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Fiches des espèces floristiques
Doradille ébène. © Frédéric Coursol
Nom français
Doradille ébène
Autre(s) nom(s) français
Doradille à nervure plate
Nom anglais
Ebony spleenwort
Asplenium platyneuron (Linnaeus) Britton, Sterns & Poggenburgh
Groupe de plantes
Fougères
Situation au Québec
Espèce susceptible
Famille
Aspleniacea
Description
La doradille ébène est une petite fougère vivace qui pousse en touffe sur des rochers calcaires. Ses frondes Lire le contenu de la note numéro 1 élancées mesurent de 20 à 40 cm de haut et portent un limbe Lire le contenu de la note numéro 2 divisé une seule fois.
Identification
Tige
Chez la doradille ébéne, la tige de la fronde (stipe) est lustrée, brun rougeâtre et munie d’écailles filiformes à la base. Elle mesure de 1 à 10 cm de long.
Feuilles
La doradille ébène présente deux types de frondes. Les frondes fertiles sont droites, rigides, et elles mesurent de 20 à 40 cm de long et de 1,5 à 5 cm de large. Elles ont un limbe étroit, pointu au sommet, rétréci à la base et divisé en de nombreux segments ovales ou triangulaires, avec de petits lobes à la base. Les frondes stériles sont plus courtes et reposent sur le sol.

Segments de la fronde de la doradille ébène. © Arthur Haines, Native Plant Trust
Sores
Les sores Lire le contenu de la note numéro 3 de la doradille ébène se forment sous les segments du limbe, en 2 à 24 petites rangées le long des nervures secondaires. Ils sont recouverts d’une fine membrane translucide, blanchâtre, appelée « indusie Lire le contenu de la note numéro 4 ».

Sores de la doradille ébène. © Frédéric Coursol
Racines
Le système racinaire de la doradille ébène est formé d’un rhizome court et rampant, couvert de petites écailles dont la couleur varie de brun foncé à noire.
Observation
On peut observer la doradille ébène pendant toute la saison de croissance.
Répartition
L’aire de répartition de la doradille ébène est unique, car elle se trouve en Amérique du Nord et dans le sud de l'Afrique. En Amérique, on la trouve de la Floride au Texas et de l’Arizona jusqu’au Wisconsin, au Michigan, en Ontario, au Québec et au Maine. Au Québec, elle est surtout présente en Outaouais, en Montérégie et en Estrie.
Présence au Québec
Origine
Indigène
État de la situation
La doradille ébène est présente dans une vingtaine de sites au Québec. La majorité de ces sites abritent de petites populations constituées de quelques dizaines de touffes, ce qui les rend très vulnérables aux perturbations de leur habitat.
Rang de précarité
Le rang de précarité provincial (rang S) de cette espèce est S2.
Signalement
Si vous repérez une population de doradille ébène, signalez sa présence au Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec. Vos observations permettront d’acquérir des connaissances sur cette espèce et son habitat afin de favoriser leur conservation.
Habitat
La doradille ébène pousse principalement dans les forêts ouvertes d’érable à sucre, de chêne rouge ou d’ostryer de Virginie. Elle s’installe sur des escarpements et des rochers calcaires, exposés ou semi-ombragés, et on la trouve parfois dans des clairières.
Reproduction et propagation
La doradille ébène se reproduit au moyen de spores, dont la dispersion est facilitée par ses frondes dressées. Lorsque les spores germent, elles forment un organe appelé « prothalle Lire le contenu de la note numéro 5 », qui produit les cellules sexuelles pour la fécondation. Après la fécondation, de jeunes fougères poussent sur le prothalle.
L’espèce peut aussi se reproduire de manière végétative grâce à des bourgeons situés près des segments inférieurs du limbe. Quand la fronde est enfouie dans la litière du sol, ces bourgeons donnent naissance à de nouveaux individus.
Biologie
Les frondes fertiles de la doradille ébène meurent en hiver, tandis que les feuilles stériles restent en place et sont visibles l’année suivante. Au printemps, les frondes fertiles se développent rapidement grâce à leur base riche en amidon. L’espèce profite d’un ensoleillement temporaire, mais elle ne peut pas survivre à des conditions de forte luminosité constante. Elle tolère mal l’excès d’humidité ou la sécheresse.
Menaces pour l’espèce
Les principales menaces qui pèsent sur la doradille ébène sont :
- le développement résidentiel et commercial;
- les sécheresses prolongées;
- l’exploitation de carrières pour l’extraction du calcaire.
