées

Situation au Québec

Espèce susceptible

Famille
Orchidaceae

Description

Le cypripède royal est une plante herbacée vivace de 25 à 80 cm de haut. Il fait partie des orchidées communément appelées « sabots de la Vierge » en raison de la forme de ses fleurs, qui ressemblent à des sabots. C’est le plus grand sabot de la Vierge du Québec.

Identification

Tige

Les tiges du cypripède royal sont droites et parsemées de poils courts et de petites glandes. Les tiges matures ont de 7 à 12 feuilles disposées en alternance, tandis que les jeunes tiges n’en ont qu’une ou deux.

Feuilles

Les feuilles du cypripède royal sont ovales, allongées, et leur surface est plissée et couverte de poils. Elles ont des bords légèrement ondulés avec de fins cils. Elles mesurent de 10 à 25 cm de long et de 4 à 16 cm de large et leur base entoure la tige.

Fleurs

Les fleurs du cypripède royal peuvent être seules ou en groupes de deux à trois à l’extrémité des tiges. Elles ont six parties : trois sépales Lire le contenu de la note numéro 1 et trois pétales. Le pétale principal, appelé « labelle », est gonflé. Il mesure de 2,5 à 5 cm de long et de 1,5 à 3,5 cm de large et il porte des rayures blanches et roses. Les autres parties de la fleur sont blanches. Les deux pétales situés de chaque côté du labelle sont particulièrement remarquables. La fleur dégage une odeur douce et délicate.

Fruits

Après la fécondation, la fleur produit une capsule dressée et allongée de 3 à 4 cm, qui contient de nombreuses graines minuscules.

Racines

Le système racinaire du cypripède royal est formé d’une tige souterraine robuste (rhizome) d’où partent plusieurs longues racines fibreuses.

Espèces similaires

Vérâtre vert (Veratrum viride)

Cypripède mocassin (Cypripedium parviflorum var. makasin)

Cypripède pubescent (Cypripedium parviflorum var. pubescens)

Distinctions

Le vérâtre vert, le cypripède mocassin et le cypripède pubescent se distinguent du cypripède royal par le manque ou la très faible présence de poils sur leurs tiges et leurs feuilles.

Observation

Le cypripède royal est plus facile à observer en juin et en juillet, pendant sa floraison.

Répartition

L’aire de répartition du cypripède royal s’étend de l’Alabama et de l’Arkansas aux États-Unis, jusqu’à Terre-Neuve et en Saskatchewan au Canada. Au Québec, l’espèce a été répertoriée de l’île d’Anticosti jusque dans le sud de la Montérégie, dans la grande région de Montréal, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, en Outaouais et en Abitibi-Témiscamingue.

Présence au Québec

Origine

Indigène

État de la situation

Au Québec, le cypripède royal a été répertorié dans plus de 120 sites, mais il a disparu dans une dizaine d’entre eux. Dans les sites où il est encore présent, on trouve souvent moins d’une centaine de plants.

Rang de précarité

Le rang de précarité provincial (rang S) de cette espèce est S3.

Signalement

Si vous repérez une population de cypripède royal, signalez sa présence au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec. Vos observations permettront d’acquérir des connaissances sur cette espèce et son habitat afin de favoriser leur conservation.

Habitat

Le cypripède royal pousse uniquement sur des sols rocheux calcaires, généralement humides. On le trouve sur le haut de certains rivages, dans des cédrières, des mélézins et des tourbières arbustives.

Reproduction et propagation

Le cypripède royal se reproduit de deux manières : par ses graines et par les bourgeons formés sur son rhizome. Les graines, produites en été, ont besoin d’un champignon microscopique pour germer, ce qui rend la reproduction sexuée moins efficace. Il se reproduit principalement par les nouvelles tiges produites par le rhizome.

Biologie

Le cypripède royal fleurit du début de juin jusqu’en août. Ses fleurs sont pollinisées par des mouches ou des abeilles. Après la germination d’une graine, il faut environ trois ans pour voir apparaître une tige, et 15 ans avant la première floraison. La plante peut vivre plus de 50 ans. Si les conditions de croissance sont défavorables, les tiges peuvent entrer en dormance pendant un an et parfois jusqu’à trois ans.

Menaces pour l’espèce

Les principales menaces qui pèsent sur le cypripède royal sont :

  • la coupe forestière;
  • le drainage forestier;
  • l’exploitation de la tourbe;
  • la cueillette de l’espèce par les amateurs d’orchidées.

Désignation et rétablissement

Au Québec, le cypripède royal est une espèce susceptible d’être désignée menacée ou vulnérable selon la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.

Un peu plus du tiers des sites abritant le cypripède royal se situent en partie ou en totalité dans des aires protégées. Quatre de ces aires protégées visent spécifiquement la protection de cette espèce. Il s’agit de :

Comme les activités d’aménagement forestier peuvent nuire à cette espèce, les sites en forêt publique où sa présence a été vérifiée bénéficient d’une protection administrative grâce à une entente de collaboration gouvernementale. Le nombre de sites protégés par cette entente évolue en fonction des nouvelles connaissances.

Apprenez-en plus sur le processus de désignation des espèces floristiques au Québec.

Informations complémentaires

Le cypripède royal est l’orchidée la plus spectaculaire du Québec, mais il peut provoquer des irritations graves de la peau chez certaines personnes lors d’un contact avec la plante.

BEAUSÉJOUR, S. (2008). Les orchidées indigènes du Québec-Labrador, Les Éditions Native, Joliette, 176 p.

BROUILLET, L., F. COURSOL, S.J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2010+). VASCAN, la Base de données des plantes vasculaires du Canada. [En ligne]. [http://data.canadensys.net/vascan/].

CENTRE DE DONNÉES SUR LE PATRIMOINE NATUREL DU QUÉBEC (2024). Extractions du système de données pour le territoire de la province de Québec, ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Québec.

COMITÉ ÉDITORIAL DE FLORA OF NORTH AMERICA, éd. (1993+). Flora of North America North of Mexico, 25+ vol., New York et Oxford, [En ligne]. [http://beta.floranorthamerica.org].

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MARIE-VICTORIN, F. (2002). Flore laurentienne, 3e édition mise à jour par L. Brouillet, S. G. Hay et I. Goulet en collaboration avec M. Blondeau, J. Cayouette et J. Labrecque, Gaëtan Morin éditeur, membre de Chenelière Éducation, Montréal, 1 093 p.

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TARDIF, B., B. TREMBLAY, G. JOLICOEUR et J. LABRECQUE (2016). Les plantes vasculaires en situation précaire au Québec, Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ), ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Direction de l’expertise en biodiversité, Québec, 420 p. [En ligne]. [https://www.environnement.gouv.qc.ca/biodiversite/especes-designees-susceptibles/plantes-vasculaires-situation-precaire.pdf].

Dernière mise à jour : 28 janvier 2026

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