Désignation et rétablissement
Au Québec, la doradille ébène est une espèce susceptible d’être désignée menacée ou vulnérable selon la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.
Près du quart des sites abritant cette espèce se situent en partie ou en totalité dans des
Comme les activités d’aménagement forestier peuvent nuire à cette espèce, les sites en forêt publique où sa présence a été vérifiée bénéficient d’une protection administrative grâce à une entente de collaboration gouvernementale. Le nombre de sites protégés par cette entente évolue en fonction des nouvelles connaissances.
Apprenez-en plus sur le processus de désignation des espèces floristiques au Québec.
Informations complémentaires
Le nom Asplenium vient du grec a (sans) et splên (rate). Dioscoride, médecin du 1er siècle, l’a donné à une fougère utilisée pour traiter les maladies de la rate. Le terme « ébène » dans le nom français de l’espèce fait référence à la couleur très foncée de sa tige (stipe) et de son rachis.
Parmi les espèces du genre Asplenium, la doradille ébène est la seule à présenter des frondes fertiles et stériles différentes. En Amérique du Nord, elle peut s’hybrider occasionnellement avec la doradille chevelue (A. trichomanes) et la doradille ambulante (A. rhizophyllum).
Pour en savoir plus
Références
BROUILLET, L., F. COURSOL, S.J. MEADES, M. FAVREAU, M. ANIONS, P. BÉLISLE et P. DESMET (2010+). Base de données des plantes vasculaires du Canada (VASCAN), [En ligne]. [
CENTRE DE DONNÉES SUR LE PATRIMOINE NATUREL DU QUÉBEC (2024). Extractions du système de données pour le territoire de la province de Québec, ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Québec.
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COMITÉ FLORE QUÉBÉCOISE DE FLORAQUEBECA (2009). Plantes rares du Québec méridional, guide d’identification produit en collaboration avec le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ), Les Publications de Québec, Québec, 406 p.
COUILLARD L., N. DIGNARD, P. PETITCLERC, D. BASTIEN, A. SABOURIN et J. LABRECQUE (2012). Guide de reconnaissance des habitats forestiers des plantes menacées ou vulnérables : Outaouais, Laurentides et Lanaudière, ministère des Ressources naturelles et de la Faune et ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Québec, 434 p. [En ligne]. [https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/forets/documents/mesures-protection/GM_plantes-menacees-Outaouais-Laurentides-Lanaudiere.pdf].
MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT, DE LA LUTTE CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES, DE LA FAUNE ET DES PARCS (2024). Liste des espèces floristiques menacées ou vulnérables au Québec, [En ligne]. [https://www.quebec.ca/agriculture-environnement-et-ressources-naturelles/flore/especes-floristiques-menacees-ou-vulnerables/liste-especes].
NATURESERVE (2024). NatureServe Network Biodiversity Location Data, NatureServe, Arlington, Virginia, [En ligne]. [
TARDIF, B., B. TREMBLAY, G. JOLICOEUR et J. LABRECQUE (2016). Les plantes vasculaires en situation précaire au Québec, Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ), ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Direction de l’expertise en biodiversité, Québec, 420 p. [En ligne]. [
WAGNER, W. H. JR. et JOHNSON, D. M. (1981). “
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Note de bas de page numéro 1Les frondes sont les feuilles des fougères et de certaines autres plantes. Elle est formée d’un limbe et d’une tige appelée « stipe ». Le limbe correspond à la partie étendue et découpée en segments de la fronde. Le stipe est la tige qui relie le limbe au système racinaire de la plante. Retour à la référence de la note numéro 1
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Note de bas de page numéro 2Le limbe est la partie étendue des feuilles ou des frondes chez les fougères. Retour à la référence de la note numéro 2
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Note de bas de page numéro 3Le sore est formé d’un groupe de sacs microscopiques (sporanges) qui contiennent les spores. Retour à la référence de la note numéro 3
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Note de bas de page numéro 4L’indusie est un tissu mince et membraneux qui protège les sores. Retour à la référence de la note numéro 4
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Note de bas de page numéro 5Le prothalle est une petite lame verte issue de la germination d’une spore. Son dessous est pourvu de minuscules racines qui absorbent l’eau et les éléments nutritifs du sol, tandis que son dessus porte les cellules mâles et femelles qui donneront naissance à de nouvelles plantes. Retour à la référence de la note numéro 5
Dernière mise à jour : 14 septembre 2026
